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Fiche de cours

Conjugaison : modes, temps et concordance

14 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif et du concours de contrôleur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

Le subjonctif s'impose après « bien que ».

La conjugaison se joue sur trois questions : quel mode, quel temps, quelle terminaison. Le QCM interroge surtout la troisième, mais les erreurs qui coûtent le plus dans une copie viennent des deux premières — un subjonctif oublié après « bien que », un conditionnel là où l'imparfait était attendu, une concordance qui projette le lecteur hors du récit.

À retenir

  • Modes personnels : indicatif (le fait est posé), subjonctif (le fait est envisagé), impératif. Modes non personnels : infinitif et participe, dont le gérondif est un emploi. La terminologie grammaticale de 2020 range le conditionnel parmi les temps de l'indicatif ; l'usage scolaire en fait encore souvent un mode.
  • L'indicatif compte dix temps selon la terminologie officielle : cinq simples (présent, imparfait, passé simple, futur simple, conditionnel présent) et leurs cinq composés (passé composé, plus-que-parfait, passé antérieur, futur antérieur, conditionnel passé).
  • Le subjonctif s'impose après un verbe de volonté, de sentiment ou de doute, et après certaines conjonctions : bien que, quoique, avant que, afin que, pour que, à moins que.
  • Le futur en -rai et le conditionnel en -rais se distinguent par la substitution de personne : « je serai » devient « il sera » (futur), « je serais » devient « il serait » (conditionnel).
  • Terminaisons à ne pas confondre à l'oreille : -er (infinitif), -é (participe passé), -ez (deuxième personne du pluriel). Le test consiste à remplacer par un verbe du troisième groupe : « prendre » ou « pris ».
  • Concordance des temps : dans un récit au passé, la subordonnée passe à l'imparfait ou au plus-que-parfait ; « il a dit qu'il viendrait », jamais « qu'il viendra ».
  • L'impératif présent des verbes du premier groupe ne prend pas de « s » à la deuxième personne, sauf devant « en » et « y » : « pense à la relance », mais « penses-y ».

Les modes et ce qu'ils disent

Modes et formes du verbe : conditionnel et gérondif selon l'usage scolaire
ModeCe qu'il exprimeExemple administratif
IndicatifLe fait est posé comme réelLe délai expire le 15 mars
SubjonctifLe fait est envisagé, souhaité, mis en douteIl faut que le dossier soit complet
Conditionnel (temps de l'indicatif pour la terminologie de 2020)Le fait dépend d'une condition, ou l'information n'est pas confirméeLa réforme entrerait en vigueur en 2027
ImpératifL'ordre, la consigneTransmettez les pièces avant le 15
InfinitifLe procès sans personne ni tempsRépondre dans les délais
ParticipeForme adjectivale ou composéeLe dossier transmis, ayant répondu
Gérondif (emploi du participe présent)Simultanéité, manière, moyenEn instruisant le dossier, le service a relevé une erreur

Le conditionnel a deux emplois qu'il vaut la peine de distinguer dans un écrit professionnel : le conditionnel de condition (« si le dossier était complet, nous répondrions ») et le conditionnel journalistique, qui signale une information non confirmée (« la réforme entrerait en vigueur en 2027 »). Le second est utile dans une note quand une donnée n'est pas vérifiée ; l'employer par excès de prudence sur un fait certain affaiblit le propos.

Les trois confusions qui coûtent le plus

Un test par confusion
ConfusionTestExemple
-er / -é / -ezRemplacer par « prendre » ou « pris »Il vient de signer (prendre) ; il a signé (pris) ; vous signez
Futur / conditionnelChanger de personne : « il sera » ou « il serait »Je transmettrai demain ; je transmettrais si j'avais les pièces
Indicatif / subjonctifRepérer le mot introducteurBien qu'il soit informé ; parce qu'il est informé

« Le service souhaite que la demande soit instruite avant le 15 ; il vous informera dès qu'elle aura été enregistrée, et il aurait répondu plus tôt si les pièces étaient parvenues à temps. »

Subjonctif après « souhaite que », futur « informera », futur antérieur après « dès que », conditionnel passé et plus-que-parfait (« étaient parvenues ») dans le système hypothétique.

Confusions fréquentes

« Il faudrait que » appelle le subjonctif, pas le conditionnel
« Il faudrait que le dossier soit complet » et non « serait complet » : le conditionnel appartient à la principale, la subordonnée reste au subjonctif.
L'impératif du premier groupe perd son « s »
« Pense à la relance », « envoie le dossier ». Le « s » revient devant « en » et « y » pour la liaison : « penses-y », « donnes-en une copie ». Les verbes du troisième groupe gardent le leur : « transmets le dossier ».
Le passé simple ne s'emploie pas dans une note administrative
Il appartient au récit écrit ; une note, un courriel ou un compte rendu emploient le passé composé. Un passé simple dans une copie de cas pratique détonne.
Les verbes en -eler et -eter n'ont pas tous le même comportement
« Appeler » double la consonne (« il appelle »), « acheter » prend un accent (« il achète »). Les rectifications de 1990 ont généralisé l'accent, sauf pour « appeler » et « jeter » et leurs composés.

La concordance des temps

Ce que devient la subordonnée quand la principale passe au passé
Principale au présentPrincipale au passé
Il dit qu'il vientIl a dit qu'il venait
Il dit qu'il viendraIl a dit qu'il viendrait
Il dit qu'il est venuIl a dit qu'il était venu
Il souhaite qu'il vienneIl souhaitait qu'il vienne (subjonctif présent, à l'écrit courant)

La règle tient en une phrase : le temps de la subordonnée se règle sur celui de la principale. Un récit au passé maintient l'imparfait, le plus-que-parfait et le conditionnel comme futur du passé. Le passage brutal au présent — « il a expliqué qu'il transmettra le dossier » — est la faute de concordance la plus fréquente dans les copies, et elle se voit d'autant plus qu'elle rompt le fil du récit.

Le subjonctif imparfait (« qu'il vînt ») n'est plus attendu à l'écrit courant : le subjonctif présent le remplace après une principale au passé, ce que l'arrêté du 28 décembre 1976 admet aux examens. L'employer reste correct, mais sonne recherché dans un écrit administratif.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le subjonctif s'impose après « bien que ».Voir le corrigé

    Vrai

    Comme après « quoique », « avant que », « afin que », « pour que » et « à moins que ».

  2. 2.On écrit « il faudrait que le dossier serait complet ».Voir le corrigé

    Faux

    Le conditionnel appartient à la principale ; la subordonnée introduite par « que » reste au subjonctif : « soit complet ».

  3. 3.Pour distinguer le futur du conditionnel, on peut changer de personne.Voir le corrigé

    Vrai

    « Je serai » devient « il sera » (futur), « je serais » devient « il serait » (conditionnel) : la substitution rend la différence audible.

  4. 4.L'impératif présent de « transmettre » à la deuxième personne du singulier s'écrit « transmets ».Voir le corrigé

    Vrai

    C'est un verbe du troisième groupe, qui conserve son « s » ; c'est le premier groupe qui le perd, sauf devant « en » et « y ».

  5. 5.Le passé simple est le temps attendu dans une note administrative.Voir le corrigé

    Faux

    Il appartient au récit écrit ; note, courriel et compte rendu emploient le passé composé.

  6. 6.Après une principale au passé, « il a dit qu'il viendra » respecte la concordance des temps.Voir le corrigé

    Faux

    Le futur devient conditionnel dans un récit au passé : « il a dit qu'il viendrait ».

Textes de référence

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