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Fiche de coursOption de QRC — catégorie A

Le régime de la Ve République : Président, Gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel et autres organes constitutionnels

22 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le droit de dissolution de l'Assemblée nationale est un pouvoir propre du Président de la République.

La Constitution du 4 octobre 1958 a voulu un exécutif fort et un Parlement encadré, après l'instabilité de la IVe République. Le programme de l'option en demande les caractères et les grands principes, puis chacun des pouvoirs : le Président et le Gouvernement, le Parlement, le Conseil constitutionnel, et les autres organes constitutionnels — autorité judiciaire, Haute Cour, Cour de justice de la République, Conseil économique, social et environnemental, Défenseur des droits. Les QRC de ce chapitre demandent des pouvoirs précis, rattachés à leurs articles, et une lecture de la pratique.

À retenir

  • Caractères du régime : parlementarisme rationalisé (domaine de la loi limité par l'article 34, maîtrise de la procédure par le Gouvernement, responsabilité encadrée par l'article 49) coiffé d'un Président élu au suffrage universel direct depuis 1965, après la réforme de 1962 ; prééminence présidentielle hors cohabitation.
  • Président : élu pour cinq ans depuis 2000, deux mandats consécutifs au plus depuis 2008 ; pouvoirs propres dispensés de contreseing (article 19) — nomination du Premier ministre, référendum, dissolution, article 16, saisine et nominations au Conseil constitutionnel, messages ; irresponsable pour les actes accomplis en cette qualité, sous réserve de la CPI et de l'article 68 (article 67), destituable par la Haute Cour pour manquement à ses devoirs (article 68).
  • Gouvernement : il détermine et conduit la politique de la Nation (article 20) ; le Premier ministre dirige son action, exerce le pouvoir réglementaire et contresigne ; fonctions ministérielles incompatibles avec un mandat parlementaire (article 23) ; responsabilité politique devant l'Assemblée (articles 49 et 50) ; responsabilité pénale devant la Cour de justice de la République.
  • Parlement : Assemblée nationale (577 députés, cinq ans, suffrage direct) et Sénat (348 sénateurs, six ans, renouvelé par moitié, suffrage indirect) ; il vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques (article 24) ; l'Assemblée peut recevoir le dernier mot à la demande du Gouvernement selon l'article 45, hors textes exigeant l'accord du Sénat et seule peut renverser le Gouvernement.
  • Conseil constitutionnel : neuf membres nommés pour neuf ans par le Président et les présidents des assemblées, renouvelés par tiers, plus les anciens Présidents ; contrôle a priori (article 61, saisine par soixante parlementaires depuis 1974) et a posteriori par la question prioritaire de constitutionnalité (article 61-1, depuis le 1er mars 2010) ; juge électoral ; décisions sans recours (article 62).
  • Autres organes : autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, dont le Président garantit l'indépendance avec le Conseil supérieur de la magistrature (articles 64 à 66) ; Haute Cour ; Cour de justice de la République (1993) pour les crimes et délits des ministres ; Conseil économique, social et environnemental (175 membres depuis 2021) ; Défenseur des droits (2008, mandat de six ans non renouvelable).
  • Actualité du contrôle parlementaire : la motion de censure du 4 décembre 2024 a renversé le Gouvernement pour la première fois depuis 1962 ; l'article 49, alinéa 3, est limité depuis 2008 aux projets de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale et à un autre projet ou une proposition de loi par session.

