Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

Un nouvel ordre mondial : l'ONU, la guerre froide, la décolonisation et le tiers-monde, la fin des blocs

25 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

La Charte des Nations unies est signée à San Francisco le 26 juin 1945.

Le programme décrit « un nouvel ordre mondial » de 1945 à la fin du XXe siècle : une nouvelle donne géopolitique — l'ONU, la bipolarisation, la décolonisation —, la construction européenne (traitée dans une notion propre), puis la fin des grands blocs. La QRC de 2026 portait sur les objectifs et les limites de l'ONU : un sujet qui demande de relier les principes de la Charte à leur mise en œuvre pendant et après la guerre froide. Il faut ici des dates sûres, des notions maîtrisées (bipolarité, dissuasion, non-alignement) et un regard jusqu'aux années 1990.

À retenir

  • L'ONU naît de la Charte signée à San Francisco le 26 juin 1945 (en vigueur le 24 octobre) : maintenir la paix et la sécurité internationales, développer des relations amicales fondées sur l'égalité des droits et le droit des peuples, coopérer pour le développement et les droits de l'homme (Déclaration universelle du 10 décembre 1948). Elle compte 193 États membres depuis 2011.
  • Ses limites tiennent à sa structure : le Conseil de sécurité, seul à pouvoir imposer des mesures coercitives (chapitre VII), est paralysé par le veto de ses cinq membres permanents, surtout pendant la guerre froide ; ses opérations de maintien de la paix ont connu des échecs (Rwanda, 1994 ; Srebrenica, 1995) ; elle dépend des contributions et de la volonté des États.
  • La guerre froide (1947-1991) oppose deux blocs idéologiques, le bloc occidental conduit par les États-Unis et le bloc soviétique, sans guerre ouverte entre les deux grands, la dissuasion nucléaire limitant l'escalade : doctrines Truman et Jdanov (1947), blocus de Berlin (1948-1949), OTAN (1949) et pacte de Varsovie (1955), guerres de Corée et du Vietnam, crise de Cuba (1962), détente puis « guerre fraîche ».
  • La décolonisation, de 1945 aux années 1970, émancipe l'Asie puis l'Afrique : indépendance de l'Inde (1947), guerres d'Indochine et d'Algérie pour la France (Dien Bien Phu, 1954 ; accords d'Évian, 1962), « année de l'Afrique » en 1960 ; la conférence de Bandung (1955) affirme le tiers-monde, qui cherche le non-alignement.
  • La fin des blocs : réformes de Gorbatchev (1985), chute du mur de Berlin (9 novembre 1989), réunification allemande (3 octobre 1990), dissolution du pacte de Varsovie en 1991, puis de l'URSS en décembre 1991 ; les États-Unis restent la seule superpuissance, dans un « nouvel ordre mondial » vite troublé (guerres de Yougoslavie).

L'ONU : objectifs, organisation, limites

Préparée pendant la guerre par les Alliés, la Charte des Nations unies est signée à San Francisco le 26 juin 1945 par 50 États et entre en vigueur le 24 octobre 1945. Elle tire les leçons de l'impuissance de la Société des Nations. Ses buts (article 1er) sont de maintenir la paix et la sécurité internationales, de développer entre les nations des relations amicales fondées sur l'égalité des droits des peuples et leur droit à disposer d'eux-mêmes, de réaliser la coopération internationale dans les domaines économique, social, culturel et humanitaire, et de développer le respect des droits de l'homme. L'Assemblée générale réunit tous les États, à raison d'une voix chacun ; le Conseil de sécurité, responsable principal de la paix, compte cinq membres permanents dotés du droit de veto — États-Unis, URSS devenue Russie, Royaume-Uni, France, Chine — et dix membres élus pour deux ans ; il peut décider de sanctions et du recours à la force (chapitre VII). Le Secrétaire général, nommé par l'Assemblée sur recommandation du Conseil (article 97), dirige le Secrétariat ; António Guterres achève son second mandat le 31 décembre 2026. La Cour internationale de justice règle les différends entre États ; des institutions spécialisées (UNESCO, OMS, FAO, OIT) et des programmes (UNICEF, HCR) couvrent les autres missions. L'ONU compte 193 États membres depuis l'admission du Soudan du Sud en 2011.

Réussites et limites de l'action de l'ONU
DomaineRéalisationsLimites
Paix et sécuritéOpérations de maintien de la paix depuis 1948 (observateurs au Proche-Orient), première force armée lors de la crise de Suez (1956), prix Nobel de la paix 1988Veto qui paralyse le Conseil, échecs au Rwanda (1994) et à Srebrenica (1995), guerres menées sans son aval (Irak, 2003)
Droits de l'hommeDéclaration universelle (1948), pactes de 1966, Conseil des droits de l'hommeEffectivité dépendante des États, violations massives persistantes
Décolonisation et développementDroit des peuples à disposer d'eux-mêmes, résolution 1514 (1960), objectifs de développement durable (2015)Dépendance aux contributions des États, inégalités persistantes

Confusions fréquentes

L'ONU n'est pas un gouvernement mondial
Elle repose sur l'égalité souveraine des États et ne dispose ni d'armée propre ni de ressources propres : ses opérations dépendent des contingents et des contributions des États, et le veto d'un membre permanent bloque les décisions de fond du Conseil, pas ses décisions de procédure.

