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Fiche de cours

La politique commerciale commune

15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La politique commerciale commune relève d'une compétence exclusive de l'Union européenne.

La politique commerciale commune est l'une des rares compétences exclusives de l'Union : la négociation d'accords commerciaux avec les pays tiers relève en principe de l'Union, cette responsabilité appartenant à la Commission, sous mandat du Conseil et sous le regard du Parlement. Cette compétence explique pourquoi l'Union négocie d'une seule voix face à ses partenaires commerciaux, et pourquoi certains accords, comme celui conclu avec le Mercosur, suscitent des débats prolongés. Cette fiche présente le circuit de négociation, les instruments de défense commerciale et les grands accords en cours.

À retenir

  • La politique commerciale commune relève des compétences exclusives de l'Union : les États membres n'agissent dans ce champ que sur habilitation de l'Union ou pour mettre en œuvre ses actes.
  • Elle s'appuie sur un tarif extérieur commun, appliqué uniformément aux importations en provenance de pays tiers à toutes les frontières extérieures de l'Union, corollaire de l'union douanière.
  • La Commission négocie les accords commerciaux au nom de l'Union, sur la base d'un mandat de négociation arrêté par le Conseil, en tenant informés le Parlement et un comité spécialisé tout au long des négociations.
  • Depuis le traité de Lisbonne, le Parlement européen doit donner son consentement pour qu'un accord commercial entre en vigueur ; il ne peut pas l'amender, mais peut l'approuver ou le rejeter en bloc.
  • Un accord qui touche à la fois des matières relevant de la compétence exclusive de l'Union et des matières relevant des compétences des États membres, dit accord mixte, doit en outre être ratifié par chaque parlement national.
  • L'Union dispose d'instruments de défense commerciale — droits antidumping, droits compensateurs, mesures de sauvegarde — pour protéger son industrie contre des pratiques commerciales déloyales ou des afflux soudains d'importations.
  • Plusieurs accords récents restent débattus ou appliqués à titre provisoire faute de ratification complète : l'accord économique et commercial global avec le Canada, provisoire depuis 2017, et l'accord avec le Mercosur, signé le 17 janvier 2026, dont le volet commercial s'applique à titre provisoire depuis le 1er mai 2026 alors que le Parlement européen a saisi la Cour de justice.

Une compétence exclusive de l'Union

Le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne range la politique commerciale commune parmi les compétences exclusives de l'Union, aux côtés de l'union douanière, de la politique monétaire des États de la zone euro et des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur. Une compétence exclusive signifie que seule l'Union peut légiférer et conclure des accords contraignants dans ce champ ; les États membres ne peuvent agir que si l'Union les y habilite ou pour mettre en œuvre des actes de l'Union. Cette compétence trouve son corollaire matériel dans le tarif extérieur commun : un même droit de douane s'applique à une marchandise donnée, quel que soit le point d'entrée sur le territoire douanier de l'Union.

Compétences exclusives de l'Union (article 3 TFUE)
Domaine
Union douanière
Règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur
Politique monétaire des États membres dont la monnaie est l'euro
Conservation des ressources biologiques de la mer, dans le cadre de la politique commune de la pêche
Politique commerciale commune

Un État membre ne peut pas négocier unilatéralement un abaissement de droits de douane avec un pays tiers pour ses seuls producteurs : toute concession tarifaire de ce type relève exclusivement de la négociation menée par la Commission au nom de l'ensemble de l'Union.

C'est le sens concret de la compétence exclusive : elle dessaisit les États de toute négociation commerciale bilatérale autonome dans ce champ.

La négociation des accords commerciaux

Les articles 207 et 218 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne organisent la procédure des accords commerciaux : la Commission présente des recommandations au Conseil, qui l'autorise à ouvrir les négociations et lui donne un mandat définissant les objectifs et les lignes rouges. La Commission conduit ensuite les négociations avec le pays tiers, en consultation avec un comité spécial désigné par le Conseil et en rendant compte régulièrement au Parlement européen, qui n'est pas partie à la négociation mais doit en être informé sans délai à chaque étape. Le Conseil autorise la signature et, le cas échéant, l'application provisoire. Pour la conclusion, il adopte sa décision après approbation du Parlement européen, qui accepte ou rejette le texte sans pouvoir l'amender.

