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Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

La France, métropole et outre-mer : peuplement et répartition de la population, milieux entre nature et société

25 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré plus de décès que de naissances.

La géographie de l'option s'ouvre sur la France, métropole et outre-mer : le peuplement et la répartition de la population, puis les milieux « entre nature et société ». La QRC de 2026 demandait d'expliquer, à partir d'une carte, les contrastes de répartition de la population en France : il faut décrire (fortes et basses densités), expliquer (histoire, économie, métropolisation, attractivité des littoraux) et nuancer (dynamiques récentes). Les chiffres de ce domaine vieillissent vite : ceux de la fiche sont ceux des publications de l'Insee de 2025 et 2026, dont le bilan démographique de janvier 2026 ; le suivant paraîtra en janvier 2027.

À retenir

  • La France compte 69,1 millions d'habitants au 1er janvier 2026 ; sa croissance ralentit (+ 0,25 % en 2025) : pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les décès (651 000) dépassent les naissances (645 000) en 2025, avec une fécondité de 1,56 enfant par femme ; la croissance repose désormais sur le solde migratoire.
  • La population vieillit : les 65 ans ou plus représentent 22,2 % des habitants au 1er janvier 2026, presque autant que les moins de 20 ans (22,5 %) ; l'espérance de vie atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes.
  • La répartition est très contrastée : plus de 1 000 habitants par km² en Île-de-France, moins de 40 en Corse, environ 3 en Guyane (données 2019) ; l'aire d'attraction de Paris réunit près de 13 millions d'habitants, près d'un habitant sur cinq ; 93 % de la population vit dans une aire d'attraction (recensement de 2017, zonage de 2020).
  • Les fortes densités tiennent à l'histoire (vieux foyers ruraux et industriels), à la métropolisation (grandes villes, vallées, axes) et à l'attractivité des littoraux atlantique et méditerranéen ; les basses densités dessinent une diagonale du nord-est au sud-ouest et couvrent les montagnes et l'intérieur de la Guyane.
  • Les dynamiques récentes accentuent les contrastes : croissance à l'Ouest et au Sud, stagnation dans le Nord-Est et le Centre, périurbanisation, croissance plus rapide des espaces urbains que des espaces ruraux ; Paris perd des habitants par départs vers la province.
  • Les milieux sont aménagés et exposés : risques naturels (inondations, tempêtes, submersions, feux, séismes et cyclones outre-mer) et technologiques ; la prévention repose sur les plans de prévention des risques (loi Barnier, 1995) ; le changement climatique aggrave sécheresses, érosion côtière et canicules. Les outre-mer donnent à la France une zone économique exclusive d'environ 10 millions de km², à 96 % ultramarine.

Une répartition contrastée de la population

Des densités très inégales (Insee, données 2019)
TerritoireDensité (hab./km²)Ce qu'elle révèle
Île-de-FrancePlus de 1 000Poids de la capitale et de sa métropole
CorseEnviron 40Montagne, insularité, industrialisation passée limitée
GuyaneEnviron 3Forêt équatoriale, population concentrée sur le littoral

La population française est inégalement répartie. Les fortes densités se concentrent dans l'aire parisienne — près de 13 millions d'habitants dans l'aire d'attraction de Paris, près d'un habitant sur cinq —, dans les grandes métropoles régionales (Lyon, Marseille-Aix, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes), dans les vallées et les couloirs de circulation (Rhône, Seine, Alsace) et sur les littoraux, surtout méditerranéen et atlantique. Selon le recensement de 2017 et le zonage de 2020, 93 % des habitants vivent dans l'une des 699 aires d'attraction des villes, 51 % dans un pôle urbain. Les basses densités dessinent une diagonale qui va des Ardennes et de la Meuse aux Landes, en passant par le Massif central, et couvrent la plupart des massifs montagneux ; outre-mer, l'intérieur guyanais est presque vide. Plusieurs facteurs expliquent ces contrastes. L'histoire, d'abord : de vieux foyers de peuplement agricole, puis l'industrialisation du XIXe siècle dans le Nord, l'Est et les vallées, et l'exode rural qui a vidé les campagnes pauvres. L'économie ensuite : la métropolisation concentre emplois qualifiés, services et fonctions de commandement dans les grandes villes. L'attractivité enfin : climat, cadre de vie et héliotropisme attirent actifs et retraités vers le Sud et l'Ouest. Le milieu physique compte, mais ne détermine pas tout : les Alpes du Nord sont bien peuplées, alors que des plaines du Centre le sont peu.

Confusions fréquentes

Pas de déterminisme naturel
Une copie qui explique la répartition par le seul relief ou le climat passe à côté de l'essentiel : l'histoire économique, la métropolisation et les politiques d'aménagement pèsent davantage. Le milieu est une contrainte que les sociétés aménagent.

