Liberté d'expression, liberté de la presse et information
11 min de lectureAu programme du concours d’agent administratif des Finances publiques
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Vrai ou faux ?
La liberté d'expression est proclamée par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme » : l'article 11 de la Déclaration de 1789 fonde la liberté d'expression, que la loi du 29 juillet 1881 sur la presse organise encore aujourd'hui. Cette liberté n'est pas absolue : diffamation, injure, provocation à la haine, apologie du terrorisme sont des délits. Le QCM attend les textes, les limites, les institutions de régulation et les enjeux contemporains : réseaux sociaux, désinformation, éducation aux médias.
À retenir
- Fondements : articles 10 et 11 de la Déclaration de 1789, article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme ; la liberté d'expression a valeur constitutionnelle et couvre l'opinion, la critique, la caricature et la satire.
- Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse : suppression de l'autorisation préalable et de la censure, définition des délits de presse, prescription courte de trois mois (un an pour les propos racistes ou discriminatoires).
- Limites : diffamation (imputation d'un fait précis portant atteinte à l'honneur), injure (expression outrageante sans fait précis), provocation à la haine ou à la discrimination, négationnisme (loi Gayssot, 1990), apologie du terrorisme (code pénal depuis 2014), harcèlement, atteinte à la vie privée.
- Pas de délit de blasphème ni de délit d'opinion en France : critiquer ou caricaturer une religion est licite, injurier ses fidèles en raison de leur appartenance ne l'est pas.
- Régulation : l'Arcom (2022, fusion du CSA et de la Hadopi) veille au pluralisme et à la protection des publics dans l'audiovisuel et sur les plateformes ; le règlement européen sur les services numériques (DSA, applicable depuis 2024) oblige les grandes plateformes à modérer les contenus illicites.
- Pluralisme et indépendance : aides publiques à la presse, audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde), Agence France-Presse (statut de 1957), protection du secret des sources (loi de 2010), droit de réponse.
- Enjeux : désinformation et loi de 2018 contre la manipulation de l'information en période électorale, concentration des médias, éducation aux médias et à l'information (CLEMI, 1983) ; la France se situe autour du vingt-cinquième rang du classement de Reporters sans frontières (à revérifier).
Une liberté fondamentale encadrée par la loi
L'article 11 de la Déclaration de 1789 énonce le principe et sa limite dans la même phrase : tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, « sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». La loi du 29 juillet 1881, votée par la IIIe République, abolit la censure et l'autorisation préalable : on publie d'abord, on répond ensuite devant le juge. Elle définit les infractions de presse et institue une procédure protectrice pour les journalistes, avec une prescription de trois mois seulement. La Convention européenne des droits de l'homme, dans son article 10, protège aussi les propos qui « heurtent, choquent ou inquiètent » : la liberté d'expression vaut d'abord pour les idées dérangeantes.
| Infraction | Définition | Texte |
|---|---|---|
| Diffamation | Allégation ou imputation d'un fait précis portant atteinte à l'honneur ou à la considération | Loi de 1881, article 29 |
| Injure | Expression outrageante, terme de mépris ou invective sans imputation d'un fait | Loi de 1881, article 29 |
| Provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination | Incitation visant un groupe en raison de son origine, sa religion, son sexe, son orientation sexuelle, son handicap | Loi de 1881, article 24 |
| Négationnisme | Contestation des crimes contre l'humanité reconnus par le tribunal de Nuremberg | Loi Gayssot, 1990 |
| Apologie du terrorisme | Présentation favorable d'actes terroristes | Code pénal, article 421-2-5 (2014) |
| Fausses nouvelles | Diffusion de fausses informations troublant la paix publique ; manipulation en période électorale | Loi de 1881, article 27 ; loi du 22 décembre 2018 |
Confusions fréquentes
- Diffamation et injure
- La diffamation impute un fait précis, vérifiable, dont la vérité peut être prouvée ; l'injure est une invective sans fait. « Il a volé la caisse » est une diffamation, « voleur » lancé sans fait est une injure.
- Le blasphème n'est pas un délit
- Aboli en 1791 et absent de la loi de 1881, il n'existe pas en droit français. Caricaturer une religion est licite ; provoquer à la haine contre ses fidèles ne l'est pas.
