Les accords du participe passé
14 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif et du concours de contrôleur des Finances publiques
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Vrai ou faux ?
Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le sujet.
C'est la question d'orthographe la plus rentable des concours administratifs : elle revient au QCM de contrôleur, elle se voit immédiatement dans une copie de cas pratique, et elle se ramène à trois règles suivies d'une liste de cas particuliers. L'ordre dans lequel on se les pose compte plus que leur mémorisation : quel auxiliaire, puis quel complément, puis où est-il placé.
À retenir
- Participe passé employé seul : il fonctionne comme un adjectif et s'accorde avec le nom auquel il se rapporte — « une fois les dossiers classés », « les pièces jointes ».
- Avec l'auxiliaire être : accord avec le sujet — « les demandes sont parvenues », « elle est allée ».
- Avec l'auxiliaire avoir : pas d'accord avec le sujet, jamais. Accord avec le complément d'objet direct seulement si celui-ci est placé avant le participe — « la note que j'ai rédigée », mais « j'ai rédigé la note ».
- Verbes essentiellement pronominaux (qui n'existent qu'à la forme pronominale : s'enfuir, se souvenir, s'abstenir) : accord avec le sujet.
- Verbes occasionnellement pronominaux : on applique la règle de l'auxiliaire avoir en cherchant si le pronom réfléchi est complément d'objet direct — « elles se sont lavées » (COD), mais « elles se sont lavé les mains » (le COD est « les mains », placé après).
- Le participe suivi d'un infinitif s'accorde si le complément placé avant fait l'action de l'infinitif : « les candidates que j'ai vues entrer », mais « la note que j'ai vu rédiger ».
- Invariables dans tous les cas : « fait » suivi d'un infinitif et les participes des verbes impersonnels — « les efforts qu'il a fallu ». Invariable en principe : le participe dont le COD est le pronom « en » — « des rapports, j'en ai lu » —, l'accord n'étant que toléré.
Les trois règles, dans l'ordre où on se les pose
| Situation | Règle | Exemple |
|---|---|---|
| Aucun auxiliaire | Accord avec le nom, comme un adjectif | Les dossiers classés, une fois la séance terminée |
| Auxiliaire être | Accord avec le sujet | Les instructions sont arrivées ce matin |
| Auxiliaire avoir, COD après | Aucun accord | Nous avons reçu les instructions |
| Auxiliaire avoir, COD avant | Accord avec ce COD | Les instructions que nous avons reçues |
Avec « avoir », le participe ne s'accorde jamais avec le sujet : « les agents ont rédigé » ne prend pas de « s » au participe. La seule question utile est celle du complément d'objet direct — existe-t-il, et est-il placé avant ? On le trouve en posant « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe : « nous avons reçu quoi ? les instructions ». Si la réponse arrive après le participe, rien ne bouge.
« Les trois notes que le service a transmises hier concernent les demandes qu'il a reçues la semaine passée. » Deux participes, deux accords : « que » reprend « les notes » et « qu' » reprend « les demandes », tous deux placés avant.
Les verbes pronominaux
| Famille | Règle | Exemple |
|---|---|---|
| Essentiellement pronominaux (s'enfuir, se souvenir, s'abstenir, se méfier) | Accord avec le sujet | Elles se sont souvenues de la consigne |
| Occasionnellement pronominaux, pronom = COD | Accord avec ce pronom | Elles se sont lavées |
| Occasionnellement pronominaux, pronom = COI | Aucun accord | Elles se sont parlé ; ils se sont succédé |
| Occasionnellement pronominaux, COD placé après | Aucun accord | Elles se sont lavé les mains |
Le test qui tranche : remplacer l'auxiliaire « être » par « avoir » et chercher le COD. « Elles se sont parlé » devient « elles ont parlé à elles-mêmes » : le pronom répond à « à qui », c'est un complément d'objet indirect, donc pas d'accord. « Elles se sont lavées » devient « elles ont lavé elles-mêmes » : le pronom répond à « qui », donc accord.
