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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Comptabilisation de l'impôt sur les sociétés et augmentations de capital

16 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

L'impôt sur les sociétés se calcule sur le résultat comptable avant impôt.

Deux opérations spécifiques closent le programme de comptabilité générale de A. L'impôt sur les sociétés, calculé sur un résultat fiscal qui n'est pas le résultat comptable, payé par acomptes et liquidé après la clôture, se comptabilise comme une charge et une dette envers l'État : pour un futur agent de la DGFiP, c'est l'impôt qu'il contrôlera. L'augmentation de capital, par apports nouveaux, incorporation de réserves ou conversion de dettes, modifie les capitaux propres et fait jouer des comptes propres aux opérations sur le capital. Cette fiche traite les deux, avec un exemple chiffré pour chacune.

À retenir

  • Champ de l'IS : sociétés de capitaux (SA, SAS, SARL) de plein droit, sociétés de personnes et entreprises individuelles sur option ; il frappe le bénéfice fiscal de l'exercice, obtenu à partir du résultat comptable avant impôt corrigé, sur le tableau 2058-A de la liasse, par des réintégrations (charges non déductibles : amendes, IS lui-même, amortissements et provisions non admis, part excédentaire des véhicules de tourisme) et des déductions (produits non imposables ou imposés à part : dividendes de filiales sous le régime mère-fille, plus-values à long terme).
  • Taux : 25 % au taux normal ; 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice pour les PME dont le chiffre d'affaires n'excède pas 10 millions d'euros, apprécié au niveau du groupe pour une société qui en fait partie, et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques ; contribution sociale de 3,3 % pour les sociétés dont l'IS dépasse 763 000 euros ; plus-values à long terme sur titres de participation quasi exonérées, quote-part de 12 %. Déficit : report en avant illimité dans le temps, plafonné à un million d'euros plus la moitié du bénéfice excédentaire, ou report en arrière sur le bénéfice précédent créant une créance sur l'État.
  • Paiement : quatre acomptes trimestriels, les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, chacun égal au quart de l'IS de l'exercice précédent, puis le solde, ou liquidation, sur le relevé de solde, au plus tard le 15 du quatrième mois suivant la clôture ou, pour un exercice clos le 31 décembre, le 15 mai ; déclaration de résultats 2065 avec la liasse dans les trois mois de la clôture ou, pour un exercice clos le 31 décembre, le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, délai prolongé de quinze jours en cas de télédéclaration (20 mai en 2026) ; télédéclaration et télépaiement obligatoires. Les sociétés nouvelles, pour leur premier exercice, et celles dont l'IS de référence n'excède pas 3 000 euros sont dispensées d'acomptes.
  • Écritures : chaque acompte débite le 444 État, impôt sur les bénéfices et crédite la banque ; à la clôture, l'impôt total calculé sur le résultat fiscal est constaté par le débit du 695 Impôts sur les bénéfices et le crédit du 444 ; le solde du 444, créditeur, est la dette d'impôt réglée en mai ; s'il est débiteur, l'excédent d'acomptes est une créance remboursée ou imputée. L'IS n'est pas déductible : il figure en charge après le résultat courant et l'exceptionnel, et son montant est réintégré fiscalement.
  • Augmentation de capital en numéraire : émission d'actions nouvelles à un prix comprenant le nominal et une prime d'émission, qui compense la valeur des réserves accumulées ; droit préférentiel de souscription des anciens actionnaires ; libération d'au moins le quart du nominal à la souscription dans les SA, le cinquième dans les SARL, le reste dans les cinq ans ; comptes 4561 Associés, comptes d'apport, 109 Actionnaires, capital souscrit non appelé, 1011, 1012 et 1013 selon l'état du capital, 1041 Primes d'émission.
  • Autres modalités : apports en nature évalués par un commissaire aux apports et libérés intégralement ; incorporation de réserves, 106 débité et 101 crédité, par attribution d'actions gratuites ou élévation du nominal, sans ressource nouvelle ; conversion de créances, comptes courants d'associés (455) ou obligations convertibles (161), qui désendette la société. Frais d'augmentation en charges (6227) ou imputés sur la prime (1041).
  • Conséquences : les apports nouveaux renforcent les capitaux propres, l'indépendance financière et la capacité d'emprunt, au prix d'une dilution des anciens associés qui n'y souscrivent pas ; décision de l'assemblée générale extraordinaire, modification des statuts, publicité au greffe ; l'augmentation par incorporation de réserves ne change pas le patrimoine, elle recompose le passif.

