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Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

Indicateurs de l'activité, carré magique de Kaldor, courbe de Phillips

16 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Les trois approches de calcul du PIB (production, revenus, dépenses) doivent, en principe, donner un résultat identique.

Une économie nationale se résume rarement à un seul chiffre : le PIB, l'inflation, le chômage et le solde extérieur en donnent chacun une facette, et Nicholas Kaldor a proposé de les lire ensemble sous la forme d'un carré. La courbe de Phillips, elle, a longtemps fait croire à un arbitrage stable entre inflation et chômage, avant que la stagflation des années 1970 n'oblige à la relire à la lumière des anticipations. Cette notion pose les définitions précises qui se cachent derrière ces mots devenus familiers.

À retenir

  • Le PIB se calcule par trois approches équivalentes par construction : la production (somme des valeurs ajoutées, plus les impôts sur les produits, moins les subventions sur les produits), les revenus (rémunération des salariés, excédent brut d'exploitation et revenu mixte, impôts sur la production et les importations nets des subventions) et les dépenses finales (consommation finale des ménages et des administrations publiques, investissement, variations de stocks, exportations moins importations).
  • La croissance mesure la variation du PIB en volume, c'est-à-dire corrigée de l'inflation par un déflateur ; confondre croissance en valeur et en volume fausse toute comparaison dans le temps.
  • L'inflation se mesure en France par l'indice des prix à la consommation (IPC), qui suit l'évolution du prix d'un panier fixe de biens et services représentatifs des achats des ménages.
  • Le chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) exige trois conditions cumulatives : être sans emploi, être disponible pour en prendre un sous quinzaine, et avoir accompli une démarche active de recherche ; cette définition diffère des catégories d'inscription à France Travail.
  • Le solde extérieur (le solde des transactions courantes, ou plus simplement le solde commercial) mesure l'équilibre des échanges d'un pays avec le reste du monde ; un déficit prolongé traduit une dépendance au financement extérieur.
  • Le carré magique de Kaldor représente sur quatre axes gradués la croissance, le taux de chômage, l'inflation et le solde extérieur d'un pays : plus la figure obtenue en reliant les quatre points est vaste et régulière, plus les objectifs sont atteints simultanément.
  • La courbe de Phillips originelle (1958) établit une relation empirique négative entre l'évolution des salaires nominaux et le taux de chômage au Royaume-Uni ; sa relecture par les anticipations (Friedman, Phelps) et la stagflation des années 1970 ont ruiné l'idée d'un arbitrage permanent entre inflation et chômage.

Le PIB : trois approches, un même résultat

Trois façons de compter la même richesse
ApprocheFormuleCe qu'elle éclaire
ProductionSomme des valeurs ajoutées + impôts sur les produits − subventions sur les produitsCe que chaque secteur ajoute à la production
RevenusRémunération des salariés + excédent brut d'exploitation et revenu mixte + impôts sur la production et les importations nets des subventionsComment la valeur ajoutée est partagée
DépensesConsommation finale (ménages et administrations publiques) + investissement et variations de stocks + exportations − importationsQui achète la production finale

Les trois approches partent de la même comptabilité nationale et doivent, en principe, donner un résultat identique : ce que la production crée est nécessairement distribué en revenus, et ce qui est distribué est nécessairement dépensé, épargné ou exporté. Un écart entre les trois évaluations dans les comptes provisoires relève d'un ajustement statistique, corrigé dans les comptes définitifs, pas d'un désaccord de fond sur la mesure.

Une économie dont le PIB nominal progresse de 5 % pendant que les prix, mesurés par le déflateur, progressent de 2 %, connaît une croissance réelle proche de 1,05 ÷ 1,02 − 1, soit environ +2,9 % en volume, et non +3 % comme le donnerait une soustraction directe des deux taux.

Diviser les coefficients, jamais soustraire les taux : le même principe que pour tout passage d'une évolution en valeur à une évolution en volume.

Mesurer le chômage et l'inflation

Deux définitions du chômage à ne pas confondre
NotionDéfinitionSource
Chômage au sens du BITSans emploi, disponible sous quinzaine, recherche active d'un emploiEnquête Emploi, Insee
Demandeurs d'emploi inscritsCatégories A, B, C selon l'activité réduite ou non exercée dans le moisFrance Travail (ex-Pôle emploi)

L'indice des prix à la consommation suit, mois après mois, le prix d'un panier fixe de biens et services représentatifs de la consommation des ménages, pondéré par le poids de chaque poste de dépense ; son évolution sur un an mesure l'inflation. Le taux de chômage au sens du BIT rapporte le nombre de personnes remplissant les trois conditions cumulatives à la population active totale, active occupée ou en recherche d'emploi ; il diffère structurellement des catégories d'inscription administrative, plus larges ou plus étroites selon la catégorie retenue.

