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Fiche de coursOption de QRC — catégorie B

Accumulation du capital, progrès technique et croissance

14 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

L'investissement augmente le stock de capital et, à court terme, la capacité de production.

Pourquoi une économie produit-elle plus d'une année sur l'autre ? Accumuler des machines ne suffit pas indéfiniment : au-delà d'un certain seuil, chaque unité de capital supplémentaire rapporte moins que la précédente. C'est le progrès technique, et la manière dont il se construit, qui explique l'essentiel de la croissance de long terme. Cette question de programme mobilise Solow et les théories de la croissance endogène, deux références classiques des sciences économiques et sociales.

À retenir

  • Investissement : achat de capital fixe (machines, bâtiments, infrastructures) par les entreprises et les administrations, qui augmente le stock de capital et la capacité de production.
  • Rendements décroissants du capital : au-delà d'un certain seuil, chaque unité de capital ajoutée au même volume de travail procure un supplément de production plus petit que la précédente.
  • Progrès technique : amélioration des méthodes de production qui permet de produire davantage avec les mêmes quantités de travail et de capital ; il se mesure par la productivité globale des facteurs (PGF).
  • Croissance endogène (Romer, Lucas, années 1980) : le progrès technique résulte de décisions d'investissement des agents — recherche-développement, capital humain, infrastructures publiques — et non d'un facteur extérieur à l'économie.
  • Destruction créatrice (Schumpeter) : l'innovation fait disparaître des activités, des entreprises et des emplois anciens en créant des activités, des entreprises et des emplois nouveaux ; ce renouvellement porte la croissance de long terme.
  • Rôle de la dépense publique : recherche, éducation et infrastructures produisent des externalités positives que le marché seul sous-produit, ce qui justifie l'intervention de l'État dans les théories de la croissance endogène.
  • Ordre de grandeur : la croissance potentielle des économies avancées est modeste ; pour la France, le Gouvernement l'estime à 1,2 % en 2026 (Haut Conseil des finances publiques, avis du 17 avril 2026), et les gains de productivité en sont l'un des moteurs.

L'accumulation du capital et ses limites

L'investissement — l'achat de capital fixe par les entreprises et les administrations — augmente le stock de capital disponible pour produire. À court terme, plus de machines et plus d'infrastructures permettent de produire davantage avec le même travail. Mais ce mécanisme rencontre une limite : la loi des rendements décroissants énonce qu'au-delà d'un certain seuil, chaque unité de capital supplémentaire ajoutée au même volume de travail rapporte un supplément de production de plus en plus petit. Une deuxième machine identique dans un atelier qui manque déjà de personnel pour la faire tourner n'apporte presque rien.

Un artisan boulanger achète un second four : sans employé supplémentaire pour l'utiliser, la production supplémentaire est minime, alors que le premier four avait permis de doubler la fabrication.

Illustration simple des rendements décroissants : le facteur rare (ici le travail) limite le rendement du facteur accumulé (le capital).

Confusions fréquentes

Investir ne fait pas croître indéfiniment
Ignorer les rendements décroissants conduit à surestimer l'effet d'une accumulation de capital non accompagnée d'un progrès des méthodes de production.
Capital physique et capital humain ne se superposent pas
Le capital physique (machines, bâtiments) obéit aux rendements décroissants ; le capital humain (qualifications) produit des externalités qui peuvent, en partie, y échapper.

Le progrès technique et la productivité

Le progrès technique désigne toute amélioration des méthodes de production qui permet de produire davantage sans augmenter les quantités de travail et de capital utilisées. Il se mesure par la productivité globale des facteurs (PGF), c'est-à-dire la part de la croissance qui n'est pas expliquée par l'augmentation du volume de travail ou du stock de capital : c'est un résidu, ce que la croissance laisse inexpliqué une fois les facteurs comptés. Robert Solow, dans son modèle des années 1950, traite ce progrès technique comme une donnée extérieure à l'économie, un résidu dont l'origine reste hors du modèle.

D'où vient un gain de productivité globale des facteurs
SourceExemple
Innovation de produitUn nouveau matériau qui remplace un ancien à coût égal
Innovation de procédéUne chaîne de production automatisée qui réduit le temps de fabrication
Organisation du travailUne réorganisation des tâches qui réduit les temps morts
Qualification de la main-d'œuvreUne formation qui rend un même poste plus productif

La mécanisation agricole du XXe siècle a permis de multiplier la production par actif agricole sans multiplier d'autant les surfaces cultivées : c'est un gain de productivité globale des facteurs, pas un simple effet d'accumulation.

