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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Les opérations relatives au personnel et aux organismes sociaux

15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le salaire brut est enregistré au débit du compte 641 Rémunérations du personnel.

La paie est l'opération courante la plus réglementée : un salaire brut, des cotisations retenues au salarié, des cotisations à la charge de l'employeur, un prélèvement à la source d'impôt sur le revenu que l'employeur collecte pour la DGFiP, et une déclaration sociale nominative chaque mois. Le programme de A demande « les opérations relatives au personnel et aux organismes sociaux » ; pour un futur agent des Finances publiques, c'est aussi l'occasion de voir l'employeur en collecteur d'impôt. Les taux cités sont ceux de 2025, à titre indicatif : ils sont fixés chaque année et le jury attend le mécanisme, pas la décimale.

À retenir

  • Le salaire brut réunit le salaire de base, les heures supplémentaires majorées, les primes et gratifications, et les avantages en nature évalués (logement, véhicule, repas). Il ne peut être inférieur au SMIC, 1 867,02 euros bruts mensuels pour 35 heures depuis le 1er juin 2026, ni au minimum conventionnel.
  • Les cotisations salariales sont retenues sur le brut : assurance vieillesse (6,90 % plafonnée, 0,40 % déplafonnée), retraite complémentaire Agirc-Arrco (3,15 % sur la tranche 1, 8,64 % sur la tranche 2) et sa contribution d'équilibre général, CSG 9,2 % dont 6,8 déductible et CRDS 0,5 % sur 98,25 % du brut ; soit environ 22 % du brut pour un non-cadre. Il n'y a plus de cotisation salariale maladie ni chômage depuis 2018, hors Alsace-Moselle.
  • Le net imposable est le brut moins les cotisations déductibles, en réintégrant la CSG non déductible et la CRDS ; le prélèvement à la source (PAS) lui applique le taux transmis par la DGFiP, et le net à payer est le net après cotisations moins le PAS. Le bulletin affiche aussi le montant net social, base des prestations sociales.
  • Les cotisations patronales s'ajoutent au brut sans être retenues au salarié : maladie (13 %), vieillesse (8,55 % plafonnée, 2,02 % déplafonnée), allocations familiales (5,25 %), accidents du travail, chômage (4 %), AGS, Agirc-Arrco (4,72 % en tranche 1), FNAL, contribution solidarité autonomie, formation professionnelle, taxe d'apprentissage, versement mobilité : environ 40 à 45 % du brut, réduits par la réduction générale dégressive unique jusqu'à 3 SMIC.
  • Comptabilisation de la paie : 641 Rémunérations du personnel débité du brut ; 421 Personnel, rémunérations dues crédité du net à payer ; 431 Sécurité sociale crédité des cotisations URSSAF (sécurité sociale, CSG-CRDS, chômage) ; 437 Autres organismes sociaux crédité de la retraite complémentaire et de la prévoyance ; 4421 Prélèvement à la source crédité du PAS retenu. Les charges patronales : 645 Charges de sécurité sociale et de prévoyance débité, 431 et 437 crédités ; les taxes assises sur les salaires (formation, apprentissage, versement mobilité, taxe sur les salaires) en 631 et 633, contrepartie 447 ou 431.
  • Règlements : 421 débité et 512 crédité pour les salaires ; 431, 437, 4421 débités et 512 crédité pour les organismes, le PAS étant reversé à la DGFiP. Un acompte versé en cours de mois passe par 425 Personnel, avances et acomptes ; une saisie sur salaire par 427 Personnel, oppositions.
  • La déclaration sociale nominative (DSN), mensuelle, dématérialisée, déposée sur le portail net-entreprises, transmet aux organismes destinataires (URSSAF, caisses de retraite complémentaire, DGFiP…) les données de paie de chaque salarié : elle déclare et paie les cotisations, porte le PAS reversé à la DGFiP et reçoit en retour les taux de prélèvement. À la clôture, les congés payés acquis non pris et leurs charges sont provisionnés en charges à payer (6412 / 4282 et 645 / 4382).

