Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de cours

Phrase simple, phrase complexe, propositions subordonnées

13 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif et du concours de contrôleur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

En règle générale, le nombre de propositions d'une phrase se compte au nombre de verbes conjugués.

Compter les verbes conjugués suffit presque toujours à savoir combien une phrase contient de propositions ; le reste consiste à dire comment elles sont reliées. C'est une compétence de QCM, et c'est aussi ce qui sépare une note administrative lisible d'un texte dont le lecteur perd le fil au bout de la troisième subordonnée.

À retenir

  • Une proposition s'organise autour d'un verbe, conjugué dans la très grande majorité des cas : autant de verbes conjugués, autant de propositions, auxquelles s'ajoutent les rares propositions infinitives et participiales, dont le verbe a son propre sujet (« j'entends les portes claquer », « le dossier complété, le service statue »).
  • Phrase simple : une seule proposition, dite indépendante. Phrase complexe : au moins deux propositions.
  • Trois façons de relier des propositions : la juxtaposition (virgule, point-virgule), la coordination (mais, ou, et, or, ni, car, auxquelles la tradition scolaire ajoute « donc », que la terminologie grammaticale de 2020 tient plutôt pour un adverbe) et la subordination (un mot subordonnant).
  • Trois familles de subordonnées : la relative, introduite par un pronom relatif et complément d'un nom ; la conjonctive complétive, introduite par « que » et complément du verbe ; la circonstancielle, qui exprime le temps, la cause, le but, la conséquence, la condition, la concession ou la comparaison.
  • Le pronom relatif reprend un antécédent : « le dossier que vous avez transmis » — « que » remplace « le dossier », et cette reprise commande souvent l'accord du participe.
  • La subordonnée circonstancielle se déplace comme un complément circonstanciel ; la complétive, non, parce qu'elle est le complément d'objet du verbe.
  • En rédaction administrative, une phrase de plus de deux subordonnées devient difficile à suivre : la scinder ne coûte qu'un point de ponctuation et fait gagner en clarté.

Compter les propositions

Repérer les verbes conjugués, c'est-à-dire ceux qui portent une personne et un temps. Les infinitifs et les participes sans sujet propre ne comptent pas : « le service souhaite répondre rapidement » ne contient qu'un verbe conjugué, donc une seule proposition, malgré deux verbes. Une fois les propositions comptées, la question devient : comment sont-elles reliées ?

Trois modes de liaison
ModeMarqueExemple
JuxtapositionVirgule, point-virgule, deux-pointsLe dossier est complet, la décision peut être prise
CoordinationConjonction de coordinationLe dossier est complet et la décision peut être prise
SubordinationPronom relatif, conjonction de subordinationLa décision peut être prise parce que le dossier est complet

« Le service, qui avait reçu la demande le 3 mars, a répondu dès que les pièces manquantes lui sont parvenues. » — Trois verbes conjugués : « avait reçu », « a répondu », « sont parvenues ». Donc trois propositions : une principale, une relative, une circonstancielle de temps.

L'analyse ne demande jamais plus que ce comptage suivi de l'identification du mot subordonnant.

Les trois familles de subordonnées

Reconnaître par le mot introducteur et par la fonction
FamilleIntroduite parFonctionExemple
Relativequi, que, quoi, dont, où, lequelComplément de l'antécédentLes pièces dont nous avons besoin
Conjonctive complétiveque, ce queComplément d'objet du verbeNous constatons que le délai est dépassé
Circonstanciellequand, parce que, afin que, si, bien que, commeComplément circonstancielBien que le délai soit dépassé, la demande est instruite
Interrogative indirecte (variété de complétive)si, ce que, pourquoi, commentComplément d'objet du verbeIl demande si le dossier est complet

Le test qui sépare la relative de la complétive tient au mot « que ». Dans la relative, « que » remplace un nom déjà présent — on peut poser « que » = « lequel ». Dans la complétive, « que » n'a pas d'antécédent et se contente d'introduire ce que le verbe attend : « je pense que… », « il constate que… ». Le second « que » est supprimable en changeant la construction (« je pense cela »), pas le premier.