La croissance endogène : un progrès technique qui se construit

Dans le modèle de Solow, le progrès technique tombe du ciel : il est exogène, extérieur aux choix économiques. Les théories de la croissance endogène, développées à partir des années 1980 par Paul Romer et Robert Lucas, inversent la perspective : le progrès technique résulte de décisions d'investissement des agents économiques — dépenses de recherche-développement, formation qui accroît le capital humain, infrastructures de transport et numériques financées par la puissance publique. Ces investissements produisent des externalités positives : une découverte, une compétence ou une route profitent au-delà de celui qui les finance, ce qui permet à la croissance d'échapper, au moins partiellement, aux rendements décroissants.

Croissance exogène et croissance endogène
Modèle de Solow (croissance exogène)Théories de la croissance endogène
Statut du progrès techniqueRésidu extérieur au modèle, non expliquéProduit des choix d'investissement des agents
Mécanisme centralAccumulation de capital physique, rendements décroissantsRecherche-développement, capital humain, infrastructures publiques
Rôle de l'ÉtatMarginal dans le modèleCentral : financer des externalités positives que le marché sous-produit
Effet attenduConvergence des économies vers un même rythme de long termeUne économie qui investit plus dans le savoir peut croître durablement plus vite

Pour une question sur la croissance, toujours distinguer l'accumulation des facteurs du progrès technique, puis citer un mécanisme précis de la croissance endogène (recherche, capital humain ou infrastructures) plutôt qu'un renvoi vague à l'innovation.

La destruction créatrice de Schumpeter

Joseph Schumpeter décrit la croissance capitaliste comme un mouvement permanent de destruction créatrice : l'entrepreneur innovateur introduit un produit, un procédé ou une organisation nouvelle qui rend obsolètes des activités, des entreprises et des emplois anciens, tout en créant des activités, des entreprises et des emplois nouveaux. Ce renouvellement, par vagues d'innovations regroupées dans le temps, explique pour Schumpeter la dynamique de long terme mieux que la seule accumulation de capital.

Le numérique a fait disparaître l'essentiel des emplois de la photographie argentique tout en créant ceux du logiciel, du stockage en ligne et des objets connectés : gains et pertes d'emplois procèdent du même mouvement d'innovation.

Bon exemple pour une QRC : il montre simultanément destruction et création, ce qui distingue la destruction créatrice d'une simple perte d'emplois.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.L'investissement augmente le stock de capital et, à court terme, la capacité de production.Voir le corrigé

    Vrai

    L'achat de capital fixe accroît les moyens de production disponibles, avant que les rendements décroissants n'en limitent l'effet.

  2. 2.Selon la loi des rendements décroissants, chaque unité de capital ajoutée au même travail produit un supplément de production de plus en plus grand.Voir le corrigé

    Faux

    C'est l'inverse : au-delà d'un certain seuil, le supplément de production devient de plus en plus petit.

  3. 3.La productivité globale des facteurs mesure la part de la croissance qui n'est pas due à l'augmentation des quantités de travail et de capital.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est le résidu de la croissance, attribué au progrès technique au sens large.

  4. 4.Dans les théories de la croissance endogène, le progrès technique est extérieur aux décisions des agents économiques.Voir le corrigé

    Faux

    C'est le contraire : il résulte des investissements en recherche, en capital humain et en infrastructures. L'extériorité caractérise le modèle de Solow.

  5. 5.La destruction créatrice désigne le mouvement par lequel l'innovation fait disparaître des activités anciennes en créant des activités nouvelles.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est la définition de Schumpeter : le même mouvement d'innovation détruit et crée simultanément.

  6. 6.Dans le modèle de Solow, les infrastructures publiques sont le moteur de la croissance de long terme.Voir le corrigé

    Faux

    Chez Solow, la croissance de long terme tient à un progrès technique exogène. Ce sont les théories de la croissance endogène, avec Robert Barro (1990), qui font des infrastructures publiques une source d'externalités positives nourrissant la croissance de long terme.

Textes de référence

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