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Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

Définition, grandes figures et inscription dans l'histoire

15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Apollinaire forge le mot « surréalisme » en 1917.

Le surréalisme est l'un des huit thèmes de l'option littérature : un mouvement daté, un texte fondateur, un groupe et des ruptures, que la fiche donne en dates précises. Cette fiche fixe la définition de 1924, les racines du mouvement, ses figures et ses revues, puis sa trajectoire jusqu'à la déclaration de dissolution de 1969. Les techniques d'écriture propres au mouvement, écriture automatique, hasard objectif, image poétique, sont traitées dans un module distinct.

À retenir

  • Le Manifeste du surréalisme (1924) définit le mouvement par l'automatisme psychique pur, une dictée de la pensée écartant tout contrôle de la raison et toute préoccupation esthétique ou morale.
  • Le mouvement puise ses racines dans Dada (1916), dans la poésie de Rimbaud et de Lautréamont, dans l'esprit d'Apollinaire, qui forge le mot « surréalisme » en 1917 (programme du ballet Parade, puis Les Mamelles de Tirésias, « drame surréaliste »), et dans la découverte freudienne de l'inconscient.
  • Le noyau du groupe réunit Breton, Aragon, Éluard, Soupault, Desnos et Péret, rejoints plus tard par Char et Crevel, autour des revues Littérature puis La Révolution surréaliste, fondée en 1924.
  • Les rapports du groupe avec le Parti communiste sont anciens et tendus : plusieurs surréalistes s'en rapprochent à la fin des années 1920, mais Aragon rompt avec le groupe en 1932 en choisissant définitivement le communisme.
  • Le Second Manifeste paraît en revue en décembre 1929, puis en volume en 1930 ; il durcit la doctrine et les ruptures du groupe. La Seconde Guerre mondiale disperse ensuite plusieurs membres dans l'exil.
  • En 1969, trois ans après la mort de Breton, Jean Schuster constate la dissolution du groupe parisien ; cette déclaration est contestée par d'autres surréalistes.
  • Son influence dépasse largement la littérature : en peinture, avec Dalí et Ernst, et au cinéma, avec Buñuel, dès Un chien andalou.

Définition et racines

André Breton publie le Manifeste du surréalisme en 1924. Il y définit le mouvement comme un automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer le fonctionnement réel de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, hors de toute préoccupation esthétique ou morale. Cette définition installe l'ambition centrale du mouvement : atteindre une pensée qui échappe à la censure rationnelle, plutôt que produire un style ou une école au sens classique.

Quatre sources du mouvement avant 1924
SourceApport au surréalisme
Dada (1916)Provocation et refus de la logique, avant que le groupe ne s'en démarque
Rimbaud, LautréamontPoésie visionnaire et images qui rompent avec la raison commune
Apollinaire (1917)Invention du mot « surréalisme » (lettre à Paul Dermée en mars, programme de Parade en mai), repris ensuite par Breton
FreudThéorie de l'inconscient, qui fonde l'ambition de capter la pensée hors contrôle

Confusions fréquentes

Le surréalisme n'est pas un simple prolongement de Dada
Dada vise avant tout la destruction et la provocation ; le surréalisme s'en distingue en proposant une exploration positive de l'esprit, au moyen de l'automatisme, et non la seule négation.
Le mot naît en 1917, la doctrine en 1924
Apollinaire invente le mot « surréalisme » en 1917 : il l'emploie dans une lettre à Paul Dermée en mars, puis publiquement dans le programme du ballet Parade en mai (« une sorte de sur-réalisme »), avant de sous-titrer Les Mamelles de Tirésias « drame surréaliste » ; c'est Breton qui le reprend et le théorise sept ans plus tard, dans un sens différent.

Figures et revues

Le noyau du groupe
FigureRôle dans le mouvement
André BretonThéoricien et animateur constant du groupe, auteur du Manifeste
Louis AragonMembre des premières années, rompt avec le groupe en 1932
Paul ÉluardPoète du groupe, figure majeure de la poésie de la Résistance
Philippe SoupaultCoauteur des Champs magnétiques avec Breton (écrits en 1919)
Robert DesnosExplore le sommeil hypnotique à partir de 1922 (période des sommeils)
Benjamin PéretMembre fidèle du groupe jusqu'à sa mort en 1959
René Char, René CrevelRejoignent le groupe à des moments différents de son histoire

Le groupe se donne des supports collectifs. La revue Littérature, fondée avant le Manifeste, sert d'abord de tribune commune ; La Révolution surréaliste prend le relais à partir de 1924 et affirme plus nettement l'ambition politique du mouvement, aux côtés de son ambition poétique.

