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Fiche de cours

Égalité femmes-hommes et lutte contre les discriminations

11 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

Toute inégalité de revenus constitue une discrimination au sens de la loi.

L'égalité est inscrite au fronton des mairies, dans la Déclaration de 1789 et à l'article 1er de la Constitution. La loi la protège en interdisant les discriminations, c'est-à-dire les traitements défavorables fondés sur un critère prohibé, et en poursuivant l'égalité réelle entre les femmes et les hommes par la parité, l'égalité salariale et la lutte contre les violences. Le QCM attend la distinction entre inégalité et discrimination, les critères et sanctions du code pénal, les grandes lois et le rôle du Défenseur des droits.

À retenir

  • Textes fondateurs : article 1er de la Déclaration de 1789 (les hommes naissent libres et égaux en droits), article 1er de la Constitution (égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race ou de religion), Préambule de 1946 (la loi garantit à la femme des droits égaux à ceux de l'homme).
  • Une discrimination est un traitement défavorable fondé sur l'un des critères interdits par la loi : origine, sexe, âge, handicap, état de santé, orientation sexuelle, religion, opinions, situation de famille, apparence physique, lieu de résidence, etc. Le code pénal en énumère plus de vingt-cinq.
  • Sanctions : jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour un particulier (une entreprise, personne morale, encourt une amende plus lourde) ; cinq ans et 75 000 euros pour une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public.
  • Inégalité et discrimination ne se confondent pas : une inégalité est une différence de situation (revenus, diplômes) ; une discrimination est un traitement illégal fondé sur un critère prohibé. Toute inégalité n'est pas une discrimination, mais les discriminations produisent des inégalités.
  • Défenseur des droits : autorité constitutionnelle indépendante créée en 2011 (article 71-1), saisissable gratuitement par toute personne s'estimant discriminée ; elle enquête, propose des règlements amiables et peut présenter des observations devant les tribunaux.
  • Égalité femmes-hommes : parité en politique (révision de 1999, loi du 6 juin 2000), quotas de 40 % dans les conseils d'administration (loi Copé-Zimmermann, 2011) et parmi les cadres dirigeants (loi Rixain, 2021, échéance 2030), index de l'égalité professionnelle (2019), lutte contre les violences (numéro 3919, Grenelle de 2019).
  • Repères chiffrés (Insee, données 2022) : écart de salaire d'environ 15 % à temps de travail équivalent et d'environ 4 % à poste et expérience comparables ; l'Assemblée nationale compte environ 36 % de femmes ; le handicap et l'origine sont les critères les plus cités dans les réclamations au Défenseur des droits.

Principe d'égalité et notion de discrimination

L'égalité républicaine est d'abord une égalité en droits : la loi est la même pour tous, et nul ne peut être traité différemment en raison de ce qu'il est. La discrimination consiste précisément à traiter moins favorablement une personne, pour un emploi, un logement, un service, en raison d'un critère que la loi interdit de prendre en compte. Elle peut être directe (refuser un logement à une famille à cause de son origine) ou indirecte (une règle en apparence neutre qui désavantage un groupe, comme une taille minimale excluant la plupart des femmes). Distinguer une différence de traitement justifiée, un âge minimal pour un emploi dangereux, d'une discrimination est le travail du juge et du Défenseur des droits.

Inégalité, discrimination, différence légitime
SituationQualificationExemple
Différence de situation sans traitement défavorable illégalInégalité (sociale, économique)Écart de revenus entre diplômés et non-diplômés
Traitement défavorable fondé sur un critère prohibéDiscrimination, sanctionnéeRefus d'embauche à cause d'une grossesse ou du lieu de résidence
Différence de traitement fondée sur une exigence objectiveDifférence légitimeCondition d'aptitude physique pour un poste de pompier
Mesure temporaire en faveur d'un groupe défavoriséAction positive autorisée par la loiQuotas de femmes dans les conseils d'administration

Confusions fréquentes

Une inégalité n'est pas forcément une discrimination
Le QCM propose souvent de qualifier un écart statistique de discrimination : il faut un traitement défavorable fondé sur un critère interdit pour employer le mot au sens juridique.
Le testing est une preuve admise
Depuis la loi de 2006, envoyer deux candidatures identiques sauf pour le critère testé et constater une réponse différente constitue une preuve recevable devant le juge pénal.
Le Défenseur des droits ne juge pas
Il enquête, recommande, propose une médiation et peut présenter des observations au tribunal ; seule une juridiction prononce une sanction.

