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Fiche de coursOption de QRC — catégorie B

La mondialisation

14 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La mondialisation économique recouvre trois dimensions : commerciale, productive et financière.

La mondialisation n'est pas seulement un mot d'actualité : c'est un processus économique précis, l'intégration croissante des économies nationales par les échanges de biens, de capitaux et de facteurs de production. La notion répond à la ligne « Mondialisation » du programme de l'option sciences économiques et sociales du concours de contrôleur : une définition rigoureuse, distincte de l'angle géographique des flux et des lieux, un indicateur pour la mesurer, puis ses gagnants, ses perdants et ses remises en cause récentes.

À retenir

  • La mondialisation économique désigne l'intégration croissante des économies nationales par la multiplication des échanges de biens, de services, de capitaux et de facteurs de production.
  • Elle recouvre trois dimensions distinctes : commerciale (échanges de biens et de services), productive (chaînes de valeur mondiales, investissements directs à l'étranger) et financière (circulation des capitaux).
  • Une première vague de mondialisation se déploie de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'en 1914, avant d'être interrompue par les deux guerres mondiales ; une deuxième vague s'ouvre après 1945 et s'accélère nettement depuis les années 1980-1990.
  • Le taux d'ouverture, qui rapporte la somme des exportations et des importations à deux fois le produit intérieur brut, mesure le poids du commerce extérieur dans l'activité économique d'un pays.
  • La courbe de l'éléphant, construite par Christoph Lakner et Branko Milanović à partir des revenus mondiaux entre 1988 et 2008, montre une forte croissance de revenu pour la classe moyenne mondiale et pour le centile le plus riche, contre une croissance quasi nulle pour les classes moyennes des pays riches.
  • Depuis la crise de 2008 et la pandémie de 2020, un débat sur la démondialisation se développe : repli protectionniste, régionalisation des échanges, politiques de souveraineté sur des produits jugés stratégiques.
  • Le coût environnemental du transport de marchandises sur de longues distances alimente également la contestation d'une mondialisation jugée trop intense pour être soutenable.

Définir la mondialisation : trois dimensions

La mondialisation économique désigne l'intégration croissante des économies nationales par la multiplication des échanges de biens, de services, de capitaux et de facteurs de production, au point de créer une interdépendance croissante entre des économies auparavant plus cloisonnées. Cette intégration ne se limite pas au commerce de marchandises : elle recouvre trois dimensions distinctes, qui progressent à des rythmes différents et ne se confondent pas.

Les trois dimensions de la mondialisation
DimensionContenuExemple
CommercialeÉchanges de biens et de services entre paysUn vêtement conçu en Europe, fabriqué en Asie, vendu partout dans le monde
ProductiveOrganisation de chaînes de valeur mondiales, investissements directs à l'étrangerUne firme qui répartit ses usines entre plusieurs pays selon leur spécialisation
FinancièreCirculation de capitaux entre places boursières et institutions financièresUn épargnant qui finance, via un fonds, une entreprise à l'autre bout du monde

Deux vagues de mondialisation

La mondialisation ne date pas des années 1990 : une première vague se déploie de la seconde moitié du dix-neuvième siècle jusqu'à 1914, portée par le chemin de fer, le télégraphe et la navigation à vapeur, avant d'être interrompue par les deux guerres mondiales et le repli protectionniste des années 1930. Une deuxième vague s'ouvre après 1945, avec les accords de Bretton Woods et le GATT, qui organisent un abaissement progressif des droits de douane entre pays industrialisés. Elle s'accélère nettement à partir des années 1980-1990 : dérégulation financière, chute du mur de Berlin en 1989, ouverture des économies d'Europe de l'Est, puis entrée de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce en 2001, qui intègre pleinement cette économie aux échanges mondiaux.

Deux vagues de mondialisation
PériodeMoteursRupture
Avant 1914Chemin de fer, navigation à vapeur, télégrapheInterrompue par les deux guerres mondiales et le repli des années 1930
Depuis 1945, accélérée depuis 1980-1990Bretton Woods, GATT puis OMC, dérégulation financière, entrée de la Chine à l'OMC en 2001Ralentie, mais non interrompue, par les crises de 2008 et 2020

Mesurer l'ouverture commerciale : le taux d'ouverture

L'ouverture commerciale d'un pays se mesure par le taux d'ouverture, qui rapporte la somme de ses exportations et de ses importations de biens et de services à deux fois son produit intérieur brut, exprimée en pourcentage. Plus ce taux est élevé, plus l'activité économique du pays dépend des échanges avec l'étranger, à l'achat comme à la vente. Un petit pays très intégré aux échanges mondiaux affiche souvent un taux d'ouverture supérieur à celui d'une grande économie qui produit davantage pour son marché intérieur.

