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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Les sources du droit

14 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Une loi entre en vigueur, sauf disposition contraire, le lendemain de sa publication au Journal officiel.

D'où vient la règle de droit ? De textes écrits, hiérarchisés, de la Constitution à l'arrêté municipal, mais aussi de sources non écrites que le juge fait vivre : la jurisprudence, la coutume, les principes généraux du droit. Le programme de l'option droit de B demande de savoir présenter ces sources, leur rang, et les règles qui gouvernent la vie d'un texte : entrée en vigueur, abrogation, non-rétroactivité. La QRC 2026 de l'option, « Expliquez la hiérarchie des normes », montre que le jury attend une présentation ordonnée, pas une liste.

À retenir

  • Sources écrites, par rang décroissant : la Constitution et le bloc de constitutionnalité (Préambule de 1946, Déclaration de 1789, Charte de l'environnement) ; les traités et le droit de l'Union européenne (règlements directement applicables, directives à transposer) ; la loi (domaine fixé par l'article 34) ; les règlements (décrets, arrêtés, article 37) ; puis les actes individuels.
  • Les ordonnances de l'article 38 permettent au Gouvernement, sur habilitation du Parlement, de prendre des mesures du domaine de la loi ; elles ont valeur législative une fois ratifiées.
  • La loi entre en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel, sauf date fixée par le texte ou décrets d'application nécessaires ; elle ne dispose que pour l'avenir et n'a point d'effet rétroactif (Code civil, art. 2), sauf loi pénale plus douce et lois interprétatives.
  • La jurisprudence, ensemble des décisions de justice, interprète la loi et comble ses lacunes (le juge qui refuse de juger commet un déni de justice, art. 4) ; elle n'a pas force obligatoire générale (interdiction des arrêts de règlement, art. 5) mais les arrêts de la Cour de cassation et du Conseil d'État font autorité.
  • La coutume est un usage ancien, constant et tenu pour obligatoire : les usages commerciaux, les « usages constants et reconnus » qui fixent la distance des plantations (Code civil, art. 671). Elle s'applique quand la loi y renvoie ou dans son silence, jamais contre une loi impérative. L'usage du nom du conjoint, longtemps coutumier, est écrit dans la loi depuis 2013 (art. 225-1).
  • La doctrine (ouvrages, commentaires des juristes) inspire le législateur et le juge sans être une source formelle. Les principes généraux du droit (droits de la défense, égalité devant le service public), dégagés par le juge administratif depuis 1945, s'imposent en revanche à tous les actes administratifs ; certains, comme la continuité du service public, ont valeur constitutionnelle.
  • Le contrôle du respect de la hiérarchie : Conseil constitutionnel pour la loi (a priori et QPC), juge administratif pour les règlements (recours pour excès de pouvoir), tout juge pour la conventionnalité (Cass., Jacques Vabre 1975 ; CE, Nicolo 1989).

Les sources écrites et leur hiérarchie

La pyramide des normes écrites
RangSourceQui l'édicteContrôle
1Constitution et bloc de constitutionnalitéLe peuple (référendum) ou le CongrèsConseil constitutionnel
2Traités et droit de l'Union européenneÉtats, institutions de l'UETout juge (contrôle de conventionnalité)
3Loi (art. 34) et ordonnances ratifiées (art. 38)Parlement, Gouvernement sur habilitationConseil constitutionnel, QPC
4Règlements : décrets (Président, Premier ministre), arrêtés (ministres, préfets, maires)Pouvoir exécutif (art. 37)Juge administratif (excès de pouvoir)
5Actes individuels (nomination, permis, décision fiscale)Autorités administrativesJuge administratif

Chaque norme doit respecter celles qui lui sont supérieures : c'est la hiérarchie des normes. La loi fixe les règles dans les matières que lui réserve l'article 34 de la Constitution (libertés, état des personnes, crimes et délits, impôt, nationalité) ; les autres matières ont un caractère réglementaire (article 37), et le règlement d'application précise la loi sans pouvoir la contredire. Une loi qui déborde sur le domaine réglementaire n'est pas pour autant contraire à la Constitution (Conseil constitutionnel, 30 juillet 1982) : c'est au Gouvernement de protéger son domaine, par le déclassement (art. 37, al. 2) ou l'irrecevabilité (art. 41). Les traités régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois (art. 55), sous réserve de réciprocité ; le droit de l'Union prime le droit national dans son champ, le règlement européen étant directement applicable et la directive devant être transposée.

Un décret qui créerait un impôt nouveau serait annulé par le Conseil d'État : l'impôt relève de la loi (art. 34). À l'inverse, la procédure devant les tribunaux administratifs se fixe par décret, hors du domaine de la loi.

