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Fiche de coursOption de QRC — catégorie B

Les espaces maritimes français et les flux mondiaux : ZEE, routes et passages stratégiques, le golfe Arabo-Persique

20 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La zone économique exclusive s'étend jusqu'à 200 milles marins des côtes.

Le programme de géographie de l'option place « les espaces maritimes français » dans l'étude de la France et « les flux mondiaux » dans celle de la mondialisation. Le sujet de 2026 a réuni les deux en demandant, carte à l'appui, pourquoi le golfe Arabo-Persique est un espace maritime majeur. La mer est le support de la mondialisation : routes des hydrocarbures et des conteneurs, câbles sous-marins, ports-hubs, ressources offshore. Elle est aussi un espace de souveraineté et de tensions, que la crise du détroit d'Ormuz ouverte en 2026 a rappelées.

À retenir

  • Le droit de la mer (convention de Montego Bay, 1982) distingue les eaux territoriales (12 milles marins), la zone économique exclusive (200 milles, droits sur les ressources) et la haute mer, dont l'accord BBNJ, en vigueur depuis le 17 janvier 2026, protège la biodiversité.
  • La ZEE française est évaluée à 10,2 millions de km² (Sénat, 2014), l'une des plus vastes du monde, presque entièrement au large des outre-mer : un atout de puissance, de ressources et de présence dans tous les océans.
  • Les flux mondiaux (marchandises, énergie, capitaux, informations, personnes) empruntent surtout la mer pour les marchandises ; ils convergent vers quelques passages stratégiques : Ormuz, Bab el-Mandeb et Suez, Malacca, Panama.
  • Par le détroit d'Ormuz sont passés en 2024 20 millions de barils de pétrole par jour, l'équivalent d'environ 20 % de la consommation mondiale, et environ un cinquième du commerce mondial de GNL, surtout qatari (EIA).
  • Depuis le 28 février 2026, le conflit en Iran a fait chuter le trafic du détroit de près de 90 % (CESM) ; en septembre 2026, les exportations du Moyen-Orient restent contraintes (EIA).

Les espaces maritimes français

Les zones maritimes du droit de la mer
ZoneÉtendueDroits de l'État côtier
Eaux territoriales12 milles marinsSouveraineté, sous réserve du passage inoffensif
Zone économique exclusive200 milles marinsDroits souverains sur les ressources (pêche, hydrocarbures, énergie)
Plateau continental étenduAu-delà de 200 milles, sur demandeDroits sur le sol et le sous-sol
Haute merAu-delà des ZEELiberté de navigation ; biodiversité protégée par l'accord BBNJ

Grâce à ses outre-mer, la France dispose d'une ZEE évaluée à 10,2 millions de km², dont l'essentiel dans le Pacifique (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie) et l'océan Indien. C'est un atout : ressources halieutiques, hydrocarbures potentiels et nodules, présence stratégique de la Marine nationale, biodiversité exceptionnelle. C'est aussi une charge : surveiller un espace immense contre la pêche illégale et les trafics, et protéger des milieux fragiles. La métropole compte en outre de grands ports (Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque), en concurrence avec ceux de la « rangée nord-européenne », Rotterdam et Anvers en tête.

Les flux mondiaux et leurs passages obligés

La mondialisation est la mise en relation des territoires par des flux : marchandises (la conteneurisation a fait chuter le coût du transport maritime), énergie, capitaux, informations (qui passent par les câbles sous-marins), personnes (migrants, touristes). Ses acteurs sont les firmes transnationales, les États, les organisations internationales comme l'OMC (1995), les grandes métropoles. Les flux se concentrent sur quelques façades maritimes (Asie orientale, Europe du Nord-Ouest, Amérique du Nord) et empruntent des passages étroits, vulnérables aux crises.

Les passages stratégiques
PassageRelieEnjeu
Détroit d'OrmuzGolfe Arabo-Persique et océan IndienPremier passage pétrolier du monde
Bab el-Mandeb et canal de SuezOcéan Indien, mer Rouge et MéditerranéeRoute Asie-Europe ; attaques contre les navires en mer Rouge depuis 2023
Détroit de MalaccaOcéan Indien et mer de ChineRoute des importations d'énergie de l'Asie orientale
Canal de PanamaAtlantique et PacifiqueRoute des Amériques, sensible aux sécheresses

Le golfe Arabo-Persique, un espace maritime majeur

Mer presque fermée, bordée par l'Iran, l'Irak, le Koweït, l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar et les Émirats arabes unis, le Golfe ne communique avec l'océan Indien que par le détroit d'Ormuz, entre l'Iran et la péninsule omanaise de Musandam. Les États du Golfe concentrent environ la moitié des réserves pétrolières de la planète (CESM). Le Golfe est à la fois un gisement (champs d'hydrocarbures offshore), un couloir d'exportation (terminaux pétroliers et gaziers, routes vers l'Asie, l'Europe et les États-Unis), un carrefour du commerce (hub de Djebel Ali à Dubaï, câbles sous-marins) et une zone de tensions militaires.

En 2024, 20 millions de barils de pétrole par jour ont franchi Ormuz, plus du quart du commerce maritime mondial de pétrole ; 84 % du brut et des condensats partaient vers l'Asie, Chine, Inde, Japon et Corée du Sud en tête. Les oléoducs de contournement saoudien et émirien n'offrent qu'une capacité de secours limitée (EIA).

Confusions fréquentes

Un fait daté n'est pas une donnée permanente
Les chiffres de 2024 décrivent un Golfe en temps normal ; la crise ouverte le 28 février 2026 les a bouleversés. Écrire « en 2024 » et « depuis 2026 », jamais un présent intemporel.
Exploiter le document sans le paraphraser
Le sujet donnait une carte : il faut en tirer des exemples nommés (Ormuz, Djebel Ali, Ras Tanura, Bandar Abbas, câbles) et les relier à des connaissances que la carte ne contient pas.
Golfe Arabo-Persique, pas seulement « Golfe persique »
L'appellation est disputée entre l'Iran et les États arabes ; l'intitulé du sujet emploie « Arabo-Persique », la reprendre évite toute prise de position.

Plan d'une QRC sur un espace maritime : pourquoi il est riche (ressources), pourquoi il est traversé (flux, routes, hubs), pourquoi il est disputé (puissances, bases, conflits), puis une phrase sur ce que la conjoncture récente a révélé.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La zone économique exclusive s'étend jusqu'à 200 milles marins des côtes.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est la règle de la convention de Montego Bay (1982) ; les eaux territoriales, elles, ne dépassent pas 12 milles.

  2. 2.L'essentiel de la ZEE française se trouve au large de la métropole.Voir le corrigé

    Faux

    Elle se trouve presque entièrement au large des outre-mer, dans le Pacifique et l'océan Indien surtout.

  3. 3.Le détroit d'Ormuz relie le golfe Arabo-Persique à la mer Rouge.Voir le corrigé

    Faux

    Il relie le Golfe au golfe d'Oman et à l'océan Indien ; la mer Rouge communique avec l'océan Indien par Bab el-Mandeb.

  4. 4.En 2024, l'essentiel du pétrole passé par Ormuz est parti vers l'Asie.Voir le corrigé

    Vrai

    84 % du brut et des condensats, selon l'EIA : la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud en reçoivent la plus grande part.

  5. 5.La France dispose d'une base navale permanente à Doha, au Qatar, pour contribuer à la sécurité des espaces maritimes du Golfe.Voir le corrigé

    Faux

    La base navale française du Golfe se trouve à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, et non à Doha ; elle s'ajoute à une base aérienne et à un régiment.

Textes de référence

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