- La liberté d'expression ne dispense pas du devoir de réserve
- Un agent public reste libre de ses opinions mais doit les exprimer avec mesure hors du service et observer la neutralité dans l'exercice de ses fonctions.
Presse, audiovisuel et régulation
Le pluralisme des médias est un objectif de valeur constitutionnelle : le lecteur doit pouvoir choisir entre des sources diverses. L'État le soutient par les aides à la presse et par un audiovisuel public financé, depuis la suppression de la redevance en 2022, par une fraction de TVA. L'Agence France-Presse, dotée d'un statut d'indépendance en 1957, alimente les médias du monde entier. L'Arcom, née en 2022 de la fusion du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la Hadopi, attribue les fréquences, veille au respect du pluralisme, notamment en période électorale, protège les mineurs et surveille les plateformes en ligne. Le règlement européen sur les services numériques, applicable aux très grandes plateformes depuis 2023 et à toutes depuis 2024, les oblige à retirer rapidement les contenus illicites signalés et à rendre compte de leur modération. Le secret des sources des journalistes est protégé par la loi du 4 janvier 2010.
Le 7 janvier 2015, l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, journal satirique poursuivi mais relaxé pour ses caricatures, a fait douze morts ; les manifestations du 11 janvier ont rappelé que la liberté de caricaturer fait partie de la liberté d'expression.
Information et désinformation à l'ère numérique
Les réseaux sociaux ont donné à chacun les moyens de publier, mais aussi de diffuser des fausses informations, de harceler ou de propager la haine à grande échelle. La loi du 22 décembre 2018 contre la manipulation de l'information permet au juge des référés de faire cesser la diffusion de fausses nouvelles pendant les trois mois précédant une élection nationale et impose la transparence des contenus sponsorisés. Le harcèlement en ligne est un délit aggravé lorsqu'il est commis en groupe ; le numéro 3018 accompagne les victimes. L'éducation aux médias et à l'information, portée par le CLEMI depuis 1983, apprend aux élèves à identifier une source, croiser les informations et reconnaître une manipulation. Reporters sans frontières classe chaque année les pays selon la liberté de la presse ; la France y figure dans le premier quart, derrière les pays nordiques.
Pour le QCM, associer chaque limite à son texte : diffamation et injure à la loi de 1881, négationnisme à la loi Gayssot de 1990, apologie du terrorisme au code pénal depuis 2014, manipulation de l'information à la loi de 2018. Et retenir qu'il n'existe ni délit de blasphème ni délit d'opinion.
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1.La liberté d'expression est proclamée par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.Voir le corrigé
Vrai
L'article 11 garantit la libre communication des pensées et des opinions, sous réserve de répondre de ses abus devant la loi.
2.La loi du 29 juillet 1881 a instauré la censure préalable de la presse.Voir le corrigé
Faux
Elle l'a au contraire supprimée : on publie librement et l'on répond ensuite devant le juge des délits définis par la loi.
3.Le blasphème est un délit en droit français.Voir le corrigé
Faux
Il n'existe pas en droit français ; caricaturer une religion est licite, provoquer à la haine contre ses fidèles est réprimé.
4.La diffamation consiste à imputer à une personne un fait précis portant atteinte à son honneur.Voir le corrigé
Vrai
À la différence de l'injure, invective sans fait précis, la diffamation porte sur un fait dont la vérité peut être discutée.
5.L'Arcom est née en 2022 de la fusion du CSA et de la Hadopi.Voir le corrigé
Vrai
L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique régule l'audiovisuel et surveille les plateformes en ligne.
6.Le délai de prescription des délits de presse est de dix ans.Voir le corrigé
Faux
Il est de trois mois, porté à un an pour les propos racistes, sexistes ou discriminatoires.
Textes de référence
- Programme d'enseignement moral et civique (arrêté du 29 mai 2024, BO n° 24 du 13 juin 2024) — Ministère de l'Éducation nationale (nouvel onglet)
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 — Légifrance (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
- Sujet zéro 2026 — épreuve de préadmissibilité (QCM) du concours commun de catégorie C — DGFiP — rejoindrelesfinancespubliques.economie.gouv.fr (nouvel onglet)
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