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Fiche de cours

L'action concrète à mettre en œuvre : porteur, étapes, moyens et indicateurs

8 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

Le rapport du jury 2026 attribue le sacrifice de l'action concrète surtout à un manque de temps.

Le sujet 2026 et le sujet zéro se terminent par la même demande, « quel que soit votre avis, favorable ou défavorable » : proposer une action concrète qu'un acteur nommé pourrait mettre en œuvre. Le rapport du jury 2026 relève que cette partie a été « souvent sacrifiée, plus par manque d'idées, que par manque de temps », et que les candidats ont proposé plusieurs actions sans les développer. Cette fiche donne la grille pour en écrire une seule, exécutable, en une quinzaine de lignes.

À retenir

  • La commande fixe le porteur (l'État en 2026, la DGCCRF au sujet zéro), l'objectif, le nombre (une action) et parfois la longueur (une quinzaine de lignes en 2026) ; elle rend l'action indépendante de l'avis.
  • Une action est un acte précis, daté, porté et outillé ; « sensibiliser davantage » ou « renforcer la communication » sont des intentions que personne ne peut exécuter.
  • Le porteur agit dans la limite de ses compétences : un service local ne modifie pas la loi ; ce qui dépasse son champ se confie à un partenaire nommé, ou sort de l'action.
  • Les étapes s'enchaînent, préparer, déployer, vérifier ; chacune porte une échéance, et la dernière est un bilan daté.
  • Les moyens se passent en revue, humains, budgétaires, juridiques, numériques ; le guide ENFiP demande d'indiquer, si la proposition l'exige, un budget conséquent ou des ressources particulières, pour montrer qu'elle « a été analysée dans tous ses paramètres ».
  • L'indicateur mesure un résultat chez le public visé (taux, part, délai, évolution avant-après), pas l'activité du service (réunions tenues, courriels envoyés), et se relève avec des données que le porteur possède.
  • Le jury 2026 attend des propositions « opérationnelles et/ou innovantes » : une action classique et détaillée vaut mieux qu'une idée originale sans porteur ni calendrier, et une seule action développée vaut mieux qu'une liste.

Lire la commande avant de chercher l'idée

Ce que fixent les deux commandes connues au format 2026
ÉlémentSujet 2026Sujet zéro
PorteurL'ÉtatLa DGCCRF
ObjectifInciter les Français à venir en aide au patrimoine historiqueSensibiliser les consommateurs à l'intérêt de lire les étiquetages
NombreUne action concrèteUne action concrète
LongueurUne quinzaine de lignesNon précisée ; le guide ENFiP dit une vingtaine au maximum
Lien avec l'avis« Quel que soit votre avis, favorable ou défavorable »La même formule

L'arrêté prévoit une proposition ou un avis argumenté « complété, le cas échéant, d'une action à mettre en œuvre » : c'est le sujet qui décide, et les deux sujets connus au format 2026 la demandent. Le rapport du jury 2026 dit ce que cette partie vérifie : « la capacité du candidat à présenter des propositions opérationnelles et/ou innovantes ». Chaque mot de la commande borne la réponse. Un porteur autre que celui nommé, un objectif voisin, deux actions au lieu d'une ou trente lignes au lieu de quinze s'écartent de ce qui est demandé.

Lire la commande de l'action avant le dossier, en même temps que celle de l'avis : une idée notée pendant la lecture (un dispositif existant, un partenaire, un chiffre de référence) sert ensuite l'action, à condition de l'avoir cherchée.

Une action, pas une intention

Une intention dit un but ; une action dit un acte. « Mieux informer les usagers » reste une intention tant qu'on ne sait pas qui informe, par quel support, à partir de quand, avec quels moyens, et comment on saura que l'information est passée. Le guide ENFiP résume l'exigence : des propositions « adaptées au contexte, concrètes et pratiques, qui puissent être mises en œuvre », et non « un catalogue d'idées ».

Le QQOQCCP, cité par le guide ENFiP pour la recherche des idées, appliqué à l'action
QuestionCe qu'elle fixeExemple
Qui ?Le porteur, un service ou une fonction, et ses partenairesLe service des impôts des particuliers, avec la mairie
Quoi ?L'acte, un seul, nomméUne permanence mensuelle
Où ?Le lieu ou le périmètreLa mairie de la commune la plus éloignée du centre
Quand ?Le début, le rythme, le bilanDès mars, le premier mardi du mois, bilan en septembre
Comment ?Le mode opératoire et les étapesDeux agents, rendez-vous pris par la mairie
Combien ?Les moyens et leur sourceÀ effectif constant ; un poste portable du service
Pourquoi ?L'objectif, et l'indicateur qui le mesureMoins de déplacements évitables : visites au centre venant de ces communes

« Le service des impôts des particuliers tiendra, dès le 1er mars et chaque premier mardi du mois, une permanence dans la mairie de la commune la plus éloignée du centre. Deux agents s'y rendent avec un poste portable ; la mairie prend les rendez-vous. Un bilan en septembre comparera, pour ces communes, le nombre de visites au centre avec celui de l'année précédente. »

Cinq lignes, et chaque question du QQOQCCP a sa réponse : l'action est exécutable telle quelle.

Le porteur, les moyens, l'indicateur

Le porteur est celui que la commande nomme ou, si elle laisse le choix, le service placé au niveau où l'action se décide et s'exécute. Il agit dans la limite de ses compétences : une direction départementale ne relève pas un seuil fixé par la loi, un service des impôts ne modifie pas un formulaire national, la DGCCRF ne réforme pas les programmes scolaires. Ce qui dépasse son champ se confie à un partenaire, nommé avec son rôle, ou se retire de l'action.

