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Fiche de cours

Les contrôles administratifs : comptables publics, Inspection générale des finances

15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le contrôle exercé par le comptable public porte sur la régularité de la dépense, jamais sur son opportunité.

Avant qu'une dépense publique ne soit décaissée, plusieurs regards se posent dessus, à des niveaux différents : celui du comptable qui paie, celui du contrôleur budgétaire qui a évalué en amont la soutenabilité de l'engagement, et, plus loin, celui d'inspections générales qui auditent et évaluent sans intervenir dans l'exécution courante. Aucun de ces contrôles n'est une juridiction : c'est ce qui les distingue du contrôle juridictionnel de la Cour des comptes, souvent confondu avec eux au concours.

À retenir

  • Le contrôle du comptable public, exercé avant tout paiement, est un contrôle de régularité : qualité de l'ordonnateur, disponibilité des crédits, validité de la dette, dont la réalité du service fait. Il ne porte jamais sur l'opportunité de la dépense décidée par l'ordonnateur.
  • Créé par le décret du 18 novembre 2005 et mis en place en 2006, le service CBCM réunit deux départements sous l'autorité d'un même contrôleur budgétaire et comptable ministériel : contrôle budgétaire et comptabilité ministérielle. Le responsable cumule les deux qualités, sans confondre les objets des contrôles.
  • Le contrôle hiérarchisé de la dépense gradue les vérifications du comptable selon une analyse de risque : contrôle systématique sur les dépenses à enjeu, contrôle allégé ou par échantillonnage sur les autres, afin de concentrer l'effort là où il compte.
  • L'Inspection générale des finances, dont l'origine remonte au 25 mars 1816, est un service de contrôle rattaché directement au ministre chargé de l'économie et des finances, et non une juridiction.
  • Ses missions couvrent le contrôle sur place des services et organismes utilisant des fonds publics, l'audit, l'évaluation de politiques publiques et le conseil aux ministres, le plus souvent par des rapports remis au commanditaire et non systématiquement publics.
  • D'autres inspections générales exercent des missions comparables dans leur périmètre : l'inspection générale de l'administration pour le ministère de l'intérieur, l'inspection générale des affaires sociales pour le champ social, le contrôle général économique et financier pour les établissements publics et entreprises publiques.
  • Ce contrôle administratif, interne à l'exécutif et dépourvu de pouvoir de sanction, se distingue nettement du contrôle juridictionnel de la Cour des comptes, qui rend des arrêts susceptibles de recours et peut engager la responsabilité des gestionnaires publics.

Le contrôle du comptable, premier maillon

Avant tout paiement, le comptable public exerce un contrôle de régularité : il vérifie la qualité de l'ordonnateur, la disponibilité des crédits, la validité de la dette, dont la réalité du service fait, sans jamais apprécier l'opportunité de la dépense décidée par l'ordonnateur — ce contrôle, déjà détaillé à propos de la séparation des ordonnateurs et des comptables, n'est que le premier des contrôles administratifs qui encadrent l'exécution de la dépense publique. Trois autres s'y ajoutent, à des niveaux différents : le contrôle budgétaire, le contrôle hiérarchisé de la dépense et les missions des inspections générales.

Le contrôle budgétaire et comptable ministériel, le contrôle hiérarchisé de la dépense

Deux dispositifs, deux moments du contrôle
DispositifDepuisContenu
Contrôle budgétaire et comptable ministérielCréé en 2005, mis en place en 2006Un même CBCM dirige le département du contrôle budgétaire et le département comptable ministériel, compétent pour les opérations centrales qui lui sont assignées
Contrôle hiérarchisé de la dépenseArticle 42 du décret du 7 novembre 2012 : contrôles sélectifs, selon une évaluation des risquesGradue les vérifications du comptable selon une analyse de risque : contrôle systématique sur les dépenses à enjeu, contrôle allégé ou par échantillonnage sur les autres

Les contrôles budgétaire et comptable sont distincts dans leur objet, mais réunis sous un même responsable dans le service CBCM, mis en place en 2006. Le premier apprécie notamment la soutenabilité de la programmation et des engagements soumis à contrôle ; le second vérifie la régularité des paiements.

Confusions fréquentes

Contrôleur budgétaire et comptable ne contrôlent pas la même chose
Le contrôle budgétaire porte notamment sur la soutenabilité de la programmation et des engagements soumis à avis ou visa préalable ; il comporte aussi des analyses a posteriori. Le comptable contrôle, pour sa part, la régularité des opérations au stade du paiement.

