Le Défenseur des droits
13 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques
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Le Défenseur des droits a été créé par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.
Créé par la révision constitutionnelle de 2008 pour simplifier un paysage devenu illisible d'autorités de défense des droits, le Défenseur des droits absorbe quatre institutions préexistantes et s'est vu confier une cinquième mission en 2016. C'est une autorité administrative indépendante inscrite dans la Constitution, saisissable gratuitement et directement par toute personne qui s'estime lésée dans ses droits par une administration, ce qui en fait l'un des points de contact les plus concrets entre l'usager et l'État pour un candidat de la DGFiP.
À retenir
- Créé par l'article 71-1 de la Constitution, issu de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 ; organisé par la loi organique du 29 mars 2011.
- Nommé par le président de la République pour six ans, mandat non renouvelable ; la nomination suit la procédure de l'article 13, qui permet aux commissions parlementaires compétentes de s'y opposer à une majorité qualifiée.
- Autorité administrative indépendante depuis la loi organique du 20 janvier 2017 (le texte de 2011 disait « autorité constitutionnelle indépendante »), inscrite dans la liste annexée à la loi du même jour ; elle se distingue des autres AAI parce qu'elle tient son existence de la Constitution elle-même.
- Cinq domaines de compétence : les relations entre le public et les administrations, les droits de l'enfant, la lutte contre les discriminations, la déontologie des personnes exerçant des activités de sécurité, et, depuis 2016, l'orientation et la protection des lanceurs d'alerte.
- Le Défenseur des droits absorbe quatre institutions antérieures : le Médiateur de la République, la Défenseure des enfants, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE), et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).
- Saisine gratuite et directe par toute personne physique ou morale qui s'estime lésée, sans passer par un parlementaire ; le Défenseur peut aussi s'autosaisir.
- Pouvoirs de recommandation, de médiation et de présentation d'observations devant les juridictions ; ses décisions ne sont pas des sanctions, mais des actes de persuasion et de publicité.
Création et statut
La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 introduit un titre XI bis dans la Constitution, avec un article unique, l'article 71-1, qui institue le Défenseur des droits comme veillant au respect des droits et libertés par les administrations, établissements publics, organismes investis d'une mission de service public, ou tout organisme à l'égard duquel la loi organique lui attribue des compétences. La loi organique du 29 mars 2011 et la loi ordinaire de la même date en précisent l'organisation, les pouvoirs et les moyens d'action.
Le Défenseur des droits est nommé par le président de la République en conseil des ministres, pour un mandat de six ans non renouvelable. Sa nomination suit la procédure de l'article 13, dernier alinéa : les commissions permanentes compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat émettent un avis, et la nomination ne peut intervenir si l'addition des votes négatifs dans les deux commissions atteint trois cinquièmes des suffrages exprimés — le même mécanisme que pour les nominations aux plus hautes fonctions de l'État.
Confusions fréquentes
- Une autorité administrative indépendante, mais pas ordinaire
- Le Défenseur des droits tient son existence de la Constitution elle-même, à la différence des autorités administratives indépendantes créées par la seule loi, comme l'Autorité de la concurrence. La loi organique de 2011 le qualifiait d'« autorité constitutionnelle indépendante » ; depuis la loi organique du 20 janvier 2017, elle le qualifie d'autorité administrative indépendante, et il figure dans la liste annexée à la loi du même jour.
Les cinq domaines de compétence
| Domaine | Institution antérieure absorbée |
|---|---|
| Relations entre le public et les administrations | Médiateur de la République (créé en 1973) |
| Droits de l'enfant | Défenseure des enfants (créée en 2000) |
| Lutte contre les discriminations et promotion de l'égalité | Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE, créée en 2004) |
| Déontologie des activités de sécurité | Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS, créée en 2000) |
| Orientation et protection des lanceurs d'alerte | Mission ajoutée par la loi organique du 9 décembre 2016, adoptée avec la loi Sapin II, sans institution préexistante à absorber |
Cette fusion répondait à un constat de dispersion : quatre autorités aux pouvoirs et aux modes de saisine différents, mal connues du public, traitaient des situations souvent proches, un agent public qui discrimine étant à la fois une question de déontologie, de discrimination et de relation avec l'usager. Le Défenseur des droits regroupe l'instruction sous une même autorité, assistée de collèges consultatifs et d'adjoints spécialisés par domaine.
