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Fiche de cours

La politique agricole commune

15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La politique agricole commune est mise en œuvre à partir de 1962.

La politique agricole commune (PAC) est la plus ancienne politique intégrée de l'Union et longtemps la plus coûteuse en part du budget. Conçue en 1962 pour garantir l'approvisionnement alimentaire de l'Europe d'après-guerre, elle a changé plusieurs fois de logique : des prix garantis aux paiements découplés de la production, puis à une architecture fondée sur des plans stratégiques nationaux depuis 2023. La fiche présente les grandes réformes, les deux piliers du financement et les critiques de cette politique.

À retenir

  • La politique agricole commune est instaurée en 1962, en application des objectifs fixés par le traité de Rome : accroître la productivité agricole, assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, stabiliser les marchés, garantir la sécurité des approvisionnements et assurer des prix raisonnables aux consommateurs.
  • La réforme de 1992 (réforme MacSharry) réduit les prix garantis et introduit des aides compensatoires versées directement aux agriculteurs, amorçant le passage d'un soutien par les prix à un soutien par les revenus.
  • La réforme de 2003 (réforme Fischler) instaure le découplage : l'essentiel des aides directes cesse d'être lié aux volumes produits, sous réserve du respect de normes environnementales, sanitaires et de bien-être animal (conditionnalité).
  • La réforme de 2013, dont les nouveaux paiements directs s’appliquent à partir de 2015, introduit un paiement dit « vert » conditionné à des pratiques favorables à l'environnement et engage une convergence des niveaux d'aide entre exploitations et entre États.
  • La PAC 2023-2027 change de méthode : chaque État membre élabore un plan stratégique national, validé par la Commission, qui décline les objectifs communs selon ses priorités propres, avec une ambition environnementale renforcée par des écorégimes.
  • Le premier pilier (paiements directs et interventions de marché ou sectorielles) relève du FEAGA : les paiements directs sont financés par l'Union, mais certaines interventions, notamment l'apiculture, appellent un financement national. Le second pilier, le développement rural, relève du Feader et est cofinancé par les États.
  • La part de la PAC dans le budget de l'Union a fortement diminué depuis les années 1980, mais reste majeure. L'enveloppe initiale pour 2021-2027 atteint 386,6 milliards d'euros, dont 8,1 milliards de NextGenerationEU en complément du cadre financier pluriannuel.

Origines et objectifs

Le traité de Rome fixe dès 1957 les objectifs d'une politique agricole commune, mise en œuvre à partir de 1962 par les premiers règlements et financée par un fonds européen dédié. Les objectifs originels restent lisibles dans le traité actuel : accroître la productivité de l'agriculture par le progrès technique et l'emploi rationnel des facteurs de production, assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, stabiliser les marchés, garantir la sécurité des approvisionnements, et assurer des prix raisonnables aux consommateurs. Ces objectifs, parfois contradictoires entre eux — soutenir le revenu agricole tout en maîtrisant les prix à la consommation —, expliquent les tensions qui traversent chaque réforme.

Les objectifs de la politique agricole commune (traité)
ObjectifTraduction concrète
ProductivitéProgrès technique, modernisation des exploitations
Niveau de vie équitableSoutien au revenu des agriculteurs
Stabilisation des marchésMécanismes d'intervention en cas de crise
Sécurité des approvisionnementsDisponibilité des produits agricoles et continuité des approvisionnements
Prix raisonnablesMaîtrise des prix payés par les consommateurs

Dans les années 1980, les prix garantis élevés ont provoqué des excédents structurels, les « montagnes de beurre » et « lacs de vin » régulièrement cités comme symptôme d'une politique fondée sur le soutien des prix plutôt que sur la maîtrise des volumes.

Cet épisode explique pourquoi les réformes ultérieures ont progressivement déplacé le soutien des prix vers les revenus, puis conditionné les aides à des pratiques précises.

Les réformes successives

Les grandes réformes de la PAC
RéformeContenu principal
1992 (MacSharry)Baisse des prix garantis, introduction d'aides compensatoires directes
Agenda 2000Nouvelle baisse des prix, renforcement du développement rural comme second pilier
2003 (Fischler)Découplage des aides directes de la production, généralisation de la conditionnalité environnementale et sanitaire
2013Paiement vert appliqué à partir de 2015, conditionné à des pratiques environnementales, convergence des niveaux d'aide
2023-2027Plans stratégiques nationaux, écorégimes, ambition environnementale renforcée

Le découplage, engagé par la réforme de 2003, constitue le tournant conceptuel de la PAC : un agriculteur perçoit une aide directe indépendamment de ce qu'il produit et même, pour partie, de sa production actuelle, à condition de respecter un ensemble de règles dites de conditionnalité. La réforme de 2013 ajoute une dimension environnementale explicite, avec un paiement vert représentant une part obligatoire des aides directes, conditionné à des pratiques telles que la diversification des cultures ou le maintien de surfaces d'intérêt écologique. La PAC 2023-2027 change de méthode de gouvernance plus que d'objectifs : elle remplace un cadre uniforme par des plans stratégiques nationaux, qui laissent chaque État décliner les priorités communes selon son contexte agricole, sous le contrôle de la Commission.

