Révolutions, nations et démocratie : la Révolution française et l'Empire, l'Europe entre révolutions et restaurations, nation et démocratie
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La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a été adoptée le 26 août 1789.
Le programme de l'option ouvre l'histoire contemporaine par trois lignes qui forment un seul récit : la Révolution française et l'Empire, l'Europe entre révolutions et restaurations, nation et démocratie. De 1789 à 1914, l'Europe passe de l'ordre des monarchies à celui des nations et, en France, à une République démocratique enracinée. La QRC de 2026 portait sur les aspirations et les limites des révolutions de 1848 en Europe : une telle question appelle des dates sûres, des acteurs et une conclusion qui nuance.
À retenir
- 1789-1799 : la Révolution abolit la société d'ordres (nuit du 4 août), proclame les droits de l'homme et la souveraineté nationale (26 août 1789), établit une monarchie constitutionnelle (1791), puis la République (21-22 septembre 1792), traverse la Terreur (1793-1794) et le Directoire.
- 1799-1815 : Bonaparte, Premier consul après le 18 brumaire (9 novembre 1799) puis empereur (1804), consolide les acquis civils — Code civil (1804), Concordat (1801), préfets (1800) — au prix des libertés politiques, et répand les principes révolutionnaires en Europe par la conquête, jusqu'à Waterloo (18 juin 1815).
- 1815 : le congrès de Vienne restaure l'ordre monarchique fondé sur la légitimité et l'équilibre ; Metternich et la Sainte-Alliance répriment libéraux et nationaux. Les vagues révolutionnaires des années 1820 (Espagne, Naples, insurrection grecque de 1821, dont l'indépendance est reconnue en 1830), de 1830 (Trois Glorieuses, indépendance belge) puis de 1848 l'ébranlent.
- 1848, le « printemps des peuples » : aspirations libérales (constitutions, libertés), démocratiques et sociales (suffrage universel masculin en France le 5 mars, abolition de l'esclavage le 27 avril, du servage en Autriche en septembre), nationales (Francfort, Italie, Hongrie). Limites : divisions, peur sociale après les journées de Juin, répression dès l'été 1848 (Prague en juin, Vienne en octobre) puis en 1849, retour de l'ordre.
- Les nations s'affirment : unité italienne autour du Piémont (Cavour, Garibaldi ; royaume d'Italie en 1861, Rome capitale en 1871) ; unité allemande par la Prusse de Bismarck et trois guerres, jusqu'à la proclamation de l'Empire à Versailles le 18 janvier 1871.
- En France, la République s'enracine de 1870 à 1914 : lois constitutionnelles de 1875, victoire des républicains (1877-1879), libertés de réunion et de presse (1881), syndicats (1884), associations (1901), école gratuite, obligatoire et laïque (1881-1882), séparation des Églises et de l'État (1905), crises boulangiste et dreyfusienne surmontées.
La Révolution française et l'Empire (1789-1815)
| Date | Événement | Portée |
|---|---|---|
| 5 mai - 9 juillet 1789 | États généraux, Assemblée nationale (17 juin), serment du Jeu de paume (20 juin), Constituante | Transfert de la souveraineté du roi à la nation |
| 4 et 26 août 1789 | Abolition des privilèges, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen | Fin de la société d'ordres, égalité civile, libertés |
| 21-22 septembre 1792 | Abolition de la royauté, an I de la République | Suffrage élargi, puis guerre et Terreur (1793-1794) |
| 9 novembre 1799 (18 brumaire) | Coup d'État de Bonaparte, Consulat | Pouvoir personnel, « masses de granit » : préfets, Concordat, Code civil |
| 2 décembre 1804 | Sacre de Napoléon Ier | Empire, conquêtes, Code civil exporté en Europe |
| 9, 18 et 22 juin 1815 | Acte final du congrès de Vienne (9), Waterloo (18), seconde abdication (22) | Nouvel ordre européen et fin des Cent-Jours |
La Révolution naît d'une crise financière de la monarchie, d'une société d'ordres contestée et de la diffusion des Lumières. Ses acquis de 1789 sont durables : souveraineté nationale, égalité devant la loi et l'impôt, libertés proclamées par la Déclaration du 26 août, départements (1790), fin des privilèges. La radicalisation — guerre contre l'Europe à partir d'avril 1792, République, exécution du roi (21 janvier 1793), Terreur — divise durablement le pays et fonde les clivages politiques du XIXe siècle. Bonaparte clôt la Révolution en en gardant l'héritage civil : Banque de France et préfets (1800), Concordat (1801), lycées et Légion d'honneur (1802), Code civil (21 mars 1804) ; mais il supprime les libertés politiques et rétablit l'esclavage aboli en 1794. Par la conquête, l'Empire diffuse le Code civil et l'abolition des droits féodaux, tout en éveillant, contre lui, le sentiment national en Espagne et dans les pays allemands.