Quatre familles de moyens à passer en revue : humains (qui, combien de temps, à effectif constant ou non), budgétaires (quel coût, sur quelle ligne), juridiques (une convention, une délibération, un texte existant suffit-il), numériques (un outil existant, un paramétrage, un développement). Le guide ENFiP est précis : si la proposition « nécessite un budget conséquent, la mobilisation de ressources particulières », il convient de l'indiquer, « pour démontrer ainsi que votre proposition a été analysée dans tous ses paramètres ».

Indicateur d'activité ou indicateur de résultat
L'actionMesure l'activitéMesure le résultat
Permanence en mairie pour éviter des déplacementsNombre d'usagers reçusÉvolution des visites au centre venant de ces communes
Courriel aux créateurs d'entreprise sur leurs premières échéancesNombre de courriels envoyésTaux de premières déclarations déposées dans le délai
Campagne pour le prélèvement automatiqueRéunions tenuesPart des entreprises ayant opté, avant et après
Atelier d'aide à la déclaration en ligneNombre d'ateliersPart des participants ayant déclaré en ligne

Un bon indicateur mesure l'objectif chez le public visé, se relève avec des données que le porteur possède déjà, à une date fixée, et se compare à un point de départ. Une mesure de perception (confiance, image) se relève rarement ; un compteur d'activité dit ce que le service a fait, pas ce qui a changé.

Les confusions fréquentes

Confusions fréquentes

Plusieurs actions esquissées plutôt qu'une développée
Le rapport du jury 2026 : les candidats « ont souvent proposé plusieurs actions sans pour autant les développer », ce qui ne démontre pas leur caractère opérationnel. Une action, avec tous ses paramètres.
Une action qui contredit l'avis ou ignore le dossier
Si l'avis a conclu qu'un public est laissé de côté, l'action l'accompagne, elle ne l'écarte pas davantage ; si le dossier décrit un dispositif existant, l'action l'étend ou le corrige au lieu de le créer.
Un porteur hors de ses compétences
La mesure la plus efficace sur le papier, si elle relève de la loi ou d'un autre acteur, n'est pas une action pour le porteur désigné. Vérifier le champ de compétence avant de se laisser séduire par l'idée.
Un compteur d'activité présenté comme un résultat
Réunions tenues, courriels envoyés, agents mobilisés : utile pour piloter, muet sur l'effet. Le résultat se lit dans un taux, une part, un délai, une évolution chez le public visé.
L'action sacrifiée ou réduite à une phrase
Souvent sacrifiée « plus par manque d'idées, que par manque de temps », dit le jury 2026. Préparer avant le concours un répertoire de formes d'action (permanence, atelier, courriel ciblé, convention avec un partenaire, expérimentation puis extension, guide, outil en ligne), et garder, quoi qu'il arrive, une dizaine de minutes pour l'écrire.
Argumenter encore au lieu de décrire
La partie « action » doit décrire l'acte, son porteur, ses moyens et ses étapes. Elle peut justifier brièvement sa pertinence et les conditions de sa réussite, comme le demande le guide, mais ne remplace pas cette description par une nouvelle argumentation générale.

Relire l'action avec six questions : une seule action ? le porteur de la commande ? un début et un bilan datés ? les moyens et leur source ? un indicateur de résultat relevable ? un risque et sa parade ? Six oui en une quinzaine de lignes, et l'exercice est traité. Les deux dernières questions ne viennent ni du guide de l'ENFiP ni du corrigé officiel du sujet zéro, plus sobre : elles servent à rendre l'action vérifiable.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le rapport du jury 2026 attribue le sacrifice de l'action concrète surtout à un manque de temps.Voir le corrigé

    Faux

    Le rapport dit l'inverse : « souvent sacrifiée, plus par manque d'idées, que par manque de temps ». C'est une banque d'idées qu'il faut préparer, pas seulement un chronomètre.

  2. 2.Le sujet 2026 demandait l'action quel que soit l'avis exprimé, favorable ou défavorable.Voir le corrigé

    Vrai

    La commande dissocie l'avis et l'action : un candidat qui ne partageait pas la déclaration de Jack Lang sur les travaux du Louvre devait quand même proposer une action pour inciter les Français à aider le patrimoine.

  3. 3.Un indicateur qui compte les réunions tenues par le service mesure l'effet de l'action.Voir le corrigé

    Faux

    Il mesure l'activité du service. L'effet se lit chez le public visé : un taux, une part, un délai, comparés à un point de départ.

  4. 4.Selon le guide ENFiP, une proposition qui exige un budget conséquent ou des ressources particulières doit l'indiquer.Voir le corrigé

    Vrai

    Le guide le demande « pour démontrer ainsi que votre proposition a été analysée dans tous ses paramètres » : taire le coût fragilise la proposition au lieu de la protéger.

  5. 5.Proposer trois ou quatre actions courtes vaut mieux qu'une seule action développée.Voir le corrigé

    Faux

    Le jury 2026 relève précisément que plusieurs actions non développées ne démontrent pas leur caractère opérationnel ; les meilleurs candidats ont détaillé leurs idées pour les rendre opérationnelles. Et la commande n'en demande qu'une.

  6. 6.Le porteur de l'action agit dans la limite de ses compétences ; ce qui les dépasse se confie à un partenaire ou sort de l'action.Voir le corrigé

    Vrai

    Un service local ne modifie pas la loi ni un formulaire national : lui prêter ce pouvoir rend l'action inexécutable, donc non opérationnelle.

  7. 7.Le guide ENFiP fixe la longueur de l'action à deux pages.Voir le corrigé

    Faux

    Deux pages au maximum, c'est la réponse à la question (l'avis) ; pour l'action, le guide dit que quelques lignes suffisent, une vingtaine au maximum. Le sujet 2026 en demandait une quinzaine.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.