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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

La typologie des coûts

15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le coût de revient d'un produit comprend son coût de production et les charges de distribution et d'administration.

La comptabilité générale dit combien l'entreprise a dépensé ; la comptabilité de gestion dit pour quoi. Un coût est la somme des charges qui se rapportent à un objet, un produit, une commande, une activité, et l'on peut le découper de plusieurs façons : par stade de fabrication, par nature des charges retenues, par moment du calcul. Le programme de A cite « la typologie des coûts » ; celui de B en aborde l'analyse par le seuil de rentabilité. Cette fiche présente les grandes familles et un calcul de coût complet, la méthode de référence pour valoriser les stocks et fixer les prix.

À retenir

  • Un coût est un ensemble de charges relatives à un objet de coût : produit, service, commande, centre, activité. Les charges retenues, dites incorporables, sont celles de la comptabilité générale hors charges non incorporables (exceptionnelles, impôt sur les sociétés), auxquelles on ajoute des charges supplétives (rémunération de l'exploitant individuel, rémunération des capitaux propres) ; les écarts forment les différences d'incorporation.
  • Typologie selon le stade : le coût d'achat (prix d'achat des matières ou marchandises plus frais d'approvisionnement), le coût de production (coût d'achat des matières consommées plus charges directes et indirectes de production), le coût de distribution (charges de commercialisation), et le coût de revient (coût de production des produits vendus plus coûts hors production, distribution et administration). Résultat analytique = prix de vente − coût de revient. Chaque stade valorise le stock correspondant.
  • Typologie selon le contenu : le coût complet retient toutes les charges, directes et indirectes ; les coûts partiels n'en retiennent qu'une partie : le coût variable (charges variables seulement, méthode du direct costing), le coût direct (charges directes), le coût spécifique (charges variables plus charges fixes propres au produit), le coût marginal (coût de la dernière unité produite).
  • Typologie selon le moment : les coûts constatés, ou réels, sont calculés a posteriori ; les coûts préétablis, standards ou budgétés, sont calculés a priori et servent de référence ; l'analyse des écarts entre les deux, sur quantité et sur prix, est l'outil du contrôle de gestion.
  • Charges directes et indirectes : une charge directe s'affecte sans calcul intermédiaire à un seul objet de coût (matières, main-d'œuvre directe) ; une charge indirecte est commune à plusieurs objets et doit être répartie (énergie, amortissements, administration). La méthode des centres d'analyse répartit les charges indirectes entre centres auxiliaires et principaux (répartition primaire puis secondaire), puis les impute aux coûts au moyen d'unités d'œuvre (heure machine, heure de main-d'œuvre, kilogramme) ou de taux de frais.
  • Méthodes complémentaires : l'imputation rationnelle des charges fixes (coefficient = activité réelle / activité normale, qui isole le coût de la sous-activité ou le boni de suractivité), la méthode ABC ou coûts par activités (activités et inducteurs de coûts, pour réduire l'arbitraire des clés), le coût cible (prix de marché − marge = coût à atteindre).
  • Utilité : valoriser les stocks au bilan (coût d'achat ou de production, jamais coût de revient), fixer et justifier les prix, mesurer la rentabilité par produit ou par client, contrôler les centres de responsabilité, décider (sous-traiter ou fabriquer, accepter une commande, abandonner un produit). Chaque typologie répond à une question différente ; aucune n'est « la vraie ».

La hiérarchie des coûts : du coût d'achat au coût de revient

Coût complet d'un produit unique : 4 000 unités produites et vendues à 120 euros
ÉlémentCalculUnitaireGlobal
Matières consommées (charge directe)40 euros par unité40160 000
Main-d'œuvre directe2 heures × 15 euros30120 000
Centre atelier (charges indirectes)60 000 euros / 4 000 heures machine = 15 euros par heure ; 1 heure par unité1560 000
= Coût de production85340 000
Centre distribution24 000 / 4 000 unités624 000
Centre administration16 000 / 4 000 unités416 000
= Coût de revient95380 000
Prix de vente120480 000
= Résultat analytique120 − 9525100 000

Les coûts s'emboîtent au fil du cycle d'exploitation. Le coût d'achat des matières ou des marchandises comprend leur prix d'achat net et les frais d'approvisionnement, transport, réception, charges du centre approvisionnement ; il valorise les entrées en stock de matières. Le coût de production des produits fabriqués ajoute au coût d'achat des matières consommées, sorties du stock au coût moyen pondéré, les charges directes de production, main-d'œuvre des ateliers, et les charges indirectes des centres de production, imputées au prorata des unités d'œuvre consommées ; il valorise les entrées en stock de produits finis, et c'est lui, et non le coût de revient, que la comptabilité générale retient pour évaluer les stocks au bilan. Le coût de revient des produits vendus ajoute au coût de production des produits sortis du stock les coûts hors production, distribution et administration, que l'on n'incorpore jamais aux stocks. Le résultat analytique est la différence entre le chiffre d'affaires et le coût de revient ; la somme des résultats analytiques par produit, corrigée des différences d'incorporation, retrouve le résultat de la comptabilité générale.

Si 500 des 4 000 unités produites restent en stock, elles sont valorisées au coût de production, 500 × 85 = 42 500 euros ; le coût de revient ne porte que sur les 3 500 unités vendues, et les charges de distribution et d'administration restent des charges de la période.