La guerre froide : un monde bipolaire (1947-1991)

La guerre froide est un affrontement durable entre deux blocs idéologiques, politiques et économiques, qui ne débouche pas sur une guerre ouverte entre les deux superpuissances, retenues par la dissuasion nucléaire (bombe soviétique en 1949). En 1947, la doctrine Truman (12 mars) propose d'endiguer le communisme et le plan Marshall (5 juin) aide la reconstruction de l'Europe ; la doctrine Jdanov et le Kominform (septembre 1947) y répondent en dénonçant l'impérialisme américain. L'Europe se coupe en deux : blocus de Berlin (juin 1948 - mai 1949), naissance de deux États allemands (1949), OTAN (4 avril 1949), pacte de Varsovie (1955). La guerre froide se mondialise : victoire communiste en Chine (1949), guerre de Corée (1950-1953), guerre du Vietnam, où les États-Unis s'enlisent jusqu'en 1973. Après la mort de Staline (1953), la « coexistence pacifique » alterne avec des crises majeures : répression de Budapest (1956), mur de Berlin (13 août 1961), crise des missiles de Cuba (octobre 1962), qui pousse à la détente — téléphone rouge (1963), accords SALT (1972), acte final d'Helsinki (1975). L'invasion soviétique de l'Afghanistan (décembre 1979) et la crise des euromissiles ouvrent une « guerre fraîche » au début des années 1980.

La décolonisation et l'émergence du tiers-monde

La Seconde Guerre mondiale affaiblit les métropoles européennes et leur prestige, tandis que les deux grands et l'ONU condamnent le colonialisme et que les mouvements nationalistes, formés par des élites éduquées, se renforcent. La décolonisation commence en Asie : indépendances de l'Inde et du Pakistan (15 août 1947), de l'Indonésie (1949) ; la France mène en Indochine une guerre perdue à Dien Bien Phu (7 mai 1954), close par les accords de Genève. Elle se poursuit en Afrique : négociée en Afrique noire, où dix-sept pays deviennent indépendants en 1960, « année de l'Afrique », elle est violente en Algérie, où la guerre (1954-1962) s'achève par les accords d'Évian (18 mars 1962) et l'indépendance (5 juillet 1962). L'ONU proclame en 1960 la nécessité de mettre fin au colonialisme (résolution 1514). Les nouveaux États, réunis à la conférence de Bandung (avril 1955), affirment l'existence d'un tiers-monde — expression d'Alfred Sauvy (1952) — et cherchent, avec le mouvement des non-alignés (Belgrade, 1961), à échapper à la logique des blocs ; beaucoup restent pourtant marqués par la dépendance économique, les conflits de la guerre froide et des frontières héritées de la colonisation.

La fin des grands blocs (1985-1991)

Au milieu des années 1980, l'URSS s'épuise dans la course aux armements relancée par les États-Unis de Reagan, dans la guerre d'Afghanistan et dans une économie planifiée à bout de souffle. Arrivé au pouvoir en 1985, Mikhaïl Gorbatchev lance la perestroïka (restructuration) et la glasnost (transparence), signe avec les États-Unis le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (1987), retire ses troupes d'Afghanistan (1989) et renonce à intervenir en Europe de l'Est. En 1989, les démocraties populaires s'effondrent : élections partiellement libres en Pologne, ouverture du rideau de fer hongrois, chute du mur de Berlin le 9 novembre, « révolution de velours » à Prague. L'Allemagne est réunifiée le 3 octobre 1990 ; le Conseil d'assistance économique mutuelle et le pacte de Varsovie sont dissous en 1991. Après le putsch conservateur manqué d'août 1991, les républiques proclament leur indépendance : l'URSS disparaît en décembre 1991, remplacée par la Communauté des États indépendants. Les États-Unis restent la seule superpuissance ; le « nouvel ordre mondial » annoncé lors de la guerre du Golfe (1991), menée avec l'aval de l'ONU, est vite démenti par l'éclatement sanglant de la Yougoslavie.

Pour la fin des blocs, articuler trois causes — l'essoufflement soviétique, les choix de Gorbatchev, la pression des sociétés est-européennes — avant de dater les étapes de 1989 à 1991.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La Charte des Nations unies est signée à San Francisco le 26 juin 1945.Voir le corrigé

    Vrai

    Elle entre en vigueur le 24 octobre 1945, date devenue la journée des Nations unies.

  2. 2.Chaque membre du Conseil de sécurité dispose d'un droit de veto.Voir le corrigé

    Faux

    Seuls les cinq membres permanents en disposent ; les dix membres élus pour deux ans n'en ont pas.

  3. 3.La guerre froide n'a pas débouché sur une guerre ouverte entre les deux superpuissances.Voir le corrigé

    Vrai

    La dissuasion a limité l'escalade. Des combats directs limités ont néanmoins eu lieu, notamment entre aviateurs soviétiques et américains pendant la guerre de Corée.

  4. 4.La conférence de Bandung (1955) réunit les pays du bloc soviétique.Voir le corrigé

    Faux

    Elle réunit des pays d'Asie et d'Afrique récemment indépendants, qui affirment l'existence du tiers-monde et condamnent le colonialisme.

  5. 5.L'Algérie devient indépendante le 5 juillet 1962, après les accords d'Évian.Voir le corrigé

    Vrai

    Les accords du 18 mars 1962, approuvés par référendum, mettent fin à une guerre commencée le 1er novembre 1954.

  6. 6.L'URSS disparaît en novembre 1989, avec la chute du mur de Berlin.Voir le corrigé

    Faux

    La chute du mur date du 9 novembre 1989 ; l'URSS disparaît en décembre 1991, après le putsch manqué d'août.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.