Confusions fréquentes

« Dont » remplace un complément introduit par « de »
« Les pièces dont nous avons besoin » (besoin de) est correct ; « les pièces dont nous en avons besoin » double le complément et constitue une faute repérée.
Certaines circonstancielles imposent le subjonctif
« Bien que », « quoique », « afin que », « avant que », « pour que », « à moins que » appellent le subjonctif : « bien que le délai soit dépassé », jamais « est dépassé ».
« Après que » demande l'indicatif
Contrairement à « avant que », « après que » introduit un fait accompli : « après qu'il a répondu », et non « après qu'il ait répondu ». L'usage contraire est répandu, mais il est sanctionné.
La condition en « si » ne prend jamais le conditionnel
« Si le dossier était complet, la décision serait prise » : imparfait dans la subordonnée, conditionnel dans la principale. « Si le dossier serait » est une faute lourde.

Ce que cela change en rédaction

Deux versions d'une même information
VersionEffet
« Compte tenu du fait que les pièces qui avaient été demandées et qui n'étaient pas parvenues au service dans le délai qui avait été fixé n'ont pas permis l'instruction, la demande est rejetée. »Quatre subordonnées enchâssées : le lecteur perd le sujet
« Les pièces demandées ne sont pas parvenues dans le délai fixé. Faute de pouvoir instruire la demande, le service la rejette. »Deux phrases, une idée chacune, aucune information perdue

Les guides de langage clair retiennent une règle simple : une idée par phrase, et des phrases courtes, de moins de vingt-quatre mots selon le guide de l'Agence du revenu du Canada. Au-delà de deux subordonnées, la phrase devient difficile à suivre et le lecteur revient en arrière. Dans une copie de cas pratique ou d'analyse de dossier, ce retour en arrière se paie.

Au moment de la relecture, repérer les phrases de plus de trois lignes et chercher où poser un point : le mot à remplacer est presque toujours un mot de liaison (« et », « or », « car ») ou un relatif (« ce qui »).

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.En règle générale, le nombre de propositions d'une phrase se compte au nombre de verbes conjugués.Voir le corrigé

    Vrai

    Un infinitif ou un participe sans sujet propre ne forme pas de proposition : « il souhaite répondre » n'en contient qu'une. Muni de son propre sujet, il forme une proposition infinitive ou participiale, exception à la règle.

  2. 2.Deux propositions séparées par une virgule sont dites coordonnées.Voir le corrigé

    Faux

    Elles sont juxtaposées ; la coordination suppose une conjonction de coordination — mais, ou, et, or, ni, car, et traditionnellement donc.

  3. 3.Une subordonnée relative est complément de son antécédent.Voir le corrigé

    Vrai

    Elle est introduite par un pronom relatif qui reprend un nom déjà présent dans la phrase.

  4. 4.« Après que » se construit avec le subjonctif.Voir le corrigé

    Faux

    Il introduit un fait accompli et appelle l'indicatif : « après qu'il a répondu ». C'est « avant que » qui demande le subjonctif.

  5. 5.Dans une subordonnée introduite par « si » exprimant la condition, le conditionnel est exclu.Voir le corrigé

    Vrai

    On écrit « si le dossier était complet, la décision serait prise » : imparfait dans la subordonnée, conditionnel dans la principale.

  6. 6.Selon les guides de langage clair, une phrase administrative reste facile à suivre jusqu'à quatre subordonnées.Voir le corrigé

    Faux

    Au-delà de deux subordonnées, le lecteur revient en arrière : les guides de langage clair recommandent une idée par phrase et des phrases courtes, et scinder la phrase ne coûte qu'un point de ponctuation.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.