Calculer un taux d'ouverture
DonnéeValeurÉtape du calcul
Exportations700 milliards d'eurosAdditionnées aux importations
Importations750 milliards d'euros700 + 750 = 1 450 milliards d'euros
PIB2 500 milliards d'eurosDeux fois le PIB : 5 000 milliards d'euros
Taux d'ouverture29 %1 450 / 5 000 = 0,29, soit 29 %

Confusions fréquentes

Deux conventions de calcul coexistent
Certaines publications rapportent la somme des exportations et des importations au PIB sans la diviser par deux, ce qui double la valeur affichée : toujours vérifier la convention retenue avant de comparer deux pays.

Gagnants et perdants : la courbe de l'éléphant

La courbe de l'éléphant, construite par les économistes Christoph Lakner et Branko Milanović (Banque mondiale, 2013) à partir de l'évolution des revenus mondiaux entre 1988 et 2008, classe la population mondiale par centile de revenu et représente, pour chaque tranche, la croissance de revenu observée sur la période. Son tracé, en forme de silhouette d'éléphant, montre une forte croissance pour la classe moyenne mondiale, portée notamment par l'émergence économique de la Chine et de l'Inde, une croissance quasi nulle pour les classes moyennes et populaires des pays riches, puis une nouvelle forte croissance pour le centile le plus riche de la planète.

Lire la courbe de l'éléphant
Tranche de la population mondialeÉvolution du revenu, 1988-2008
Classe moyenne mondiale (émergents)Forte croissance
Classes moyennes et populaires des pays richesCroissance quasi nulle
Centile le plus riche de la planèteForte croissance

Un salarié de la classe moyenne chinoise a vu son revenu progresser fortement entre 1988 et 2008, tandis qu'un salarié de la classe moyenne d'un pays riche, confronté à la concurrence des importations et aux délocalisations, a vu le sien stagner sur la même période.

C'est ce contraste que la silhouette de l'éléphant représente, pas un jugement sur le bien-fondé de la mondialisation.

Confusions fréquentes

La courbe décrit une évolution relative, pas un niveau de vie absolu
Un revenu qui stagne en taux de croissance chez les classes moyennes des pays riches reste, en niveau absolu, généralement plus élevé que celui de la classe moyenne mondiale : la courbe compare des rythmes de croissance, pas des niveaux de vie.

Débats récents : démondialisation, souveraineté, environnement

La crise financière de 2008, la pandémie de 2020 et les tensions géopolitiques qui ont suivi ont ravivé un débat sur une possible démondialisation : repli protectionniste, régionalisation des chaînes d'approvisionnement, retour de politiques de souveraineté sur des produits jugés stratégiques, médicaments, semi-conducteurs, énergie. Dans les faits, les flux commerciaux mondiaux n'ont pas reculé de façon durable, mais leur rythme de croissance a ralenti et leur géographie s'est recomposée, avec une part croissante d'échanges entre pays voisins ou alliés. Le coût environnemental du transport de marchandises sur de longues distances alimente aussi la contestation d'une mondialisation jugée trop intense pour être soutenable.

Pour une question sur la mondialisation, toujours distinguer les trois dimensions (commerciale, productive, financière), citer un indicateur (taux d'ouverture) et un débat récent (démondialisation, souveraineté) : cette structure couvre l'essentiel de la notion en quelques phrases.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La mondialisation économique recouvre trois dimensions : commerciale, productive et financière.Voir le corrigé

    Vrai

    Ces trois dimensions progressent à des rythmes différents et se renforcent mutuellement.

  2. 2.La première vague de mondialisation, née dans la seconde moitié du XIXe siècle, s'achève en 1929.Voir le corrigé

    Faux

    Elle se déploie jusqu'en 1914, avant d'être interrompue par les deux guerres mondiales ; la deuxième vague s'ouvre après 1945 et s'accélère depuis les années 1980-1990.

  3. 3.Le taux d'ouverture peut se calculer en rapportant la demi-somme des exportations et des importations au produit intérieur brut.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est la convention la plus répandue dans les manuels français : (X + M) ÷ 2 ÷ PIB, en pourcentage. D'autres sources, comme la Banque mondiale, rapportent la somme X + M au PIB sans la diviser par deux : avant de comparer deux taux, vérifiez la convention retenue.

  4. 4.Selon la courbe de l'éléphant de Milanović, le centile le plus riche de la population mondiale a vu ses revenus stagner entre 1988 et 2008.Voir le corrigé

    Faux

    Ce centile forme au contraire le bout relevé de la trompe : ses revenus ont fortement progressé, comme ceux de la classe moyenne mondiale, tandis que les classes moyennes des pays riches stagnaient.

  5. 5.Les classes moyennes et populaires des pays riches ont connu une croissance de revenu quasi nulle entre 1988 et 2008, selon la courbe de l'éléphant.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est le creux caractéristique de la silhouette de l'éléphant, souvent situé autour du quatre-vingtième centile mondial.

  6. 6.Le débat sur la démondialisation signifie que les flux commerciaux mondiaux ont reculé de façon durable depuis 2008.Voir le corrigé

    Faux

    Les flux mondiaux n'ont pas reculé durablement ; c'est leur rythme de croissance et leur géographie qui ont changé.

Textes de référence

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