L'impôt sur les sociétés : du résultat comptable à l'écriture

SA (chiffre d'affaires supérieur à 10 millions) : résultat comptable avant impôt 200 000 ; réintégrations 8 000 ; déductions 6 000 ; quatre acomptes de 11 000 versés
ÉtapeCalculMontant
Résultat fiscal (2058-A)200 000 + 8 000 − 6 000202 000
Impôt sur les sociétés202 000 × 25 %50 500
Acomptes versés en N (444 D / 512 C, quatre fois)4 × 11 00044 000
Écriture de clôture : 695 D / 444 C50 500
Solde à payer le 15 mai N+1 (444 D / 512 C)50 500 − 44 0006 500
Résultat net comptable200 000 − 50 500149 500

Le résultat comptable avant impôt est le point de départ, mais la loi fiscale ne retient pas toutes les charges et n'impose pas tous les produits : sur le tableau 2058-A de la liasse fiscale, l'entreprise réintègre les charges comptabilisées mais non déductibles, amendes et pénalités, impôt sur les sociétés, taxe sur les véhicules, fraction non déductible des amortissements de véhicules de tourisme, provisions et dépréciations non admises, et déduit les produits non imposables ou imposés séparément, dividendes de filiales sous le régime mère-fille pour 95 %, plus-values à long terme, reprises de provisions non déduites à l'origine ; elle impute enfin les déficits antérieurs reportables. L'impôt est calculé sur ce résultat fiscal, au taux de 25 %, ou de 15 % sur une première tranche de 42 500 euros pour les PME qui remplissent les conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital. En cours d'exercice, la société a versé quatre acomptes calculés sur l'impôt de l'exercice précédent, chacun débité au compte 444 par le crédit de la banque ; à la clôture, elle constate l'impôt total au débit du 695 et au crédit du 444 ; le solde créditeur du 444 est la dette fiscale à régler avec le relevé de solde le 15 du quatrième mois suivant la clôture, ou le 15 mai pour un exercice clos le 31 décembre. Si les acomptes excèdent l'impôt dû, le solde débiteur du 444 est une créance, remboursée ou imputée sur les acomptes suivants. Un déficit fiscal ne donne lieu à aucun impôt ; il est reporté en avant sur les bénéfices futurs ou, sur option, en arrière sur le bénéfice de l'exercice précédent, ce qui fait naître une créance sur le Trésor comptabilisée en 444 par le crédit du 699.

PME au bénéfice fiscal de 100 000 euros, conditions du taux réduit remplies : 42 500 × 15 % + 57 500 × 25 % = 6 375 + 14 375 = 20 750 euros d'IS ; 695 D 20 750 / 444 C 20 750.

L'augmentation de capital en numéraire

SA : 1 000 actions nouvelles de 100 euros de nominal émises à 150 euros, libérées de la moitié du nominal et de la totalité de la prime
ÉtapeÉcritureDébitCrédit
Souscription4561 Associés, comptes d'apport (50 000 nominal appelé + 50 000 prime) et 109 Capital souscrit non appelé (50 000)100 000 + 50 000
1011 Capital souscrit non appelé (50 000) ; 1012 Capital souscrit appelé non versé (50 000) ; 1041 Primes d'émission (50 000)150 000
Libération512 Banque / 4561100 000100 000
1012 / 1013 Capital souscrit appelé versé50 00050 000
Appel ultérieur (dans les cinq ans)1011 / 1012 ; 4562 Apporteurs, capital appelé non versé / 109 ; 512 / 4562 ; 1012 / 101350 00050 000

L'augmentation de capital en numéraire est décidée par l'assemblée générale extraordinaire, sur rapport des dirigeants ; les actions nouvelles sont émises à un prix d'émission au moins égal au nominal, l'excédent constituant la prime d'émission, qui préserve les anciens actionnaires en faisant payer aux nouveaux leur part des réserves accumulées ; les anciens disposent en outre d'un droit préférentiel de souscription, proportionnel à leurs actions, qu'ils peuvent exercer ou céder, et dont la valeur théorique compense la baisse de la valeur de l'action après l'opération. La loi n'exige pas la libération immédiate de tout le nominal : un quart au moins dans les sociétés anonymes, un cinquième dans les SARL, le solde étant appelé dans les cinq ans ; la prime, elle, est versée en totalité à la souscription. En comptabilité, le capital est ventilé selon son état : 1011 pour la fraction souscrite non appelée, dont la contrepartie est le compte 109 Actionnaires, capital souscrit non appelé, présenté à l'actif en déduction des capitaux propres ; 1012 pour la fraction appelée non encore versée ; 1013 pour la fraction appelée et versée. À la souscription, le compte 4561 est débité de ce qui est appelé et de la prime, le 109 de ce qui ne l'est pas, et les comptes 1011, 1012 et 1041 sont crédités ; à la libération, la banque solde le 4561 et le capital appelé est viré en 1013. Les frais d'augmentation, honoraires, publicité, droits, sont des charges en 6227 ou peuvent être imputés sur la prime d'émission.

