Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de cours

Le président de la République : élection, statut, pouvoirs

12 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif, du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

Le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.

Clé de voûte des institutions de la Ve République, le président de la République est élu au suffrage universel direct selon la réforme adoptée en 1962, appliquée pour la première fois en 1965. La Constitution lui confie des pouvoirs propres, dispensés de contreseing, et des pouvoirs partagés avec le Gouvernement. La fiche présente les règles de l'élection, les pouvoirs propres et le régime de responsabilité.

À retenir

  • Élu pour cinq ans au suffrage universel direct (révision de 1962, quinquennat depuis 2000), deux mandats consécutifs au plus (révision de 2008).
  • Scrutin uninominal majoritaire à deux tours : majorité absolue au premier tour, sinon second tour entre les deux candidats arrivés en tête.
  • Article 5 : garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, du respect de la Constitution et de la continuité de l'État.
  • Pouvoirs propres sans contreseing (article 19) : nomination du Premier ministre, référendum, dissolution, article 16, message au Parlement, saisine du Conseil constitutionnel.
  • Pouvoirs partagés avec contreseing : promulgation des lois, décrets en Conseil des ministres, nominations, droit de grâce, chef des armées.
  • Irresponsabilité pour les actes accomplis en qualité de président, sous réserve de la Cour pénale internationale (article 53-2) et de la destitution par la Haute Cour (article 68) ; inviolabilité pendant le mandat (article 67).
  • En cas de vacance, l'intérim revient au président du Sénat ou, s'il est lui-même empêché, au Gouvernement. Une nouvelle élection intervient sous vingt à trente-cinq jours, sauf force majeure constatée par le Conseil constitutionnel (article 7).

L'élection

Depuis la révision constitutionnelle adoptée par référendum le 28 octobre 1962, le président est élu au suffrage universel direct (article 6). Le mandat, de sept ans à l'origine, est de cinq ans depuis la loi constitutionnelle du 2 octobre 2000 ; la révision du 23 juillet 2008 interdit d'exercer plus de deux mandats consécutifs.

Le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours (article 7) : est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour ; sinon, un second tour oppose, quatorze jours plus tard, les deux candidats arrivés en tête. Pour se présenter, un candidat doit avoir 18 ans révolus et réunir 500 présentations d'élus habilités, publiées intégralement par le Conseil constitutionnel.

En 1965, première élection au suffrage universel direct, aucun candidat n'obtient la majorité absolue au premier tour : le général de Gaulle est élu au second tour face à François Mitterrand.

Un second tour n'est pas l'exception : depuis 1965, aucune élection présidentielle ne s'est jouée au premier tour.
Trois dates de révision à connaître
RévisionCe qu'elle change
Référendum du 28 octobre 1962Élection au suffrage universel direct
Loi constitutionnelle du 2 octobre 2000Quinquennat (mandat de cinq ans)
Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008Deux mandats consécutifs au plus ; droit de grâce individuel ; parole devant le Congrès

Pouvoirs propres et pouvoirs partagés

L'article 19 pose la règle : les actes du président sont contresignés par le Premier ministre et, le cas échéant, par les ministres responsables, sauf pour une liste limitative de pouvoirs propres : nomination du Premier ministre (article 8, premier alinéa), référendum (article 11), dissolution de l'Assemblée nationale (article 12), pouvoirs exceptionnels (article 16), messages au Parlement (article 18), saisine du Conseil constitutionnel (articles 54 et 61) et nomination de trois de ses membres (article 56).

Les pouvoirs partagés exigent le contreseing : promulgation des lois dans les quinze jours (article 10), signature des ordonnances et des décrets délibérés en Conseil des ministres et nominations aux emplois civils et militaires (article 13), négociation et ratification des traités (article 52), commandement des armées (article 15), droit de grâce à titre individuel (article 17).

Le président dissout l'Assemblée nationale après avoir consulté le Premier ministre et les présidents des deux assemblées ; aucune nouvelle dissolution n'est possible dans l'année qui suit ces élections.

