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Fiche de cours

Classifications fiscales, types d'imposition et dépenses fiscales

14 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le recouvrement par voie de rôle nominatif est le critère historique de l'impôt direct, que l'impôt indirect ignore.

Avant de connaître le taux d'un impôt, un candidat doit savoir le classer : direct ou indirect, sur le revenu, le capital ou la consommation, proportionnel ou progressif, affecté à l'État, aux collectivités ou à la sécurité sociale. Ces classifications reviennent constamment au QCM, sous une forme croisée qui piège qui confond les critères. Les dépenses fiscales, ces « niches » qui réduisent la recette sans figurer en dépense, complètent le tableau : elles obéissent à leurs propres règles de recensement et suscitent un débat récurrent.

À retenir

  • Impôt direct : payé et supporté par la même personne ; son critère historique est le recouvrement par voie de rôle nominatif, qui souffre aujourd'hui d'exceptions : l'impôt sur les sociétés est versé spontanément par l'entreprise, et l'impôt sur le revenu est prélevé à la source depuis le 1er janvier 2019. Impôt indirect : collecté par un tiers et incorporé au prix, recouvré par déclaration spontanée sans émission de rôle (TVA, accises).
  • Trois assiettes principales : le revenu (impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés), le capital (impôt sur la fortune immobilière, droits de mutation), la consommation (TVA, accises sur les énergies et le tabac).
  • Trois profils de taux : proportionnel, un taux fixe quelle que soit la base (impôt sur les sociétés, TVA) ; progressif, un taux qui croît par tranches (impôt sur le revenu) ; dégressif, un taux qui décroît en proportion du revenu total au-delà d'un plafond, comme les cotisations sociales plafonnées.
  • Trois affectataires : l'État (impôts du budget général), les collectivités territoriales (taxes foncières, cotisation foncière des entreprises), la sécurité sociale (contribution sociale généralisée, contribution au remboursement de la dette sociale).
  • Les dépenses fiscales sont des dispositions dérogatoires qui réduisent une recette : exonérations, réductions et crédits d'impôt, taux réduits. Elles sont recensées chaque année dans l'annexe « Voies et moyens » (tome II) du projet de loi de finances.
  • On en compte près de 475 (474 en 2025), pour un coût estimé à 91,8 milliards d'euros en 2025 par le projet de loi de finances pour 2026, après 89,4 milliards en 2024 : un montant comparable à celui de grandes missions du budget de l'État.
  • Elles font l'objet d'un débat récurrent : la norme fiscale de référence par rapport à laquelle une mesure est qualifiée de « dépense » plutôt que de règle générale reste discutée, et la Cour des comptes recommande régulièrement d'en resserrer le nombre plutôt que d'en créer de nouvelles.

Impôts directs et impôts indirects

Deux modes de perception
CritèreImpôt directImpôt indirect
Redevable légal et redevable réelConfondus : celui qui paie est celui qui supporte la chargeDistincts : un tiers collecte et reverse, le consommateur supporte la charge
Mode de recouvrementRôle nominatif émis par l'administration, critère historique : l'impôt sur les sociétés est pourtant versé spontanément, et l'impôt sur le revenu prélevé à la source depuis 2019Déclaration spontanée, sans émission de rôle
Visibilité pour le contribuableDirecte : il reçoit un avis d'impositionIndirecte : la charge est incorporée au prix
ExemplesImpôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, taxes foncièresTVA, accise sur les énergies, droits sur le tabac et l'alcool

La distinction repose sur la dissociation, en matière indirecte, entre le redevable légal, celui qui déclare et reverse l'impôt à l'administration (l'entreprise, pour la TVA), et le redevable réel, celui qui en supporte économiquement la charge (le consommateur final, à qui le prix TTC est répercuté). En matière directe, les deux se confondent : le contribuable qui figure au rôle est celui qui paie et qui supporte la charge.

Confusions fréquentes

Direct ne veut pas dire important
Le mode de perception ne dit rien du rendement. En 2025, la TVA nette, impôt indirect, a été la première recette fiscale de l'État (98,1 milliards d'euros), devant l'impôt sur le revenu (94,9 milliards) ; la loi de finances pour 2026 prévoit une quasi-égalité des deux, autour de 99,8 milliards chacun.

Trois assiettes, trois profils de taux

Ce qui est taxé
AssietteExemples
RevenuImpôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, prélèvements sociaux sur les revenus du capital
CapitalImpôt sur la fortune immobilière, droits d'enregistrement et de succession
ConsommationTVA, accise sur les énergies, droits sur le tabac et l'alcool
Comment le taux évolue avec la base
ProfilDéfinitionExemple
ProportionnelUn taux fixe s'applique quel que soit le montant de la baseImpôt sur les sociétés, TVA
ProgressifLe taux croît par tranches avec le niveau de la baseBarème de l'impôt sur le revenu
DégressifLe taux, rapporté au revenu total, décroît au-delà d'un plafondCotisations sociales plafonnées : aucune cotisation supplémentaire n'est due au-delà du plafond de la sécurité sociale

Un salarié rémunéré deux fois le plafond de la sécurité sociale verse la même cotisation plafonnée qu'un salarié rémunéré exactement à ce plafond : rapportée à son revenu total, la part cotisée décroît, ce qui rend ce prélèvement dégressif en proportion, alors même que son taux nominal, en dessous du plafond, reste fixe.