Confusions fréquentes

Chômage BIT et inscription à France Travail ne coïncident pas
Une personne peut être inscrite sans remplir les trois critères du BIT (recherche non active, disponibilité restreinte), ou l'inverse : les deux mesures répondent à des définitions différentes, non à une même réalité comptée deux fois.
Une inflation qui ralentit n'est pas une baisse des prix
Un IPC qui progresse de 4 % puis de 2 % traduit une désinflation, prix toujours en hausse mais moins vite ; seule une variation négative de l'indice constitue une déflation.

Le carré magique de Kaldor

Nicholas Kaldor propose de porter sur quatre axes gradués, disposés en croix, la croissance du PIB, le taux de chômage et l'inflation, ces deux axes étant gradués en valeurs décroissantes à partir du centre (par exemple de 15 % au centre à 0 % à l'extrémité), et le solde extérieur en points de PIB : chaque axe va ainsi de la situation la moins favorable, au centre, à la plus favorable, à l'extrémité. Relier les quatre points obtenus dessine un quadrilatère : plus il est étendu et régulier, plus les quatre objectifs de la politique économique sont atteints simultanément ; un quadrilatère resserré ou très déformé signale un arbitrage subi entre ces objectifs.

Les quatre sommets du carré
AxeObjectif recherché
Croissance du PIBLa plus soutenue possible, sans se limiter à une hausse en valeur
Taux de chômageLe plus réduit possible au sens du BIT
InflationMaîtrisée, proche d'une cible basse et stable
Solde extérieurProche de l'équilibre, ou excédentaire

Pour décrire un carré de Kaldor, commencer par nommer les quatre axes dans le même ordre à chaque fois, puis caractériser la forme obtenue (étendue, resserrée, déformée) avant d'en tirer un diagnostic : la méthode compte autant que le résultat.

La courbe de Phillips, de 1958 à la stagflation

Alban William Phillips publie en 1958 une relation empirique construite sur des données britanniques de près d'un siècle : le taux de variation des salaires nominaux est d'autant plus élevé que le taux de chômage est bas. Cette relation, reprise ensuite en substituant l'inflation des prix à celle des salaires (Samuelson et Solow, 1960), a été lue dans les années 1960 comme un menu d'arbitrage stable pour la politique économique : accepter davantage d'inflation pour obtenir moins de chômage, ou l'inverse.

Milton Friedman et Edmund Phelps montrent, à la fin des années 1960, que cet arbitrage n'est que de court terme : si les agents anticipent l'inflation et l'intègrent à leurs négociations salariales, toute tentative de maintenir le chômage sous son niveau naturel par une relance monétaire ne produit, à terme, qu'une inflation plus élevée, sans gain durable sur l'emploi. La courbe de Phillips devient alors verticale à long terme, au niveau du chômage naturel, aussi appelé NAIRU (taux de chômage n'accélérant pas l'inflation).

Ce basculement théorique précède de peu les faits qui l'ont confirmé : les chocs pétroliers des années 1970.

Confusions fréquentes

La stagflation contredit la courbe originelle, pas la relecture par les anticipations
La coexistence d'une inflation élevée et d'un chômage élevé après 1973 invalide l'idée d'un arbitrage permanent lisible sur la courbe de 1958, mais confirme au contraire l'analyse par les anticipations, qui prévoyait la disparition de tout arbitrage stable à long terme.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Les trois approches de calcul du PIB (production, revenus, dépenses) doivent, en principe, donner un résultat identique.Voir le corrigé

    Vrai

    Elles décrivent la même comptabilité nationale sous trois angles : ce qui est produit est distribué, puis dépensé, épargné ou exporté.

  2. 2.L'approche revenus du PIB se limite à la somme des salaires versés.Voir le corrigé

    Faux

    Elle ajoute l'excédent brut d'exploitation et les impôts sur la production nets des subventions aux salaires versés.

  3. 3.Le chômage au sens du BIT exige d'être sans emploi, disponible sous quinzaine et en recherche active.Voir le corrigé

    Vrai

    Ces trois conditions cumulatives distinguent la mesure BIT des catégories d'inscription administrative.

  4. 4.Une inflation qui passe de 4 % à 2 % constitue une déflation.Voir le corrigé

    Faux

    Les prix continuent d'augmenter, seulement moins vite : c'est une désinflation, pas une baisse effective des prix.

  5. 5.Le carré magique de Kaldor représente simultanément croissance, chômage, inflation et solde extérieur.Voir le corrigé

    Vrai

    Ces quatre axes forment un quadrilatère dont l'étendue et la régularité mesurent l'atteinte conjointe des objectifs.

  6. 6.La courbe de Phillips originelle de 1958 propose un arbitrage stable et permanent entre inflation et chômage.Voir le corrigé

    Faux

    Phillips publie une relation empirique entre la hausse des salaires nominaux et le chômage, sans en tirer de règle de politique économique ; c'est la reprise de Samuelson et Solow (1960), en inflation des prix, qui la présente comme un menu de choix, et ils la réservaient d'ailleurs au court terme. La relecture par les anticipations (Friedman, Phelps) puis la stagflation des années 1970 ont montré que cet arbitrage ne vaut qu'à court terme.

Textes de référence

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