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Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

Espaces vectoriels, bases, dimension, applications linéaires

18 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Une famille libre qui compte autant de vecteurs que la dimension de l'espace est une base.

L'algèbre linéaire fournit le langage commun de la licence de mathématiques : un ensemble de vecteurs, des combinaisons entre eux, et des applications qui respectent ces combinaisons. Le programme de l'option de l'épreuve 2 d'inspecteur lui consacre plusieurs lignes, des familles de vecteurs aux applications linéaires, et un calcul dans R² ou R³ en est l'application la plus directe. Cette fiche pose le vocabulaire — sous-espace, famille libre, génératrice, base, dimension, rang — puis l'applique aux applications linéaires : noyau, image, théorème du rang, isomorphisme.

À retenir

  • Un espace vectoriel réel est un ensemble muni d'une addition et d'une multiplication par un réel, compatibles avec des axiomes usuels (associativité, élément neutre, opposé, distributivité) ; R au carré et R au cube, avec leurs opérations coordonnée par coordonnée, sont les modèles de référence.
  • Un sous-espace vectoriel se caractérise en une seule vérification : une partie non vide est un sous-espace si, pour tous vecteurs u et v qui la composent et tout réel λ, le vecteur u plus λ fois v y reste.
  • Une famille est libre quand la seule combinaison linéaire nulle de ses vecteurs a tous ses coefficients nuls ; elle est génératrice quand tout vecteur de l'espace s'écrit comme combinaison linéaire de ses vecteurs ; une base réunit les deux propriétés.
  • La dimension d'un espace vectoriel est le nombre commun de vecteurs de toutes ses bases ; le rang d'une famille est la dimension du sous-espace qu'elle engendre, c'est-à-dire le nombre maximal de vecteurs indépendants qu'elle contient.
  • Deux sous-espaces F et G sont supplémentaires quand leur somme vaut l'espace entier et leur intersection est réduite au vecteur nul : tout vecteur se décompose alors de façon unique en un vecteur de F plus un vecteur de G.
  • Une application linéaire respecte l'addition et la multiplication externe ; son noyau rassemble les vecteurs envoyés sur le vecteur nul, son image les valeurs atteintes ; sa matrice dans des bases se construit colonne par colonne, chaque colonne portant les coordonnées de l'image d'un vecteur de base.
  • Le théorème du rang relie la dimension du noyau, le rang et la dimension de l'espace de départ ; une application linéaire est injective si et seulement si son noyau est réduit au vecteur nul, et entre deux espaces de même dimension finie, injectivité et surjectivité deviennent équivalentes.

Espace vectoriel, sous-espace, combinaison linéaire

Un sous-espace vectoriel d'un espace E est une partie qui contient le vecteur nul et qui est stable par addition et par multiplication par un réel ; en pratique, deux vérifications suffisent : il contient le vecteur nul, et pour tous vecteurs u, v du sous-espace et tout réel λ, le vecteur u + λv y reste encore. Une combinaison linéaire de vecteurs u1, u2, …, un est une somme λ1u1 + λ2u2 + … + λnun, où les λi sont des réels quelconques ; un sous-espace est exactement une partie non vide stable par toutes les combinaisons linéaires de ses éléments.

Reconnaître un sous-espace de R au cube
Partie de R³Sous-espace ?Pourquoi
Le plan d'équation x + y − z = 0OuiContient (0 ; 0 ; 0) et stable par combinaison linéaire : c'est une équation linéaire homogène
Le plan d'équation x + y − z = 1NonNe contient pas le vecteur nul, puisque 0 + 0 − 0 = 0, différent de 1
La réunion de deux droites vectorielles distinctesNonLa somme d'un vecteur de chaque droite n'appartient en général à aucune des deux

Familles, bases, dimension et rang

Libre, génératrice, base
NotionDéfinitionCritère pratique
Famille libreLa seule combinaison linéaire nulle a tous ses coefficients nulsRésoudre le système homogène associé ; seule solution, la solution nulle
Famille génératriceTout vecteur de l'espace est combinaison linéaire de la familleLe rang de la famille égale la dimension de l'espace entier
BaseLibre et génératrice à la foisLe nombre de vecteurs égale la dimension, et ils sont indépendants

Dans R³, soit u1 = (1 ; 2 ; 1), u2 = (2 ; 1 ; −1) et u3 = (0 ; 3 ; 3). On cherche deux réels a et b tels que u3 = a·u1 + b·u2 : le système a + 2b = 0, 2a + b = 3, a − b = 3 donne a = −2b par la première équation ; en reportant dans la deuxième, −4b + b = 3, donc b = −1, puis a = 2. La troisième équation confirme : a − b = 2 − (−1) = 3, la valeur attendue. Donc u3 = 2u1 − u2 : la famille est liée. Comme u1 et u2 ne sont pas proportionnels, ils forment une famille libre de deux vecteurs, et le rang de la famille initiale vaut 2.

Extraire une base d'une famille liée revient à repérer la relation de dépendance, puis à retirer le vecteur qu'elle exprime : ici, u3.