Du salaire brut au net à payer

Bulletin simplifié d'une salariée non cadre : brut 3 000 euros, taux forfaitaires pour l'exemple
LigneBaseSalariéEmployeur
Salaire brut3 000,00
Cotisations URSSAF (vieillesse, CSG-CRDS ; maladie, famille, AT, chômage côté employeur)3 000− 400,001 000,00
Retraite complémentaire Agirc-Arrco et CEG3 000− 260,00260,00
Total des cotisations− 660,00 (22 %)1 260,00 (42 %)
Net avant impôt2 340,00
Prélèvement à la source (taux 5 % sur le net imposable 2 340)2 340− 117,00
Net à payer2 223,00
Coût total pour l'employeur3 000 + 1 260 = 4 260,00

Le brut est la rémunération convenue, base de toutes les cotisations. Les cotisations salariales en sont retenues par l'employeur pour le compte des organismes ; elles financent la retraite de base et complémentaire et, par la CSG et la CRDS, l'ensemble de la protection sociale et la dette sociale. Le net imposable ajoute au net la CSG non déductible et la CRDS, qui ne sont pas déductibles de l'impôt sur le revenu ; c'est sur lui que l'employeur applique le taux de prélèvement à la source que lui transmet la DGFiP via la DSN, personnalisé, individualisé pour un couple ou neutre si le salarié le souhaite. Le net à payer, viré au salarié, est le net après cotisations diminué du PAS et des éventuelles saisies, acomptes ou avantages en nature déjà fournis. Depuis 2023, le bulletin affiche le montant net social, revenu de référence pour la prime d'activité et le RSA. Le bulletin est remis à chaque paie, dématérialisé sauf refus du salarié, et conservé sans limitation de durée par lui, cinq ans par l'employeur.

Un cadre rémunéré 5 000 euros bruts dépasse le plafond mensuel de la sécurité sociale, 4 005 euros en 2026 : la vieillesse plafonnée et l'Agirc-Arrco tranche 1 s'arrêtent à 4 005, la tranche 2 (8,64 % salarié, 12,95 % employeur) s'applique aux 995 euros restants, la vieillesse déplafonnée et la CSG-CRDS portent sur la totalité.

Les écritures de paie, de charges patronales et de règlement

Les écritures du bulletin ci-dessus
ÉcritureDébitCrédit
1. Paie : 641 Rémunérations du personnel3 000
421 Personnel, rémunérations dues (net à payer)2 223
431 Sécurité sociale (cotisations salariales URSSAF)400
437 Autres organismes sociaux (retraite complémentaire)260
4421 Prélèvement à la source117
2. Charges patronales : 645 Charges de sécurité sociale et de prévoyance1 260
431 Sécurité sociale1 000
437 Autres organismes sociaux260
3. Paiement du salaire : 421 / 5122 2232 223
4. Paiement des organismes le mois suivant : 431 (1 400), 437 (520), 4421 (117) / 5122 0372 037

La première écriture constate la charge de personnel pour le brut, au débit du 641, et la répartit entre ce qui est dû au salarié, le net à payer au crédit du 421, et ce qui est retenu pour des tiers, au crédit des comptes d'organismes sociaux 431 et 437 et du compte 4421 pour l'impôt. La deuxième constate les charges patronales, au débit du 645 pour les cotisations et des comptes 631 et 633 pour les impôts et taxes assis sur les rémunérations, avec pour contrepartie les mêmes organismes. Les cotisations salariales et le PAS ne sont donc jamais des charges de l'entreprise : elles font partie du brut, déjà en charge, et transitent par des comptes de tiers. Le coût du travail est le brut plus les charges patronales. Le règlement solde ensuite chaque compte de tiers par le crédit de la banque : le salarié à la fin du mois, l'URSSAF, l'Agirc-Arrco et la DGFiP le 5 ou le 15 du mois suivant selon l'effectif. Un acompte versé en cours de mois est débité au 425 et vient en déduction du net à payer ; une saisie sur rémunération est créditée au 427 et versée au créancier ; une avance en nature ou une prime non versée suit le même schéma de tiers.

