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Fiche de cours

Travail en équipe, hiérarchie, priorités et charge de travail

11 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif, du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

Un agent public doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique.

« Votre chef de service vous confie un dossier urgent alors que vous êtes déjà en retard sur deux autres. Que faites-vous ? » Cette situation permet de travailler la gestion des priorités et la relation hiérarchique. Une trame de préparation : rendre compte de sa charge, proposer un arbitrage et appliquer la décision, dans le cadre de ses responsabilités.

À retenir

  • Le principe de base est l'obéissance hiérarchique : l'agent se conforme aux instructions de son supérieur, sauf ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.
  • Rendre compte n'est pas se plaindre : signaler une surcharge, un retard ou une difficulté est un devoir professionnel, et le faire tôt vaut mieux que tard.
  • L'agent organise son travail dans les marges d'autonomie qui lui sont confiées. Si des priorités concurrentes les dépassent, il expose sa charge, propose un ordre de traitement et sollicite l'arbitrage du responsable.
  • Un désaccord professionnel peut être exposé à son responsable ; il ne dispense pas d'appliquer une instruction légale. L'échange reste respectueux, sans mettre en cause un collègue ou le responsable devant l'usager.
  • Avec un collègue en difficulté ou en conflit : traiter d'abord entre adultes, sans juger devant les autres ; alerter le responsable si le service ou l'usager en pâtit.
  • Un futur contrôleur ou inspecteur peut être amené à encadrer : répartir le travail, expliquer et soutenir développent l'autonomie de l'équipe.
  • Les erreurs sont un sujet de mise en situation à part entière : la réponse attendue est de signaler son erreur immédiatement, d'en mesurer les effets et de proposer la correction, jamais de la dissimuler.

Le cadre : ce que dit le statut

L'agent public se conforme aux instructions de son supérieur. L'article L. 121-10 du CGFP réserve l'ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public : deux conditions cumulatives. D'autres protections peuvent intervenir, notamment le droit de retrait face à un danger grave et imminent pour la vie ou la santé. Une simple objection d'opportunité ne suffit pas à refuser un ordre.

Trois situations, trois régimes
SituationConduite attendue
Instruction que l'on juge inopportuneExposer son objection à son responsable, puis appliquer la décision
Instruction manifestement illégale et gravement dommageableNe pas exécuter, et en informer le supérieur ; le refus doit être motivé
Instruction que l'on n'a pas compriseDemander une précision avant d'agir : improviser est ce qui coûte le plus cher au service

Priorités et charge de travail

Pour une surcharge nécessitant l'arbitrage du responsable, une trame de préparation tient en quatre temps : faire le point sur les dossiers et leurs échéances ; signaler l'état de la charge ; proposer un ordre tenant compte des délais légaux, de l'urgence et des conséquences pour les usagers ; appliquer l'arbitrage et rendre compte. Dans les marges déjà confiées, l'agent peut organiser lui-même son travail.

« Je fais d'abord le point : deux dossiers en retard, l'un avec une échéance de réponse à l'usager cette semaine, l'autre sans date impérative. Je vais voir mon responsable avec cet état des lieux et je lui propose de traiter en priorité l'urgent qu'il me confie et l'échéance de la semaine, en décalant le troisième dossier de quelques jours. S'il en décide autrement, j'applique sa décision et je l'informe de l'avancement en fin de journée. »

Cette réponse expose la charge, propose un arbitrage et prévoit un retour sur l'avancement.

Confusions fréquentes

Accepter tout sans rien dire n'est pas de la bonne volonté
Un signalement précoce donne au responsable le temps de rechercher une solution à la surcharge.
Arbitrer seul et en silence
Quand l'arbitrage dépasse les marges confiées à l'agent, différer un dossier sans en parler prive le responsable d'une information nécessaire. L'autonomie s'exerce dans le cadre fixé.
Dissimuler une erreur
Signaler une erreur permet d'en mesurer les conséquences et d'organiser sa correction ; la dissimuler retarde cette prise en charge.
Régler un conflit devant l'usager ou l'équipe
Un différend entre collègues se traite en privé, et devant le responsable s'il persiste ; l'exposer en public dégrade la relation de service et celle de l'équipe.

Collègues, entraide et encadrement

Quatre scénarios d'équipe et la trame de réponse
ScénarioTrame de réponse
Un collègue est visiblement dépasséLui proposer un appui concret et limité ; l'inviter à en parler au responsable ; alerter si le service ou l'usager en pâtit
Un collègue applique une règle autrement que moiVérifier la règle ensemble plutôt que trancher entre nous ; demander au responsable ou à la documentation du service
Un désaccord persistant avec un collègueEn parler d'abord à deux, calmement ; passer au responsable si le travail commun est empêché
Encadrer une petite équipe (B, A)Répartir en expliquant le sens, fixer un point d'étape, soutenir sans faire à la place, rendre compte du collectif

Pour préparer ces scénarios, distinguer trois postures : tout régler seul, même au-delà de ses responsabilités ; renvoyer chaque difficulté au chef ; traiter ce qui relève de soi et passer la main au bon moment. La dernière articule autonomie et compte rendu.

Pour les concours de contrôleur et d'inspecteur, préparer un exemple où l'on a expliqué une consigne à quelqu'un : c'est la situation d'encadrement la plus accessible à un candidat externe, et elle se raconte bien.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Un agent public doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est le principe de l'article L. 121-10 du CGFP, avec l'exception de l'ordre manifestement illégal compromettant gravement un intérêt public ; le droit de retrait et les autres protections ont leurs conditions propres.

  2. 2.L'agent peut refuser d'exécuter un ordre manifestement illégal, même si celui-ci ne compromet pas gravement un intérêt public.Voir le corrigé

    Faux

    Le refus suppose deux conditions cumulatives : un ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public ; sans la seconde, l'agent ne peut pas refuser sur ce seul fondement.

  3. 3.Signaler tôt une surcharge de travail à son responsable fait partie du travail.Voir le corrigé

    Vrai

    Rendre compte permet l'arbitrage tant qu'il est encore utile ; le silence produit un retard découvert trop tard.

  4. 4.Même quand modifier les priorités dépasse les marges qui lui sont confiées, l'agent décide de l'ordre de traitement puis informe son responsable.Voir le corrigé

    Faux

    L'agent organise le travail dans le cadre fixé. Si l'arbitrage en sort, il expose sa charge et propose un ordre au responsable avant de modifier les priorités.

  5. 5.Une erreur commise doit être signalée immédiatement, avec ses effets et la correction proposée.Voir le corrigé

    Vrai

    Une erreur signalée se corrige ; dissimulée, elle se découvre plus tard et engage bien davantage l'agent comme le service.

  6. 6.Après avoir appliqué une instruction légale, l'agent règle son désaccord en prenant l'usager à témoin de ses reproches au chef de service.Voir le corrigé

    Faux

    Une objection se formule de façon respectueuse auprès du responsable ; elle ne dispense pas d'exécuter une instruction légale. Le désaccord peut aussi être évoqué lors d'un bilan ultérieur, sans dénigrement public ni refus d'exécution.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.