Confusions fréquentes

Ne pas confondre découplage et suppression des aides
Le découplage change le fondement du calcul de l'aide, qui cesse de dépendre directement des volumes produits ; il ne signifie pas que les aides ont disparu ou diminué mécaniquement.
La conditionnalité n'est pas propre à la réforme de 2013
Des exigences environnementales pouvaient déjà conditionner les aides dans le règlement de 1999 ; la réforme de 2003 généralise la conditionnalité ; la réforme de 2013 y ajoute spécifiquement le paiement vert, une couche supplémentaire et non le mécanisme de conditionnalité lui-même.

Les deux piliers et les enjeux actuels

La PAC se finance par deux fonds distincts, qui correspondent à ses deux piliers. Le premier pilier, financé par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA), couvre les paiements directs et les interventions de marché ou sectorielles. Les paiements directs sont pris en charge par l'Union ; certaines interventions sectorielles comportent un financement national, par exemple en apiculture. Le second pilier, financé par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), cofinancé par les États membres, soutient la modernisation des exploitations, l'installation des jeunes agriculteurs et le développement des territoires ruraux. La part de la PAC dans le budget de l'Union, longtemps proche des deux tiers du total dans les années 1980, s'est réduite avec la montée d'autres politiques et l'élargissement du champ d'action de l'Union, tout en restant l'un des postes les plus importants. L'enveloppe de départ pour 2021-2027 est de 386,6 milliards d'euros, dont 291,1 pour le FEAGA et 95,5 pour le Feader ; ces 95,5 incluent 8,1 milliards de NextGenerationEU. Il convient donc de distinguer les crédits du CFP de ce complément de relance, et de tenir compte des transferts entre piliers pour les allocations ultérieures.

Les deux piliers de financement de la PAC
PilierFondsFinancementContenu
Premier pilierFEAGAEuropéen pour les paiements directs ; financement national prévu pour certaines interventions sectoriellesPaiements directs, mesures de marché
Second pilierFeaderCofinancé par les États membresDéveloppement rural, installation, modernisation

Pour une question sur les critiques de la PAC, structurer la réponse autour de trois axes distincts : l'impact environnemental (biodiversité, usage des intrants), le revenu agricole (persistance de difficultés malgré les aides) et la répartition des aides entre exploitations, souvent jugée inégale au profit des structures les plus grandes.

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Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La politique agricole commune est mise en œuvre à partir de 1962.Voir le corrigé

    Vrai

    Les premiers règlements sont adoptés en 1962, en application des objectifs fixés par le traité de Rome de 1957.

  2. 2.Le découplage des aides directes de la production date de la réforme de 1992.Voir le corrigé

    Faux

    La réforme de 1992 introduit des aides compensatoires encore liées à la production ; le découplage date de la réforme de 2003.

  3. 3.Le paiement vert, conditionné à des pratiques environnementales, est introduit par la réforme de 2013.Voir le corrigé

    Vrai

    Il représente une part obligatoire des aides directes, conditionnée à des pratiques telles que la diversification des cultures.

  4. 4.La PAC 2023-2027 fixe au niveau de l'Union le détail de chaque aide, sans plan propre à chaque État.Voir le corrigé

    Faux

    C'est l'inverse : elle repose sur des plans stratégiques nationaux, qui laissent chaque État décliner les objectifs communs selon son contexte.

  5. 5.Les paiements directs aux agriculteurs relèvent du premier pilier de la PAC, financé par le FEAGA.Voir le corrigé

    Vrai

    Le FEAGA finance les paiements directs et les interventions de marché ou sectorielles. Certaines de ces interventions, comme l'apiculture, comportent un financement national ; le premier pilier n'est donc pas intégralement européen dans tous ses dispositifs.

  6. 6.Le second pilier de la PAC regroupe les paiements directs et les mesures de marché.Voir le corrigé

    Faux

    Paiements directs et mesures de marché forment le premier pilier, financé par le FEAGA. Le second pilier, financé par le Feader et cofinancé par les États, soutient le développement rural.

Textes de référence

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