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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Soldes intermédiaires de gestion (EBE, résultat d'exploitation, RCAI) et capacité d'autofinancement

16 min de lectureAu programme du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La valeur ajoutée mesure la richesse créée par l'entreprise après déduction des consommations en provenance de tiers.

Le compte de résultat donne un résultat net ; il ne dit pas d'où il vient. Les soldes intermédiaires de gestion découpent la formation du résultat en étapes, de la marge commerciale au résultat net, en isolant ce que rapporte l'activité, ce que coûtent la structure, les amortissements, la dette et l'impôt. La capacité d'autofinancement en tire la ressource interne réellement dégagée. Le programme de B demande, au titre de « l'analyse de la profitabilité », l'EBE, le résultat d'exploitation, le RCAI et la CAF ; celui de A, les SIG, la CAF et les ratios de gestion. C'est le premier outil de l'analyse financière, et une QRC de calcul très classique.

À retenir

  • Marge commerciale = ventes de marchandises − coût d'achat des marchandises vendues (achats de marchandises ± variation de stock) : ressource de l'activité de négoce. Production de l'exercice = production vendue + production stockée + production immobilisée : activité industrielle ou de services, en valeur.
  • Valeur ajoutée = marge commerciale + production de l'exercice − consommations en provenance de tiers (achats de matières et approvisionnements ± variation de stock, autres achats et charges externes) : richesse créée par l'entreprise, répartie ensuite entre le personnel, l'État, les prêteurs, les associés et l'entreprise elle-même.
  • Excédent brut d'exploitation (EBE) = valeur ajoutée + subventions d'exploitation − impôts et taxes − charges de personnel : ressource dégagée par l'exploitation avant toute politique d'amortissement, de financement et d'impôt ; indicateur de performance industrielle et commerciale, proche d'un flux de trésorerie potentiel. Insuffisance brute d'exploitation s'il est négatif.
  • Résultat d'exploitation = EBE + reprises sur amortissements et provisions + autres produits − dotations aux amortissements et provisions − autres charges (y compris, depuis 2025, cessions courantes d'immobilisations 757 et 657) : performance économique après usure du capital, indépendante du financement. Résultat courant avant impôt (RCAI) = résultat d'exploitation + produits financiers − charges financières : performance récurrente après coût de l'endettement.
  • Résultat exceptionnel = produits exceptionnels − charges exceptionnelles, visant depuis 2025 les événements majeurs et inhabituels et les cas particuliers du PCG. Résultat net = RCAI + résultat exceptionnel − participation des salariés − impôt sur les bénéfices.
  • Capacité d'autofinancement (CAF) = produits encaissables − charges décaissables : ressource interne potentielle de l'exercice. Méthode soustractive : EBE + autres produits encaissables (autres produits d'exploitation, produits financiers, produits exceptionnels encaissables) − autres charges décaissables (autres charges d'exploitation, charges financières, charges exceptionnelles décaissables, participation, impôt). Méthode additive : résultat net + dotations aux amortissements, dépréciations et provisions − reprises + valeur nette comptable des actifs cédés − produits des cessions − quote-part de subvention d'investissement virée au résultat.
  • Autofinancement = CAF − dividendes distribués. Usages : financer les investissements, rembourser les emprunts, renforcer le fonds de roulement. Ratios : dettes financières / CAF (capacité de remboursement, en années, 3 à 4 au plus selon les banques), CAF / chiffre d'affaires, taux de marge EBE / CA, taux de valeur ajoutée VA / production, répartition de la VA (personnel, État, prêteurs, associés, entreprise).

