L'architecture budgétaire par missions, programmes et actions ; les titres
13 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques
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Le Parlement vote les crédits par mission, unité qui peut regrouper des programmes de plusieurs ministères.
Le budget de l'État se lit à travers deux grilles superposées : une nomenclature par destination, qui va de la mission à l'action, et une nomenclature par nature, les titres, qui traverse toutes les missions. À côté du budget général, des budgets annexes et des comptes spéciaux retracent des opérations particulières. Savoir situer une dépense dans ces deux grilles, et savoir reconnaître un compte spécial d'un budget annexe, permet de comprendre l'architecture budgétaire inscrite au programme d'inspecteur.
À retenir
- La mission est l'unité de vote du Parlement : elle regroupe des programmes qui concourent à une même politique publique et peut être interministérielle.
- Le programme est l'unité de spécialité des crédits, confiée à un responsable de programme, qui porte les objectifs et les indicateurs de performance.
- L'action est une subdivision indicative du programme, sans portée limitative pour la gestion : la spécialité s'apprécie au niveau du programme, avec notamment un plafond propre aux dépenses de personnel du titre 2.
- Les titres classent les dépenses par nature, indépendamment de la mission ou du programme : personnel, fonctionnement, investissement, intervention, entre autres.
- La justification au premier euro impose d'expliquer les crédits demandés par leurs déterminants physiques ou financiers, sans reconduction automatique du montant de l'année précédente.
- Les budgets annexes retracent les opérations de services de l'État qui produisent principalement des biens ou des services donnant lieu à paiement ; ils sont votés dans la loi de finances, mais présentés séparément du budget général.
- Les comptes spéciaux, régis par les articles 19 à 24 de la LOLF, retracent des opérations financées par des recettes particulières : comptes d'affectation spéciale, comptes de concours financiers, comptes de commerce, comptes d'opérations monétaires.
Mission, programme, action : trois niveaux, trois fonctions
| Niveau | Fonction | Qui en répond |
|---|---|---|
| Mission | Unité de vote du Parlement ; regroupe des programmes concourant à une politique publique ; peut être interministérielle | Portée par le Gouvernement devant le Parlement, sans responsable unique |
| Programme | Unité de spécialité des crédits ; porte les objectifs et les indicateurs de performance | Responsable de programme, désigné par le ministre |
| Action | Subdivision indicative du programme, sans portée limitative pour la gestion | Le programme reste l'échelon de spécialité opposable |
Le Parlement vote par mission : un amendement peut déplacer des crédits entre programmes d'une même mission, mais il ne peut pas augmenter le total voté pour la mission. La répartition entre actions, en revanche, est indicative : elle éclaire l'emploi prévisionnel des crédits sans lier le gestionnaire, qui peut s'en écarter dans le respect de la spécialité au niveau du programme.
Confusions fréquentes
- L'action n'engage pas le gestionnaire comme le programme
- La spécialité des crédits s'apprécie au niveau du programme, pas de l'action : un responsable de programme peut redéployer des moyens entre actions sans que cela constitue une irrégularité, ce qui ne serait pas vrai d'un déplacement entre programmes sans virement ni transfert.
Les titres de dépense et la justification au premier euro
| Titre | Nature de la dépense | Exemple |
|---|---|---|
| Titre 2 | Dépenses de personnel | Rémunérations, cotisations et prestations sociales versées aux agents |
| Titre 3 | Dépenses de fonctionnement | Achats courants, loyers, prestations de service |
| Titre 5 | Dépenses d'investissement | Construction ou rénovation d'un bâtiment public, achat de matériel durable |
| Titre 6 | Dépenses d'intervention | Aides économiques ou sociales, subventions à des associations ou à des collectivités |
La justification au premier euro rompt avec la logique des « services votés » qui prévalait avant la LOLF : les crédits demandés dans le projet annuel de performances sont expliqués par leurs déterminants physiques ou financiers, par exemple des effectifs, des surfaces ou des coûts unitaires. Le produit d'un volume par un coût est une méthode utile, pas une formule imposée à toute dépense. Cette exigence s'applique quel que soit le titre concerné, mais elle est particulièrement développée pour les crédits de personnel, où le volume se décline en équivalents temps plein travaillés.
Un programme motive une hausse de ses crédits de fonctionnement en présentant le nombre de sites à entretenir et un coût unitaire d'entretien par site, plutôt qu'en reconduisant simplement le montant voté l'année précédente.