La vie de la loi : entrée en vigueur, application, abrogation

Votée, promulguée par le Président de la République dans les quinze jours, la loi est publiée au Journal officiel et entre en vigueur le lendemain, sauf date différente fixée par le texte ou mesures d'application indispensables (Code civil, art. 1). Elle ne dispose que pour l'avenir : la loi nouvelle régit les situations nées après son entrée en vigueur, mais ne remet pas en cause les effets déjà produits ni, en principe, les contrats en cours (survie de la loi ancienne). Elle cesse de s'appliquer par abrogation expresse (un texte l'abroge) ou tacite (un texte nouveau lui est incompatible), jamais par désuétude. Nul n'est censé ignorer la loi : l'erreur de droit n'excuse pas, sauf cas très limités.

Confusions fréquentes

Non-rétroactivité : principe civil, principe constitutionnel en matière pénale seulement
En droit civil, l'article 2 du Code civil n'a que valeur législative : une loi peut prévoir expressément sa rétroactivité. En matière pénale, la non-rétroactivité de la loi plus sévère a valeur constitutionnelle (DDHC, art. 8), et la loi plus douce s'applique immédiatement aux faits non encore jugés.
Promulgation n'est pas publication
La promulgation est l'acte par lequel le Président constate l'existence de la loi et ordonne son exécution ; la publication au Journal officiel la rend opposable. C'est la publication qui déclenche l'entrée en vigueur.
Une coutume ne bat jamais une loi impérative
La coutume s'applique par renvoi de la loi (usages en matière de servitudes, de commerce) ou dans son silence ; une pratique, même ancienne, ne peut écarter un texte d'ordre public.

Jurisprudence, coutume, doctrine

La jurisprudence désigne l'ensemble des décisions rendues par les juridictions et, plus précisément, la solution constante qu'elles donnent à une question. Le juge doit juger même si la loi est obscure ou muette (art. 4 : déni de justice interdit) mais ne peut pas édicter de règle générale (art. 5 : arrêts de règlement interdits) ; sa décision n'oblige que les parties. Pourtant les arrêts de principe de la Cour de cassation et du Conseil d'État, suivis par les juridictions inférieures, créent de véritables règles : la responsabilité du fait des choses, le trouble anormal de voisinage (inscrit dans le Code civil en 2024 seulement, art. 1253), les principes généraux du droit sont des constructions jurisprudentielles. La coutume est un usage ancien, constant, général et regardé comme obligatoire ; la doctrine est l'opinion des juristes, qui commente, systématise et propose.

L'article 1242, alinéa 1er, du Code civil ne visait qu'à annoncer les cas de responsabilité du fait d'autrui et des choses ; en 1896 (arrêt Teffaine) puis en 1930 (arrêt Jand'heur), la Cour de cassation y a lu un principe général de responsabilité du fait des choses, toujours appliqué : une source jurisprudentielle.

Pour « Expliquez la hiérarchie des normes » en vingt lignes : une phrase de définition (chaque norme respecte la norme supérieure), la pyramide en un paragraphe avec un exemple par étage, puis le contrôle (qui vérifie et comment) ; finir par la place des sources non écrites, qui n'entrent pas dans la pyramide mais la font vivre.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Une loi entre en vigueur, sauf disposition contraire, le lendemain de sa publication au Journal officiel.Voir le corrigé

    Vrai

    Code civil, article 1er ; le texte peut fixer une date ultérieure ou subordonner son application à des décrets.

  2. 2.Une loi peut être abrogée par désuétude lorsqu'elle n'est plus appliquée depuis longtemps.Voir le corrigé

    Faux

    L'abrogation est expresse ou tacite (texte incompatible) ; la désuétude ne fait pas disparaître une loi.

  3. 3.Le juge peut refuser de statuer lorsque la loi est muette sur la question posée.Voir le corrigé

    Faux

    Ce serait un déni de justice, interdit par l'article 4 du Code civil : le juge doit trancher, en interprétant ou en comblant la lacune.

  4. 4.Un règlement européen est directement applicable dans les États membres sans transposition.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est la directive qui fixe un objectif et doit être transposée par chaque État ; le règlement s'applique tel quel.

  5. 5.La coutume peut écarter une loi impérative lorsqu'elle est plus ancienne que celle-ci.Voir le corrigé

    Faux

    La coutume ne joue que par renvoi de la loi ou dans son silence ; elle ne prime jamais un texte d'ordre public.

  6. 6.Une ordonnance de l'article 38 acquiert valeur législative une fois ratifiée par le Parlement.Voir le corrigé

    Vrai

    Avant ratification, elle garde le caractère d'un acte administratif, contestable devant le Conseil d'État. Une fois le délai d'habilitation expiré, ses dispositions du domaine de la loi ne se contestent plus, au regard des droits et libertés que garantit la Constitution, que par une QPC (Conseil constitutionnel, 28 mai 2020).

Textes de référence

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