Les textes et les institutions

Les grandes lois de l'égalité
DateTexteApport
1972Loi PlevenPénalisation de la provocation à la haine raciale et de la discrimination raciale
1983Loi RoudyÉgalité professionnelle entre les femmes et les hommes
1999-2000Révision constitutionnelle et loi sur la paritéListes paritaires aux élections de liste, pénalités financières pour les partis
2005Loi handicap du 11 févrierAccessibilité, obligation d'emploi de 6 % de travailleurs handicapés, maisons départementales des personnes handicapées
2008Loi du 27 maiDéfinition des discriminations directe et indirecte, aménagement de la preuve au civil
2011Loi organique et loi Copé-ZimmermannCréation du Défenseur des droits ; 40 % de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises
2019Index de l'égalité professionnelleNote sur 100 publiée chaque année par les entreprises d'au moins 50 salariés
2021Loi Rixain40 % de femmes parmi les cadres dirigeants des grandes entreprises d'ici 2030

Le code pénal punit la discrimination de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende ; la peine est portée à cinq ans et 75 000 euros lorsqu'elle est commise par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, ce qui concerne directement les agents de la DGFiP dans leurs relations avec les usagers. Le Défenseur des droits, qui a absorbé en 2011 la Haute Autorité de lutte contre les discriminations, reçoit chaque année plus de cent mille réclamations ; il défend aussi les droits de l'enfant, les usagers des services publics, la déontologie de la sécurité et les lanceurs d'alerte. Les victimes peuvent également saisir le juge civil, le conseil de prud'hommes pour l'emploi, ou le juge pénal.

Un agent d'accueil qui ferait attendre plus longtemps un usager en raison de son origine commettrait une discrimination aggravée : l'usager peut saisir le Défenseur des droits gratuitement, en ligne ou auprès d'un délégué en France Services.

L'égalité entre les femmes et les hommes

L'égalité en droit est acquise par étapes : droit de vote en 1944, autonomie professionnelle et bancaire en 1965, autorité parentale partagée en 1970, égalité professionnelle en 1983. L'égalité réelle reste un chantier : les femmes gagnent en moyenne environ 15 % de moins que les hommes à temps de travail équivalent, parce qu'elles occupent des métiers moins rémunérés et moins de postes à responsabilité ; à poste et expérience comparables, l'écart est d'environ 4 %. La parité politique, imposée par la loi de 2000 aux scrutins de liste, a fait progresser la place des femmes dans les conseils municipaux et régionaux, moins à l'Assemblée nationale, élue au scrutin uninominal, où elles sont environ 36 %. La lutte contre les violences faites aux femmes est devenue une priorité : numéro 3919, ordonnances de protection, bracelet anti-rapprochement, Grenelle de 2019.

Pour le QCM, retenir trois lois par leur nom : Roudy (1983, égalité professionnelle), Copé-Zimmermann (2011, conseils d'administration), Rixain (2021, cadres dirigeants), et deux dates de parité : 1999 pour la Constitution, 2000 pour la loi.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Toute inégalité de revenus constitue une discrimination au sens de la loi.Voir le corrigé

    Faux

    La discrimination suppose un traitement défavorable fondé sur un critère interdit ; une inégalité de situation n'en est pas une par elle-même.

  2. 2.Le Défenseur des droits peut être saisi gratuitement par toute personne s'estimant discriminée.Voir le corrigé

    Vrai

    Autorité constitutionnelle indépendante depuis 2011, il enquête et propose des solutions ; la saisine est gratuite et sans avocat.

  3. 3.Une discrimination commise par un agent public est punie plus sévèrement que par un particulier.Voir le corrigé

    Vrai

    Cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende pour une personne dépositaire de l'autorité publique, contre trois ans et 45 000 euros.

  4. 4.La loi Copé-Zimmermann de 2011 impose la parité sur les listes électorales.Voir le corrigé

    Faux

    Elle impose 40 % de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises ; la parité électorale vient de la loi du 6 juin 2000.

  5. 5.Le testing est une méthode de preuve reconnue par la loi en matière de discrimination.Voir le corrigé

    Vrai

    Depuis 2006, la comparaison de candidatures identiques sauf pour le critère testé est recevable devant le juge pénal.

  6. 6.Le code pénal énumère une dizaine de critères de discrimination, dont l'âge, le handicap et l'orientation sexuelle.Voir le corrigé

    Faux

    Le code pénal énumère plus de vingt-cinq critères, et non une dizaine : origine, sexe, âge, handicap, état de santé, orientation sexuelle, opinions, lieu de résidence, etc.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.