Deux sous-espaces F et G d'un espace E de dimension finie sont supplémentaires quand F + G = E et F ∩ G = {0} : tout vecteur de E se décompose alors de façon unique en une somme d'un vecteur de F et d'un vecteur de G, et la dimension de la somme vaut la somme des dimensions, dim(F) + dim(G) = dim(E). Plus généralement, pour deux sous-espaces quelconques, l'intersection F ∩ G et la somme F + G, ensemble des u + v avec u dans F et v dans G, sont des sous-espaces (la réunion, elle, n'en est pas un en général), et la formule de Grassmann donne dim(F + G) = dim(F) + dim(G) − dim(F ∩ G). Deux plans vectoriels distincts de R³ ont ainsi pour somme R³ et pour intersection une droite : 2 + 2 − 1 = 3.

Confusions fréquentes

Libre n'entraîne pas génératrice
Une famille libre peut n'engendrer qu'un sous-espace strict ; une famille génératrice peut contenir un vecteur redondant et ne pas être libre. Seule une base réunit les deux propriétés.
Un sous-espace contient toujours le vecteur nul
Une partie qui ressemble à une droite ou un plan mais qui ne contient pas le vecteur nul, ou qui n'est pas stable par addition, n'est pas un sous-espace vectoriel.

Applications linéaires : noyau, image, rang, isomorphisme

Trois notions, lues sur la matrice
ObjetDéfinitionLien avec la matrice A
NoyauVecteurs envoyés sur le vecteur nulSolutions du système homogène A·X = 0
ImageValeurs atteintes par l'applicationCombinaisons linéaires des colonnes de A
Rang de l'applicationDimension de l'imageRang de la matrice A

Soit f de R³ dans R² telle que f(x ; y ; z) = (x + y − z ; 2x − y + z). Le noyau vérifie x + y − z = 0 et 2x − y + z = 0 ; en additionnant les deux équations, 3x = 0, donc x = 0, puis y = z : le noyau est la droite engendrée par (0 ; 1 ; 1), de dimension 1. Les deux lignes de la matrice, (1 ; 1 ; −1) et (2 ; −1 ; 1), ne sont pas proportionnelles : le rang de f vaut 2, et l'image est R² tout entier. Le théorème du rang se vérifie : 1 + 2 = 3, la dimension de l'espace de départ.

f est surjective, rang 2 égal à la dimension de l'arrivée, mais pas injective, noyau non réduit au vecteur nul : les deux notions restent indépendantes hors dimensions égales.

Soit g de R² dans R² telle que g(x ; y) = (x + y ; x − y). Le noyau vérifie x + y = 0 et x − y = 0 ; en additionnant, 2x = 0, donc x = 0, puis y = 0 : le noyau est réduit au vecteur nul, g est injective. Départ et arrivée ayant la même dimension 2, le théorème du rang donne rang(g) = 2 − 0 = 2, égal à la dimension de l'arrivée : g est aussi surjective, donc bijective. C'est un isomorphisme.

Entre deux espaces de même dimension finie, un seul des deux critères, injectivité ou surjectivité, suffit à conclure à la bijection.

La matrice d'une application linéaire dans des bases se construit colonne par colonne : la j-ième colonne porte les coordonnées, dans la base d'arrivée, de l'image du j-ième vecteur de la base de départ. Changer de bases change la matrice sans changer l'application : son rang et la dimension de son noyau restent les mêmes, seules leurs coordonnées dans les nouvelles bases changent d'écriture.

Confusions fréquentes

Le théorème du rang porte sur l'espace de départ
dim(noyau) + rang égale la dimension de l'espace de départ, jamais celle de l'espace d'arrivée : confondre les deux inverse tout le calcul.
Injective n'entraîne surjective qu'en dimensions égales
Entre R³ et R², une application peut être surjective sans être injective. L'équivalence entre les deux propriétés suppose une même dimension finie de part et d'autre.

Pour un noyau ou une image, poser d'abord le système, le réduire, puis lire la dimension sur le nombre de paramètres libres restants ; pour le théorème du rang, contrôler systématiquement que la somme retombe sur la dimension de l'espace de départ, jamais sur celle de l'arrivée.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Une famille libre qui compte autant de vecteurs que la dimension de l'espace est une base.Voir le corrigé

    Vrai

    Dans un espace de dimension n, une famille libre de n vecteurs est automatiquement génératrice, donc c'est une base.

  2. 2.Une famille génératrice qui compte plus de vecteurs que la dimension de l'espace est libre.Voir le corrigé

    Faux

    Au-delà de la dimension de l'espace, une famille compte un vecteur redondant, combinaison linéaire des autres : elle est liée, tout en continuant d'engendrer l'espace entier.

  3. 3.Le théorème du rang relie la dimension du noyau et le rang à la dimension de l'espace d'arrivée.Voir le corrigé

    Faux

    Il relie ces deux nombres à la dimension de l'espace de départ, et non à celle de l'espace d'arrivée.

  4. 4.Une application linéaire est injective si et seulement si son noyau est réduit au vecteur nul.Voir le corrigé

    Vrai

    C'est la caractérisation usuelle de l'injectivité pour une application linéaire, équivalente au noyau nul.

  5. 5.Deux plans vectoriels de R³ peuvent être supplémentaires.Voir le corrigé

    Faux

    Deux sous-espaces supplémentaires de R³ ont des dimensions de somme 3 et une intersection réduite au vecteur nul : un plan a pour supplémentaire une droite. Deux plans vectoriels de R³ se coupent au moins selon une droite.

  6. 6.Entre deux espaces vectoriels de même dimension finie, une application linéaire injective est toujours surjective.Voir le corrigé

    Vrai

    Le théorème du rang impose alors une image de même dimension que l'arrivée, donc l'égalité entre les deux notions.

Textes de référence

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