Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

L'émergence de nouvelles puissances et la Première Guerre mondiale

25 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

Le Japon bat la Russie en 1905 et s'impose comme la grande puissance de l'Asie orientale.

Le programme ouvre « les grands bouleversements de la première moitié du XXe siècle » par l'émergence de nouvelles puissances et la Première Guerre mondiale. Entre 1870 et 1914, l'Europe domine le monde par ses empires, mais les États-Unis, l'Allemagne et le Japon contestent la primauté britannique ; les rivalités impériales et nationales, les alliances et la course aux armements débouchent sur une guerre d'un type nouveau, qui ruine l'Europe et redessine la carte du monde. Une réponse solide y hiérarchise les causes, date les étapes et réfléchit à la notion de guerre totale.

À retenir

  • Nouvelles puissances : les États-Unis, première puissance industrielle à la fin du XIXe siècle, s'affirment dans le Pacifique et les Caraïbes (guerre contre l'Espagne, 1898) ; l'Allemagne de Guillaume II mène une « politique mondiale » et une course navale ; le Japon de l'ère Meiji (1868) bat la Chine (1895) puis la Russie (1905).
  • L'Europe domine le monde par la colonisation : partage de l'Afrique après la conférence de Berlin (1884-1885), empires britannique et français ; les crises coloniales (Fachoda, 1898 ; Maroc, 1905 et 1911) et balkaniques (1912-1913) aggravent les tensions.
  • Deux systèmes d'alliances s'opposent : Triple-Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie, 1882) et Triple-Entente (France, Russie, Royaume-Uni, par l'alliance franco-russe de 1892-1894, l'Entente cordiale de 1904 et l'accord anglo-russe de 1907).
  • L'attentat de Sarajevo (28 juin 1914) déclenche, par le jeu des alliances, une guerre européenne en quelques jours (28 juillet - 4 août 1914) ; après la fin de la guerre de mouvement (la Marne, septembre 1914), la guerre de position s'installe (Verdun, la Somme, 1916).
  • Une guerre totale : mobilisation des hommes, des économies, des sociétés et des esprits (propagande, censure, « union sacrée »), violences contre les civils et génocide des Arméniens par l'Empire ottoman (1915-1916). 1917 est l'année tournant : entrée en guerre des États-Unis, révolutions russes, mutineries.
  • Bilan : armistice du 11 novembre 1918, près de 10 millions de soldats morts, dont 1,4 million de Français ; traité de Versailles (28 juin 1919) et traités de la banlieue parisienne ; chute de quatre empires, naissance d'États nouveaux, Société des Nations sans les États-Unis ; une paix contestée.

L'émergence de nouvelles puissances (1870-1914)

À la fin du XIXe siècle, le Royaume-Uni reste la première puissance financière, commerciale et navale, mais d'autres puissances le rattrapent. Les États-Unis, peuplés par l'immigration et unifiés après la guerre de Sécession (1861-1865), deviennent la première puissance industrielle ; longtemps fidèles à la doctrine Monroe (1823), ils s'affirment à l'extérieur après la guerre contre l'Espagne (1898), qui leur donne Porto Rico, les Philippines et un protectorat sur Cuba, et pratiquent la politique du « gros bâton » dans les Caraïbes (canal de Panama, 1914). L'Allemagne unifiée en 1871, deuxième puissance industrielle, abandonne avec Guillaume II et le renvoi de Bismarck (1890) l'équilibre européen pour une « politique mondiale » (Weltpolitik) et une flotte de guerre qui inquiète Londres. Le Japon, modernisé à marche forcée depuis la restauration Meiji (1868), bat la Chine (1895), s'allie au Royaume-Uni (1902), écrase la Russie (Tsushima, 1905) et annexe la Corée (1910) : la défaite d'un empire européen face à une puissance asiatique a un retentissement mondial. La Russie s'industrialise mais reste fragile, comme le montre la révolution de 1905. L'impérialisme européen culmine : la conférence de Berlin (1884-1885) fixe les règles du partage de l'Afrique, et les empires britannique et français couvrent une large part du globe.

Des alliances aux crises
DateFaitPortée
1882Triple-Alliance : Allemagne, Autriche-Hongrie, ItalieSystème bismarckien d'isolement de la France
1892-1894Alliance franco-russeFin de l'isolement français
1898Crise de FachodaRecul français sur le Nil, puis rapprochement avec Londres
1904 et 1907Entente cordiale, accord anglo-russeNaissance de la Triple-Entente
1905 et 1911Crises marocaines (Tanger, Agadir)Tension franco-allemande, solidarité franco-britannique
1912-1913Guerres balkaniquesRecul ottoman, Serbie renforcée face à l'Autriche-Hongrie

De Sarajevo à la guerre des tranchées

Le 28 juin 1914, l'archiduc héritier d'Autriche-Hongrie est assassiné à Sarajevo par un nationaliste serbe de Bosnie. Soutenue par l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie le 28 juillet ; la Russie mobilise ; l'Allemagne déclare la guerre à la Russie (1er août) puis à la France (3 août), et envahit la Belgique neutre, ce qui entraîne l'entrée en guerre du Royaume-Uni (4 août). Les causes profondes tiennent aux nationalismes, aux rivalités impériales et économiques, à la course aux armements et à la logique des alliances ; les responsabilités immédiates des empires centraux sont établies, mais aucun gouvernement n'a su ou voulu arrêter l'engrenage. L'Empire ottoman (novembre 1914) et la Bulgarie rejoignent l'Allemagne, l'Italie l'Entente (1915). La guerre de mouvement prévue par tous échoue : la victoire française de la Marne (septembre 1914) arrête l'invasion, et le front se fige de la mer du Nord à la Suisse. Commence une guerre de position, dans les tranchées, où les offensives meurtrières ne percent pas : Verdun (février-décembre 1916), la Somme (juillet-novembre 1916), le Chemin des Dames (1917).