L'Europe entre restaurations et révolutions (1815-1851)
Le congrès de Vienne (1814-1815) redessine l'Europe selon les principes de légitimité dynastique et d'équilibre des puissances, sans tenir compte des nationalités ; la Sainte-Alliance (1815) des souverains de Russie, d'Autriche et de Prusse, et le « concert européen » garantissent cet ordre, que le chancelier autrichien Metternich incarne. En France, la Restauration concède une Charte (1814). Des révolutions libérales et nationales ébranlent pourtant l'édifice : Espagne et Naples en 1820, indépendance grecque reconnue en 1830, Trois Glorieuses (27-29 juillet 1830) qui portent Louis-Philippe au pouvoir, indépendance belge (1830-1831), insurrection polonaise écrasée. En 1848, sur fond de crise économique (1846-1847), le « printemps des peuples » embrase l'Europe : révolution de février à Paris et proclamation de la IIe République, suffrage universel masculin (décret du 5 mars), abolition de l'esclavage (27 avril, à l'initiative de Victor Schœlcher) ; fuite de Metternich après l'insurrection de Vienne (13 mars) et abolition du servage dans l'empire d'Autriche ; soulèvement hongrois de Kossuth ; parlement de Francfort qui cherche à unir l'Allemagne ; constitution (Statut albertin) dans le royaume de Piémont-Sardaigne, qui entre en guerre contre l'Autriche. Mais les révolutionnaires se divisent entre libéraux, démocrates et socialistes, et entre nationalités rivales ; les journées de Juin 1848 à Paris, réprimées dans le sang, font basculer les possédants vers l'ordre ; dès juin 1848, l'armée autrichienne de Windischgrätz bombarde Prague, puis reprend Vienne insurgée à la fin d'octobre, et le roi de Prusse dissout l'Assemblée de Berlin en décembre ; en 1849, les armées autrichienne et russe écrasent la Hongrie, le roi de Prusse refuse la couronne impériale offerte par Francfort, les troupes françaises abattent la République romaine. En France, Louis-Napoléon Bonaparte, élu président le 10 décembre 1848, fait un coup d'État le 2 décembre 1851.
Confusions fréquentes
- 1848 n'est pas un simple revers
- Les régimes nés du printemps des peuples tombent presque tous entre l'été 1848 et 1849, mais le suffrage universel masculin subsiste en France, le servage aboli ne revient pas, le Statut albertin reste la constitution du Piémont puis de l'Italie jusqu'à la Constitution républicaine de 1948, et l'idée nationale sort renforcée : le bilan est donc nuancé.
Nation et démocratie : l'affirmation des nations
Au XIXe siècle, la nation devient le principe de légitimité politique en Europe, selon deux conceptions : une nation fondée sur la langue, la culture et l'histoire, défendue par les penseurs allemands, et une nation fondée sur la volonté de vivre ensemble, « plébiscite de tous les jours » selon Ernest Renan (1882). L'unité italienne est l'œuvre du Piémont-Sardaigne : son Premier ministre Cavour obtient l'alliance de Napoléon III, qui chasse les Autrichiens de Lombardie (Magenta, Solferino, 1859) contre la cession de Nice et de la Savoie (1860) ; l'expédition des Mille de Garibaldi conquiert le royaume des Deux-Siciles ; le royaume d'Italie est proclamé le 17 mars 1861, obtient la Vénétie en 1866 et Rome en 1870, capitale en 1871. L'unité allemande est conduite par la Prusse : après l'union douanière du Zollverein (1834), Bismarck, ministre-président à partir de 1862, l'impose « par le fer et par le sang », au terme de la guerre des Duchés contre le Danemark (1864), de la victoire sur l'Autriche à Sadowa (1866) et de la guerre contre la France (1870-1871) ; l'Empire allemand est proclamé dans la galerie des Glaces de Versailles le 18 janvier 1871, et la France cède l'Alsace-Moselle (traité de Francfort, 10 mai 1871). Les empires multinationaux — autrichien, devenu Autriche-Hongrie en 1867, russe, ottoman — sont désormais minés par les revendications nationales.
