Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

Lois géométrique, hypergéométrique, de Poisson ; lois uniforme, exponentielle, normale, khi-deux, Student

18 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

La loi exponentielle et la loi géométrique partagent l'absence de mémoire.

Le programme de l'option mathématiques cite les lois classiques, au-delà de Bernoulli et de la binomiale : géométrique, binomiale négative, hypergéométrique et Poisson côté discret, uniforme, exponentielle, normale, khi-deux et Student côté continu. Chaque loi correspond à une situation type qu'il convient de reconnaître avant de calculer, et deux résultats d'approximation relient la binomiale à Poisson puis à la normale. La fiche fournit un tableau récapitulatif unique, des exemples calculés sur des arrivées de dossiers et des délais de traitement, et les repères de lecture de la table normale centrée réduite.

À retenir

  • Une loi discrète usuelle se reconnaît à la question à laquelle elle répond : rang du premier succès pour la géométrique, rang du r-ième succès pour la binomiale négative, nombre de succès dans un tirage sans remise pour l'hypergéométrique, nombre d'événements rares sur un intervalle pour Poisson.
  • La loi géométrique et la loi exponentielle partagent l'absence de mémoire : la probabilité d'attendre encore un temps donné ne dépend pas du temps déjà écoulé.
  • La loi de Poisson de paramètre λ approche la loi binomiale quand n est grand et p petit, avec λ égal à n multiplié par p ; elle sert aussi de loi propre pour des comptages d'événements rares.
  • La loi normale d'espérance n multiplié par p et de variance n multiplié par p et par (1 − p) approche la loi binomiale quand n est grand, sous la condition usuelle que ces deux produits valent chacun au moins 5.
  • La loi normale centrée réduite sert de table de référence : ses quantiles 1,96 et 2,576 encadrent respectivement 95 % et 99 % des valeurs autour de la moyenne.
  • La loi du khi-deux à n degrés de liberté est la somme des carrés de n variables normales centrées réduites indépendantes ; la loi de Student en dérive, pour les échantillons de petite taille issus d'une population normale d'écart type inconnu.
  • La loi hypergéométrique converge vers la binomiale quand la population est grande devant l'échantillon prélevé : le tirage sans remise se comporte alors comme un tirage avec remise.

Panorama des lois usuelles

Deux questions organisent le choix d'une loi : la variable compte-t-elle un résultat discret — un rang, un nombre d'événements — ou mesure-t-elle une grandeur continue — une durée, une position ? Et l'expérience se répète-t-elle à l'identique et indépendamment, ou tire-t-elle sans remise dans une population finie ? Le tableau qui suit rassemble situation type, support, paramètres, espérance et variance pour les neuf lois du programme, au-delà de Bernoulli et de la binomiale déjà connues.

Support, paramètres, espérance et variance des lois usuelles
LoiSituation typeSupportParamètresEspéranceVariance
GéométriqueRang du premier succès dans une répétition indépendante de BernoulliEntiers ≥ 1p (probabilité de succès)1 divisé par p(1 − p) divisé par p²
Binomiale négativeRang du r-ième succès dans une répétition indépendante de BernoulliEntiers ≥ rr (nombre de succès attendus), pr divisé par pr(1 − p) divisé par p²
HypergéométriqueTirage sans remise dans une population finieEntiers de max(0, n − (N − K)) à min(n, K)N (population), K (succès), n (taille du tirage)n multiplié par K/Nn × (K/N) × (1 − K/N) × (N − n)/(N − 1)
PoissonNombre d'événements rares sur un intervalle de temps ou d'espaceEntiers ≥ 0λ (intensité moyenne)λλ
Uniforme continueValeur tirée au hasard sans préférence dans un intervalleIntervalle [a, b]a et b(a + b) divisé par 2(b − a)² divisé par 12
ExponentielleDurée d'attente avant un événement, à taux constantRéels ≥ 0λ (taux)1 divisé par λ1 divisé par λ²
NormaleSomme de nombreux effets indépendants, erreurs de mesureTous les réelsμ (moyenne), σ (écart type)μσ²
Khi-deux (n degrés de liberté)Somme des carrés de n normales centrées réduites indépendantesRéels ≥ 0n (degrés de liberté)n2n
Student (n degrés de liberté)Rapport d'une normale centrée réduite et d'un khi-deux indépendantTous les réelsn (degrés de liberté)0 (si n > 1)n/(n − 2) (si n > 2)

Lois discrètes : géométrique, hypergéométrique, Poisson

La loi géométrique de paramètre p modélise le rang du premier succès dans une répétition indépendante d'épreuves de Bernoulli : P(X = k) vaut (1 − p) puissance (k − 1), multiplié par p, pour k entier supérieur ou égal à 1. Son absence de mémoire s'écrit ainsi : sachant qu'aucun succès n'est survenu lors des n premières épreuves, la probabilité d'attendre encore k épreuves est la même qu'au départ — les tirages passés n'informent en rien sur l'attente restante.

