Consommation, épargne, investissement et échanges extérieurs
15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques
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Vrai ou faux ?
Dans la fonction de consommation keynésienne, la propension marginale à consommer et la propension marginale à épargner totalisent toujours 1.
Pourquoi un ménage consomme-t-il une fraction de son revenu et en épargne-t-il le reste, et qu'est-ce qui décide une entreprise à investir plutôt qu'à distribuer ses profits ? Keynes répond par une fonction de consommation simple, que Friedman et Modigliani complètent en regardant au-delà du seul revenu de l'année ; du côté des entreprises, la demande anticipée, le taux d'intérêt et le mécanisme de l'accélérateur expliquent l'investissement. L'équilibre global entre emplois et ressources referme le tableau, avec le solde extérieur comme variable d'ajustement.
À retenir
- La fonction de consommation keynésienne s'écrit C = C0 + c·Yd, où C0 est la consommation incompressible et c la propension marginale à consommer (part d'un euro de revenu disponible supplémentaire consacrée à la consommation) ; la propension marginale à épargner s vérifie c + s = 1.
- Selon la loi psychologique fondamentale de Keynes, la consommation augmente avec le revenu, mais moins que lui : la propension marginale à consommer est comprise entre 0 et 1 ; la part épargnée s'élevant avec le revenu, la propension moyenne à consommer (C/Yd) décroît quand le revenu disponible augmente. La fonction linéaire des manuels, où la propension marginale est constante, en est une simplification.
- Milton Friedman (théorie du revenu permanent) soutient que la consommation dépend du revenu permanent anticipé sur longue période, pas du revenu courant : un revenu transitoire (une prime exceptionnelle) est majoritairement épargné, pas consommé.
- Franco Modigliani (théorie du cycle de vie) explique la consommation par un lissage sur l'ensemble de l'existence : emprunt en début de vie active, épargne pendant la vie active, désépargne à la retraite, pour maintenir un niveau de consommation stable.
- L'investissement dépend de la demande anticipée par les entreprises, du taux d'intérêt (coût du capital emprunté), du profit escompté, et du mécanisme de l'accélérateur, selon lequel une variation de la demande entraîne une variation plus que proportionnelle de l'investissement en capacités nouvelles.
- L'équilibre emplois-ressources s'écrit Y + M = C + I + G + X : la production intérieure et les importations (les ressources) sont nécessairement égales à la consommation, l'investissement, les dépenses publiques et les exportations (les emplois).
- Le taux d'ouverture d'une économie, souvent mesuré par la demi-somme des exportations et des importations rapportée au PIB, indique le degré de dépendance aux échanges extérieurs, sans préjuger du signe du solde commercial.
La fonction de consommation keynésienne
La fonction de consommation keynésienne s'écrit, dans sa forme linéaire la plus simple, C = C0 + c·Yd : une composante incompressible C0, indépendante du revenu, et une part proportionnelle au revenu disponible Yd, réglée par la propension marginale à consommer c, comprise entre 0 et 1. Ce qui n'est pas consommé est épargné, de sorte que la propension marginale à épargner s vérifie toujours c + s = 1. La loi psychologique fondamentale, telle que Keynes l'énonce dans la Théorie générale (1936), dit que les hommes tendent à augmenter leur consommation quand leur revenu augmente, mais pas autant que leur revenu, et qu'une part croissante du revenu est épargnée à mesure qu'il s'élève : la propension marginale est comprise entre 0 et 1, et la propension moyenne à consommer, le rapport C/Yd, décroît quand le revenu disponible augmente. Keynes ne pose pas que la propension marginale soit constante : c'est une simplification de la fonction linéaire, dans laquelle elle reste inférieure à la propension moyenne, qui décroît du seul fait de la composante incompressible C0.
| Revenu disponible (Yd) | Consommation (C = 200 + 0,8·Yd) | Propension moyenne (C/Yd) |
|---|---|---|
| 1 000 | 1 000 | 1,00 |
| 1 500 | 1 400 | 0,93 |
| 3 000 | 2 600 | 0,87 |
Pour Yd = 1 500 et C = 200 + 0,8 × 1 500 = 1 400, l'épargne vaut S = Yd − C = 100, soit une propension moyenne à épargner de 100 ÷ 1 500 ≈ 6,7 %, cohérente avec s = 1 − c = 0,2 appliqué à la seule part marginale du revenu.
Confusions fréquentes
- Propension marginale et propension moyenne ne varient pas de la même façon
- Dans la fonction keynésienne la plus simple, la propension marginale à consommer est constante par construction ; seule la propension moyenne décroît avec le revenu, du fait de la composante incompressible C0.
Au-delà du revenu courant : Friedman et Modigliani
| Théorie | Auteur | Idée centrale |
|---|---|---|
| Revenu permanent | Milton Friedman | La consommation dépend du revenu permanent anticipé, pas du revenu courant ; un revenu transitoire est surtout épargné |
| Cycle de vie | Franco Modigliani | La consommation est lissée sur l'ensemble de l'existence : emprunt jeune, épargne en vie active, désépargne à la retraite |
Un ménage qui perçoit une prime exceptionnelle non reconductible l'épargne majoritairement, parce qu'elle ne modifie pas son revenu permanent anticipé ; un même ménage qui obtient une augmentation de salaire jugée durable ajuste sa consommation bien davantage, car son revenu permanent a réellement changé.
