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Fiche de cours

Le vote et les élections en France

11 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le référendum d'initiative partagée a été créé en 1958.

Qui peut voter, à quelles élections, selon quel mode de scrutin : le QCM d'EMC de catégorie C revient chaque année sur ces règles, que les QCM de B et de A prolongent par les modes de scrutin et l'histoire du suffrage. Une bonne part des questions se résout avec un tableau des sept élections françaises et trois dates : 1848, 1944, 1974.

À retenir

  • Suffrage universel masculin en 1848, féminin en 1944 (premier vote en 1945), majorité électorale à 18 ans depuis 1974.
  • Conditions pour voter : nationalité française, 18 ans révolus, jouissance des droits civils et politiques, inscription sur les listes électorales ; les citoyens de l'Union peuvent voter aux municipales et aux européennes.
  • Le suffrage est universel, égal et secret (article 3 de la Constitution) ; le vote n'est pas obligatoire en France.
  • Scrutin majoritaire (présidentielle, législatives, départementales) ou proportionnel de liste avec prime (municipales, régionales) ou proportionnel intégral (européennes).
  • Élections au suffrage direct : présidentielle (5 ans), législatives (5 ans), municipales, départementales, régionales (6 ans), européennes (5 ans) ; sénatoriales au suffrage indirect (6 ans).
  • Vote blanc : décompté séparément depuis 2014 mais non compté dans les suffrages exprimés ; vote nul : bulletin irrégulier ; abstention : non-participation.
  • Le référendum (articles 11 et 89) et le référendum d'initiative partagée (2008) complètent la démocratie représentative.

Qui vote, et comment

Pour être électeur, il faut être de nationalité française, majeur, jouir de ses droits civils et politiques et être inscrit sur une liste électorale ; l'inscription est automatique à 18 ans pour les jeunes recensés. Les ressortissants d'un autre État membre de l'Union européenne résidant en France votent aux élections municipales et européennes. Le vote par procuration permet de confier son vote à un autre électeur ; le vote par internet est réservé, pour certains scrutins, aux Français de l'étranger.

Trois dates du suffrage
DateÉtape
1848Suffrage universel masculin (IIe République)
21 avril 1944Droit de vote et d'éligibilité des femmes ; premier vote en avril 1945
1974Majorité civile et électorale abaissée de 21 à 18 ans

Confusions fréquentes

Vote blanc et vote nul
Depuis 2014, les bulletins blancs sont comptés à part et mentionnés dans les résultats, mais ils n'entrent pas dans les suffrages exprimés : ils ne changent pas le calcul des majorités. Un bulletin annoté ou déchiré est nul.
Le vote n'est pas obligatoire
Sauf pour les grands électeurs aux sénatoriales, l'abstention n'est pas sanctionnée en France, contrairement à la Belgique.

Les élections françaises

Sept élections, un référendum
ÉlectionÉlusMandatMode de scrutin
PrésidentiellePrésident de la République5 ansUninominal majoritaire à deux tours
Législatives577 députés5 ansUninominal majoritaire à deux tours par circonscription
Sénatoriales348 sénateurs, par moitié tous les 3 ans6 ansSuffrage indirect par les grands électeurs ; majoritaire ou proportionnel selon le département
Européennes81 députés européens pour la France5 ansProportionnel de liste, circonscription nationale, seuil de 5 %
RégionalesConseillers régionaux6 ansListe à deux tours, prime majoritaire d'un quart des sièges
DépartementalesConseillers départementaux6 ansBinômes paritaires par canton, majoritaire à deux tours
MunicipalesConseillers municipaux, qui élisent le maire6 ansListe paritaire à deux tours avec prime majoritaire de la moitié des sièges, dans toutes les communes depuis mars 2026 (loi du 21 mai 2025)
RéférendumRéponse par oui ou non—Articles 11 et 89 de la Constitution ; référendum d'initiative partagée depuis 2008

Aux législatives, un candidat est élu au premier tour s'il obtient la majorité absolue des suffrages exprimés et au moins un quart des inscrits ; sinon, peuvent se maintenir au second tour les candidats ayant recueilli 12,5 % des inscrits.

Majoritaire ou proportionnel

Le scrutin majoritaire attribue le siège au candidat arrivé en tête : il favorise la formation de majorités sans la garantir et peut sous-représenter les minorités. Le scrutin proportionnel répartit les sièges selon les voix de chaque liste : il rapproche les sièges des voix mais peut fragmenter les assemblées. Les scrutins de liste locaux combinent les deux par une prime majoritaire donnée à la liste en tête (moitié des sièges aux municipales, quart aux régionales). Le seuil de 5 % écarte les petites listes de la répartition.

Pour retenir les mandats : 5 ans pour ce qui est national ou européen (président, députés, députés européens), 6 ans pour ce qui est local (sénateurs, conseils régionaux, départementaux, municipaux).

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le référendum d'initiative partagée a été créé en 1958.Voir le corrigé

    Faux

    Le référendum d'initiative partagée date de la révision constitutionnelle de 2008. En 1958, la Constitution prévoit le référendum des articles 11 et 89.

  2. 2.Les femmes ont obtenu le droit de vote en France par l'ordonnance du 21 avril 1944.Voir le corrigé

    Vrai

    Signée par le Gouvernement provisoire, elle les rend électrices et éligibles ; elles votent pour la première fois aux municipales d'avril 1945.

  3. 3.Le vote blanc est compté dans les suffrages exprimés depuis 2014.Voir le corrigé

    Faux

    Il est décompté séparément et mentionné dans les résultats, mais reste hors des suffrages exprimés.

  4. 4.Un citoyen allemand résidant en France peut voter aux élections municipales françaises.Voir le corrigé

    Vrai

    Les citoyens de l'Union européenne votent aux municipales et aux européennes dans leur État de résidence, au titre de la citoyenneté européenne.

  5. 5.Les sénateurs sont élus au suffrage universel direct.Voir le corrigé

    Faux

    Ils sont élus au suffrage indirect par un collège de grands électeurs, principalement des délégués des conseils municipaux.

  6. 6.La majorité électorale est fixée à 18 ans depuis 1974.Voir le corrigé

    Vrai

    La loi du 5 juillet 1974 abaisse la majorité de 21 à 18 ans, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.