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Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

L'Union européenne et le pilotage des finances publiques : critères de Maastricht, traités, cadre de 2024, plan de relance

20 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Les valeurs de référence de 3 % et 60 % du PIB portent sur l'ensemble des administrations publiques.

Les finances publiques françaises se pilotent sous contrainte européenne : des valeurs de référence fixées en 1992, une procédure de surveillance qui peut aboutir à des recommandations et, en théorie, à des sanctions, un cadre refondu en 2024, et depuis 2020 un plan de relance financé par un emprunt commun. L'option finances publiques demande ces trois lignes du programme ; la QRC de 2026 portait précisément sur « les critères de Maastricht ». Cette fiche les relie à la situation de la France, placée en procédure de déficit excessif depuis juillet 2024.

À retenir

  • Le traité de Maastricht (1992) fixe quatre critères de convergence pour l'entrée dans l'euro — stabilité des prix, situation des finances publiques, stabilité du change, taux d'intérêt à long terme — et deux valeurs de référence budgétaires : un déficit public de 3 % du PIB et une dette publique de 60 % du PIB (protocole n° 12 sur la procédure concernant les déficits excessifs).
  • L'article 126 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne organise la procédure concernant les déficits excessifs : rapport de la Commission, décision du Conseil constatant le déficit excessif, recommandations assorties de délais, mise en demeure, puis, au terme, sanctions possibles.
  • Le pacte de stabilité et de croissance (1997) décline ces règles ; il a été durci en 2011 et 2013 (six-pack, two-pack), complété par le TSCG de 2012 et sa « règle d'or » d'un déficit structurel de 0,5 % du PIB, transposée par la loi organique du 17 décembre 2012 qui crée le Haut Conseil des finances publiques ; ces dispositions ont été reprises dans la LOLF (titre VI) par la loi organique du 28 décembre 2021.
  • Réforme entrée en vigueur le 30 avril 2024 (règlement (UE) 2024/1263 du 29 avril 2024) : chaque État présente un plan budgétaire et structurel national à moyen terme, sur quatre ou cinq ans selon la législature, et une trajectoire de dépenses nettes devient l'indicateur opérationnel unique ; la période d'ajustement peut être portée de quatre à sept ans en contrepartie de réformes et d'investissements.
  • La France est en procédure de déficit excessif depuis la décision (UE) 2024/2122 du Conseil du 26 juillet 2024, prise sur un déficit de 5,5 % du PIB en 2023 ; la recommandation du Conseil du 21 janvier 2025 lui demande d'y mettre fin d'ici à 2029, en plafonnant la croissance de ses dépenses nettes.
  • NextGenerationEU, décidé en juillet 2020, représente 806,9 milliards d'euros courants (750 milliards aux prix de 2018), dont 723,8 milliards pour la facilité pour la reprise et la résilience, en prêts et en subventions ; il est financé par un emprunt commun émis par la Commission.
  • Les versements de la facilité sont conditionnés à l'atteinte de jalons et de cibles : échéance de mise en œuvre au 31 août 2026, dernières demandes de paiement au 30 septembre 2026, paiements par la Commission d'ici au 31 décembre 2026. Le plan français, révisé en 2023, porte sur 40,3 milliards d'euros.

Les critères de Maastricht et la procédure concernant les déficits excessifs

Critères de convergence et valeurs de référence : deux usages différents
InstrumentContenuÀ quoi il sert
Critères de convergence (protocole n° 13)Inflation au plus 1,5 point au-dessus des trois États les plus performants ; finances publiques hors déficit excessif ; deux ans dans le mécanisme de change sans dévaluation ; taux longs au plus 2 points au-dessus des trois meilleursDécider de l'entrée d'un État dans la zone euro
Valeurs de référence (protocole n° 12)Déficit public de 3 % du PIB ; dette publique de 60 % du PIBSurveiller en permanence tous les États membres (article 126 TFUE)

Procédure concernant les déficits excessifs (article 126 TFUE) : la Commission examine le respect des valeurs de référence et établit un rapport ; le Conseil décide s'il existe un déficit excessif, puis adresse à l'État des recommandations assorties d'un délai ; faute d'action suivie d'effets, il peut le mettre en demeure puis, pour un État de la zone euro, prononcer des sanctions — dépôt, amende. Le volet correctif du pacte de stabilité et de croissance, maintenu par la réforme de 2024, en précise le déroulement.

Confusions fréquentes

Critères de convergence et valeurs de référence ne se confondent pas
Les quatre critères de convergence jugent l'entrée dans l'euro, une fois ; les valeurs de 3 % et 60 % servent ensuite à la surveillance permanente, pour tous les États membres, dans la zone euro ou non.
Le déficit de 3 % n'est pas le déficit de l'État
Les valeurs de référence portent sur l'ensemble des administrations publiques, État, sécurité sociale, collectivités locales, au sens de la comptabilité nationale, et non sur le seul budget de l'État voté en loi de finances.