La cascade des soldes intermédiaires de gestion

Exemple chiffré (en euros)
SoldeCalculMontant
Marge commercialeVentes de marchandises 200 000 − (achats 120 000 + variation de stock + 5 000)75 000
Production de l'exerciceProduction vendue 600 000 + production stockée 20 000620 000
Valeur ajoutée75 000 + 620 000 − consommations (matières 250 000 − 10 000 de variation + charges externes 90 000 = 330 000)365 000
Excédent brut d'exploitation365 000 + subvention 5 000 − impôts et taxes 20 000 − personnel 220 000130 000
Résultat d'exploitation130 000 + reprises 4 000 + autres produits 2 000 − dotations 50 000 − autres charges 3 00083 000
Résultat courant avant impôt83 000 + produits financiers 1 000 − charges financières 14 00070 000
Résultat exceptionnelNéant0
Résultat net70 000 − impôt sur les sociétés 17 50052 500

Les soldes intermédiaires de gestion reclassent les charges et produits du compte de résultat en une cascade de sous-totaux, chacun isolant une cause de la formation du résultat. La marge commerciale mesure ce que rapporte le négoce, la production de l'exercice l'ampleur de l'activité industrielle ou de services, en incluant ce qui a été produit sans être vendu. La valeur ajoutée retranche de ces deux ressources les consommations achetées à l'extérieur : c'est la richesse créée par l'entreprise elle-même, l'agrégat qui, sommé sur toutes les entreprises, forme le produit intérieur brut, et qui se partage ensuite entre les salariés, l'État, les prêteurs, les actionnaires et l'entreprise. L'excédent brut d'exploitation est ce qui reste de la valeur ajoutée après les impôts et taxes et les charges de personnel, avant les amortissements, le financement et l'impôt sur les bénéfices : il mesure la performance de l'exploitation indépendamment des choix de gestion, d'où son usage pour comparer des entreprises, et il approche un flux de trésorerie puisqu'il ne contient aucune charge calculée. Le résultat d'exploitation déduit l'usure du capital et les risques, dotations nettes des reprises, et intègre depuis 2025 les cessions courantes d'actifs ; le résultat courant avant impôt ajoute le résultat financier, révélant le poids de l'endettement ; le résultat net tient compte de l'exceptionnel, de la participation et de l'impôt.

Sur l'exemple, le taux de marge brute d'exploitation est de 130 000 / 800 000 = 16,3 % du chiffre d'affaires ; les charges financières absorbent 14 000 / 130 000 = 10,8 % de l'EBE ; la valeur ajoutée se partage entre le personnel (60 %), l'État (impôts et taxes plus IS, 10 %), les prêteurs (4 %) et l'entreprise (le reste).

La capacité d'autofinancement : deux méthodes, un même résultat

CAF de l'exemple par les deux méthodes
Méthode soustractive (à partir de l'EBE)MontantMéthode additive (à partir du résultat net)Montant
Excédent brut d'exploitation130 000Résultat net52 500
+ Autres produits d'exploitation encaissables+ 2 000+ Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions+ 50 000
+ Produits financiers encaissables+ 1 000− Reprises sur amortissements, dépréciations et provisions− 4 000
− Autres charges d'exploitation décaissables− 3 000+ Valeur nette comptable des actifs cédés (657)0
− Charges financières décaissables− 14 000− Produits des cessions d'actifs (757)0
− Participation et impôt sur les sociétés− 17 500− Quote-part de subvention virée au résultat (747)0
= CAF98 500= CAF98 500
− Dividendes distribués− 20 000= Autofinancement78 500

La capacité d'autofinancement est la ressource interne que l'activité de l'exercice laisse à l'entreprise : la différence entre les produits qui donnent ou donneront lieu à un encaissement et les charges qui donnent ou donneront lieu à un décaissement. Elle diffère du résultat net, qui inclut des charges calculées, dotations, et des produits calculés, reprises, sans effet sur la trésorerie, et elle diffère de la trésorerie effective, parce que les encaissements et décaissements sont décalés par les délais de règlement et les stocks, ce que mesure la variation du besoin en fonds de roulement. La méthode soustractive part de l'EBE, déjà composé d'éléments encaissables et décaissables, et ajoute les autres produits encaissables, retranche les autres charges décaissables, dont les charges financières, la participation et l'impôt ; elle explique la CAF par son origine. La méthode additive part du résultat net et neutralise les éléments calculés, en rajoutant les dotations et en retranchant les reprises ; elle exclut aussi les cessions d'immobilisations, valeur nette comptable rajoutée et produit de cession retranché, parce que le produit de cession est une ressource de désinvestissement traitée à part dans le tableau de financement, et la quote-part de subvention virée au résultat, produit calculé sans encaissement. Les deux méthodes donnent le même montant, ce qui sert de contrôle. Diminuée des dividendes distribués, la CAF devient l'autofinancement, ressource effectivement conservée.