La loi binomiale négative de paramètres r et p donne le rang X du r-ième succès dans une répétition indépendante d'épreuves de Bernoulli de paramètre p : le r-ième succès survient à l'épreuve k quand les k − 1 premières comptent exactement r − 1 succès et que la k-ième en est un, d'où P(X = k) = C(k − 1, r − 1)·p^r·(1 − p)^(k − r) pour k ≥ r. X est la somme de r variables géométriques de paramètre p indépendantes, attentes successives entre deux succès : E(X) = r/p et V(X) = r(1 − p)/p². Pour r = 1, on retrouve la loi géométrique. Une autre convention compte les insuccès avant le r-ième succès, Y = X − r.

Un contrôleur examine des dossiers dont 20 % sont non conformes, indépendamment les uns des autres. Le rang X du troisième dossier non conforme suit la loi binomiale négative de paramètres r = 3 et p = 0,2 : E(X) = 3/0,2 = 15 dossiers, V(X) = 3 × 0,8/0,04 = 60, et P(X = 5) = C(4, 2) × 0,2³ × 0,8² = 6 × 0,008 × 0,64 = 0,03072.

L'espérance r/p se lit comme r attentes géométriques de moyenne 1/p mises bout à bout.

La loi hypergéométrique compte le nombre de succès obtenus en tirant n éléments sans remise dans une population de taille N qui comporte K succès : P(X = k) vaut le nombre de combinaisons de k parmi K, multiplié par le nombre de combinaisons de (n − k) parmi (N − K), le tout divisé par le nombre de combinaisons de n parmi N. Quand N est très grand devant n, chaque tirage modifie à peine la composition restante et la loi hypergéométrique s'approche d'une loi binomiale de paramètres n et p égal à K divisé par N.

Un service reçoit en moyenne 4 dossiers par heure, indépendamment les uns des autres : le nombre de dossiers reçus dans l'heure suit une loi de Poisson de paramètre λ = 4. La probabilité qu'aucun dossier n'arrive dans l'heure vaut P(X = 0) = e puissance (−4), soit environ 0,0183. La probabilité qu'exactement deux dossiers arrivent vaut P(X = 2) = 4 puissance 2, multiplié par e puissance (−4), divisé par 2 factorielle, soit 16 × 0,0183 divisé par 2, environ 0,1465.

Le paramètre λ joue le double rôle d'espérance et de variance : une variance égale à la moyenne est la signature d'un comptage de Poisson.

Exercice n° 2 du sujet de 2026 : X, à valeurs dans N*, vérifie P(X = n + 1) = (4/n)·P(X = n) pour tout n ≥ 1. Par récurrence, P(X = n) = P(X = 1)·4^(n − 1)/(n − 1)!. La somme des probabilités vaut 1 : P(X = 1)·Σ 4^(n − 1)/(n − 1)! = P(X = 1)·e⁴ = 1, d'où P(X = 1) = e^(−4) et P(X = n) = e^(−4)·4^(n − 1)/(n − 1)!. Autrement dit, Y = X − 1 suit la loi de Poisson de paramètre 4 : P(Y = k) = e^(−4)·4^k/k!. Donc E(X) = E(Y) + 1 = 5 et V(X) = V(Y) = 4, une translation ne changeant pas la variance.

Une relation P(X = n + 1) = (λ/n)·P(X = n) signale une loi de Poisson décalée d'un cran ; la normalisation par la série exponentielle fixe la première probabilité.

Lois continues : uniforme, exponentielle, normale

La loi uniforme sur un intervalle [a, b] attribue la même densité à chaque valeur : la densité vaut 1 divisé par (b − a) sur l'intervalle, nulle ailleurs. Elle modélise l'absence de préférence, par exemple l'instant d'arrivée d'un usager dans une plage horaire connue.

La loi exponentielle de paramètre λ modélise une durée d'attente avant un événement qui survient à taux constant : sa densité vaut λ multiplié par e puissance (−λt), pour t positif ou nul, et la probabilité de dépasser une durée t vaut P(T > t) = e puissance (−λt). Comme la géométrique, elle est sans mémoire : sachant qu'une durée s s'est déjà écoulée sans événement, la probabilité d'attendre encore un temps t est la même qu'au départ, P(T > s + t sachant T > s) = P(T > t).

Le traitement d'un dossier dure en moyenne 20 minutes, suivant une loi exponentielle : le paramètre λ vaut l'inverse de la moyenne, soit 1 divisé par 20, c'est-à-dire 0,05 par minute. La probabilité qu'un dossier prenne plus de 30 minutes vaut e puissance (−0,05 × 30), soit e puissance (−1,5), environ 0,2231. Un peu plus d'un dossier sur cinq dépasse donc la demi-heure.

Le paramètre λ est un taux, l'inverse d'une durée moyenne : ne pas confondre λ et l'espérance, qui vaut 1 divisé par λ.

