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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Opérations avec l'étranger, opérations financières, hors exploitation et exceptionnelles

16 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Une livraison intracommunautaire de biens à un assujetti identifié dans un autre État membre est exonérée de TVA en France.

Deux familles d'opérations sortent du schéma courant. Les opérations avec l'étranger changent le régime de TVA, exonération des livraisons intracommunautaires et des exportations, autoliquidation des acquisitions et des importations, et introduisent le risque de change quand elles sont libellées en devises : la créance ou la dette doit être convertie, réévaluée à la clôture et soldée au cours du jour du règlement. Les opérations exceptionnelles, elles, ont changé de périmètre avec le plan comptable 2025 : le résultat exceptionnel vise les événements majeurs et inhabituels et les cas particuliers du PCG, et les cessions d'immobilisations, les pénalités ou la quote-part de subvention ont rejoint le résultat courant. Le programme de A demande les deux.

À retenir

  • Échanges de biens dans l'Union européenne : la livraison intracommunautaire, vente à un assujetti d'un autre État membre identifié à la TVA et transport hors de France, est exonérée ; l'acquisition intracommunautaire est autoliquidée par l'acheteur français, qui crédite le 4452 TVA due intracommunautaire et débite le 445662 TVA déductible intracommunautaire dans la même déclaration ; état récapitulatif des clients et enquête statistique remplacent la DEB depuis 2022.
  • Échanges hors Union : l'exportation est exonérée, justifiée par la déclaration en douane ; l'importation supporte les droits de douane, incorporés au coût d'achat, et la TVA à l'importation, autoliquidée sur la déclaration CA3 depuis le 1er janvier 2022 au lieu d'être payée en douane. Prestations de services entre assujettis : imposables dans le pays du preneur, qui autoliquide ; déclaration européenne de services pour le prestataire.
  • Opérations en devises : enregistrées au cours du jour de l'opération, ou au cours de couverture ; à la clôture, créances et dettes sont converties au cours de clôture, et la différence est portée en écart de conversion, 476 à l'actif pour une perte latente, 477 au passif pour un gain latent, sans passer par le résultat.
  • Prudence : la perte latente donne lieu à une provision pour perte de change, 6865 débité et 1515 crédité ; le gain latent n'est pas comptabilisé en produit. À l'ouverture, les écarts sont contre-passés ; au règlement, la différence entre le montant comptabilisé et le montant reçu ou payé est une perte ou un gain de change, en 656 ou 756 pour une créance ou une dette commerciale, en 666 ou 766 pour une opération financière (plan 2025), et la provision est reprise (7865).
  • Résultat exceptionnel depuis 2025 (règlement ANC 2022-06, exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025) : seuls les produits et charges liés à un événement majeur et inhabituel, comme un sinistre ou une expropriation, ainsi que les écritures d'origine purement fiscale (provisions réglementées, dont les amortissements dérogatoires), les changements de méthode comptabilisés en résultat pour des raisons fiscales et les corrections d'erreurs (sauf celles d'écritures imputées sur les capitaux propres), restent en 67 et 77 (article 513-5 du PCG).
  • Ce qui a quitté l'exceptionnel : les cessions d'immobilisations incorporelles et corporelles vont en 657 Valeurs comptables des immobilisations incorporelles et corporelles cédées et 757 Produits des cessions d'immobilisations incorporelles et corporelles, les titres en 667 et 767 (6671 et 7671) ; pénalités et amendes en 6582, dédits et pénalités perçus en 7581, libéralités reçues en 7582, rentrées sur créances amorties en 7583 ; la quote-part de subvention d'investissement virée au résultat passe du 777 au 747 ; les transferts de charges 791, 796, 797 sont supprimés au profit du 708 refacturations, du 649 et du 7587 indemnités d'assurance.
  • Les opérations hors exploitation restent les opérations financières : intérêts, escomptes, différences de change, produits et charges sur cessions de titres, dépréciations financières, qui forment le résultat financier entre le résultat d'exploitation et le résultat exceptionnel.

La TVA des opérations avec l'étranger

Le régime de TVA selon la nature et la destination de l'opération
OpérationRégimeChez le vendeur ou prestataireChez l'acheteur ou preneur français
Livraison intracommunautaire de biens (vers un assujetti UE)Exonérée avec droit à déductionFacture HT avec les deux numéros de TVA intracommunautaire ; état récapitulatifAutoliquidation dans son pays
Acquisition intracommunautaire (depuis un assujetti UE)AutoliquidationFacture HT du fournisseur européen4452 crédité, 445662 débité ; effet nul si déduction totale
Exportation (hors UE)ExonéréeFacture HT, preuve douanière (DAE)Sans objet
Importation (hors UE)Droits de douane + TVA autoliquidée (CA3) depuis 2022Sans objetDroits en coût d'achat ; TVA due et déductible sur la CA3
Prestation de services entre assujettisLieu = pays du preneur, autoliquidationFacture HT, déclaration européenne de servicesTVA due et déductible dans la même déclaration