Confusions fréquentes
- Revenu permanent et cycle de vie ne sont pas la même hypothèse
- Friedman distingue revenu permanent et revenu transitoire sans faire intervenir l'âge ; Modigliani explique la consommation par la position dans le cycle de vie. Les deux convergent pour affaiblir le lien mécanique entre consommation et revenu courant de la fonction keynésienne la plus simple.
Pour une question comparant les trois théories de la consommation, toujours nommer l'auteur, la variable explicative retenue (revenu courant, revenu permanent, position dans le cycle de vie) et un exemple qui les distingue.
Les déterminants de l'investissement
| Déterminant | Mécanisme |
|---|---|
| Demande anticipée | Une entreprise investit si elle prévoit d'écouler une production supplémentaire |
| Taux d'intérêt | Un taux plus élevé renchérit le coût du capital emprunté et décourage les projets les moins rentables |
| Profit escompté | Un projet est engagé si le rendement attendu dépasse son coût de financement |
| Accélérateur | Une variation de la demande entraîne une variation plus que proportionnelle de l'investissement en capacités nouvelles |
Le mécanisme de l'accélérateur relie l'investissement net à la variation de la demande, non à son niveau : I = v·ΔY, où v est le coefficient de capital, rapport entre le stock de capital et la production (K = v·Y). Une hausse de la demande, même modeste, peut ainsi provoquer une hausse plus que proportionnelle de l'investissement, dès lors que les capacités de production existantes sont déjà pleinement utilisées ; à l'inverse, il suffit que la demande croisse moins vite pour que l'investissement recule.
Avec un coefficient de capital v = 0,5 et une hausse de la demande ΔY = 200, l'investissement net induit vaut I = 0,5 × 200 = 100. Si la hausse de la demande n'est plus que de 100 l'année suivante, l'investissement net tombe à 0,5 × 100 = 50 : il recule de moitié alors que la demande continue de croître.
L'équilibre emplois-ressources et l'ouverture extérieure
L'équilibre comptable emplois-ressources s'écrit Y + M = C + I + G + X : les ressources d'une économie, sa production intérieure Y et ses importations M, sont nécessairement égales à ses emplois, la consommation C, l'investissement I, les dépenses publiques G (au sens des achats de biens et services des administrations, transferts exclus) et les exportations X. Cette identité comptable ne dit rien, en elle-même, de l'équilibre macroéconomique effectif ; elle rappelle seulement qu'aucune ressource ne peut être employée deux fois, et que tout déséquilibre entre production intérieure et demande interne se traduit par un ajustement du commerce extérieur.
| Ressources | Montant | Emplois | Montant |
|---|---|---|---|
| Production intérieure (Y) | 2 000 | Consommation (C) | 1 400 |
| Importations (M) | 450 | Investissement (I) | 300 |
| Dépenses publiques (G) | 200 | ||
| Exportations (X) | 550 | ||
| Total ressources | 2 450 | Total emplois | 2 450 |
Le taux d'ouverture d'une économie se calcule en rapportant au PIB la demi-somme des exportations et des importations : pour X = 550, M = 450 et Y = 2 000, le taux d'ouverture vaut (550 + 450) ÷ 2 ÷ 2 000 = 500 ÷ 2 000 = 25 %.
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1.Dans la fonction de consommation keynésienne, la propension marginale à consommer et la propension marginale à épargner totalisent toujours 1.Voir le corrigé
Vrai
Tout euro de revenu disponible supplémentaire est soit consommé, soit épargné : c + s = 1 par construction.
2.Selon la loi psychologique fondamentale, la propension moyenne à consommer augmente avec le revenu disponible.Voir le corrigé
Faux
C'est l'inverse : elle décroît quand le revenu disponible augmente, du fait de la composante incompressible de la consommation.
3.Selon Milton Friedman, un revenu perçu comme transitoire est majoritairement épargné plutôt que consommé.Voir le corrigé
Vrai
La consommation dépend du revenu permanent anticipé, que ce revenu ponctuel ne modifie pas durablement.
4.Selon la théorie du cycle de vie de Modigliani, un ménage épargne en début de vie active et emprunte à la retraite.Voir le corrigé
Faux
C'est l'inverse : emprunt en début de vie active, épargne pendant la vie active, désépargne à la retraite, afin de maintenir un niveau de consommation stable.
5.Le mécanisme de l'accélérateur relie une variation de la demande à une variation plus que proportionnelle de l'investissement.Voir le corrigé
Vrai
I = v·ΔY : l'investissement net dépend de la variation de la demande, avec v le coefficient de capital (rapport entre le stock de capital et la production) ; il varie donc plus fortement qu'elle.
6.Le taux d'ouverture rapporte le solde commercial, exportations moins importations, au PIB.Voir le corrigé
Faux
Il rapporte au PIB les échanges eux-mêmes, non leur solde : le plus souvent la moyenne des exportations et des importations, (X + M) ÷ 2, parfois leur somme. Il mesure le degré de dépendance aux échanges, sans préjuger du signe du solde commercial.
Textes de référence
- Programmes de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe d'inspecteur des finances publiques (QCM et neuf options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Insee — statistiques et chiffres clés (population, emploi, prix) — Insee (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
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