Confusions fréquentes

Confondre λ et l'espérance de l'exponentielle
λ est un taux, l'inverse de la durée moyenne : une moyenne de 20 minutes correspond à λ = 0,05 par minute, pas à λ = 20.
Croire que l'absence de mémoire s'applique à toute loi continue
Seule l'exponentielle, parmi les lois continues usuelles du programme, possède cette propriété ; la loi normale ou la loi uniforme dépendent du temps déjà écoulé.
Appliquer l'hypergéométrique sans vérifier le tirage sans remise
Si le tirage se fait avec remise, ou si la population est immense devant l'échantillon, la loi binomiale suffit et simplifie le calcul.

Approximations de la binomiale, et lois dérivées de la normale

Quand n est grand et p petit, de sorte que le produit n multiplié par p reste modéré, la loi binomiale de paramètres n et p est approchée par une loi de Poisson de paramètre λ = n multiplié par p. L'approximation est d'autant meilleure que n dépasse largement 30 et que p reste petit devant 1 : c'est le régime des événements rares sur un grand nombre d'essais, contrôle qualité ou dossiers non conformes dans un grand lot.

Quand n est grand et p ni trop proche de 0 ni de 1, la loi binomiale est approchée par une loi normale d'espérance n multiplié par p et de variance n multiplié par p et par (1 − p) ; la règle usuelle demande que n multiplié par p et n multiplié par (1 − p) valent chacun au moins 5. Standardiser la variable, Z égal à (X moins l'espérance) divisé par l'écart type, ramène tout calcul à la loi normale centrée réduite, dont la table donne les quantiles : 1,96 encadre 95 % des valeurs, 2,576 en encadre 99 %.

Sur 400 dossiers contrôlés avec une probabilité de non-conformité de 0,1, l'espérance du nombre de dossiers non conformes vaut 400 × 0,1 = 40 et la variance vaut 400 × 0,1 × 0,9 = 36, soit un écart type de 6 : n multiplié par p vaut 40 et n multiplié par (1 − p) vaut 360, largement au-dessus de 5, l'approximation normale est donc justifiée.

Le même service, avec une probabilité de non-conformité de 0,01, donne n multiplié par p égal à 4 : trop petit pour la normale, c'est le régime de Poisson qui convient.

La loi du khi-deux à n degrés de liberté est la loi de la somme des carrés de n variables normales centrées réduites indépendantes : elle sert à comparer une variance observée à une variance théorique, et à tester l'indépendance de deux caractères qualitatifs. La loi de Student à n degrés de liberté est le rapport d'une variable normale centrée réduite et de la racine carrée d'une variable du khi-deux à n degrés de liberté, indépendante, divisée par n : elle remplace la loi normale quand l'écart type d'une population normale est inconnu et estimé sur un petit échantillon. Quand n augmente, la loi de Student tend vers la loi normale centrée réduite ; la loi du khi-deux, d'espérance n et de variance 2n, devient approximativement normale après centrage et réduction, (χ² − n)/√(2n) tendant vers la normale centrée réduite.

Pour choisir entre Poisson et normale comme approximation de la binomiale : p petit et n multiplié par p modéré, penser Poisson ; n multiplié par p et n multiplié par (1 − p) tous deux confortablement au-dessus de 5, penser normale. Les deux tiennent parfois ensemble, et donnent alors des résultats proches.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La loi exponentielle et la loi géométrique partagent l'absence de mémoire.Voir le corrigé

    Vrai

    Toutes deux vérifient que la probabilité d'attendre encore un temps donné ne dépend pas du temps déjà écoulé.

  2. 2.L'espérance d'une loi de Poisson de paramètre λ vaut λ au carré.Voir le corrigé

    Faux

    L'espérance d'une loi de Poisson vaut λ, tout comme sa variance ; ce n'est pas λ au carré.

  3. 3.La loi hypergéométrique s'approche d'une loi binomiale quand la population est grande devant l'échantillon.Voir le corrigé

    Vrai

    Le tirage sans remise modifie alors à peine la composition restante et se comporte comme un tirage avec remise.

  4. 4.Pour n = 50 et p = 0,05, les conditions usuelles d'approximation de la loi binomiale par la loi normale sont réunies.Voir le corrigé

    Faux

    Il faut que n multiplié par p et n multiplié par (1 − p) valent chacun au moins 5 ; ici, n multiplié par p ne vaut que 2,5, et c'est l'approximation de Poisson, de paramètre 2,5, qui convient.

  5. 5.Le quantile 1,96 de la loi normale centrée réduite encadre 95 % des valeurs autour de la moyenne.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est le repère de table le plus utilisé pour un intervalle de confiance ou un test au seuil de 5 %.

  6. 6.La loi de Student est utilisée quand l'écart type de la population est connu.Voir le corrigé

    Faux

    Elle remplace la loi normale précisément quand l'écart type est inconnu et estimé sur un échantillon de petite taille, issu d'une population normale.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.