La consultation est obligatoire, l'avis ne lie pas : c'est un pouvoir propre.

Confusions fréquentes

Le président ne « fait » pas la loi
Il promulgue la loi votée par le Parlement et peut en demander une nouvelle délibération (article 10), mais l'initiative des lois appartient au Premier ministre et aux parlementaires (article 39).
Article 16 et état d'urgence
L'article 16 exige à la fois une menace grave et immédiate sur les institutions, l'indépendance nationale, l'intégrité du territoire ou l'exécution des engagements internationaux, et l'interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels. L'état d'urgence relève d'une loi de 1955 et se décide en Conseil des ministres : les conditions et les régimes diffèrent.
Grâce n'est pas amnistie
La grâce, acte du président, dispense d'exécuter tout ou partie d'une peine ; l'amnistie, votée par le Parlement, efface l'infraction.

Statut et responsabilité

L'article 67 pose l'irresponsabilité du président pour les actes accomplis en cette qualité, sous deux réserves : la Cour pénale internationale (article 53-2) et la destitution (article 68). Pendant son mandat, il ne peut être ni requis de témoigner ni faire l'objet d'une action ou d'une poursuite ; les délais de prescription et de forclusion sont suspendus pendant le mandat. Les instances et procédures empêchées peuvent être engagées ou reprises à l'expiration d'un mois après la cessation des fonctions.

La destitution (révision du 23 février 2007) est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour, à la majorité des deux tiers de ses membres, « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat ». Elle n'est pas une sanction pénale.

En cas de vacance ou d'empêchement constaté par le Conseil constitutionnel, le président du Sénat exerce provisoirement les fonctions ; s'il est lui-même empêché, le Gouvernement les exerce collégialement. Le référendum et la dissolution sont exclus pendant l'intérim. En cas de vacance ou d'empêchement déclaré définitif, le scrutin a lieu vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus après l'ouverture de la vacance ou la déclaration d'empêchement définitif, sauf force majeure constatée par le Conseil constitutionnel (article 7).

Alain Poher, président du Sénat, a assuré deux fois l'intérim : en 1969 après la démission du général de Gaulle et en 1974 après le décès de Georges Pompidou.

Au QCM, retenir le président du Sénat comme titulaire ordinaire de l'intérim. S'il est lui-même empêché, l'article 7 prévoit le Gouvernement collégialement, et non le Premier ministre à titre personnel.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.Voir le corrigé

    Vrai

    Suffrage universel direct depuis le référendum de 1962, quinquennat depuis la loi constitutionnelle du 2 octobre 2000.

  2. 2.La dissolution de l'Assemblée nationale doit être contresignée par le Premier ministre.Voir le corrigé

    Faux

    La dissolution (article 12) figure dans la liste des pouvoirs propres de l'article 19, dispensés de contreseing. Le Premier ministre est seulement consulté.

  3. 3.En cas de vacance de la présidence, le Premier ministre exerce l'intérim.Voir le corrigé

    Faux

    L'article 7 confie l'intérim au président du Sénat ; si celui-ci est empêché, au Gouvernement collégialement. Le Premier ministre ne l'exerce pas à titre personnel.

  4. 4.Un candidat à l'élection présidentielle doit réunir 500 présentations d'élus.Voir le corrigé

    Vrai

    Les 500 parrainages, issus d'au moins trente départements ou collectivités, sont vérifiés et publiés par le Conseil constitutionnel.

  5. 5.Le président peut être destitué par le Parlement réuni en Haute Cour à la majorité absolue.Voir le corrigé

    Faux

    La destitution de l'article 68 exige la majorité des deux tiers des membres de la Haute Cour, non la majorité absolue.

  6. 6.Depuis 2008, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels consécutifs.Voir le corrigé

    Vrai

    La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 a inscrit cette limite à l'article 6. Deux mandats non consécutifs restent possibles.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.