Confusions fréquentes

Les dotations ne sont pas de la trésorerie retrouvée
On les rajoute au résultat parce qu'elles ne l'ont pas décaissé ; la CAF n'est pas « résultat + amortissements » par magie, mais la mesure de ce que l'activité aurait laissé en caisse si tout était réglé comptant.
Variation de stock : le signe compte
Dans les consommations, la variation de stock de matières (603) se lit SI − SF : négative, elle réduit les achats consommés ; dans la production, la production stockée (713) se lit SF − SI : positive, elle augmente la production.
Cessions et CAF
Depuis 2025, 657 et 757 sont en exploitation et donc dans le résultat d'exploitation ; ils restent exclus de la CAF, où la VNC est rajoutée et le prix de cession retranché.

Lire les soldes : ratios de profitabilité et de gestion

Les soldes prennent leur sens en ratios et en évolution. Le taux de marge commerciale, marge sur ventes de marchandises, mesure la politique de prix du négociant ; le taux de valeur ajoutée, valeur ajoutée sur production ou chiffre d'affaires, mesure le degré d'intégration, élevé dans l'industrie, réduit dans le négoce ou la sous-traitance. Le taux de marge brute d'exploitation, EBE sur chiffre d'affaires, est l'indicateur de profitabilité le plus utilisé, parce qu'il ne dépend ni des amortissements ni du financement ; le taux de marge nette, résultat net sur chiffre d'affaires, en est la version finale. La répartition de la valeur ajoutée entre charges de personnel, impôts, charges financières, dividendes et autofinancement décrit l'équilibre entre les parties prenantes. Le poids des charges financières dans l'EBE signale le risque de la dette. La CAF se rapporte au chiffre d'affaires, aux investissements de l'exercice et surtout aux dettes financières : le ratio dettes financières sur CAF, exprimé en années, mesure la capacité de remboursement, que les prêteurs souhaitent inférieure à trois ou quatre. Pour l'administration, ces soldes servent aussi au contrôle : un taux de valeur ajoutée ou de marge très différent de celui du secteur, ou un EBE positif accompagné d'un résultat fiscal durablement nul, appelle des explications.

En QRC, présenter les SIG en tableau avec la formule de chaque ligne, vérifier que le résultat net retrouve celui du compte de résultat, calculer la CAF par les deux méthodes et constater l'égalité, puis commenter en deux phrases avec un ou deux ratios.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La valeur ajoutée mesure la richesse créée par l'entreprise après déduction des consommations en provenance de tiers.Voir le corrigé

    Vrai

    Marge commerciale + production − consommations intermédiaires ; elle se répartit ensuite entre personnel, État, prêteurs, associés et entreprise.

  2. 2.L'excédent brut d'exploitation est calculé après déduction des dotations aux amortissements.Voir le corrigé

    Faux

    L'EBE est avant amortissements, financement et impôt ; les dotations interviennent au résultat d'exploitation.

  3. 3.Le résultat courant avant impôt est égal au résultat d'exploitation augmenté du résultat financier.Voir le corrigé

    Vrai

    Il mesure la performance récurrente après coût de l'endettement, avant l'exceptionnel et l'impôt.

  4. 4.La capacité d'autofinancement se calcule en ajoutant au résultat net les produits de cession des immobilisations.Voir le corrigé

    Faux

    On les retranche : résultat net + dotations − reprises + VNC des actifs cédés − produits de cession − quote-part de subvention. Les éléments calculés et le résultat des cessions sont ainsi neutralisés.

  5. 5.Les deux méthodes de calcul de la CAF, soustractive et additive, aboutissent au même montant.Voir le corrigé

    Vrai

    L'une part de l'EBE, l'autre du résultat net ; l'égalité sert de contrôle.

  6. 6.L'autofinancement est égal à la CAF augmentée des dividendes distribués.Voir le corrigé

    Faux

    Il est égal à la CAF diminuée des dividendes : c'est la ressource effectivement conservée par l'entreprise.

Textes de référence

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