L'enracinement de la République en France (1870-1914)
Proclamée le 4 septembre 1870 après la défaite de Sedan, la République naît dans la guerre et la guerre civile : la Commune de Paris (18 mars - 28 mai 1871) est écrasée par le gouvernement de Versailles. L'Assemblée, à majorité monarchiste, vote en 1875 des lois constitutionnelles de compromis (amendement Wallon, 30 janvier 1875). La crise du 16 mai 1877 tourne à l'avantage des républicains, qui conquièrent le Sénat en 1879, date du départ de Mac Mahon. Ils fondent la démocratie libérale par de grandes lois : liberté de réunion et de la presse (1881), écoles primaires gratuites (1881) puis obligatoires et laïques (1882) sous l'impulsion de Jules Ferry, élection des maires par les conseils municipaux (1882, confirmée par la loi municipale de 1884), liberté syndicale (1884), liberté d'association (1901), séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905). Ils diffusent des symboles : la Marseillaise hymne national (1879), le 14 juillet fête nationale (1880), Marianne. La République surmonte les crises — boulangisme (1886-1889), scandale de Panama, affaire Dreyfus (1894-1906) — qui structurent la vie politique, voient naître les partis modernes et l'engagement des intellectuels. En Europe, la démocratisation progresse aussi : réformes électorales britanniques de 1832, 1867 et 1884, suffrage universel masculin en Allemagne pour le Reichstag dès 1871, sans régime parlementaire.
Pour une QRC sur la République, trois temps suffisent : une naissance difficile (1870-1879), une œuvre fondatrice (1879-1905), des crises surmontées. Chaque temps appelle deux ou trois dates précises.
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1.La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a été adoptée le 26 août 1789.Voir le corrigé
Vrai
Trois semaines après la nuit du 4 août qui abolit les privilèges ; elle proclame la souveraineté nationale et l'égalité en droits.
2.Napoléon Bonaparte a maintenu l'abolition de l'esclavage votée en 1794.Voir le corrigé
Faux
Il a rétabli l'esclavage en 1802 ; l'abolition définitive date du décret du 27 avril 1848, sous la IIe République.
3.Le congrès de Vienne a redessiné l'Europe selon le principe des nationalités.Voir le corrigé
Faux
Il s'est fondé sur la légitimité dynastique et l'équilibre des puissances, en ignorant les aspirations nationales.
4.La IIe République rétablit le suffrage universel masculin par le décret du 5 mars 1848.Voir le corrigé
Vrai
Le gouvernement provisoire l'établit pour l'élection de l'Assemblée constituante ; la Constitution du 4 novembre 1848 le consacre.
5.L'Empire allemand a été proclamé à Berlin après la victoire de Sadowa.Voir le corrigé
Faux
Il a été proclamé dans la galerie des Glaces de Versailles, le 18 janvier 1871, pendant la guerre contre la France ; Sadowa (1866) a écarté l'Autriche.
6.La loi du 21 mars 1884 autorise la création de syndicats professionnels.Voir le corrigé
Vrai
Loi Waldeck-Rousseau ; la liberté d'association générale ne vient qu'avec la loi du 1er juillet 1901.
Textes de référence
- Programmes de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe d'inspecteur des finances publiques (QCM et neuf options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 — Légifrance (nouvel onglet)
- 1848 : la deuxième République met en place le suffrage universel masculin — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État — Légifrance (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
- Révolution française : chronologie patrimoniale — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Vie et règne de Napoléon — Fondation Napoléon (nouvel onglet)
- 1875-1940 : le Sénat républicain — Sénat (nouvel onglet)
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