Des dynamiques démographiques qui changent

La France a longtemps fait figure d'exception démographique en Europe, avec une fécondité proche de deux enfants par femme. Ce n'est plus le cas : selon le bilan démographique de l'Insee, la fécondité tombe à 1,56 enfant par femme en 2025, son plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et les décès (651 000) dépassent les naissances (645 000) pour la première fois depuis 1945. La population, 69,1 millions d'habitants au 1er janvier 2026, ne croît plus que de 0,25 % par an, grâce au solde migratoire. Elle vieillit : les 65 ans ou plus représentent 22,2 % des habitants, presque autant que les moins de 20 ans. Sur le territoire, la croissance est plus forte sur les littoraux atlantique et méditerranéen et dans le Sud, tandis que plusieurs régions stagnent (Hauts-de-France, Grand Est, Normandie, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire) ; sur une large diagonale du nord-est au sud-ouest, les décès l'emportent déjà sur les naissances. Les espaces urbains croissent plus vite que les espaces ruraux, et la périurbanisation étend les couronnes des villes, tandis que Paris intra-muros perd des habitants par départs vers d'autres régions.

Des milieux entre nature et société : ressources, risques, environnement

La France métropolitaine offre des milieux variés — plaines et bassins sédimentaires, montagnes jeunes et anciennes, façades maritimes — sous des climats tempérés océanique, continental, montagnard et méditerranéen ; les outre-mer ajoutent des milieux tropicaux et équatoriaux. Ces milieux sont des ressources (sols agricoles, forêts couvrant près d'un tiers du territoire métropolitain, eau, littoraux touristiques) mais aussi des sources de risques. Le risque naît de la rencontre d'un aléa et d'enjeux humains vulnérables : inondations, premier risque naturel en France, tempêtes et submersions marines (Xynthia, février 2010), feux de forêt, mouvements de terrain, séismes et volcanisme aux Antilles et à La Réunion, cyclones (Irma en 2017, Chido à Mayotte en décembre 2024). S'y ajoutent les risques technologiques, comme l'explosion de l'usine AZF à Toulouse (2001) ou l'incendie de Lubrizol à Rouen (2019). La prévention repose sur l'information, les plans de prévention des risques créés par la loi Barnier (1995), qui limitent l'urbanisation des zones exposées, et la gestion de crise (plans ORSEC). Le changement climatique aggrave les aléas — canicules, sécheresses et conflits d'usage de l'eau, retrait-gonflement des argiles, recul du trait de côte — et impose des politiques d'adaptation ; la loi Climat et résilience (2021) fixe aussi un objectif de zéro artificialisation nette des sols en 2050, pour protéger les espaces naturels et agricoles.

Pour une QRC sur les risques, définir d'abord risque = aléa × vulnérabilité des enjeux, puis classer les exemples (naturels, technologiques, métropole, outre-mer) avant d'exposer la prévention.

Les outre-mer : atouts et contraintes

La France d'outre-mer rassemble cinq territoires dits DROM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), où coexistent des départements et régions et des collectivités uniques, des collectivités d'outre-mer (Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna, Polynésie française), la Nouvelle-Calédonie, à statut particulier, et des territoires sans population permanente (Terres australes et antarctiques françaises, Clipperton). Ces territoires donnent à la France une présence dans tous les océans et une zone économique exclusive évaluée par le Sénat en 2014 à 10,2 millions de km², dont environ 96 % au large des outre-mer, parmi les plus étendues du monde ; ils abritent l'essentiel de sa biodiversité et accueillent des activités stratégiques, comme le centre spatial de Kourou. Leurs contraintes sont fortes : éloignement et insularité, étroitesse des marchés, dépendance aux importations et vie chère, chômage élevé, exposition aux cyclones et aux séismes, tensions sociales et, en Guyane et à Mayotte, forte pression migratoire et démographique.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré plus de décès que de naissances.Voir le corrigé

    Vrai

    Selon le bilan démographique de l'Insee : 651 000 décès pour 645 000 naissances, soit un solde naturel de - 6 000.

  2. 2.La répartition de la population française s'explique d'abord par le relief et le climat.Voir le corrigé

    Faux

    Le milieu joue, mais l'histoire économique, la métropolisation et l'attractivité des littoraux et du Sud pèsent davantage.

  3. 3.Selon le recensement de 2017, environ 93 % des habitants de France vivent dans l'aire d'attraction d'une ville.Voir le corrigé

    Vrai

    Selon le zonage de l'Insee en 699 aires d'attraction des villes ; 51 % vivent dans un pôle, 43 % dans une couronne.

  4. 4.La croissance démographique est aujourd'hui la plus forte dans le Nord-Est de la France.Voir le corrigé

    Faux

    Le Nord-Est stagne (Grand Est, Hauts-de-France) ; la croissance est plus forte sur les littoraux atlantique et méditerranéen et dans le Sud.

  5. 5.Un risque naît de la rencontre d'un aléa et d'enjeux humains vulnérables.Voir le corrigé

    Vrai

    Un séisme dans un désert n'est pas un risque majeur ; le même aléa dans une ville dense l'est : c'est la vulnérabilité des enjeux qui fait le risque.

  6. 6.La zone économique exclusive française est située pour l'essentiel au large de la métropole.Voir le corrigé

    Faux

    Environ 96 % des 10,2 millions de km² sont au large des outre-mer, dans le Pacifique et l'océan Indien surtout.

Textes de référence

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