Confusions fréquentes

Cause immédiate et causes profondes
L'attentat de Sarajevo n'explique pas à lui seul une guerre mondiale : il faut montrer comment une crise balkanique devient européenne par les alliances et les mobilisations, puis mondiale par les empires coloniaux et l'entrée en guerre du Japon, de l'Empire ottoman et des États-Unis.

Une guerre totale

La guerre est totale parce qu'elle mobilise toutes les ressources des nations. Mobilisation humaine : plus de 60 millions de soldats, y compris des troupes coloniales. Mobilisation économique : l'État dirige la production d'armement, recourt à l'emprunt et à la planche à billets, et les femmes remplacent les hommes dans les usines et les champs. Mobilisation des esprits : union sacrée, propagande, censure, « bourrage de crânes ». Les civils sont des cibles : occupation, déportations, bombardements, blocus. Dans l'Empire ottoman, le gouvernement jeune-turc organise en 1915-1916 la déportation et l'extermination de plus d'un million d'Arméniens. L'année 1917 est un tournant : lassitude et mutineries dans l'armée française après l'offensive manquée du Chemin des Dames, révolutions russes de février et d'octobre, qui conduisent les bolcheviks à signer la paix de Brest-Litovsk (mars 1918), entrée en guerre des États-Unis (6 avril 1917), dont l'apport en hommes et en matériel devient décisif. Après l'essoufflement des offensives allemandes du printemps 1918, les Alliés contre-attaquent ; l'Allemagne signe l'armistice le 11 novembre 1918, à Rethondes.

Pour montrer qu'une guerre est « totale », passer en revue quatre mobilisations — des hommes, des économies, des sociétés, des esprits — puis ajouter la violence faite aux civils : la grille couvre ainsi toute la notion.

Bilan et traités : une paix contestée

Le bilan humain est sans précédent : près de 10 millions de soldats tués, dont environ 1,4 million de Français et 2 millions d'Allemands, des millions de blessés et de mutilés, les « gueules cassées ». L'Europe sort ruinée, endettée auprès des États-Unis, qui deviennent la première puissance économique et créancière du monde. La conférence de la paix, ouverte à Paris en janvier 1919, s'inspire en partie des Quatorze Points du président Wilson (droit des peuples, diplomatie ouverte, Société des Nations) mais sans les vaincus. Le traité de Versailles (28 juin 1919) rend l'Alsace-Moselle à la France, ampute l'Allemagne de territoires et de ses colonies, démilitarise la Rhénanie, limite son armée et lui impose des réparations au nom de sa responsabilité (article 231) ; les Allemands le vivent comme un « diktat ». Les traités de Saint-Germain (1919), de Trianon (1920) et de Sèvres (1920, révisé à Lausanne en 1923) démantèlent l'Autriche-Hongrie et l'Empire ottoman : de nouveaux États naissent (Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie), mais de nombreuses minorités y demeurent. La Société des Nations, installée à Genève, doit garantir la paix par la sécurité collective, mais le Sénat américain refuse de ratifier le traité. Quatre empires ont disparu — allemand, austro-hongrois, russe, ottoman —, et les frustrations des vaincus comme de l'Italie nourriront les tensions de l'entre-deux-guerres.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le Japon bat la Russie en 1905 et s'impose comme la grande puissance de l'Asie orientale.Voir le corrigé

    Vrai

    La bataille navale de Tsushima (mai 1905) consacre la puissance japonaise ; le traité de Portsmouth conclut la guerre, et la Corée est annexée en 1910.

  2. 2.La Triple-Entente réunit l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie.Voir le corrigé

    Faux

    C'est la Triple-Alliance (1882) ; la Triple-Entente associe la France, la Russie et le Royaume-Uni.

  3. 3.L'invasion de la Belgique neutre entraîne l'entrée en guerre du Royaume-Uni le 4 août 1914.Voir le corrigé

    Vrai

    Le plan allemand prévoyait de contourner l'armée française par la Belgique, dont Londres garantissait la neutralité.

  4. 4.Les États-Unis entrent en guerre dès août 1914 aux côtés de l'Entente.Voir le corrigé

    Faux

    Ils restent neutres jusqu'au 6 avril 1917, après la guerre sous-marine à outrance menée par l'Allemagne.

  5. 5.Le génocide des Arméniens est perpétré par l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale.Voir le corrigé

    Vrai

    En 1915-1916, le gouvernement jeune-turc organise déportations et massacres : plus d'un million de victimes.

  6. 6.Les États-Unis sont membres fondateurs de la Société des Nations.Voir le corrigé

    Faux

    Bien que Wilson l'ait voulue, le Sénat américain refuse de ratifier le traité de Versailles : les États-Unis n'y entrent pas.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.