Les étapes de la négociation d'un accord commercial
ÉtapeActeurContenu
RecommandationCommissionProposition d'ouvrir des négociations
MandatConseilAutorisation et lignes directrices de négociation
NégociationCommissionConduite des discussions, information continue du Parlement
SignatureConseilAutorisation de signature de l'accord conclu
ConsentementParlement européenApprobation ou rejet en bloc, sans amendement

Confusions fréquentes

Un accord mixte exige aussi la ratification de chaque parlement national
Lorsqu'un accord touche des matières hors de la compétence exclusive de l'Union — par exemple certains mécanismes de règlement des différends investisseur-État —, il est qualifié de mixte : son entrée en vigueur complète dépend alors aussi de la ratification par chaque État membre, ce qui peut retarder son application de plusieurs années.

Les instruments de défense commerciale et les accords en débat

L'Union dispose de trois grandes catégories d'instruments de défense commerciale. Les droits antidumping compensent l'écart entre le prix pratiqué à l'exportation vers l'Union et la valeur normale d'un produit sur son marché d'origine, lorsque cet écart cause un préjudice à l'industrie européenne. Les droits compensateurs neutralisent l'effet d'une subvention accordée par un État tiers à ses exportateurs. Les mesures de sauvegarde permettent de restreindre temporairement des importations en cas d'afflux soudain causant ou menaçant de causer un préjudice grave, indépendamment de toute pratique déloyale. Plusieurs accords commerciaux récents illustrent la sensibilité politique de cette compétence : l'accord avec les pays du Mercosur, négocié pendant plus de vingt-cinq ans malgré de vives réserves de certains secteurs agricoles, signé le 17 janvier 2026 et scindé en un accord de partenariat, mixte, et un accord commercial intérimaire, qui ne couvre que la compétence exclusive de l'Union et s'applique à titre provisoire depuis le 1er mai 2026, le Parlement européen ayant saisi la Cour de justice le 21 janvier 2026 avant de se prononcer ; l'accord économique et commercial global conclu avec le Canada (CETA), appliqué à titre provisoire depuis 2017, que dix États membres, dont la France, n'avaient toujours pas ratifié en 2026 ; et le projet de partenariat transatlantique avec les États-Unis, dont les négociations se sont arrêtées fin 2016 et dont le Conseil a déclaré les directives de négociation obsolètes en avril 2019.

Les instruments de défense commerciale
InstrumentFait générateur
Droits antidumpingVente à l'exportation à un prix inférieur à la valeur normale, causant un préjudice
Droits compensateursSubvention accordée par un État tiers à ses exportateurs, causant un préjudice
Mesures de sauvegardeAfflux soudain d'importations causant ou menaçant un préjudice grave

Pour distinguer les trois instruments à l'oral, retenir le fait générateur en un mot : antidumping répond à un prix anormalement bas, droits compensateurs répondent à une subvention étrangère, mesures de sauvegarde répondent à un volume anormalement élevé, sans qu'aucune pratique déloyale soit nécessairement en cause.

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Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La politique commerciale commune relève d'une compétence exclusive de l'Union européenne.Voir le corrigé

    Vrai

    Les États membres n'agissent dans ce champ que sur habilitation de l'Union ou pour mettre en œuvre ses actes (article 2, paragraphe 1, TFUE).

  2. 2.Un État membre négocie les concessions tarifaires de l'Union en vertu d'une compétence commerciale nationale autonome.Voir le corrigé

    Faux

    La compétence est exclusive à l'Union : une action des États dans ce champ suppose une habilitation de l'Union ou la mise en œuvre de ses actes.

  3. 3.Le Parlement européen peut amender un accord commercial avant de donner son consentement.Voir le corrigé

    Faux

    Le Parlement approuve ou rejette l'accord en bloc, sans pouvoir en modifier le contenu.

  4. 4.Un accord mixte doit être ratifié par chaque parlement national, en plus de l'approbation des institutions de l'Union.Voir le corrigé

    Vrai

    Lorsqu'un accord touche des matières hors de la compétence exclusive de l'Union, sa ratification complète dépend aussi des États membres.

  5. 5.Les droits antidumping sanctionnent une subvention accordée par un État tiers à ses exportateurs.Voir le corrigé

    Faux

    C'est le rôle des droits compensateurs ; les droits antidumping répondent à un prix d'exportation inférieur à la valeur normale du produit.

  6. 6.L'accord économique et commercial global avec le Canada (CETA) est appliqué à titre provisoire depuis 2017.Voir le corrigé

    Vrai

    Il n'a pas encore été ratifié par l'ensemble des parlements nationaux des États membres, en raison de sa nature mixte.

Textes de référence

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