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Fiche de cours

La loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001 et son évolution

12 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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La LOLF a été adoptée le 1er août 2001 et appliquée pour la première fois au budget 2006.

La loi organique relative aux lois de finances, votée en 2001 et appliquée au budget 2006, a remplacé une logique de moyens par une logique de résultats : le Parlement vote des missions et des programmes assortis d'objectifs et d'indicateurs, et les gestionnaires disposent d'une liberté encadrée par la fongibilité asymétrique. C'est le texte de référence de l'option finances publiques et du QCM « budget de l'État » du concours d'inspecteur.

À retenir

  • Loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001, d'initiative parlementaire (Didier Migaud et Alain Lambert), pleinement applicable au budget 2006 ; elle remplace l'ordonnance organique du 2 janvier 1959.
  • Nomenclature par destination : missions (unité de vote), programmes (unité de spécialité des crédits, confiés à un responsable de programme), actions.
  • Nomenclature par nature : sept titres, dont le titre 2 pour les dépenses de personnel, le titre 3 pour le fonctionnement, le titre 5 pour l'investissement, le titre 6 pour l'intervention.
  • Fongibilité asymétrique : les crédits de personnel peuvent abonder les autres titres, jamais l'inverse ; plafond d'emplois exprimé en équivalents temps plein travaillés.
  • Performance : projets annuels de performances annexés au projet de loi de finances, rapports annuels de performances joints à la loi d'approbation des comptes ; justification des crédits au premier euro.
  • Autorisations d'engagement et crédits de paiement pour toutes les dépenses ; principe de sincérité ; certification des comptes de l'État par la Cour des comptes.
  • Révisions : 2005 (utilisation des surplus de recettes et information du Parlement), 28 décembre 2021 (loi relative aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes, encadrement des affectations fiscales, débat sur la dette) ; la loi organique distincte de 2012 (gouvernance, Haut Conseil des finances publiques) a été intégrée à la LOLF en 2021.

D'une logique de moyens à une logique de résultats

Sous l'ordonnance de 1959, les dépenses du budget général faisaient l'objet d'un vote unique pour les services votés, et d'un vote par titre puis par ministère pour les autorisations nouvelles (article 41). La LOLF, adoptée à la quasi-unanimité en 2001, fait voter l'intégralité des crédits chaque année, les regroupe par politique publique et les assortit d'objectifs et d'indicateurs de performance. Elle est entrée pleinement en vigueur avec la loi de finances pour 2006.

La mission « Gestion des finances publiques » regroupe notamment le programme « Gestion fiscale et financière de l'État et du secteur public local », dont le responsable est le directeur général des Finances publiques ; ses indicateurs mesurent par exemple le taux de recouvrement ou les délais de paiement.

La nomenclature LOLF
NiveauRôleOrdre de grandeur
MissionEnsemble de programmes concourant à une politique publique ; unité de vote du Parlement ; peut être interministérielleUne trentaine pour le budget général
ProgrammeEnveloppe de crédits confiée à un responsable de programme ; unité de spécialité ; porte les objectifs et indicateursEnviron 130
ActionSubdivision indicative du programme, sans portée limitativePlusieurs centaines
TitreNature de la dépense (personnel, fonctionnement, investissement, intervention...)Sept titres

Les outils de la gestion

La fongibilité permet au responsable de programme de redéployer ses crédits entre actions et entre titres ; elle est asymétrique parce que les crédits de personnel (titre 2) peuvent financer d'autres dépenses mais ne peuvent pas être abondés par elles. Les autorisations d'emplois rémunérés par l'État sont plafonnées, et ces plafonds sont spécialisés par ministère (article 7) ; les projets annuels de performances les détaillent par programme. Toutes les dépenses sont votées en autorisations d'engagement, qui fixent la limite des engagements juridiques, et en crédits de paiement, qui fixent la limite des paiements de l'année.

Le projet annuel de performances, annexé au projet de loi de finances, présente pour chaque programme la stratégie, les objectifs, les indicateurs et la justification au premier euro des crédits demandés. Le rapport annuel de performances, joint à la loi relative aux résultats de la gestion, rend compte de l'exécution et des résultats obtenus. Les crédits sont mis en œuvre dans des budgets opérationnels de programme, déclinés par services ou par territoires.

Confusions fréquentes

Fongibilité asymétrique : le sens compte
Du titre 2 vers les autres titres, oui ; vers le titre 2, non. Le distracteur classique inverse le sens ou présente la fongibilité comme totale.
Mission et programme n'ont pas la même fonction
Le Parlement vote par mission ; un amendement peut déplacer des crédits entre programmes d'une même mission mais pas augmenter le total de la mission (article 47 de la LOLF). La spécialité des crédits s'apprécie au niveau du programme.

Les révisions de la LOLF

La loi organique du 12 juillet 2005 encadre l'utilisation des éventuels surplus de recettes fiscales et renforce l'information du Parlement, notamment sur les emplois des organismes subventionnés et les mises en réserve de crédits. Une loi organique distincte, du 17 décembre 2012, prise pour appliquer le traité budgétaire européen, crée le Haut Conseil des finances publiques, chargé d'apprécier le réalisme des prévisions macroéconomiques et la cohérence avec la trajectoire pluriannuelle ; ses dispositions figurent depuis 2021 dans la LOLF elle-même (titre VI). La loi organique du 28 décembre 2021 modernise la gestion : la loi de règlement devient la loi relative aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l'année, l'encadrement des affectations fiscales est renforcé et un débat sur la dette est organisé. Depuis la LOLF de 2001, seule une loi de finances peut affecter à un tiers une ressource établie au profit de l'État. La réforme de 2021 étend ce monopole aux impositions affectées aux autres tiers, à compter du PLF pour 2025 ; elle réserve le cas des collectivités territoriales, de leurs établissements publics et des organismes de sécurité sociale lorsque la ressource n'est pas établie au profit de l'État (article 2).

Trois dates à ancrer pour la LOLF : 2001 (vote), 2006 (première application), 2021 (dernière grande révision). Le Haut Conseil des finances publiques date de 2012 et n'est pas dans le texte d'origine.

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  1. 1.La LOLF a été adoptée le 1er août 2001 et appliquée pour la première fois au budget 2006.Voir le corrigé

    Vrai

    Le texte prévoyait une entrée en vigueur progressive ; la loi de finances pour 2006 est la première entièrement présentée et votée selon la LOLF.

  2. 2.Les crédits de fonctionnement peuvent être redéployés vers les dépenses de personnel.Voir le corrigé

    Faux

    La fongibilité est asymétrique : le titre 2 peut abonder les autres titres, mais aucun crédit ne peut venir augmenter le titre 2.

  3. 3.Le Parlement vote les crédits par mission.Voir le corrigé

    Vrai

    La mission est l'unité de vote ; le programme est l'unité de spécialité des crédits, confiée à un responsable de programme.

  4. 4.Le Haut Conseil des finances publiques a été créé par la LOLF de 2001.Voir le corrigé

    Faux

    Il a été créé par la loi organique du 17 décembre 2012 relative à la programmation et à la gouvernance des finances publiques.

  5. 5.Le rapport annuel de performances rend compte des résultats obtenus sur chaque programme.Voir le corrigé

    Vrai

    Le RAP, joint à la loi d'approbation des comptes, répond au projet annuel de performances annexé au projet de loi de finances.

  6. 6.La LOLF est issue d'un projet de loi organique déposé par le Gouvernement.Voir le corrigé

    Faux

    Elle est issue d'une proposition de loi organique du député Didier Migaud, soutenue par le sénateur Alain Lambert, et votée à une très large majorité.

Textes de référence

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