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Fiche de cours

La Cour des comptes : missions, organisation, fonctionnement

14 min de lectureAu programme du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La Cour des comptes est à la fois une juridiction et un organe d'assistance au Parlement et au Gouvernement.

La Cour des comptes est à la fois une juridiction et un organe d'assistance. L'article 47-2 de la Constitution prévoit son assistance au Parlement dans le contrôle du Gouvernement, puis au Parlement et au Gouvernement pour les lois financières et l'évaluation des politiques publiques. Ses rapports publics contribuent à l'information des citoyens. Le second alinéa exige des comptes des administrations publiques réguliers, sincères et fidèles. Depuis 2023, celle-ci juge la responsabilité financière des gestionnaires publics selon les infractions prévues par la loi.

À retenir

  • Nature double : juridiction financière indépendante, et organe d'assistance au Parlement et au Gouvernement. Elle n'est ni une administration soumise au Gouvernement, ni une assemblée.
  • Quatre missions : juger (depuis 2023, les gestionnaires publics, et non plus les comptes des comptables), contrôler la gestion, certifier les comptes de l'État et du régime général de sécurité sociale, évaluer les politiques publiques.
  • Elle publie chaque année un rapport public annuel, un rapport sur l'exécution du budget de l'État et un rapport d'application des lois de financement de la sécurité sociale.
  • Le premier président est nommé en conseil des ministres ; les magistrats sont inamovibles, garantie essentielle de leur indépendance.
  • Les chambres régionales et territoriales des comptes contrôlent les comptes et la gestion des collectivités et de leurs établissements. Depuis 2023, le jugement de la responsabilité financière des gestionnaires locaux relève de la chambre du contentieux de la Cour des comptes.
  • Depuis le 1er janvier 2023, le régime unifié remplace la responsabilité personnelle et pécuniaire des comptables et la CDBF. La chambre du contentieux juge des infractions déterminées : faute grave avec préjudice financier significatif, mais aussi gestion de fait, avantage injustifié et infractions formelles. Appel devant la Cour d'appel financière, cassation devant le Conseil d'État.
  • Ses observations ne sont pas des décisions exécutoires, hors du champ juridictionnel : leur force tient à la publicité et au suivi de leurs recommandations.

Les quatre missions

Ce que la Cour fait, et sous quelle forme
MissionObjetActe produit
JugerDepuis le 1er janvier 2023, sanctionner les manquements graves des gestionnaires publics, ordonnateurs comme comptables ; jusqu'en 2022, juger les comptes des comptables publicsArrêt juridictionnel, susceptible d'appel devant la Cour d'appel financière
Contrôler la gestionApprécier l'emploi des fonds publics : régularité, efficacité, économieObservations, rapports publics
Certifier les comptesAttester la régularité, la sincérité et l'image fidèle des comptes de l'État et du régime général de sécurité socialeActe de certification, avec réserves éventuelles
Évaluer les politiques publiquesMesurer les effets d'une politique au regard de ses objectifsRapport d'évaluation

Juger est une activité juridictionnelle, qui aboutit à un arrêt susceptible de recours : c'était le jugement des comptes des comptables jusqu'en 2022, c'est depuis 2023 la sanction des manquements graves des gestionnaires publics. Contrôler la gestion est une activité administrative d'observation : elle produit des constats et des recommandations publiés, mais aucune sanction. Confondre les deux revient à prêter à la Cour un pouvoir de sanction sur l'opportunité des dépenses, qu'elle n'a pas.

Organisation et garanties

Une juridiction indépendante
ÉlémentContenu
Statut des magistratsInamovibles, ce qui garantit leur indépendance
Premier présidentNommé par décret en conseil des ministres
Ministère publicUn procureur général exerce les fonctions de ministère public près la Cour
ChambresChambres spécialisées par secteur, chambre du contentieux depuis la réforme de 2023
Échelon localChambres régionales et territoriales des comptes
RattachementAucune tutelle : elle est équidistante du Parlement et du Gouvernement

L'équidistance est le principe qui organise ses relations institutionnelles : la Cour assiste le Parlement et le Gouvernement, sans dépendre d'aucun des deux. Cette position explique qu'elle réponde aux demandes des commissions des finances des assemblées tout en conservant la maîtrise de son programme de travail.

