La Seconde Guerre mondiale : marche à la guerre, phases, guerre d'anéantissement et Shoah, Vichy et la Résistance
25 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques
Testez-vous · sans compte
Vrai ou faux ?
Le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 comporte un protocole secret de partage de l'Europe orientale.
Dernière ligne des « grands bouleversements de la première moitié du XXe siècle », la Seconde Guerre mondiale est la plus meurtrière de l'histoire : plus de 50 millions de morts, dont une majorité de civils. Guerre mondiale par ses théâtres, totale par ses mobilisations, elle est surtout une guerre d'anéantissement, dont la Shoah est l'expression extrême. Pour la France, elle est aussi une guerre franco-française, entre Vichy et la Résistance. Une réponse solide y repose sur une chronologie sûre, des notions exactes (guerre d'anéantissement, génocide, collaboration) et des exemples précis.
À retenir
- Marche à la guerre : expansionnisme japonais (Mandchourie, 1931), italien (Éthiopie, 1935) et allemand — remilitarisation de la Rhénanie (1936), Anschluss (mars 1938), accords de Munich (septembre 1938), invasion de la Bohême (mars 1939), pacte germano-soviétique (23 août 1939) ; l'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939.
- 1939-1942 : victoires de l'Axe — défaite de la France (mai-juin 1940), bataille d'Angleterre, invasion de l'URSS (22 juin 1941) ; Pearl Harbor (7 décembre 1941) mondialise la guerre.
- 1942-1945 : tournants de Midway, El Alamein et Stalingrad (capitulation allemande le 2 février 1943), puis reflux de l'Axe : débarquements de Normandie (6 juin 1944) et de Provence, capitulation allemande (8 mai 1945), bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, capitulation japonaise (2 septembre 1945).
- Une guerre d'anéantissement : violences de masse contre les civils, bombardements, et génocide des Juifs d'Europe — Einsatzgruppen, conférence de Wannsee (janvier 1942), centres de mise à mort comme Auschwitz-Birkenau : environ six millions de victimes ; les Tsiganes sont aussi exterminés.
- En France : armistice (22 juin 1940), pleins pouvoirs à Pétain (10 juillet 1940) et État français autoritaire, collaboration d'État, statuts des Juifs et participation à la déportation (rafle du Vél' d'Hiv, juillet 1942) ; Résistance extérieure (appel du 18 juin, France libre) et intérieure, unifiée par Jean Moulin (CNR, 1943).
- 1945 : un monde bouleversé — procès de Nuremberg et notion de crime contre l'humanité, Charte des Nations unies (26 juin 1945), déclin de l'Europe et domination des États-Unis et de l'URSS.
La marche à la guerre (1931-1939)
| Date | Événement | Réaction des démocraties |
|---|---|---|
| 1931 | Le Japon envahit la Mandchourie | Condamnation de la SDN, que le Japon quitte (1933) |
| 1935-1936 | L'Italie conquiert l'Éthiopie | Sanctions de la SDN, inefficaces |
| 7 mars 1936 | Remilitarisation de la Rhénanie | Aucune riposte militaire française |
| Mars 1938 | Anschluss : annexion de l'Autriche | Protestations sans suite |
| 29-30 septembre 1938 | Accords de Munich : les Sudètes cédés à l'Allemagne | Politique d'apaisement de Chamberlain et Daladier |
| 15 mars 1939 | Invasion de la Bohême-Moravie | Garanties franco-britanniques à la Pologne |
| 23 août 1939 | Pacte germano-soviétique, avec un protocole secret de partage | Déclarations de guerre du 3 septembre, après l'invasion de la Pologne |
La guerre naît de la volonté des puissances révisionnistes — Allemagne nazie, Italie fasciste, Japon militariste — de remettre en cause l'ordre de 1919 par la force, et de l'impuissance des démocraties et de la Société des Nations à les en empêcher. Hitler veut détruire le traité de Versailles, réunir les Allemands dans un même Reich et conquérir un « espace vital » à l'Est. Les démocraties, marquées par le pacifisme, la crise économique et la crainte d'une nouvelle hécatombe, pratiquent l'apaisement, dont les accords de Munich sont le symbole. Le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 lève le dernier obstacle : l'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, le Royaume-Uni et la France lui déclarent la guerre le 3 septembre.
Les phases du conflit
De 1939 à 1942, l'Axe l'emporte par la « guerre éclair » : la Pologne est écrasée et partagée avec l'URSS ; après la « drôle de guerre », l'offensive de mai 1940 défait la France en six semaines. Le Royaume-Uni de Churchill résiste seul, et remporte la bataille d'Angleterre (été-automne 1940). Le 22 juin 1941, l'Allemagne envahit l'URSS (opération Barbarossa) ; le 7 décembre 1941, l'attaque japonaise de Pearl Harbor fait entrer les États-Unis dans la guerre, qui devient mondiale. En 1942, l'Axe atteint son extension maximale. L'année 1942-1943 est celle des tournants : victoire américaine de Midway dans le Pacifique (juin 1942), victoire britannique d'El Alamein et débarquement allié en Afrique du Nord (novembre 1942), capitulation de l'armée allemande à Stalingrad (2 février 1943). De 1943 à 1945, les Alliés, portés par la puissance industrielle américaine — l'« arsenal de la démocratie » — et l'effort soviétique, reprennent l'initiative : débarquement en Sicile (juillet 1943) et capitulation italienne, offensive soviétique à l'Est, débarquements de Normandie (6 juin 1944) et de Provence (15 août 1944), libération de Paris (25 août 1944). L'Allemagne capitule le 8 mai 1945. Le Japon, après les bombardements atomiques d'Hiroshima (6 août) et de Nagasaki (9 août) et l'entrée en guerre de l'URSS contre lui, capitule le 2 septembre 1945.