La TVA est un impôt territorial : elle frappe la consommation en France, si bien que les biens qui quittent le territoire en sont exonérés et que ceux qui y entrent y sont soumis. Dans l'Union européenne, où les frontières fiscales ont disparu en 1993, la livraison intracommunautaire est exonérée chez le vendeur à trois conditions, un acheteur assujetti identifié par son numéro de TVA intracommunautaire, la mention des deux numéros sur la facture et la preuve de l'expédition hors de France ; l'acheteur autoliquide la taxe de son pays. Symétriquement, l'entreprise française qui achète à un fournisseur européen déclare elle-même la TVA française sur son acquisition, au crédit du 4452, et la déduit dans la même déclaration, au débit du 445662, opération neutre en trésorerie si elle a un droit à déduction total ; l'écriture d'achat est complétée par ces deux lignes. Hors Union, l'exportation est exonérée sur justification douanière, et l'importation supporte les droits de douane, incorporés au coût du bien, et la TVA à l'importation, depuis 2022 autoliquidée sur la déclaration CA3 plutôt que payée à la douane. Pour les services entre assujettis, la règle générale situe l'imposition dans le pays du preneur, qui autoliquide, le prestataire déposant une déclaration européenne de services. Ces mécanismes se recoupent d'un État à l'autre par le système VIES, et leur détournement, la fraude carrousel, est l'une des fraudes à la TVA les plus lourdes, ce qui en fait un point de contrôle privilégié de la DGFiP.

Achat de composants à un fournisseur allemand pour 20 000 euros HT : 601 débité de 20 000, 401 crédité de 20 000 ; puis 445662 débité de 4 000 et 4452 crédité de 4 000. La déclaration CA3 porte 4 000 en TVA due sur acquisitions intracommunautaires et 4 000 en TVA déductible.

Les opérations en devises et le risque de change

Vente de 10 000 dollars le 1er décembre N, payée le 15 janvier N+1 ; cours 0,90 puis 0,88 puis 0,92 euro
DateÉcritureDébitCrédit
1er décembre N411 Client / 707 Ventes (10 000 × 0,90 ; exportation exonérée)9 0009 000
31 décembre N476 Écart de conversion actif / 411 (créance ramenée à 8 800)200200
31 décembre N6865 Dotation aux provisions financières / 1515 Provision pour perte de change200200
1er janvier N+1411 / 476 (contre-passation de l'écart)200200
15 janvier N+1512 Banque (10 000 × 0,92) / 411 (9 000) et 756 Gains de change sur créances et dettes commerciales (200)9 2009 000 + 200
15 janvier N+11515 / 7865 Reprise de la provision devenue sans objet200200

Une opération libellée en monnaie étrangère est convertie en euros au cours du jour de l'opération, ou au cours de la couverture de change si elle en a une ; la créance ou la dette est ainsi figée en euros dans les comptes de tiers. À la clôture, le principe d'évaluation impose de la convertir au cours de clôture ; la différence n'est pas un résultat, puisque rien n'est encore réalisé, mais un écart de conversion, porté au bilan : à l'actif, en 476, si la créance a diminué ou la dette augmenté, c'est une perte latente ; au passif, en 477, si la créance a augmenté ou la dette diminué, c'est un gain latent. La prudence traite les deux cas différemment : la perte latente est provisionnée, par une dotation financière en 6865 et une provision pour perte de change en 1515, sauf couverture ou compensation entre positions de sens contraire ; le gain latent n'est jamais pris en produit. À l'ouverture, les écarts sont contre-passés pour retrouver le montant d'origine. Au règlement, la différence entre le montant d'origine et les euros effectivement reçus ou payés constitue une différence de change réalisée : depuis le plan 2025, charge en 656 ou produit en 756 lorsqu'elle porte sur une créance ou une dette commerciale, en 666 ou 766 lorsqu'elle porte sur une opération financière ; la provision devenue sans objet est reprise en 7865. Les dettes en monnaie étrangère, que le programme de A mentionne expressément, suivent exactement la même logique en sens inverse.

Confusions fréquentes

L'écart de conversion n'est pas une charge ni un produit
Il est un poste de bilan, 476 ou 477, qui neutralise la réévaluation du tiers ; c'est la provision qui touche le résultat, et seulement pour les pertes latentes.
Gain latent : jamais en résultat
Le 477 reste au passif jusqu'au règlement ; comptabiliser un gain de change avant l'encaissement viole la prudence. Seul le gain réalisé est un produit, en 756 pour une créance commerciale, en 766 pour une opération financière.
Exportation et devise sont deux questions distinctes
Une vente en dollars à un client français reste soumise à la TVA ; une exportation facturée en euros n'a pas de risque de change. La TVA dépend de la destination, le change de la monnaie.