Les budgets annexes
Un budget annexe retrace les opérations d'un service de l'État qui n'est pas doté de la personnalité morale mais dont l'activité tend principalement à produire des biens ou à rendre des services donnant lieu à paiement, dans une logique proche de celle d'une entreprise. Voté dans la loi de finances, il déroge au principe d'unité par sa présentation séparée, non par le principe de compétence du Parlement, qui reste entier. Le contrôle et l'exploitation aériens en constituent un exemple ; les publications officielles et l'information administrative en forment un autre.
Retenir un repère simple : un budget annexe se distingue d'un compte spécial par son objet, une activité de nature industrielle ou commerciale rendue par un service de l'État, et non par une catégorie de recettes affectées comme pour un compte spécial.
Les comptes spéciaux
| Catégorie | Ce qu'elle retrace | Exemple |
|---|---|---|
| Comptes d'affectation spéciale | Opérations financées par des recettes particulières, en relation directe avec les dépenses concernées | Compte « Pensions », financé par les cotisations de retraite des agents |
| Comptes de concours financiers | Prêts et avances consentis par l'État | Avances aux collectivités territoriales sur le produit d'impôts locaux |
| Comptes de commerce | Opérations à caractère industriel et commercial menées à titre accessoire par un service de l'État | Gestion de la dette et de la trésorerie de l'État, approvisionnement de l'État et des forces armées en produits pétroliers, opérations commerciales des domaines |
| Comptes d'opérations monétaires | Opérations monétaires de l'État | Relations avec le Fonds monétaire international |
Régis par les articles 19 à 24 de la LOLF, qui les réservent à la loi de finances et en fixent limitativement les quatre catégories (article 19), les comptes spéciaux obéissent à des régimes distincts. La relation directe par nature entre recettes et dépenses caractérise les comptes d'affectation spéciale. Ceux-ci et les comptes de concours financiers sont dotés de crédits ; les comptes de commerce et d'opérations monétaires reposent sur une autorisation de découvert et des prévisions de recettes et de dépenses indicatives. Le compte de commerce de la dette et de la trésorerie relève de règles particulières fixées par la loi de finances.
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1.Le Parlement vote les crédits par mission, unité qui peut regrouper des programmes de plusieurs ministères.Voir le corrigé
Vrai
Une mission interministérielle rassemble des programmes concourant à une même politique publique, même s'ils relèvent de ministères différents.
2.Un amendement parlementaire peut augmenter le montant total voté pour une mission en le compensant par une action.Voir le corrigé
Faux
Un amendement peut déplacer des crédits entre programmes d'une même mission, mais il ne peut pas augmenter le total de la mission, qui est l'unité de vote.
3.La répartition des crédits d'un programme entre actions est indicative et ne lie pas le gestionnaire.Voir le corrigé
Vrai
La spécialité s'apprécie au niveau du programme ; l'action, subdivision indicative, peut être ajustée sans irrégularité.
4.La justification au premier euro consiste à reconduire automatiquement les crédits de l'année précédente.Voir le corrigé
Faux
Elle exige d'expliquer les crédits demandés par leurs déterminants physiques ou financiers, plutôt que de reconduire une enveloppe sans examen.
5.Un budget annexe retrace l'activité d'un service de l'État qui produit principalement des biens ou des services donnant lieu à paiement.Voir le corrigé
Vrai
Le budget annexe retrace l'activité principale d'un service sans personnalité morale. Les comptes spéciaux ont des objets distincts : affectation spéciale, prêts et avances, commerce accessoire ou opérations monétaires.
6.L'ouverture d'un compte d'affectation spéciale dispense de lien par nature entre ses recettes affectées et ses dépenses.Voir le corrigé
Faux
Les recettes affectées doivent être en relation directe par nature avec les dépenses. Le budget général peut les compléter dans la limite de 10 % des crédits initiaux, limite écartée pour les comptes Pensions et Participations financières de l'État.
Textes de référence
- Programmes de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe d'inspecteur des finances publiques (QCM et neuf options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances (texte consolidé) — Légifrance (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
- LOLF du 1er août 2001 — texte original publié par l'Assemblée nationale — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Modernisation de la gestion des finances publiques — texte définitif du 24 novembre 2021, loi organique du 28 décembre 2021 — Sénat (nouvel onglet)
- Guide de la justification au premier euro des crédits, PLF 2014 — Direction du Budget (nouvel onglet)
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