Les ressources fiscales de l'État : impôt sur le revenu, TVA, impôt sur les sociétés, accises
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La Constitution réserve à la loi la fixation des règles concernant le taux des impositions de toutes natures.
Les impôts d'État représentent l'essentiel des ressources du budget général. Quatre d'entre eux en fournissent la plus grande part : la TVA, l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés et l'accise sur les énergies. À côté des recettes fiscales, l'État perçoit des recettes non fiscales et reverse une partie de ses recettes brutes aux collectivités et à l'Union européenne par des prélèvements sur recettes. Les principes qui fondent l'impôt viennent de 1789.
À retenir
- Fondements : consentement à l'impôt (article 14 de la Déclaration de 1789), égalité devant les charges publiques (article 13), compétence de la loi pour les règles d'assiette, de taux et de recouvrement (article 34 de la Constitution).
- Recettes fiscales nettes de l'État : environ 356 milliards d'euros exécutés en 2025, nettes des remboursements et dégrèvements d'impôts d'État ; les fractions d'impôts affectées à d'autres administrations ne sont pas des recettes de l'État.
- Classement par rendement net pour l'État en 2025 : TVA (98 milliards d'euros), impôt sur le revenu (95), impôt sur les sociétés (60), accise sur les carburants (ex-TICPE, 16,3), puis les autres impôts (enregistrement, IFI, taxe sur les transactions financières).
- Une part importante de la TVA et de l'accise sur les énergies est transférée à la sécurité sociale, aux régions et aux départements : la recette nette de l'État est très inférieure au produit brut.
- Recettes non fiscales : dividendes des participations, produits du domaine, amendes, revenus de la Banque de France, de l'ordre de 25 milliards d'euros.
- Prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales et de l'Union européenne : déduits des recettes fiscales et non fiscales, ils constituent une dérogation à l'universalité.
- Dépenses fiscales (« niches ») : plusieurs centaines de dispositifs (474 en 2025) pour un coût estimé à 91,8 milliards d'euros en 2025, recensés chaque année en annexe du projet de loi de finances.
Les fondements de l'impôt
L'article 13 de la Déclaration de 1789 pose la nécessité d'une contribution commune « également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés » ; l'article 14 donne aux citoyens ou à leurs représentants le droit de consentir la contribution publique, d'en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée. L'article 34 de la Constitution en tire la compétence de la loi pour fixer les règles concernant l'assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures. L'autorisation de percevoir les impôts est renouvelée chaque année par la loi de finances.
La création d'un impôt relève de la loi. Sa mise en œuvre réglementaire doit respecter le cadre législatif ; pour les impôts locaux, la loi peut autoriser les collectivités à en fixer l'assiette et le taux dans les limites qu'elle détermine (article 72-2).
Les prélèvements obligatoires regroupent les impôts et les cotisations sociales effectives perçus par les administrations publiques et les institutions européennes ; en France, ils représentent 43,6 % du PIB en 2025 selon les données provisoires de l'Insee, nettes des crédits d'impôt. Les impôts d'État n'en sont qu'une partie : la CSG, les cotisations et les impôts locaux vont à la sécurité sociale et aux collectivités.
Les grands impôts d'État
| Impôt | Nature | Redevables | Repères |
|---|---|---|---|
| TVA | Indirect, sur la consommation | Entreprises, supporté par le consommateur | Taux de 20 %, 10 %, 5,5 % et 2,1 % ; première recette nette de l'État en 2025, dont une large part transférée à la sécurité sociale et aux collectivités |
| Impôt sur le revenu | Direct, progressif | Foyers fiscaux | Barème par tranches de 0 % à 45 %, quotient familial, prélèvement à la source |
| Impôt sur les sociétés | Direct, proportionnel | Sociétés | Taux normal de 25 %, taux réduit de 15 % sur une fraction des bénéfices des PME |
| Accises sur les énergies | Indirect, sur les carburants, combustibles et l’électricité | Fournisseurs ou distributeurs, supportées par le consommateur | Comprennent notamment l’ex-TICPE sur les carburants : 16,3 milliards nets pour l’État en 2025 ; d’autres fractions portent sur le gaz et l’électricité |
| Droits d'enregistrement et de succession | Direct, sur les mutations | Héritiers, donataires, acquéreurs | Successions et donations pour l'État ; mutations à titre onéreux surtout pour les départements |
| Impôt sur la fortune immobilière | Direct, sur le patrimoine immobilier | Foyers au patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d'euros | Remplace l'ISF depuis 2018 |
Confusions fréquentes
- Recette brute et recette nette
- La TVA rapporte plus de 200 milliards bruts, mais l'État n'en garde qu'environ la moitié après transferts et remboursements. En 2025, elle est la première recette de l'État en brut comme en net ; mais la loi de finances pour 2026 prévoit une quasi-égalité entre TVA nette et impôt sur le revenu (99,8 milliards d'euros chacun) : une question sur « la première recette » doit être datée, et une question chiffrée doit préciser brut ou net.
