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Fiche de cours

La coopération intercommunale et ses formes

13 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Un EPCI à fiscalité propre dispose d'un pouvoir fiscal propre, contrairement au syndicat intercommunal.

Un territoire très communal, hérité de la Révolution, ne pouvait porter seul des équipements coûteux : la coopération intercommunale organise depuis plus d'un siècle la mutualisation entre communes, jusqu'à couvrir presque toutes les communes, sous réserve de dérogations insulaires. Repères à distinguer : les deux familles d'établissements publics, les quatre catégories d'établissements à fiscalité propre, leur gouvernance et la différence entre un établissement de coopération et une commune nouvelle.

À retenir

  • Deux familles d'établissements publics de coopération intercommunale : sans fiscalité propre, les syndicats, financés par les contributions de leurs communes membres ; à fiscalité propre, les communautés et les métropoles, qui lèvent directement l'impôt local.
  • Les syndicats intercommunaux à vocation unique (SIVU) et à vocation multiple (SIVOM) sont les formes les plus anciennes et les plus souples de coopération, sans fiscalité propre.
  • Quatre catégories d'établissements à fiscalité propre, hiérarchisées par la population et l'intégration des compétences : communauté de communes, communauté d'agglomération, communauté urbaine, métropole.
  • Chaque catégorie exerce des compétences obligatoires fixées par la loi, et peut recevoir des compétences supplémentaires librement transférées par ses communes membres ; les compétences « optionnelles », à choisir en nombre minimal dans une liste légale, ont été supprimées par la loi « engagement et proximité » du 27 décembre 2019.
  • Gouvernance : un conseil communautaire composé de délégués des communes membres, élus par fléchage à partir de 1 000 habitants depuis 2014, ou désignés dans l'ordre du tableau municipal au-dessous ; ce conseil élit un président et un bureau.
  • La loi de réforme de 2010, complétée par la loi NOTRe de 2015, a généralisé la couverture par des établissements à fiscalité propre, sous réserve de dérogations insulaires, et relevé leur seuil minimal de population.
  • La commune nouvelle, distincte d'un établissement de coopération, résulte de la fusion de plusieurs communes en une seule collectivité territoriale, avec maintien possible de communes déléguées.

Deux familles d'établissements publics de coopération

Syndicats et établissements à fiscalité propre
Syndicats (SIVU, SIVOM)Établissements à fiscalité propre
FiscalitéSans fiscalité propre : contributions budgétaires ou fiscalisées des communes membresFiscalité propre : perçoivent directement l'impôt local, notamment une fiscalité professionnelle unique
ObjetUn objet unique (SIVU) ou plusieurs objets (SIVOM), souvent technique : eau potable, électrification, ramassage scolaireUn projet de territoire, avec des compétences obligatoires larges
ExempleUn syndicat intercommunal d'alimentation en eau potableUne communauté d'agglomération portant le développement économique de son bassin

Confusions fréquentes

Un syndicat n'est pas un établissement à fiscalité propre
Le syndicat est financé par les contributions de ses membres et se limite en général à un objet technique ; des contributions fiscalisées peuvent aussi bénéficier au syndicat, sans lui donner de pouvoir propre de fixation des taux.
Un établissement de coopération intercommunale n'est pas une collectivité territoriale
C'est un établissement public, sans clause de compétence générale : il n'exerce que les compétences que ses communes membres lui ont transférées, et son organe délibérant n'est pas élu par un scrutin séparé des élections municipales.

Les quatre catégories d'établissements à fiscalité propre

De la communauté de communes à la métropole
CatégorieSeuil de population à la création (CGCT)Exemple de compétence obligatoire
Communauté de communesAu moins 15 000 habitants depuis la loi NOTRe, seuil adapté sans descendre sous 5 000 pour les territoires peu denses ou de montagne (L. 5210-1-1)Aménagement de l'espace, développement économique
Communauté d'agglomérationPlus de 50 000 habitants d'un seul tenant, autour d'une ou plusieurs communes-centres de plus de 15 000 habitants, avec des exceptions, notamment pour un chef-lieu de département (L. 5216-1)Équilibre social de l'habitat, politique de la ville
Communauté urbainePlus de 250 000 habitants (L. 5215-1)Voirie, réseaux, plan local d'urbanisme intercommunal
MétropolePlus de 400 000 habitants dans une aire urbaine de plus de 650 000 habitants, ou sur demande dans d'autres cas prévus par la loi (zone d'emplois, chef-lieu de région) ; statut particulier pour le Grand Paris et Aix-Marseille-Provence (L. 5217-1)Développement économique, enseignement supérieur, grands équipements culturels et sportifs

Chaque catégorie voit ses compétences obligatoires fixées par la loi, de façon croissante à mesure que l'intégration monte : une communauté de communes en exerce un socle restreint, une métropole un ensemble très large touchant au développement économique, à l'enseignement supérieur et à la voirie. Au-delà de ce socle, les communes membres peuvent transférer à l'établissement des compétences supplémentaires. Jusqu'à la loi « engagement et proximité » du 27 décembre 2019, une communauté de communes ou d'agglomération devait en outre exercer des compétences « optionnelles » choisies dans une liste légale (au moins trois groupes sur sept pour une communauté de communes en 2014) ; cette catégorie a disparu, et ces compétences sont désormais exercées à titre supplémentaire.