Confusions fréquentes

Juger les gestionnaires n'est pas juger l'opportunité des dépenses
La Cour vérifie la régularité des opérations et sanctionne les fautes de gestion graves ; elle n'apprécie pas l'opportunité politique des dépenses décidées.
Certifier n'est pas approuver
La certification atteste que les comptes sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle. Elle peut être assortie de réserves, et elle ne porte pas de jugement sur la qualité de la gestion.
La Cour n'est pas une administration du ministère des finances
Elle est une juridiction indépendante, dont les magistrats sont inamovibles. La confondre avec l'Inspection générale des finances, qui est un service de contrôle administratif, est une erreur fréquente.
Le régime de responsabilité a changé en 2023
La RPP des comptables et la CDBF ont été remplacées par un régime unifié. La faute grave avec préjudice financier significatif en est l'infraction centrale ; d'autres infractions, notamment la gestion de fait et les infractions formelles, ont leurs conditions propres.

Les publications et leur portée

Trois rendez-vous annuels
PublicationObjet
Rapport public annuelEnquêtes et contrôles sélectionnés selon le thème de l'édition ; le suivi des recommandations fait aussi l'objet d'un rapport annuel dédié
Rapport sur le budget de l'ÉtatAnalyse de l'exécution, accompagnant le projet de loi relative aux résultats de la gestion (ex-loi de règlement)
Rapport d'application des lois de financement de la sécurité socialeExécution et perspectives des comptes sociaux

La Cour et les CRTC publient un rapport annuel dédié aux suites de leurs contrôles. Il présente notamment la part des recommandations totalement ou partiellement mises en œuvre et examine les réponses des organismes contrôlés. Ce suivi donne une visibilité aux suites concrètes des rapports.

Argument utilisable en QRC : l'autorité de la Cour repose sur la publicité et le suivi, non sur un pouvoir d'injonction.

Deux confusions à écarter pour l'oral : la Cour des comptes n'est ni la Cour de justice de la République, qui juge les ministres, ni la Cour de cassation, qui est au sommet de l'ordre judiciaire.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La Cour des comptes est à la fois une juridiction et un organe d'assistance au Parlement et au Gouvernement.Voir le corrigé

    Vrai

    L'article 47-2 de la Constitution consacre cette double nature, en y ajoutant la contribution à l'information des citoyens.

  2. 2.La Cour des comptes est placée sous l'autorité du ministre chargé des comptes publics.Voir le corrigé

    Faux

    Elle est une juridiction indépendante, équidistante du Parlement et du Gouvernement, dont les magistrats sont inamovibles.

  3. 3.Certifier des comptes revient à approuver la qualité de la gestion.Voir le corrigé

    Faux

    La certification atteste la régularité, la sincérité et l'image fidèle des comptes ; l'appréciation de la gestion relève d'une autre mission.

  4. 4.Les chambres régionales et territoriales des comptes contrôlent les collectivités territoriales.Voir le corrigé

    Vrai

    Les CRTC contrôlent les comptes et la gestion locale ; depuis 2023, la responsabilité financière des gestionnaires locaux est jugée par la chambre du contentieux de la Cour des comptes.

  5. 5.Les observations de la Cour sur la gestion sont des décisions exécutoires.Voir le corrigé

    Faux

    Hors du champ juridictionnel, elles n'ont pas de force obligatoire : leur portée tient à la publicité et au suivi des recommandations.

  6. 6.Depuis 2023, un régime unifié de responsabilité s'applique aux ordonnateurs comme aux comptables.Voir le corrigé

    Vrai

    Le régime unifie la responsabilité financière des ordonnateurs et comptables justiciables. Il vise des infractions déterminées, dont la faute grave avec préjudice financier significatif, la gestion de fait et les infractions formelles.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.