C'est l'exemple le plus fiable pour illustrer la dégressivité, catégorie rare et souvent mal comprise.

Impôts d'État, impôts locaux, impôts sociaux

Qui perçoit quoi
AffectataireExemplesRepère
ÉtatImpôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, part de la TVAInscrits au budget général, votés chaque année en loi de finances
Collectivités territorialesTaxes foncières, cotisation foncière des entreprises, taxe d'aménagementTaux votés par les assemblées locales, dans des limites fixées par la loi
Sécurité socialeContribution sociale généralisée, contribution au remboursement de la dette sociale, part de la TVA et des accisesVotées en loi de financement de la sécurité sociale ou en loi de finances selon l'assiette

Confusions fréquentes

La CSG est un impôt, pas une cotisation, malgré son nom
Créée en 1991, la contribution sociale généralisée est qualifiée par le Conseil constitutionnel d'« imposition de toute nature » au sens de l'article 34 : son nom de « contribution » et son affectation à la protection sociale n'en font pas une cotisation, faute de contrepartie individualisée en droits.

Les dépenses fiscales, ou « niches »

Une dépense fiscale est une disposition qui déroge à la norme fiscale de référence et qui, de ce fait, entraîne une perte de recette pour le budget de l'État : exonération totale ou partielle, taux réduit, réduction ou crédit d'impôt. Elle est comptée comme une renonciation à recette et non comme une dépense budgétaire, mais elle produit un effet équivalent sur le solde public. L'annexe « Voies et moyens » (tome II) du projet de loi de finances en recense chaque année plusieurs centaines, 474 pour 2025, avec leur coût estimé et leur nombre de bénéficiaires.

Le crédit d'impôt recherche (8,1 milliards d'euros estimés pour 2025) et le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile (7,0 milliards) sont les deux dépenses fiscales les plus coûteuses ; le taux de TVA de 10 % sur les travaux dans les logements figure aussi parmi les quinze premières.

Le débat porte moins sur l'existence des dépenses fiscales que sur leur qualification et leur pilotage : la norme fiscale de référence, à partir de laquelle une mesure est jugée dérogatoire, est en partie conventionnelle, ce qui explique que le nombre de dispositifs recensés varie selon les années sans que la loi ait changé. La Cour des comptes recommande régulièrement de plafonner leur coût global, d'évaluer systématiquement leur efficacité et de limiter la création de nouvelles niches sans suppression équivalente.

Pour le QCM, retenir que « dépense fiscale » et « dépense budgétaire » ont le même effet sur le déficit mais pas le même traitement comptable : la première réduit une recette, la seconde augmente une charge.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le recouvrement par voie de rôle nominatif est le critère historique de l'impôt direct, que l'impôt indirect ignore.Voir le corrigé

    Vrai

    L'impôt indirect est déclaré et reversé spontanément par un tiers collecteur, sans rôle. Le critère a des exceptions côté direct : l'impôt sur les sociétés est versé spontanément, et l'impôt sur le revenu est prélevé à la source depuis 2019.

  2. 2.Un impôt direct est collecté par un tiers qui l'incorpore au prix.Voir le corrigé

    Faux

    C'est la définition de l'impôt indirect. L'impôt direct est payé et supporté par la même personne, traditionnellement recouvré par voie de rôle nominatif.

  3. 3.Un prélèvement plafonné peut devenir dégressif en proportion du revenu total, au-delà du plafond.Voir le corrigé

    Vrai

    Les cotisations sociales plafonnées en sont l'exemple : aucune cotisation supplémentaire n'est due au-delà du plafond, ce qui fait décroître le taux effectif rapporté au revenu total.

  4. 4.La contribution sociale généralisée est juridiquement une cotisation sociale.Voir le corrigé

    Faux

    Le Conseil constitutionnel la qualifie d'imposition de toute nature, faute de contrepartie individualisée en droits, malgré son nom et son affectation à la protection sociale.

  5. 5.Une dépense fiscale et une dépense budgétaire ont un effet équivalent sur le solde public.Voir le corrigé

    Vrai

    L'une réduit une recette, l'autre augmente une charge, mais les deux dégradent le solde public dans les mêmes proportions.

  6. 6.On recense, en 2025, près de 750 dépenses fiscales.Voir le corrigé

    Faux

    On en compte 474 en 2025, soit près de 475. La norme fiscale de référence, en partie conventionnelle, fait en outre varier ce recensement.

Textes de référence

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