L'Inspection générale des finances

Ce qu'est l'Inspection générale des finances
ÉlémentContenu
Origine25 mars 1816, sous la Restauration
RattachementDirectement au ministre chargé de l'économie et des finances ; service à compétence nationale
MissionsContrôle sur place des services et organismes utilisant des fonds publics, audit, évaluation de politiques publiques, conseil aux ministres
MéthodesMissions sur place et sur pièces, pouvoirs d'investigation étendus, rapports remis au commanditaire, non systématiquement publics

L'IGF intervient par des missions de contrôle, de vérification, d'audit, d'étude, de conseil et d'évaluation ; elle ne se substitue pas aux services contrôlés pour décider de leur gestion. Sous l'autorité directe du ministre de l'économie et des finances, elle peut aussi recevoir des missions du Premier ministre et mener de sa propre initiative des contrôles et vérifications. Ses recommandations éclairent les décisions sans avoir, par elles-mêmes, force exécutoire.

Un ministre commande à l'Inspection générale des finances une mission sur l'efficience d'un dispositif d'aide aux entreprises. Le rapport, remis quelques mois plus tard, propose de resserrer les critères d'éligibilité et chiffre l'économie attendue ; la décision de suivre ou non cette recommandation revient au Gouvernement, dans le cadre du prochain projet de loi de finances.

Le rapport éclaire la décision, il ne la prend pas : c'est la différence avec un pouvoir de sanction ou d'injonction.

Les autres inspections, et la distinction avec la Cour des comptes

D'autres inspections générales, d'autres périmètres
InspectionPérimètre
Inspection générale de l'administrationMinistère de l'intérieur : préfectures, sécurité civile, collectivités territoriales
Inspection générale des affaires socialesChamp social : santé, travail, cohésion sociale, sécurité sociale
Contrôle général économique et financierÉtablissements publics et entreprises publiques, contrôle économique et financier permanent ou par mission

Toutes ces inspections partagent un même statut : ce sont des services de contrôle administratif, internes à l'exécutif, dépourvus de pouvoir de sanction ou de jugement. Elles se distinguent nettement du contrôle juridictionnel de la Cour des comptes, qui est une juridiction indépendante rendant des arrêts susceptibles de recours, et qui, depuis la réforme entrée en vigueur en 2023, peut engager la responsabilité des gestionnaires publics et prononcer des amendes.

Confusions fréquentes

Une inspection générale n'est pas une juridiction
L'Inspection générale des finances, comme les autres inspections générales, rend des rapports au ministre : elle ne prononce aucune sanction et ne rend aucun arrêt. Seule la Cour des comptes, juridiction indépendante, dispose d'un pouvoir juridictionnel.

Distinguer la nature de l'acte : l'IGF conduit des missions administratives et remet des rapports ; un arrêt de responsabilité financière relève d'une juridiction. Le seul destinataire d'un rapport ne permet pas d'en déduire l'auteur : la Cour assiste aussi le Gouvernement.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le contrôle exercé par le comptable public porte sur la régularité de la dépense, jamais sur son opportunité.Voir le corrigé

    Vrai

    Il vérifie la qualité de l'ordonnateur, les crédits disponibles, la validité de la dette et le service fait, sans juger si la dépense est utile.

  2. 2.Le contrôleur budgétaire intervient après le paiement de la dépense, pour en vérifier la régularité.Voir le corrigé

    Faux

    Le contrôle budgétaire porte notamment sur la programmation et la soutenabilité des engagements, avec un contrôle préalable par avis ou visa dans les cas prévus. Des analyses a posteriori existent aussi ; la régularité du paiement relève du comptable.

  3. 3.Le contrôle hiérarchisé de la dépense réserve le contrôle systématique aux dépenses à enjeu limité.Voir le corrigé

    Faux

    C'est l'inverse : le contrôle systématique porte sur les dépenses à enjeu, le contrôle allégé ou par échantillonnage sur les autres, selon une analyse de risque.

  4. 4.L'Inspection générale des finances est rattachée directement au ministre chargé de l'économie et des finances.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est un service de contrôle interne à l'exécutif, et non une juridiction indépendante.

  5. 5.Un rapport de l'Inspection générale des finances a une force exécutoire immédiate sur l'administration contrôlée.Voir le corrigé

    Faux

    Le rapport éclaire la décision du ministre ou du Gouvernement, mais n'a par lui-même aucune force exécutoire.

  6. 6.Contrairement aux inspections générales, la Cour des comptes est une juridiction qui rend des arrêts susceptibles de recours.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est la distinction centrale entre le contrôle administratif interne à l'exécutif et le contrôle juridictionnel de la Cour des comptes.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.