Du pacte de stabilité au cadre réformé de 2024

Cinq étapes d'un cadre en révision permanente
DateTexteApport
1997Pacte de stabilité et de croissanceVolet préventif (programmes de stabilité) et volet correctif (procédure de déficit excessif)
2011-2013Six-pack et two-pack ; semestre européenRègle de réduction de la dette, examen des projets de budget avant leur vote
2012TSCG, loi organique du 17 décembre 2012Règle d'or de 0,5 % de déficit structurel ; Haut Conseil des finances publiques (dispositions reprises dans la LOLF par la loi organique du 28 décembre 2021)
2020-2023Clause dérogatoire généraleSuspension des exigences d'ajustement pendant la crise sanitaire et ses suites
2024Règlements (UE) 2024/1263 et 2024/1264, directive (UE) 2024/1265Plans à moyen terme et trajectoire de dépenses nettes ; volet correctif conservé

Le cadre de 2024 remplace l'accumulation d'indicateurs par une trajectoire de dépenses nettes, fixée dans un plan budgétaire et structurel national à moyen terme de quatre ou cinq ans. Les dépenses nettes excluent notamment la charge d'intérêts et l'effet des mesures nouvelles en recettes : l'État maîtrise ce qu'il décide, pas la conjoncture. La période d'ajustement peut être allongée à sept ans en contrepartie de réformes et d'investissements. Les valeurs de 3 % et 60 % restent inscrites au protocole n° 12 et la procédure pour déficit excessif demeure.

France : décision (UE) 2024/2122 du Conseil du 26 juillet 2024 constatant un déficit excessif, sur la base d'un déficit de 5,5 % du PIB en 2023 ; plan budgétaire et structurel à moyen terme transmis le 31 octobre 2024 ; recommandation du Conseil du 21 janvier 2025 fixant la correction du déficit excessif à 2029 et un plafond de croissance des dépenses nettes pour chaque année.

Le délai de 2029 et la trajectoire sont ceux de la recommandation du 21 janvier 2025, toujours en vigueur en octobre 2026.

Le plan de relance européen : un emprunt commun contre des réformes

NextGenerationEU, décidé en juillet 2020, est un instrument temporaire de 806,9 milliards d'euros courants, 750 milliards aux prix de 2018. Sa pièce maîtresse, la facilité pour la reprise et la résilience, dispose de 723,8 milliards d'euros, en subventions et en prêts. Pour le financer, la Commission emprunte sur les marchés au nom de l'Union, ce qui est inédit à cette échelle ; le remboursement s'étale jusqu'en 2058 au plus tard. Chaque État présente un plan national de relance et de résilience, découpé en réformes et investissements assortis de jalons et de cibles ; chaque paiement est conditionné à leur atteinte.

Calendrier de fin : les jalons et cibles devaient être atteints au 31 août 2026, les dernières demandes de paiement présentées au 30 septembre 2026, et la Commission doit effectuer tous les paiements d'ici au 31 décembre 2026. Pour la France, le plan national, révisé en juin 2023 pour intégrer un chapitre REPowerEU, porte sur 40,3 milliards d'euros de subventions, soit environ 40 % des 100 milliards du plan France Relance.

Confusions fréquentes

Un emprunt commun n'est pas une mutualisation des dettes nationales
L'Union emprunte pour financer un programme temporaire et le rembourse sur son budget ; les dettes publiques nationales restent celles de chaque État, soumises à la surveillance de l'article 126.

Pour la QRC « Les critères de Maastricht » : distinguer convergence et surveillance, citer les deux valeurs de référence et leur base juridique, décrire la procédure de l'article 126, puis actualiser : réforme de 2024 et procédure ouverte contre la France en 2024. Vingt lignes suffisent, à condition de ne pas s'arrêter en 1992.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Les valeurs de référence de 3 % et 60 % du PIB portent sur l'ensemble des administrations publiques.Voir le corrigé

    Vrai

    Elles s'appliquent au déficit et à la dette des administrations publiques au sens de la comptabilité nationale, pas au seul budget de l'État.

  2. 2.La réforme de 2024 a supprimé la procédure concernant les déficits excessifs.Voir le corrigé

    Faux

    Le volet correctif est conservé : la France a d'ailleurs été placée en procédure de déficit excessif le 26 juillet 2024, sous le nouveau cadre.

  3. 3.Dans le cadre réformé, l'indicateur opérationnel unique est une trajectoire de dépenses nettes.Voir le corrigé

    Vrai

    Le plan budgétaire et structurel à moyen terme fixe cette trajectoire, qui exclut notamment la charge d'intérêts et les mesures nouvelles en recettes.

  4. 4.Les critères de convergence de Maastricht servent à surveiller chaque année les États déjà membres de la zone euro.Voir le corrigé

    Faux

    Ils conditionnent l'entrée dans l'euro ; la surveillance permanente repose sur les valeurs de référence de l'article 126 et du protocole n° 12.

  5. 5.Les versements de la facilité pour la reprise et la résilience dépendent de l'atteinte de jalons et de cibles.Voir le corrigé

    Vrai

    Chaque demande de paiement est examinée au regard des réformes et investissements réalisés, et les paiements doivent intervenir d'ici au 31 décembre 2026.

Textes de référence

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