Confusions fréquentes
- Le 8 mai, pas le 11 novembre
- Le 11 novembre 1918 est l'armistice de la Première Guerre mondiale ; la capitulation allemande de 1945 est signée à Reims le 7 mai et à Berlin le 8 mai, et la guerre ne s'achève qu'avec la capitulation japonaise du 2 septembre 1945.
Une guerre d'anéantissement : violences de masse et Shoah
La guerre d'anéantissement vise non seulement la défaite de l'ennemi, mais sa destruction, en abolissant la distinction entre combattants et civils. À l'Est, la guerre nazie est une guerre raciale : prisonniers de guerre soviétiques morts par millions, populations slaves affamées et asservies, villages détruits ; l'URSS perd plus de vingt millions de personnes. Les bombardements stratégiques frappent les villes (Londres, Dresde, Tokyo), jusqu'aux bombes atomiques. Le génocide des Juifs d'Europe, la Shoah, est l'expression extrême de cette logique : après l'exclusion et la persécution (lois de Nuremberg, 1935) et la ghettoïsation en Pologne, les Einsatzgruppen fusillent plus d'un million de Juifs à l'Est à partir de l'été 1941 ; la conférence de Wannsee (20 janvier 1942) organise la « solution finale » à l'échelle du continent ; les Juifs sont déportés vers des centres de mise à mort — Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Auschwitz-Birkenau — où ils sont assassinés dans des chambres à gaz. Environ six millions de Juifs sont exterminés, ainsi que de nombreux Tsiganes. Le camp d'Auschwitz est libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. Le procès de Nuremberg (1945-1946) juge les dirigeants nazis pour crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
La France dans la guerre : Vichy, collaboration, Résistance
Après la défaite, le maréchal Pétain signe l'armistice (22 juin 1940) : la France est coupée en une zone occupée et une zone dite libre, jusqu'à l'invasion de celle-ci en novembre 1942. Le 10 juillet 1940, l'Assemblée nationale réunie à Vichy lui vote les pleins pouvoirs (569 voix contre 80) : l'« État français » supprime la République et mène une « Révolution nationale » autoritaire, antisémite et xénophobe (« Travail, Famille, Patrie »). Après l'entrevue de Montoire (24 octobre 1940), il pratique une collaboration d'État : statuts des Juifs d'octobre 1940 et de juin 1941, aryanisation des biens, participation de la police française aux rafles, comme celle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942, plus de 13 000 personnes arrêtées) ; environ 75 000 Juifs sont déportés de France, dont moins de 3 000 reviennent. Le Service du travail obligatoire (1943) envoie des centaines de milliers de jeunes travailler en Allemagne et pousse beaucoup d'entre eux vers les maquis. La Résistance naît dès 1940 : à l'extérieur, le général de Gaulle, par l'appel du 18 juin, fonde la France libre ; à l'intérieur, mouvements et réseaux se forment. Jean Moulin les unifie dans le Conseil national de la Résistance (27 mai 1943), dont le programme de mars 1944 prépare la reconstruction ; le CFLN accorde le droit de vote aux femmes le 21 avril 1944. Devenu Gouvernement provisoire le 3 juin, il rétablit la légalité républicaine à la Libération et participe à la victoire.
Distinguer collaboration d'État (le régime de Vichy), collaborationnisme (les partisans d'un engagement idéologique aux côtés des nazis, à Paris) et accommodement de la population : ces nuances donnent à la réponse le niveau d'une copie d'inspecteur.
Se tester : vrai ou faux ?
Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.
1.Le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 comporte un protocole secret de partage de l'Europe orientale.Voir le corrigé
Vrai
Il prévoit le partage de la Pologne et des sphères d'influence dans les pays baltes ; l'URSS envahit l'est de la Pologne le 17 septembre 1939.
2.Les États-Unis entrent en guerre dès septembre 1939.Voir le corrigé
Faux
Ils fournissent d'abord une aide matérielle (prêt-bail, 1941) et n'entrent en guerre qu'après Pearl Harbor, le 7 décembre 1941.
3.La conférence de Wannsee (janvier 1942) organise la mise en œuvre de la « solution finale » à l'échelle de l'Europe.Voir le corrigé
Vrai
Les massacres par balles avaient commencé à l'Est dès l'été 1941 ; Wannsee coordonne la déportation vers les centres de mise à mort.
4.Le régime de Vichy s'est borné à appliquer sous la contrainte les exigences allemandes envers les Juifs.Voir le corrigé
Faux
Il adopte de sa propre initiative les statuts des Juifs d'octobre 1940 et de juin 1941 et met sa police au service des rafles, comme celle du Vél' d'Hiv.
5.Les femmes obtiennent le droit de vote en France par une ordonnance du Comité français de la Libération nationale.Voir le corrigé
Vrai
Ordonnance du 21 avril 1944 ; elles votent pour la première fois aux élections municipales d'avril-mai 1945.
6.La capitulation de l'Allemagne met fin à la Seconde Guerre mondiale dans le monde entier.Voir le corrigé
Faux
La guerre continue contre le Japon jusqu'à sa capitulation, signée le 2 septembre 1945.
Textes de référence
- Programmes de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe d'inspecteur des finances publiques (QCM et neuf options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
- Le vote des femmes — Sénat (nouvel onglet)
- Institution du CFLN et création de l’Assemblée consultative provisoire — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Journée nationale de la Résistance — 27 mai — Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol (nouvel onglet)
Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.