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Fiche de cours

L'industrialisation

11 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif et du concours de contrôleur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La première révolution industrielle repose sur le charbon et la machine à vapeur.

L'industrialisation est le passage, au XIXe siècle, d'une économie agricole et artisanale à une économie de la machine, de l'usine et de la ville. Deux vagues se succèdent : celle du charbon, de la vapeur et du chemin de fer, née en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, puis celle de l'électricité, du pétrole et de l'acier à partir des années 1880. Ce cours présente les inventions, les dates du chemin de fer, les régions industrielles et le vocabulaire : capitalisme, taylorisme, exode rural.

À retenir

  • Première révolution industrielle (fin XVIIIe-milieu XIXe) : machine à vapeur perfectionnée par James Watt (1769), charbon, textile mécanisé, sidérurgie ; l'Angleterre est l'atelier du monde.
  • Chemin de fer : Liverpool-Manchester (1830) ; en France, première ligne exclusivement destinée aux voyageurs Paris-Saint-Germain en 1837 ; le réseau atteint environ 40 000 km en 1914 grâce au plan Freycinet (1879).
  • Seconde révolution industrielle (à partir de 1880) : électricité (lampe d'Edison, 1879), essor du moteur à explosion et de l’automobile (Benz, brevet de 1886), pétrole, acier, chimie ; automobile (Peugeot Type 3, 1891 ; Renault, 1898), aviation (Blériot traverse la Manche en 1909).
  • Régions industrielles françaises : bassins houillers du Nord-Pas-de-Calais et de Saint-Étienne, sidérurgie lorraine et Le Creusot (Schneider), textile du Nord et de Lyon (soie), Paris pour la mécanique.
  • Nouvelles organisations : usines et grandes entreprises, sociétés par actions et banques de dépôt (Crédit lyonnais 1863, Société générale 1864), grands magasins (Bon Marché, 1852), taylorisme (organisation scientifique du travail) et chaîne de montage de Ford (1913).
  • Effets : exode rural et croissance des villes, naissance de la classe ouvrière et de la bourgeoisie d'affaires, transformation de Paris par Haussmann sous le Second Empire, expositions universelles (tour Eiffel, 1889).
  • Le progrès a son revers : accidents (catastrophe de Courrières, 1906, plus de mille mineurs tués), pollution, journées de travail de douze heures ; Zola le décrit dans Germinal (1885).

Deux révolutions industrielles

Comparer les deux vagues
Première révolution industrielleSeconde révolution industrielle
PériodeFin XVIIIe - milieu XIXe siècleÀ partir des années 1880
ÉnergieCharbon, vapeurÉlectricité, pétrole
MatériauxFer, fonteAcier, aluminium, chimie
Secteurs moteursTextile, sidérurgie, chemin de ferAutomobile, électricité, chimie, aviation
Pays pionnierRoyaume-UniAllemagne, États-Unis
Inventions repèresMachine à vapeur de Watt (1769), locomotive de Stephenson (1829)Lampe d'Edison (1879), automobile à moteur à explosion de Benz (1886), téléphone de Bell (1876)

La machine à vapeur libère la production de la force humaine et animale : elle actionne les métiers à tisser, pompe l'eau des mines, puis tire les trains et propulse les navires. Le chemin de fer est le symbole du siècle : il abaisse le coût des transports, unifie les marchés et impose l'heure légale. En France, la ligne Paris-Saint-Germain ouvre en 1837 et le réseau en étoile autour de Paris se construit sous le Second Empire ; le plan Freycinet de 1879 le prolonge vers les campagnes. La seconde révolution industrielle ajoute l'électricité, qui éclaire les villes et fait tourner les moteurs, et le pétrole, qui permet l'automobile puis l'avion.

Confusions fréquentes

Watt n'a pas inventé la machine à vapeur
Il la perfectionne en 1769 (condenseur séparé) à partir de la machine de Newcomen ; c'est cette version efficace qui équipe les usines.
1837 : première ligne exclusivement destinée aux voyageurs
Paris-Saint-Germain ouvre en 1837 comme première ligne exclusivement destinée aux voyageurs. Des voyageurs empruntaient déjà des lignes initialement construites pour le charbon, dont Saint-Étienne-Andrézieux dès 1832.
Taylorisme et fordisme
Taylor décompose et chronomètre les gestes (organisation scientifique du travail, 1911) ; Ford développe la chaîne de montage mobile en 1913. En 1914, il relève les rémunérations notamment pour fidéliser les ouvriers face à la rotation du personnel ; leur pouvoir d’achat augmente aussi.

