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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Détermination et affectation du résultat : réserves, dividendes, report à nouveau

14 min de lectureAu programme du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La réserve légale est dotée de 5 % du bénéfice jusqu'à ce qu'elle atteigne 10 % du capital social.

Une fois le bénéfice calculé, il faut décider de son sort : le garder dans l'entreprise, en réserves, ou le distribuer aux associés, en dividendes, ou attendre, en report à nouveau. Cette décision appartient à l'assemblée des associés, dans un ordre que la loi et les statuts imposent, réserve légale en tête. Le programme de B demande « l'affectation du résultat (réserves obligatoires et facultatives, distribution de bénéfices, report à nouveau) » ; celui de A ajoute sa détermination. L'exercice type est un tableau d'affectation suivi de l'écriture.

À retenir

  • Détermination : le résultat de l'exercice est le solde des comptes de produits et de charges après inventaire, viré au compte 120 Résultat de l'exercice (bénéfice) ou 129 (perte) ; il figure dans les capitaux propres du bilan jusqu'à son affectation, décidée par l'assemblée générale ordinaire qui approuve les comptes dans les six mois de la clôture.
  • Ordre d'affectation d'un bénéfice : (1) apurement du report à nouveau débiteur, pertes antérieures ; (2) réserve légale, 5 % du bénéfice diminué des pertes antérieures, jusqu'à ce qu'elle atteigne 10 % du capital social, obligatoire dans les SA, SAS et SARL ; (3) réserves statutaires, imposées par les statuts ; (4) le solde, augmenté du report à nouveau créditeur, forme le bénéfice distribuable, que l'assemblée répartit entre dividendes, réserves facultatives et report à nouveau créditeur.
  • Dividendes : premier dividende ou intérêt statutaire calculé sur le capital libéré, superdividende réparti également par action ; il est interdit de distribuer un dividende fictif, c'est-à-dire au-delà du bénéfice distribuable, ou lorsque les capitaux propres sont ou deviendraient inférieurs au capital augmenté des réserves non distribuables ; paiement dans les neuf mois de la clôture ; acomptes sur dividendes possibles sur bilan intermédiaire certifié.
  • Écriture d'affectation : 120 débité du bénéfice (et 110 débité si le report à nouveau créditeur antérieur est utilisé) ; crédit du 1061 Réserve légale, 1063 Réserves statutaires, 1068 Autres réserves, 110 Report à nouveau créditeur, 457 Associés, dividendes à payer. Le paiement débite le 457 par le crédit de la banque, après retenue des prélèvements dus par les associés personnes physiques.
  • Fiscalité des dividendes : pour une personne physique, prélèvement de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), retenu à la source par la société et reversé à la DGFiP, sauf option pour le barème avec abattement de 40 % ; pour une société mère, régime mère-fille exonérant 95 % du dividende.
  • Affectation d'une perte : 129 crédité, par le débit du 119 Report à nouveau débiteur, ou imputation sur les réserves disponibles, voire réduction du capital ; lorsque les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, les associés doivent décider dans les quatre mois s'il y a lieu de dissoudre la société et, à défaut, reconstituer les capitaux propres dans un délai de deux exercices.
  • Enjeux : l'autofinancement, part du résultat conservée, renforce les capitaux propres et l'indépendance financière ; la distribution rémunère les associés ; la réserve légale protège les créanciers en rendant une fraction du bénéfice indisponible. Les réserves ne sont pas de la trésorerie : elles sont une ressource durable déjà employée à l'actif.

Le tableau d'affectation du bénéfice

SARL au capital de 100 000 ; réserve légale existante 8 000 ; report à nouveau créditeur 2 000 ; bénéfice 60 000 ; réserve statutaire 10 % du bénéfice ; dividendes 30 000 ; réserve facultative 20 000
ÉtapeCalculMontant
Bénéfice de l'exercice60 000
Réserve légale5 % × 60 000 = 3 000, mais plafond 10 % × 100 000 = 10 000 déjà doté à 8 000 : limitée à− 2 000
Réserve statutaire10 % × 60 000− 6 000
Report à nouveau créditeur antérieur+ 2 000
Bénéfice distribuable60 000 − 2 000 − 6 000 + 2 00054 000
DividendesDécision de l'assemblée− 30 000
Réserve facultativeDécision de l'assemblée− 20 000
Report à nouveau créditeurSolde4 000

Le bénéfice ne peut être réparti librement : la loi impose d'abord d'éponger les pertes antérieures inscrites en report à nouveau débiteur, puis de doter la réserve légale à hauteur du vingtième du bénéfice diminué de ces pertes, tant qu'elle n'a pas atteint le dixième du capital social, ce prélèvement cessant d'être obligatoire au-delà ; les statuts peuvent ensuite imposer des réserves statutaires. Ce qui reste, augmenté du report à nouveau créditeur des exercices précédents, constitue le bénéfice distribuable, seul montant que l'assemblée peut répartir, sous peine de dividende fictif, entre les dividendes versés aux associés, les réserves facultatives qu'elle décide de constituer, et le report à nouveau créditeur, fraction laissée en attente d'affectation. L'assemblée peut aussi décider de distribuer des réserves antérieures, à l'exception de la réserve légale, tant que les capitaux propres restent supérieurs au capital et aux réserves indisponibles. Le tableau d'affectation, présenté ligne par ligne, précède l'écriture et se vérifie par l'égalité entre le bénéfice augmenté du report antérieur et la somme des affectations.