- La CSG n'est pas une recette de l'État
- La contribution sociale généralisée est un impôt affecté à la sécurité sociale ; par son rendement, elle dépasse l'impôt sur le revenu, mais elle ne figure pas au budget de l'État.
- Progressif et proportionnel
- L'impôt sur le revenu est progressif : le taux augmente avec le revenu, par tranches. L'impôt sur les sociétés et la TVA sont proportionnels : un taux fixe appliqué à la base.
Autres ressources et dépenses fiscales
Les recettes non fiscales comprennent les dividendes des entreprises dont l'État est actionnaire, les produits du domaine, les amendes, les intérêts des prêts et le versement de la Banque de France. Les prélèvements sur recettes, au profit des collectivités territoriales (dont la dotation globale de fonctionnement) et de l'Union européenne, sont retranchés des recettes fiscales nettes des remboursements et dégrèvements et des recettes non fiscales pour obtenir les recettes nettes des prélèvements.
Les dépenses fiscales sont les dispositions dérogatoires qui réduisent les recettes : crédits et réductions d'impôt, exonérations, taux réduits. Le rapport annexé au projet de loi de finances en recense plusieurs centaines, 474 pour 2025, pour un coût estimé à 91,8 milliards d'euros cette année-là ; le crédit d'impôt recherche et le taux réduit de TVA sur certains travaux en sont parmi les plus coûteux.
Pour l'ordre des recettes, retenir l'acronyme « TIRA » : TVA, Impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés (R pour résultat), Accise sur les énergies. C'est l'ordre de l'exécution 2025 ; la loi de finances pour 2026 prévoit une quasi-égalité entre TVA et impôt sur le revenu, de sorte que l'ordre des deux premières se vérifie chaque année sur l'exécution.
Se tester : vrai ou faux ?
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1.La Constitution réserve à la loi la fixation des règles concernant le taux des impositions de toutes natures.Voir le corrigé
Vrai
Article 34 de la Constitution : la loi fixe les règles concernant l'assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures. Dans le cadre qu'elle fixe, les collectivités territoriales votent elles-mêmes le taux de leurs impôts locaux.
2.La CSG est la deuxième recette fiscale du budget de l'État.Voir le corrigé
Faux
La CSG est affectée à la sécurité sociale ; elle ne figure pas au budget de l'État, même si son rendement dépasse celui de l'impôt sur le revenu.
3.L'impôt sur les sociétés est un impôt proportionnel.Voir le corrigé
Vrai
Il applique un taux fixe de 25 % au bénéfice imposable, avec un taux réduit de 15 % sur une fraction des bénéfices des petites entreprises ; il n'a pas de barème progressif.
4.En 2025, l'impôt sur les sociétés a rapporté à l'État un produit net supérieur à celui de la TVA.Voir le corrigé
Faux
La TVA est la première recette fiscale nette de l'État (environ 98 milliards d'euros en 2025), après transfert d'une part importante de son produit à la sécurité sociale et aux collectivités ; l'impôt sur les sociétés vient en troisième position, avec environ 60 milliards.
5.Les dépenses fiscales sont des dispositifs qui réduisent les recettes de l'État.Voir le corrigé
Vrai
Crédits et réductions d'impôt, exonérations et taux réduits sont des « dépenses » par renoncement à une recette, recensées en annexe du projet de loi de finances.
6.L'impôt sur la fortune immobilière a remplacé l'impôt de solidarité sur la fortune en 2018.Voir le corrigé
Vrai
La loi de finances pour 2018 a supprimé l'ISF et créé l'IFI, limité au patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d'euros.
Textes de référence
- Loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances (texte consolidé) — Légifrance (nouvel onglet)
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 — Légifrance (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
- Rapport n° 2847 sur les résultats et comptes 2025, tome I, 27 mai 2026 — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Constitution — texte de référence de l’Assemblée nationale — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Situation mensuelle budgétaire au 31 mars 2026, publiée le 5 mai 2026 — Direction du Budget (nouvel onglet)
- Taux de prélèvements obligatoires, données 1959-2025, publication du 28 août 2026 — Insee (nouvel onglet)
- Analyse de l’exécution budgétaire 2025 — Dépenses fiscales, avril 2026 — Cour des comptes (nouvel onglet)
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