La France industrielle

L'industrialisation française est plus lente et plus dispersée que l'anglaise ou l'allemande : la paysannerie reste nombreuse et les petites entreprises dominent. Les foyers industriels se fixent sur le charbon (Nord-Pas-de-Calais, Saint-Étienne) et le minerai de fer lorrain, autour de dynasties comme les Schneider au Creusot ou les Wendel en Lorraine. Le textile du Nord (Lille, Roubaix, Tourcoing) et la soierie lyonnaise emploient des dizaines de milliers d'ouvriers. Le Second Empire accélère le mouvement : banques nouvelles, sociétés anonymes libéralisées (1867), grands travaux d'Haussmann à Paris, traité de libre-échange avec l'Angleterre (1860). Les expositions universelles de 1855, 1867, 1878, 1889 et 1900 mettent en scène le progrès : tour Eiffel en 1889, métro en 1900.

À partir de 1852, Aristide et Marguerite Boucicaut transforment le Bon Marché, commerce existant, et développent le modèle du grand magasin : prix affichés, entrée libre, soldes et livraison. Zola en fait le décor d'Au Bonheur des Dames (1883).

Repères chiffrés du réseau ferré français
DateLongueur approximativeÉvénement
183719 kmParis-Saint-Germain, première ligne exclusivement destinée aux voyageurs
18503 000 kmDébut du réseau en étoile
187017 500 kmFin du Second Empire
191440 000 kmAprès le plan Freycinet de 1879

Effets et limites du progrès

L'usine concentre les travailleurs : la classe ouvrière naît des campagnes vidées par l'exode rural. Les villes industrielles grandissent vite et mal, avec des quartiers insalubres ; Haussmann perce les boulevards parisiens pour assainir, circuler et maintenir l'ordre. Le capitalisme industriel enrichit une bourgeoisie d'affaires, tandis que les ouvriers travaillent souvent douze heures par jour, sans protection contre l'accident ni le chômage. La mine est le lieu des pires drames : à Courrières, en 1906, une explosion de poussières de charbon tue plus de mille mineurs. Ces conditions nourrissent le mouvement ouvrier et la législation sociale, traités dans la notion sur les transformations économiques et sociales.

Pour situer les inventions, associer charbon et vapeur à la première révolution industrielle, puis essor de l’électricité et du pétrole à la seconde. Ce sont des repères de diffusion : le moteur à gaz de Lenoir apparaît vers 1860, avant l’essor de l’automobile dans les années 1880.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La première révolution industrielle repose sur le charbon et la machine à vapeur.Voir le corrigé

    Vrai

    La vapeur produite par la combustion du charbon actionne machines textiles, pompes de mines, locomotives et navires.

  2. 2.La ligne Paris-Saint-Germain, exclusivement destinée aux voyageurs, ouvre en 1842.Voir le corrigé

    Faux

    Elle ouvre en 1837 ; 1842 est la date de la loi organisant les grandes lignes du réseau. Des voyageurs circulaient déjà sur d’autres lignes en 1832.

  3. 3.L'électricité et le pétrole caractérisent la seconde révolution industrielle.Voir le corrigé

    Vrai

    À partir des années 1880, la lampe électrique, le moteur à explosion, l'automobile et la chimie transforment la production.

  4. 4.Le taylorisme désigne la chaîne de montage mise en place par Ford en 1913.Voir le corrigé

    Faux

    Le taylorisme est l'organisation scientifique du travail : décomposition en gestes simples et chronométrés. La chaîne de montage de Ford (1913) est une organisation distincte, même si les deux se complètent.

  5. 5.La tour Eiffel est construite pour l'Exposition universelle de 1889.Voir le corrigé

    Vrai

    Elle célèbre le centenaire de la Révolution et la maîtrise du fer ; le métro parisien ouvre pour l'exposition de 1900.

  6. 6.L'exode rural désigne le départ des citadins vers les campagnes.Voir le corrigé

    Faux

    C'est le mouvement inverse : les ruraux quittent les campagnes pour les villes et les usines.

Textes de référence

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