L'écriture d'affectation correspondante
CompteDébitCrédit
120 Résultat de l'exercice (bénéfice)60 000
110 Report à nouveau créditeur (solde antérieur utilisé)2 000
1061 Réserve légale2 000
1063 Réserves statutaires ou contractuelles6 000
1068 Autres réserves (facultative)20 000
457 Associés, dividendes à payer30 000
110 Report à nouveau créditeur (nouveau solde)4 000
Totaux62 00062 000

Dividendes, prélèvements, pertes

Le dividende est la part du bénéfice distribuable attribuée à chaque action ou part sociale ; les statuts peuvent prévoir un premier dividende, ou intérêt statutaire, calculé au taux fixé sur le capital libéré, le surplus distribué étant le superdividende, égal pour toutes les parts. La mise en paiement intervient dans les neuf mois de la clôture, par le débit du compte 457 et le crédit de la banque ; lorsque l'associé est une personne physique, la société retient à la source le prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 %, qu'elle reverse à la DGFiP, l'associé pouvant opter lors de sa déclaration pour le barème progressif avec l'abattement de 40 % ; lorsque l'associé est une société détenant au moins 5 % du capital, le régime mère-fille exonère le dividende à hauteur de 95 %. Une perte suit le chemin inverse : le compte 129 est crédité par le débit du 119 Report à nouveau débiteur, où elle attend d'être épongée par les bénéfices futurs, ou imputée sur les réserves disponibles, ou absorbée par une réduction du capital dite « coup d'accordéon » ; si les pertes font tomber les capitaux propres au-dessous de la moitié du capital social, les associés doivent décider dans les quatre mois de l'approbation des comptes s'il y a lieu de dissoudre la société, et, s'ils la poursuivent, reconstituer les capitaux propres ou réduire le capital dans les deux exercices suivants, sous peine de dissolution judiciaire.

Confusions fréquentes

La réserve légale est plafonnée, pas la dotation
5 % du bénéfice chaque année, jusqu'à ce que la réserve atteigne 10 % du capital ; l'année où le plafond est atteint, la dotation se limite au complément, comme les 2 000 de l'exemple.
Réserves et trésorerie
Les réserves sont des capitaux propres, une ressource au passif ; l'argent correspondant a été investi ou est dans le besoin en fonds de roulement. Une société peut avoir de fortes réserves et une trésorerie nulle.
Le report à nouveau se lit dans les deux sens
Créditeur (110), il est un bénéfice en attente ; débiteur (119), une perte à éponger. Dans le tableau, le premier s'ajoute au bénéfice, le second s'en retranche avant la réserve légale.

La détermination du résultat et les enjeux de l'affectation

Le résultat est déterminé à la clôture, après les écritures d'inventaire : les soldes des comptes de charges de la classe 6 et de produits de la classe 7 sont virés au compte 12, dont le solde créditeur est un bénéfice, débiteur une perte ; il est identique à la variation des capitaux propres de l'exercice hors apports et distributions, ce qui constitue la double détermination du résultat. Il tient compte de l'impôt sur les sociétés, calculé sur le résultat fiscal et comptabilisé au 695 par le crédit du 444, et de la participation des salariés le cas échéant. Son affectation engage l'avenir de l'entreprise : la part conservée, réserves et report à nouveau, constitue l'autofinancement, qui renforce les capitaux propres, améliore l'indépendance financière et la capacité d'emprunt, et finance les investissements sans coût apparent ; la part distribuée rémunère les associés et soutient le cours des titres, mais sort de l'entreprise. La réserve légale, indisponible, protège les créanciers en garantissant qu'une fraction du bénéfice reste dans la société. Le fisc s'intéresse à l'affectation à deux titres : les dividendes sont imposés chez les associés, et les distributions irrégulières, avantages occultes ou rémunérations excessives, sont requalifiées en revenus distribués.

Pour une QRC d'affectation : dérouler le tableau dans l'ordre légal, vérifier le plafond de la réserve légale, calculer le bénéfice distribuable avant de répartir, passer l'écriture avec les comptes 120, 110, 1061, 1063, 1068, 457, et contrôler l'égalité des totaux.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La réserve légale est dotée de 5 % du bénéfice jusqu'à ce qu'elle atteigne 10 % du capital social.Voir le corrigé

    Vrai

    Obligation légale dans les SA, SAS et SARL ; le bénéfice retenu est diminué des pertes antérieures.

  2. 2.L'assemblée peut distribuer en dividendes la totalité du bénéfice de l'exercice.Voir le corrigé

    Faux

    Elle ne peut distribuer que le bénéfice distribuable, après pertes antérieures, réserve légale et réserves statutaires ; au-delà, le dividende est fictif.

  3. 3.Le report à nouveau créditeur s'ajoute au bénéfice pour former le bénéfice distribuable.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est un bénéfice antérieur laissé en attente ; le report à nouveau débiteur, lui, se retranche.

  4. 4.Les dividendes à payer sont enregistrés au crédit du compte 457.Voir le corrigé

    Vrai

    Associés, dividendes à payer ; le compte est soldé lors du paiement, dans les neuf mois de la clôture.

  5. 5.Une perte de l'exercice laissée en attente est portée au crédit du compte 119 Report à nouveau.Voir le corrigé

    Faux

    Elle est portée au débit du 119, report à nouveau débiteur, par le crédit du 129 qu'elle solde, et attend les bénéfices futurs ; elle peut aussi être imputée sur les réserves, et la réduction de capital n'est qu'une possibilité.

  6. 6.Les réserves d'une société représentent de l'argent disponible en banque.Voir le corrigé

    Faux

    Ce sont des capitaux propres, une ressource au passif ; leur emploi est réparti dans tout l'actif.

Textes de référence

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