Opérations hors exploitation et résultat exceptionnel depuis 2025

Ce qui a changé avec le plan comptable 2025 (règlement ANC 2022-06)
OpérationAvant 2025Depuis 2025Niveau de résultat
Cession d'une immobilisation corporelle ou incorporelle675 (VNC) et 775 (prix)657 et 757Exploitation
Cession de titres immobilisés675 et 775667 et 767Financier
Pénalités, amendes fiscales et pénales67126582Exploitation
Dédits et pénalités perçus, libéralités reçues, rentrées sur créances amorties7711, 7713, 77147581, 7582, 7583Exploitation
Quote-part de subvention d'investissement virée au résultat777747Exploitation
Transferts de charges791, 796, 797Supprimés : 708 refacturations, 649, 7587 indemnités d'assuranceSelon nature
Sinistre majeur, expropriation ; écritures d'origine fiscale (amortissements dérogatoires) ; changement de méthode passé en résultat pour raison fiscale ; correction d'erreur67 / 7767 / 77 (inchangé)Exceptionnel

Le compte de résultat distingue trois niveaux : le résultat d'exploitation, issu de l'activité courante, le résultat financier, qui regroupe les opérations hors exploitation liées au financement et aux placements, intérêts, escomptes, différences de change, résultats sur cessions de titres, dotations et reprises financières, et le résultat exceptionnel. Jusqu'en 2024, ce dernier accueillait tout ce qui n'était pas courant, cessions d'immobilisations comprises, ce qui le rendait hétérogène et laissait les entreprises libres d'y loger des charges pour améliorer le résultat courant. Le règlement ANC 2022-06, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, le redéfinit strictement : il ne comprend que les produits et charges directement liés à un événement majeur et inhabituel, étranger à l'activité et non appelé à se reproduire, comme un sinistre ou une expropriation, ainsi que les écritures d'origine purement fiscale, provisions réglementées et amortissements dérogatoires, les changements de méthode que l'entité doit comptabiliser en résultat plutôt qu'en capitaux propres en raison de règles fiscales, et les corrections d'erreurs, sauf celles d'écritures directement imputées sur les capitaux propres. Tout le reste rejoint le résultat courant : les cessions d'immobilisations corporelles et incorporelles s'enregistrent désormais en 657 pour la valeur nette comptable et 757 pour le prix de cession, celles de titres en 667 et 767 ; les pénalités et amendes en 6582 ; les dédits perçus, libéralités reçues et rentrées sur créances amorties en 7581, 7582 et 7583 ; la quote-part de subvention d'investissement en 747 ; et les transferts de charges disparaissent au profit d'une comptabilisation par nature, refacturations en 708, indemnités d'assurance en 7587. L'annexe doit détailler chaque élément exceptionnel, ce qui rend le résultat courant plus comparable d'une entreprise à l'autre.

Dans une QRC datée de 2026, raisonner avec le plan 2025 : une cession de machine va en 657/757, pas en 675/775. Si l'énoncé fournit des comptes 675 et 775, les utiliser tels quels en signalant la renumérotation ; le jury valorise le candidat qui connaît la réforme sans se braquer sur le libellé du sujet.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Une livraison intracommunautaire de biens à un assujetti identifié dans un autre État membre est exonérée de TVA en France.Voir le corrigé

    Vrai

    À condition de mentionner les numéros de TVA intracommunautaire et de prouver l'expédition ; l'acheteur autoliquide dans son pays.

  2. 2.Depuis 2022, la TVA à l'importation est payée à la douane au moment du dédouanement.Voir le corrigé

    Faux

    Elle est autoliquidée sur la déclaration CA3 par l'importateur assujetti ; seuls les droits de douane sont payés à la douane.

  3. 3.À la clôture, un gain latent de change sur une créance en devises est enregistré au crédit du compte 766.Voir le corrigé

    Faux

    Il est porté au passif en 477 Écart de conversion passif et n'est pas pris en résultat, par prudence.

  4. 4.Une perte latente de change constatée à la clôture donne lieu à une provision pour perte de change.Voir le corrigé

    Vrai

    6865 débité, 1515 crédité, sauf couverture ; l'écart lui-même est en 476 à l'actif.

  5. 5.Depuis le plan comptable 2025, la cession d'une machine s'enregistre dans les comptes 657 et 757.Voir le corrigé

    Vrai

    Les comptes 675 et 775 ont disparu pour les immobilisations corporelles et incorporelles ; la cession relève du résultat d'exploitation.

  6. 6.Depuis 2025, les cessions de titres sont enregistrées dans le résultat exceptionnel.Voir le corrigé

    Faux

    Les cessions de titres relèvent du résultat financier, en 667 et 767 (6671 et 7671). Le résultat exceptionnel est limité aux événements majeurs et inhabituels, aux écritures d'origine fiscale, aux changements de méthode passés en résultat pour des raisons fiscales et aux corrections d'erreurs.

Textes de référence

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