Une communauté de communes rurale gère la collecte des déchets et l'aménagement des zones d'activité, compétences obligatoires, tandis que ses communes membres conservent les écoles, compétence qu'elles ne lui ont pas transférée.

La gouvernance d'un établissement de coopération

Le conseil communautaire réunit des délégués de chaque commune membre. Depuis 2014, dans les communes de 1 000 habitants et plus, ils sont désignés par fléchage sur les listes municipales : l'électeur les choisit en même temps que le conseil municipal, sans élection séparée. En dessous de ce seuil, ce sont les membres du conseil municipal, dans l'ordre du tableau, qui siègent à l'intercommunalité. Chaque commune conserve au moins un siège ; la répartition des sièges suit un tableau légal fondé sur la population ; dans les seules communautés de communes et d'agglomération, un accord local entre les communes, encadré pour rester proportionnel, peut s'y substituer (L. 5211-6-1). Le conseil communautaire élit en son sein un président et des vice-présidents ; le bureau peut également comprendre d'autres membres de l'organe délibérant.

Retenir l'échelle communauté de communes, communauté d'agglomération, communauté urbaine, métropole comme une progression à double sens : la population minimale augmente, et le bloc de compétences obligatoires transférées par les communes membres s'élargit dans le même sens.

L'achèvement de la carte intercommunale et les communes nouvelles

La loi de réforme des collectivités territoriales de 2010 a imposé pour la première fois la couverture intégrale du territoire par des établissements à fiscalité propre, avec des dérogations notamment pour des îles constituées d'une seule commune, sur la base d'un schéma départemental de coopération intercommunale préparé sous l'autorité du préfet. La loi NOTRe de 2015 a ensuite relevé le seuil minimal de population des établissements à 15 000 habitants, sauf adaptations, et provoqué une nouvelle vague de fusions : les nouveaux schémas départementaux devaient être arrêtés avant le 31 mars 2016, pour des périmètres applicables au 1er janvier 2017.

La commune nouvelle est un mécanisme distinct : elle résulte de la fusion volontaire de plusieurs communes en une seule collectivité territoriale, qui se substitue à elles. La procédure a été facilitée par la loi du 16 mars 2015, avec des incitations financières temporaires. Les anciennes communes peuvent devenir des communes déléguées, conservant leur nom, un maire délégué aux attributions limitées et parfois une mairie annexe, sans redevenir des collectivités territoriales autonomes.

Ne pas confondre : un établissement de coopération laisse subsister les communes membres, distinctes de lui ; une commune nouvelle les fait disparaître en tant que collectivités, au profit d'une collectivité unique.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Un EPCI à fiscalité propre dispose d'un pouvoir fiscal propre, contrairement au syndicat intercommunal.Voir le corrigé

    Vrai

    Le syndicat reçoit des contributions budgétaires ou fiscalisées, sans pouvoir fiscal propre. Les taux additionnels des contributions fiscalisées sont déterminés par les services fiscaux.

  2. 2.Un établissement public de coopération intercommunale est une collectivité territoriale au même titre qu'une commune.Voir le corrigé

    Faux

    C'est un établissement public, sans clause de compétence générale, qui n'exerce que les compétences transférées par ses communes membres.

  3. 3.Depuis 2014, les délégués communautaires des communes de 1 000 habitants et plus sont désignés par fléchage sur les listes municipales.Voir le corrigé

    Vrai

    L'électeur les choisit en même temps que le conseil municipal, sans élection séparée.

  4. 4.Une communauté de communes exerce davantage de compétences obligatoires qu'une métropole.Voir le corrigé

    Faux

    C'est l'inverse : les compétences obligatoires s'élargissent avec la catégorie, et une métropole en exerce beaucoup plus qu'une communauté de communes.

  5. 5.Une commune nouvelle résulte de la fusion de plusieurs communes en une seule collectivité territoriale.Voir le corrigé

    Vrai

    Facilitée par la loi du 16 mars 2015, elle se substitue aux anciennes communes, qui peuvent devenir des communes déléguées.

  6. 6.La loi NOTRe de 2015 a supprimé les syndicats intercommunaux au profit des seuls établissements à fiscalité propre.Voir le corrigé

    Faux

    Les syndicats subsistent pour des objets techniques précis ; la loi NOTRe a surtout relevé le seuil des établissements à fiscalité propre.

Textes de référence

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