L'exécutif bicéphale : le Président et le Gouvernement

Pouvoirs propres et pouvoirs partagés du Président
Pouvoirs propres (sans contreseing, article 19)Pouvoirs partagés (avec contreseing)
Nomination du Premier ministre (article 8, alinéa 1)Nomination et fin de fonctions des ministres, sur proposition du Premier ministre
Référendum de l'article 11, sur proposition du Gouvernement ou des assembléesSignature des ordonnances et des décrets délibérés en conseil des ministres (article 13)
Dissolution de l'Assemblée nationale (article 12)Promulgation des lois (article 10), nominations aux emplois civils et militaires
Pouvoirs exceptionnels (article 16)Négociation et ratification des traités (article 52)
Messages au Parlement, saisine et nominations au Conseil constitutionnel (articles 18, 56, 61)Droit de grâce (article 17), convocation du Parlement en session extraordinaire (article 30)

Le Président est élu au suffrage universel direct depuis 1965, en application de la révision de 1962, pour cinq ans depuis le référendum de 2000, et ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs depuis 2008. Il veille au respect de la Constitution, assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l'État, et garantit l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire (article 5). Il n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve de la Cour pénale internationale et de l'article 68 (article 67) ; il ne peut être destitué par le Parlement réuni en Haute Cour qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat (article 68, depuis 2007). Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation et dispose de l'administration et de la force armée (article 20). Le Premier ministre dirige son action, exerce le pouvoir réglementaire (article 21) et engage sa responsabilité devant l'Assemblée. Hors cohabitation, la pratique fait du Président le véritable chef de l'exécutif ; en cohabitation (1986-1988, 1993-1995, 1997-2002), le Premier ministre gouverne et le Président conserve ses attributions constitutionnelles, dont les pouvoirs partagés qui nécessitent un accord avec le Gouvernement.

Confusions fréquentes

Le Président ne peut pas révoquer le Premier ministre selon la lettre du texte
L'article 8 prévoit qu'il met fin à ses fonctions sur la présentation de la démission du Gouvernement ; la pratique, hors cohabitation, a fait de cette démission une démission sollicitée.

Le Parlement : organisation, statut, pouvoirs

Le Parlement comprend l'Assemblée nationale, 577 députés élus pour cinq ans au scrutin majoritaire uninominal à deux tours, et le Sénat, 348 sénateurs élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelés par moitié tous les trois ans, qui représente les collectivités territoriales. Il siège en une session ordinaire unique, d'octobre à juin, avec un plafond de cent vingt jours de séance par assemblée, sauf jours supplémentaires décidés selon l'article 28, et en sessions extraordinaires. Les parlementaires bénéficient d'une irresponsabilité pour leurs opinions et votes et d'une inviolabilité qui soumet les mesures privatives ou restrictives de liberté en matière criminelle ou correctionnelle à l'autorisation du bureau, sauf flagrance ou condamnation définitive (article 26) ; leur mandat est représentatif. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques (article 24). Mais ce parlementarisme est rationalisé : domaine de la loi limité (article 34), irrecevabilité financière (article 40), vote bloqué (article 44), engagement de responsabilité sur un texte (article 49, alinéa 3), dernier mot pouvant être donné à l'Assemblée, sur demande du Gouvernement après les étapes de l'article 45, hors textes exigeant l'accord du Sénat. La révision de 2008 a rééquilibré le système : ordre du jour partagé, discussion en séance du texte de la commission, semaine de contrôle, limitation de l'article 49, alinéa 3. La motion de censure exige la signature d'un dixième des députés et la majorité absolue des membres de l'Assemblée ; adoptée le 4 décembre 2024, elle a renversé un Gouvernement pour la première fois depuis 1962.

Les moyens de contrôle du Gouvernement
InstrumentFondementEffet
Questions écrites et orales, questions au GouvernementArticle 48, alinéa 6Information et mise en cause publique
Commissions d'enquêteArticle 51-2Investigation, pouvoirs de convocation, rapport public
Question de confiance sur un programme ou une déclarationArticle 49, alinéa 1Le Gouvernement démissionne si l'Assemblée la refuse
Motion de censureArticle 49, alinéa 2Renverse le Gouvernement à la majorité absolue des membres
Assistance de la Cour des comptes, évaluationArticles 24 et 47-2Contrôle de l'exécution des lois de finances et évaluation