Confusions fréquentes
- « Ils se sont succédé » ne prend pas d'accord
- On succède à quelqu'un : le pronom est complément d'objet indirect. Même logique pour « se téléphoner », « se nuire », « se plaire », « se ressembler », « s'écrire ».
- « Elle s'est permis de » reste invariable
- On permet quelque chose à quelqu'un : le pronom est indirect, et le COD (« de… ») suit. Même famille que « se rendre compte », qui ne s'accorde jamais.
- « Fait » suivi d'un infinitif est toujours invariable
- « Elle s'est fait remarquer », « les travaux qu'il a fait réaliser » : aucune exception. Le participe « laissé » suivi d'un infinitif est également admis invariable depuis les rectifications de 1990.
- Le pronom « en » comme COD bloque l'accord
- « Des rapports, j'en ai lu » : « en » est un COD placé avant, mais l'Académie française tient le participe pour invariable ; l'accord avec le nom repris (« j'en ai lus ») est seulement toléré aux examens par l'arrêté du 28 décembre 1976.
Les cas que le QCM préfère
| Cas | Forme correcte | Pourquoi |
|---|---|---|
| Participe + infinitif, sujet de l'action avant | Les agentes que j'ai vues arriver | « Les agentes » font l'action d'arriver |
| Participe + infinitif, l'action est subie | La note que j'ai vu rédiger | « La note » ne rédige pas ; elle est rédigée |
| Verbe impersonnel | Les efforts qu'il a fallu | Les verbes impersonnels ne s'accordent jamais |
| Complément de mesure ou de prix | Les mille euros que ce marché a coûté | « Mille euros » est un complément circonstanciel, pas un COD |
| Mais avec un sens transitif | Les efforts que ce dossier m'a coûtés | Ici « coûter » a un COD réel |
| « Ci-joint » avant le nom | Ci-joint les pièces demandées | Placé en tête, il reste invariable ; après le nom, il s'accorde |
| « Excepté », « vu », « attendu » avant le nom | Vu les circonstances, excepté les annexes | Placés avant, ils fonctionnent comme des prépositions |
En copie, quand le doute persiste sur un accord, une reformulation coûte moins qu'une faute : « les instructions que nous avons reçues » peut devenir « les instructions reçues ». Le correcteur ne pénalise pas une phrase simple.
Se tester : vrai ou faux ?
Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.
1.Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le sujet.Voir le corrigé
Faux
Il ne s'accorde jamais avec le sujet, mais avec le complément d'objet direct, et seulement si celui-ci est placé avant.
2.Dans « les notes que le service a transmises », l'accord se fait parce que le COD précède le participe.Voir le corrigé
Vrai
Le pronom relatif « que » reprend « les notes », complément d'objet direct placé avant : l'accord s'impose.
3.On écrit « elles se sont succédées à ce poste ».Voir le corrigé
Faux
On succède à quelqu'un : le pronom est complément d'objet indirect, le participe reste invariable — « elles se sont succédé ».
4.Le participe « fait » suivi d'un infinitif est invariable.Voir le corrigé
Vrai
« Elle s'est fait remarquer », « les travaux qu'il a fait réaliser » : la règle ne connaît pas d'exception.
5.Placé en tête de phrase, « ci-joint » s'accorde avec le nom qui suit.Voir le corrigé
Faux
Placé avant le nom, il reste invariable — « ci-joint les pièces demandées » ; placé après, il s'accorde — « les pièces ci-jointes ».
6.Dans « les mille euros que ce marché a coûté », l'absence d'accord est correcte.Voir le corrigé
Vrai
« Mille euros » est un complément de mesure et non un complément d'objet direct ; l'accord reviendrait si « coûter » avait un sens transitif.
Textes de référence
- Programme de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe de contrôleur des finances publiques (QCM et cinq options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Rapport du jury 2025 — concours commun de catégorie C, branche administrative — DGFiP — ENFiP (nouvel onglet)
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