Un refus d'un service public opposé à une personne en situation de handicap peut relever à la fois du droit à la non-discrimination et des relations entre le public et l'administration : une seule saisine du Défenseur des droits suffit à instruire l'ensemble.
Saisine et pouvoirs d'action
La mise en place du Défenseur des droits en 2011, après la révision de 2008, a changé la nature de la saisine par rapport au Médiateur de la République, qui ne pouvait être saisi que par l'intermédiaire d'un député ou d'un sénateur. Le Défenseur des droits peut être saisi directement et gratuitement par toute personne physique ou morale qui s'estime lésée par le fonctionnement d'une administration ou d'un organisme entrant dans son champ, sans filtre parlementaire ; il peut également s'autosaisir des cas qui lui paraissent le justifier.
Ses pouvoirs restent des pouvoirs de persuasion et d'instruction, non de sanction : il peut formuler des recommandations, individuelles ou générales, proposer une résolution amiable par la médiation, demander des explications et des documents, procéder à des vérifications sur place, et présenter des observations devant les juridictions saisies d'un litige qui entre dans son domaine. Il peut aussi proposer des réformes législatives ou réglementaires et publie un rapport annuel d'activité.
Face à un dossier de retard de versement d'une prestation sociale non résolu par les voies ordinaires, le Défenseur des droits peut recommander à l'organisme concerné de régulariser la situation, sans pouvoir lui-même ordonner le versement.
Retenir la formule : saisine gratuite et directe, cinq domaines, pouvoirs de recommandation et de médiation, jamais de sanction. C'est ce qui distingue le Défenseur des droits d'une autorité de régulation classique.
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1.Le Défenseur des droits a été créé par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.Voir le corrigé
Vrai
L'article 71-1 de la Constitution, issu de cette révision, institue le Défenseur des droits.
2.Le Défenseur des droits est nommé pour six ans, renouvelables une fois.Voir le corrigé
Faux
Son mandat de six ans est non renouvelable, comme le précise la loi organique du 29 mars 2011.
3.Toute personne qui s'estime lésée par une administration peut saisir directement et gratuitement le Défenseur des droits.Voir le corrigé
Vrai
Mis en place en 2011 après la révision constitutionnelle de 2008, le Défenseur des droits est saisissable sans le filtre parlementaire qui existait pour le Médiateur de la République.
4.Le Défenseur des droits peut annuler la décision d'une administration qu'il estime illégale.Voir le corrigé
Faux
Il dispose de pouvoirs de recommandation, de médiation et d'observation devant les juridictions, mais aucun pouvoir de sanction ou d'annulation.
5.Le Défenseur des droits absorbe les missions de l'ancien Médiateur de la République.Voir le corrigé
Vrai
Le Médiateur de la République, créé en 1973, est l'une des quatre institutions dont les missions ont été reprises en 2011.
6.La protection des lanceurs d'alerte figure parmi les missions d'origine du Défenseur des droits en 2011.Voir le corrigé
Faux
Cette cinquième mission a été ajoutée par la loi organique du 9 décembre 2016, adoptée avec la loi Sapin II, cinq ans après la création de l'institution.
Textes de référence
- Constitution du 4 octobre 1958 (texte consolidé) — Légifrance (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
- Programmes de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe d'inspecteur des finances publiques (QCM et neuf options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Rapport d’information n° 3203 sur le Défenseur des droits — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Programme de l’épreuve n° 2 d’inspecteur — archive du 13 octobre 2025 — DGFiP, copie Internet Archive (nouvel onglet)
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