Le Conseil constitutionnel et les autres organes constitutionnels

Le Conseil constitutionnel compte neuf membres nommés pour neuf ans non renouvelables, trois par le Président de la République, trois par le président de l'Assemblée nationale, trois par le président du Sénat, renouvelés par tiers tous les trois ans ; depuis 2008, les nominations présidentielles sont soumises aux commissions compétentes des deux assemblées, les autres à celle de l'assemblée concernée ; un total de votes négatifs d'au moins trois cinquièmes des exprimés bloque la nomination. Les anciens Présidents de la République en sont membres de droit. Il contrôle les lois avant promulgation, obligatoirement les lois organiques ; les règlements des assemblées sont obligatoirement contrôlés avant leur mise en application. Il est saisi par le Président, le Premier ministre, les présidents des assemblées ou soixante députés ou soixante sénateurs pour les lois ordinaires (article 61) ; il contrôle les traités (article 54). Depuis le 1er mars 2010, tout justiciable peut soulever une question prioritaire de constitutionnalité, transmise après filtrage par le Conseil d'État ou la Cour de cassation ; la disposition déclarée inconstitutionnelle est abrogée (article 62). Il est aussi juge de la régularité des élections présidentielle, législatives et sénatoriales et des référendums. Depuis la décision du 16 juillet 1971, il protège les droits et libertés du bloc de constitutionnalité.

Les autres organes constitutionnels
OrganeArticlesRôle
Autorité judiciaire et Conseil supérieur de la magistrature64 à 66Gardienne de la liberté individuelle ; le CSM propose ou donne un avis sur les nominations de magistrats et statue sur la discipline du siège et donne un avis pour celle du parquet
Haute Cour67 et 68Parlement réuni pour destituer le Président en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec son mandat
Cour de justice de la République68-1 à 68-3Juge les crimes et délits commis par les ministres dans l'exercice de leurs fonctions ; douze parlementaires et trois magistrats de la Cour de cassation
Conseil économique, social et environnemental69 à 71Assemblée consultative de la société civile, 175 membres depuis la loi organique du 15 janvier 2021 ; saisine par pétition
Défenseur des droits71-1Autorité indépendante créée en 2008 : droits des usagers des services publics, enfants, discriminations, déontologie de la sécurité, lanceurs d'alerte ; nommé pour six ans non renouvelables

Pour une QRC sur un organe : composition et désignation, compétences rattachées à leurs articles, portée des décisions, puis une appréciation — indépendance, efficacité, réformes récentes.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le droit de dissolution de l'Assemblée nationale est un pouvoir propre du Président de la République.Voir le corrigé

    Vrai

    Article 12, dispensé de contreseing par l'article 19 ; le Président consulte seulement le Premier ministre et les présidents des assemblées.

  2. 2.Le Sénat peut renverser le Gouvernement par une motion de censure.Voir le corrigé

    Faux

    Seule l'Assemblée nationale peut mettre en cause la responsabilité du Gouvernement (articles 49 et 50).

  3. 3.Depuis 2008, le Président de la République ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.Voir le corrigé

    Vrai

    Article 6, alinéa 2, issu de la révision du 23 juillet 2008.

  4. 4.Les membres du Conseil constitutionnel sont nommés pour six ans renouvelables.Voir le corrigé

    Faux

    Neuf ans non renouvelables, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans.

  5. 5.La Cour de justice de la République juge les ministres pour les crimes et délits commis dans l'exercice de leurs fonctions.Voir le corrigé

    Vrai

    Créée par la révision de 1993 (articles 68-1 à 68-3), elle comprend douze parlementaires et trois magistrats de la Cour de cassation.

  6. 6.Une question prioritaire de constitutionnalité est transmise directement par le justiciable au Conseil constitutionnel.Voir le corrigé

    Faux

    Elle est soulevée devant une juridiction et transmise après filtrage par le Conseil d'État ou la Cour de cassation (article 61-1).

Textes de référence

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