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Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

Définition, caractéristiques et origines du mouvement romantique

14 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le romantisme prend racine en Allemagne avec le Sturm und Drang avant de s'affirmer en France.

Le romantisme est l'un des huit thèmes de l'option littérature de l'épreuve 2 d'inspecteur : la notion en donne une définition précise, des repères chronologiques et des œuvres datées. Le mouvement naît hors de France, en Allemagne et en Grande-Bretagne, avant de s'imposer à Paris entre 1827 et 1830 contre l'esthétique classique. Il porte une sensibilité neuve, celle du moi, de la passion et de la mélancolie, et une revendication de liberté formelle que la bataille d'Hernani rend spectaculaire. Cette fiche situe les origines du mouvement, ses traits distinctifs et les étapes de son affirmation jusqu'à son recul après 1848.

À retenir

  • Le romantisme prend racine en Allemagne, où le Sturm und Drang des années 1770 (Goethe, Les Souffrances du jeune Werther, 1774) le prépare avant le premier romantisme allemand de la fin des années 1790, et se développe en Grande-Bretagne avec Byron et le roman historique de l’Écossais Walter Scott (Ivanhoé, 1819).
  • En France, Rousseau (Les Confessions, publiées en 1782 et 1789) et Chateaubriand (René, 1802) préparent le mouvement par l'expression du moi et de la mélancolie, avant que le romantisme ne se constitue en école.
  • Mme de Staël fait connaître les idées et les auteurs allemands en France avec De l'Allemagne (1813), ouvrage qui oppose la poésie classique, héritée de l'Antiquité, à la poésie romantique, née de la chevalerie et du christianisme.
  • Le romantisme place le moi, la passion et la mélancolie au centre de l'œuvre : le « mal du siècle » désigne le désenchantement d'une génération née pendant les guerres de l'Empire et arrivée à l'âge adulte après sa chute, sans cause à sa mesure.
  • Le mouvement s'affirme contre les règles classiques : la Préface de Cromwell (1827) de Victor Hugo réclame le mélange des genres et des tons et le rejet des unités de temps et de lieu ; la bataille d'Hernani (1830) impose cette esthétique sur scène.
  • La génération de 1830 se rassemble autour du Cénacle animé par Hugo (Vigny, Musset, Nerval, Gautier) ; son hégémonie s’atténue au milieu du siècle, mais la création romantique continue, notamment chez Hugo.

Des origines étrangères au mouvement

Foyers du romantisme européen
PaysAuteurs et œuvresApport
AllemagneGoethe, Les Souffrances du jeune Werther (1774) ; le Sturm und DrangExaltation du sentiment, révolte contre les conventions
Grande-BretagneByron ; Walter Scott, Ivanhoé (1819)Héros passionné et révolté ; naissance du roman historique
France (précurseurs)Rousseau, Les Confessions (1782-1789) ; Chateaubriand, René (1802)Expression du moi, mélancolie, sentiment de la nature

Mme de Staël joue le rôle de passeuse entre les deux mondes : De l'Allemagne (1813), ouvrage saisi par la censure impériale avant d'être publié à Londres puis à Paris à la chute du régime, présente au public français Goethe, Schiller et l'opposition entre une poésie classique, héritière de l'Antiquité et de ses règles, et une poésie romantique, née de la chevalerie et du christianisme, mélancolique et introspective. Ce transfert d'idées prépare la constitution du romantisme français comme école littéraire dans les années 1820.

Confusions fréquentes

Rousseau et Chateaubriand ne sont pas romantiques au sens strict
Ils précèdent le mouvement constitué : leurs œuvres annoncent la sensibilité romantique sans appartenir à l'école qui se forme en France après 1820.
Le Sturm und Drang n'est pas un mouvement français
Il désigne le courant allemand des années 1770, autour du jeune Goethe ; il prépare le romantisme sans se confondre avec lui : le premier romantisme allemand ne se constitue qu'à la fin des années 1790, et le romantisme français dans les années 1820.

Le moi, la passion et le mal du siècle

Le romantisme place au centre de l'œuvre le moi qui s'exprime, la passion qui l'emporte sur la raison, et la mélancolie qui colore le regard porté sur le monde. Ce moi devient un sujet littéraire à part entière, exploré dans ses mouvements intimes, ses contradictions et sa souffrance. Le « mal du siècle » en est l'expression générationnelle : le désenchantement d'une jeunesse née pendant les guerres de l'Empire et arrivée à l'âge adulte sous la Restauration, sans cause ni idéal à la mesure de ses aspirations, qui trouve dans l'écriture de soi une issue à ce vide historique. Le mouvement s'ouvre aussi à l'histoire et au peuple, sources d'inspiration nouvelles : le roman historique et l'intérêt porté aux traditions populaires, aux légendes et au Moyen Âge accompagnent cette exploration du moi par un détour vers le collectif et le passé national.