Confusions fréquentes

Prime d'émission : ni capital ni réserve ordinaire
Le 1041 est un compte de capitaux propres distinct du 101 ; il n'entre pas dans le calcul du plafond de la réserve légale et peut être incorporé au capital ou distribué sous conditions.
Le 109 est un actif « négatif »
Le capital souscrit non appelé apparaît en tête de l'actif et se retranche des capitaux propres dans l'analyse : les ressources réelles sont le capital appelé et versé.
IS : la charge est constatée à la clôture, pas au paiement
Les acomptes sont des avances au 444, pas des charges ; le 695 n'est mouvementé qu'une fois, à la clôture, pour l'impôt total de l'exercice.

Les autres modalités d'augmentation et leurs effets

L'apport en nature, immeuble, fonds de commerce, brevet, titres, est évalué par un commissaire aux apports désigné en justice, pour éviter la surévaluation qui léserait les créanciers et les autres associés ; il est libéré intégralement à la souscription, le bien entrant à l'actif par le crédit du 101 et, le cas échéant, du 1043 Primes d'apport. L'incorporation de réserves ne fait entrer aucune ressource : elle transfère des réserves, primes ou report à nouveau au capital, par le débit du 106 ou du 104 et le crédit du 101, soit en attribuant des actions gratuites aux actionnaires, soit en élevant le nominal ; elle consolide le capital, rendu indisponible, et rassure les créanciers. La conversion de créances transforme une dette en capital : comptes courants d'associés, 455 débité et 101 crédité, ou obligations convertibles, 161 débité et 101 crédité, ce qui désendette la société sans mouvement de trésorerie. Toute augmentation de capital exige une décision de l'assemblée générale extraordinaire, la modification des statuts et une publicité au registre du commerce ; elle renforce les capitaux propres et l'indépendance financière, améliore la capacité d'emprunt, mais dilue les anciens associés qui ne suivent pas et peut réduire la rentabilité financière si les fonds sont moins bien rémunérés que l'endettement ; à l'inverse, la réduction de capital pour pertes, le « coup d'accordéon », assainit le bilan avant une recapitalisation.

Pour l'IS : toujours passer par le résultat fiscal avant de calculer l'impôt, et distinguer les acomptes (444 / 512) de la charge (695 / 444). Pour le capital : ventiler nominal et prime, appelé et non appelé, avant d'écrire ; vérifier que la somme des crédits des comptes 101x et 1041 égale le prix d'émission total.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.L'impôt sur les sociétés se calcule sur le résultat comptable avant impôt.Voir le corrigé

    Faux

    Il se calcule sur le résultat fiscal, obtenu en corrigeant le résultat comptable des réintégrations et des déductions sur le tableau 2058-A.

  2. 2.Le taux normal de l'impôt sur les sociétés est de 25 %.Voir le corrigé

    Vrai

    Avec un taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice des PME remplissant les conditions.

  3. 3.Les acomptes d'impôt sur les sociétés sont enregistrés en charge au compte 695 lors de leur paiement.Voir le corrigé

    Faux

    Ils sont des avances débitées au 444 ; la charge n'est constatée qu'à la clôture, pour l'impôt total, par 695 D / 444 C.

  4. 4.Dans une SA, les actions de numéraire doivent être libérées d'au moins un quart du nominal à la souscription.Voir le corrigé

    Vrai

    Le solde est appelé dans les cinq ans ; la prime d'émission est versée intégralement dès la souscription.

  5. 5.L'incorporation de réserves au capital procure une ressource nouvelle à la société.Voir le corrigé

    Faux

    Elle recompose les capitaux propres (106 D / 101 C) sans apport ni mouvement de trésorerie ; elle consolide le capital.

  6. 6.La prime d'émission est enregistrée au crédit du compte 1041.Voir le corrigé

    Vrai

    Capitaux propres distincts du capital ; elle compense la part des réserves acquise par les nouveaux actionnaires.

Textes de référence

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