En mai et juin 1919, Breton et Soupault écrivent à quatre mains Les Champs magnétiques, publiés dans la revue Littérature puis en volume en mai 1920.

Repère de datation utile en QRC : ce texte fondateur, que Breton tenait pour la première œuvre surréaliste, précède de cinq ans le Manifeste de 1924 ; il illustre l'histoire du groupe, sa méthode d'écriture proprement dite relève d'un autre module.

Ruptures, guerre et postérité

Chronologie des ruptures
DateÉvénement
1924Manifeste du surréalisme et fondation de La Révolution surréaliste
1929-1930Second Manifeste : revue en décembre 1929, volume en 1930 ; doctrine et ruptures
1932Rupture d'Aragon avec le groupe ; il adhère déjà au Parti communiste depuis 1927
1939-1945Seconde Guerre mondiale : exil de plusieurs membres, dispersion du groupe
1969Schuster constate la dissolution du groupe parisien ; d'autres membres s'y opposent

Plusieurs surréalistes adhèrent au Parti communiste en 1927, pour joindre révolution de l'esprit et révolution sociale. Le Second Manifeste, paru en revue en décembre 1929 puis en volume en 1930, durcit la doctrine de Breton et les ruptures du groupe. Aragon, déjà communiste, rompt avec Breton en 1932. La guerre disperse ensuite plusieurs membres dans l'exil, notamment aux États-Unis. Le groupe se reconstitue après 1945. En 1969, Jean Schuster constate la dissolution du groupe parisien dans Le Quatrième Chant. Cette déclaration ne fait pas l'unanimité : d'autres membres poursuivent une activité collective et l'esprit surréaliste reste revendiqué après cette date.

En peinture, Dalí développe une méthode dite paranoïaque-critique, tandis qu'Ernst explore le collage et le frottage ; au cinéma, Buñuel porte à l'écran, dès Un chien andalou, l'image surréaliste et son onirisme.

Ce qu'on peut en tirer : la déclaration de 1969 concerne le groupe parisien et reste contestée ; elle n'efface ni les autres activités surréalistes ni leur influence dans les arts.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Apollinaire forge le mot « surréalisme » en 1917.Voir le corrigé

    Vrai

    Il l'emploie dans le programme du ballet Parade, puis à propos de sa pièce Les Mamelles de Tirésias, avant que Breton ne le reprenne et ne le théorise en 1924.

  2. 2.Dada, dont le surréalisme est issu, naît à Zurich en 1924, l'année du Manifeste du surréalisme.Voir le corrigé

    Faux

    Dada naît à Zurich en 1916, huit ans avant le Manifeste du surréalisme (1924). Les deux mouvements divergent ensuite : Dada vise la provocation, le surréalisme explore l'esprit par l'automatisme.

  3. 3.André Breton publie le Manifeste du surréalisme en 1924.Voir le corrigé

    Vrai

    Il y définit le mouvement comme un automatisme psychique pur, hors du contrôle de la raison.

  4. 4.Aragon rompt avec le Parti communiste en 1932 pour rejoindre le groupe surréaliste.Voir le corrigé

    Faux

    Aragon rompt avec le groupe surréaliste en 1932 ; il avait adhéré au Parti communiste dès 1927.

  5. 5.Jean Schuster annonce la dissolution du groupe surréaliste parisien en 1969.Voir le corrigé

    Vrai

    La déclaration intervient trois ans après la mort de Breton en 1966 ; d'autres surréalistes la contestent.

  6. 6.En peinture, l'influence du surréalisme est notamment portée par Buñuel et Ernst.Voir le corrigé

    Faux

    Buñuel est un cinéaste, connu pour Un chien andalou. En peinture, l'influence du surréalisme est portée notamment par Dalí et Ernst.

Textes de référence

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