Dans René, le héros raconte depuis l’Amérique un mal de vivre antérieur à son départ ; le récit le relie aussi à l’histoire familiale et au secret d’Amélie.

La mélancolie de René annonce le mal du siècle, mais ne se réduit ni à une tristesse circonstancielle ni au seul désenchantement de l’après-1815.

Pour une question sur le romantisme, dater trois moments : l'origine étrangère (Sturm und Drang, années 1770), l'affirmation française (Préface de Cromwell 1827, bataille d'Hernani 1830) et le déclin (après 1848).

L'affirmation du mouvement en France : 1827-1830

Deux dates qui organisent la bataille romantique
DateÉvénementPortée
1827Préface de Cromwell (Hugo)Manifeste théorique : rejet des unités classiques, mélange du grotesque et du sublime
1830Bataille d'HernaniAffrontement en salle entre classiques et romantiques ; victoire du drame romantique

La Préface de Cromwell (1827) constitue le manifeste théorique du mouvement : Hugo y réclame le mélange des genres et des tons, l'union du grotesque et du sublime, et rejette les unités de lieu et de temps héritées du classicisme, ne gardant que l'unité d'action ou d'ensemble, « la seule vraie et fondée », au nom d'une liberté formelle capable de représenter la vie tout entière. Cette revendication trouve sa consécration scénique lors de la bataille d'Hernani, en 1830 : la représentation du drame de Hugo au Théâtre-Français oppose, dans la salle même, partisans du classicisme et jeunes romantiques venus en soutien, et se solde par la victoire du drame romantique. Autour de Hugo se forme alors la génération de 1830, réunie dans ce que l'on appelle le Cénacle : Vigny, Musset, Nerval et Gautier y côtoient l'auteur d'Hernani et diffusent l'esthétique nouvelle dans la poésie comme au théâtre.

Le déclin du mouvement après 1848

Au milieu du XIXe siècle, le romantisme perd sa position dominante face au réalisme. Cette périodisation ne signifie ni la disparition du mouvement en 1848 ni l’abandon de la création par ses auteurs : Hugo, exilé après 1851, publie Les Contemplations en 1856 et continue de donner au lyrisme une portée collective. Le réalisme n’invente pas l’attention au peuple, déjà présente chez les romantiques. Les courants se chevauchent ; le lyrisme du moi, l’histoire et la liberté formelle restent féconds après la dispersion de l’école de 1830.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le romantisme prend racine en Allemagne avec le Sturm und Drang avant de s'affirmer en France.Voir le corrigé

    Vrai

    Le Sturm und Drang des années 1770, avec Goethe, précède de plusieurs décennies l'affirmation du mouvement en France dans les années 1820.

  2. 2.Rousseau et Chateaubriand appartiennent pleinement à l'école romantique constituée.Voir le corrigé

    Faux

    Ce sont des précurseurs : leurs œuvres annoncent la sensibilité romantique avant la formation du mouvement en école, dans les années 1820.

  3. 3.Mme de Staël fait connaître la littérature allemande en France avec De l'Allemagne (1813).Voir le corrigé

    Vrai

    L'ouvrage oppose la poésie romantique, née de la chevalerie et du christianisme, à la tradition classique héritée de l'Antiquité, et diffuse les auteurs allemands en France.

  4. 4.La bataille d'Hernani précède la Préface de Cromwell.Voir le corrigé

    Faux

    C'est l'inverse : la Préface de Cromwell, manifeste théorique, paraît en 1827, trois ans avant la bataille d'Hernani en 1830.

  5. 5.Le mal du siècle désigne le désenchantement d'une génération arrivée à l'âge adulte après la chute de l'Empire.Voir le corrigé

    Vrai

    Née pendant les guerres de l'Empire (« Conçus entre deux batailles », écrit Musset), cette génération, sans cause ni idéal à la mesure de ses aspirations, trouve dans l'écriture de soi une issue à ce vide historique.

  6. 6.Après 1848, le romantisme demeure l’école dominante sans concurrence du réalisme.Voir le corrigé

    Faux

    Sa position dominante recule avec l’affirmation du réalisme, mais ses auteurs continuent de créer : Les Contemplations de Hugo paraissent en 1856.

Textes de référence

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