Coûts complets, coûts partiels, coûts préétablis

Les typologies selon le contenu et le moment
TypologieCoûtCharges retenuesQuestion à laquelle il répond
ContenuCoût completToutes, directes et indirectesQuel prix de vente couvre tout ? Que vaut le stock ?
ContenuCoût variable (direct costing)Charges variables seulementQuelle marge sur coût variable ? Quel seuil de rentabilité ?
ContenuCoût directCharges directes seulementQuelle marge sans clé de répartition ?
ContenuCoût spécifiqueVariables + fixes propres au produitFaut-il abandonner ce produit ?
ContenuCoût marginalCoût de l'unité supplémentaireFaut-il accepter cette commande ?
MomentCoût constaté (réel)Charges a posterioriCombien cela a-t-il coûté ?
MomentCoût préétabli (standard)Charges a prioriCombien cela devrait-il coûter ? D'où vient l'écart ?

Le coût complet incorpore toutes les charges, ce qui suppose de répartir les charges indirectes ; il donne un coût de revient utile pour fixer un prix et pour valoriser les stocks, mais il dépend des clés de répartition et peut faire supporter à un produit des charges fixes qui existeraient sans lui. Les coûts partiels renoncent à cette répartition pour ne retenir que les charges pertinentes pour une décision : le coût variable dégage la marge sur coût variable, qui mesure la contribution de chaque produit à la couverture des charges fixes et fonde le seuil de rentabilité ; le coût spécifique ajoute les charges fixes que le produit engendre seul, si bien qu'un produit dont la marge sur coût spécifique est positive mérite d'être conservé même si son coût complet excède son prix ; le coût marginal, coût de la dernière unité, éclaire l'acceptation d'une commande supplémentaire ou le choix d'un niveau de production. Selon le moment, les coûts constatés mesurent ce qui s'est passé, tandis que les coûts préétablis, standards techniques ou budgets, fixent une référence ; l'écart entre les deux, décomposé en écart sur quantité et écart sur prix, désigne les responsabilités et déclenche les actions correctives : c'est le contrôle budgétaire.

Confusions fréquentes

Le stock se valorise au coût de production, jamais au coût de revient
Les charges de distribution et d'administration ne sont pas incorporables aux stocks ; les y mettre gonflerait l'actif et le résultat.
Un coût complet supérieur au prix ne condamne pas un produit
Si sa marge sur coût spécifique est positive, il contribue à couvrir des charges fixes communes qui subsisteraient après son abandon ; c'est le coût partiel qui éclaire la décision.
Charges non incorporables et supplétives
L'impôt sur les sociétés et les charges exceptionnelles sortent du calcul ; la rémunération du travail de l'exploitant ou des capitaux propres, absente de la comptabilité générale, y entre. D'où les différences d'incorporation à la réconciliation.

Répartir les charges indirectes : centres d'analyse, ABC, imputation rationnelle

Une charge directe est affectée à un objet de coût sans calcul intermédiaire, parce qu'elle ne concerne que lui : les matières d'un produit, les heures de l'ouvrier qui le fabrique. Une charge indirecte est commune à plusieurs objets, l'électricité de l'usine, l'amortissement des bâtiments, les salaires de l'administration, et doit être répartie. La méthode des centres d'analyse la traite en trois temps : la répartition primaire ventile chaque charge indirecte entre les centres, auxiliaires comme l'entretien ou l'administration et principaux comme l'approvisionnement, l'atelier et la distribution, à l'aide de clés de répartition ; la répartition secondaire vide les centres auxiliaires dans les centres principaux, au besoin en résolvant des prestations réciproques ; enfin chaque centre principal est doté d'une unité d'œuvre, heure machine, heure de main-d'œuvre, kilogramme, ou d'un taux de frais assis sur une valeur, et le coût de l'unité d'œuvre, charges du centre divisées par le nombre d'unités, est imputé à chaque produit selon les unités qu'il a consommées. La méthode ABC, ou coûts par activités, raffine cette logique en identifiant les activités de l'entreprise et leurs inducteurs de coûts, nombre de lots, de commandes, de références, pour réduire l'arbitraire des clés et le subventionnement croisé entre produits de grande et de petite série. L'imputation rationnelle, elle, corrige les charges fixes d'un coefficient d'activité, activité réelle sur activité normale, afin que le coût unitaire ne varie pas avec le volume, le coût de la sous-activité étant isolé et non incorporé aux stocks.

Pour un calcul de coût complet en QRC : présenter d'abord le coût des unités d'œuvre (charges du centre / nombre d'UO), puis le tableau du coût de production, puis celui du coût de revient, puis le résultat ; toujours préciser la typologie utilisée et rappeler que le stock se valorise au coût de production.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le coût de revient d'un produit comprend son coût de production et les charges de distribution et d'administration.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est le coût complet du produit vendu ; le résultat analytique est la différence avec le prix de vente.

  2. 2.Les stocks de produits finis sont valorisés au bilan à leur coût de revient.Voir le corrigé

    Faux

    Au coût de production : les coûts hors production ne sont pas incorporables aux stocks.

  3. 3.Une charge directe est une charge qui peut être affectée à un objet de coût sans calcul intermédiaire.Voir le corrigé

    Vrai

    Matières, main-d'œuvre directe ; les charges indirectes exigent une répartition par centres ou activités.

  4. 4.Le coût variable retient toutes les charges de l'entreprise, fixes et variables.Voir le corrigé

    Faux

    Il ne retient que les charges variables ; c'est le coût complet qui retient toutes les charges.

  5. 5.Les coûts préétablis servent de référence pour analyser les écarts avec les coûts constatés.Voir le corrigé

    Vrai

    Standards ou budgets, ils permettent le contrôle budgétaire par écart sur quantité et sur prix.

  6. 6.Un produit dont le coût complet dépasse le prix de vente doit être abandonné même si sa marge sur coût spécifique est positive.Voir le corrigé

    Faux

    Avec une marge sur coût spécifique positive, le produit contribue à couvrir des charges fixes communes : l'abandonner aggraverait le résultat de l'entreprise.

Textes de référence

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