Confusions fréquentes

Le net à payer n'est pas le net imposable
Le net imposable réintègre la CSG non déductible (2,4 %) et la CRDS (0,5 %) ; c'est lui qui figure sur la déclaration de revenus préremplie. Le net à payer est le net après cotisations moins le PAS.
Le PAS est un impôt du salarié, pas une charge de l'employeur
L'employeur le retient et le reverse ; il s'enregistre en 4421, jamais en 63 ou 64. C'est une mission de collecte identique à celle de la TVA.
Le 645 ne reçoit que les cotisations patronales
Passer les cotisations salariales au débit du 645 double la charge : elles sont déjà dans le brut du 641.

DSN, organismes sociaux et régularisations de clôture

Depuis 2017, la déclaration sociale nominative a remplacé la plupart des déclarations sociales : issue directement du logiciel de paie, elle est déposée chaque mois, le 5 ou le 15, sur le portail net-entreprises, qui en achemine les données aux organismes : l'URSSAF encaisse les cotisations de sécurité sociale, la CSG-CRDS et l'assurance chômage, tandis que les caisses Agirc-Arrco recouvrent toujours elles-mêmes la retraite complémentaire, le transfert de ce recouvrement à l'URSSAF, prévu pour 2022 puis reporté, ayant été abandonné. La DSN porte aussi le prélèvement à la source : elle déclare le PAS retenu, que l'employeur reverse à la DGFiP, et reçoit en retour, dans le compte rendu métier, le taux de chaque salarié calculé par l'administration à partir de sa dernière déclaration de revenus ; un salarié qui n'a pas de taux transmis se voit appliquer le taux neutre du barème. Les autres impôts assis sur les salaires, taxe sur les salaires pour les employeurs non assujettis à la TVA, participation à la formation professionnelle et taxe d'apprentissage, versement mobilité, sont déclarés dans la DSN ou auprès de la DGFiP selon les cas. À la clôture, l'indépendance des exercices impose de rattacher les rémunérations acquises et non versées : provision pour congés payés en 6412 Congés payés et 4282 Dettes provisionnées pour congés à payer, charges sociales correspondantes en 645 et 4382, primes de fin d'année, participation et intéressement dus, le tout contre-passé à l'ouverture.

Dans une QRC de paie, toujours distinguer trois niveaux : ce que coûte le salarié à l'entreprise (brut + patronal), ce que touche le salarié (net à payer) et ce qui transite (cotisations salariales, PAS). Présenter les écritures dans cet ordre, puis vérifier que les comptes de tiers sont soldés après règlement.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le salaire brut est enregistré au débit du compte 641 Rémunérations du personnel.Voir le corrigé

    Vrai

    La charge de personnel est le brut ; le net et les retenues sont répartis au crédit entre le 421 et les comptes de tiers.

  2. 2.Les cotisations salariales sont une charge pour l'entreprise, enregistrée au compte 645.Voir le corrigé

    Faux

    Elles font partie du brut déjà en charge au 641 ; le 645 reçoit uniquement les cotisations patronales.

  3. 3.Le prélèvement à la source retenu sur les salaires est enregistré au crédit du compte 4421 puis reversé à la DGFiP.Voir le corrigé

    Vrai

    L'employeur est collecteur : il retient le PAS au taux transmis par l'administration et le reverse via la DSN.

  4. 4.Le net imposable est inférieur au net à payer.Voir le corrigé

    Faux

    Il lui est supérieur : il réintègre la CSG non déductible et la CRDS, et il est calculé avant le prélèvement à la source.

  5. 5.La déclaration sociale nominative est déposée chaque mois sur le portail net-entreprises et porte aussi le prélèvement à la source.Voir le corrigé

    Vrai

    Déclaration unique issue du logiciel de paie, le 5 ou le 15 du mois suivant ; ses données sont acheminées vers l'URSSAF, les caisses de retraite complémentaire, la DGFiP et les autres organismes.

  6. 6.Un acompte versé à un salarié en cours de mois est enregistré au débit du compte 421.Voir le corrigé

    Faux

    Il passe par 425 Personnel, avances et acomptes, puis vient en déduction du net à payer sur le bulletin.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.