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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Les dotations aux amortissements

15 min de lectureAu programme du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

L'amortissement linéaire d'un bien mis en service le 1er juillet commence à cette date, au prorata temporis.

Une machine achetée 30 000 euros ne coûte pas 30 000 euros à l'exercice de son achat : elle servira cinq ans, et c'est sur ces cinq exercices que son coût doit être réparti. L'amortissement est cette répartition : une charge calculée, sans décaissement, qui diminue chaque année la valeur du bien à l'actif. Le programme de B demande d'« établir et enregistrer les dotations aux amortissements d'une immobilisation corporelle » ; celui de A traite les amortissements parmi les travaux d'inventaire. Le mode linéaire est la règle comptable ; le dégressif, une faveur fiscale ; l'amortissement dérogatoire fait le lien entre les deux.

À retenir

  • Définition : l'amortissement est la répartition systématique du montant amortissable d'un actif sur sa durée d'utilisation, selon le rythme de consommation des avantages économiques attendus. Sont amortissables les actifs dont l'utilisation est déterminable, limitée par l'usure, l'obsolescence ou une protection juridique : constructions, matériel, mobilier, logiciels, brevets. Ne le sont pas les terrains et les titres ; le fonds commercial, présumé d'une durée d'utilisation non limitée, ne l'est que si cette présomption est réfutée (sur sa durée d'utilisation, ou dix ans à défaut) ou, sur option, dans les petites entreprises (dix ans).
  • Plan d'amortissement : base amortissable (coût d'entrée moins valeur résiduelle si elle est significative et mesurable), durée d'utilisation propre à l'entreprise (les petites entreprises au sens de l'article L. 123-16 du code de commerce peuvent retenir la durée d'usage fiscale), mode, date de départ à la mise en service, dotations annuelles, cumul et valeur nette comptable. Les composants d'un même bien ont chacun leur plan. Le plan est révisé si les conditions d'utilisation changent de façon significative.
  • Mode linéaire : annuité constante égale à la base divisée par la durée, taux = 100 / durée ; la première et la dernière annuité sont réduites prorata temporis, en jours ou en mois, à compter de la mise en service ; c'est le mode de droit commun, qui suppose une consommation régulière.
  • Mode dégressif : option fiscale pour les biens neufs d'une durée d'utilisation d'au moins trois ans, hors véhicules de tourisme ; taux = taux linéaire × coefficient (1,25 pour 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans, 2,25 au-delà), appliqué chaque année à la valeur nette comptable, à compter du premier jour du mois d'acquisition ; on passe au linéaire sur la durée restante dès que celui-ci devient supérieur. Le mode des unités d'œuvre répartit la base selon l'utilisation réelle (heures, kilomètres).
  • Écriture annuelle : 6811 Dotations aux amortissements sur immobilisations débité, compte 28 correspondant crédité (2813 constructions, 2815 installations techniques et matériel, 2818 autres). Au bilan, l'immobilisation figure en brut, moins amortissements cumulés, égale net ; l'annexe présente le tableau des immobilisations et des amortissements.
  • Amortissement dérogatoire : lorsque l'amortissement fiscal (dégressif) dépasse l'amortissement comptable (linéaire), la différence est enregistrée en 68725 Dotations aux amortissements dérogatoires par le crédit du 145, provision réglementée dans les capitaux propres ; en fin de plan, quand l'amortissement comptable dépasse le fiscal, elle est reprise par 145 débité et 78725 crédité. Il reste en résultat exceptionnel depuis 2025.
  • Règles fiscales : l'amortissement minimal cumulé ne peut être inférieur au linéaire (art. 39 B CGI), sous peine de perte définitive de la déduction ; les amortissements non déductibles (véhicules de tourisme au-delà du plafond, biens somptuaires) sont réintégrés ; l'amortissement est une charge déductible sans sortie de trésorerie, d'où sa place dans la capacité d'autofinancement.

Le plan d'amortissement linéaire

Matériel industriel de 30 000 euros HT mis en service le 15 mars N, cinq ans, linéaire (taux 20 %)
ExerciceBaseCalculDotationCumulValeur nette comptable
N30 00030 000 × 20 % × 285/3604 7504 75025 250
N+130 00030 000 × 20 %6 00010 75019 250
N+230 00030 000 × 20 %6 00016 75013 250
N+330 00030 000 × 20 %6 00022 7507 250
N+430 00030 000 × 20 %6 00028 7501 250
N+530 00030 000 × 20 % × 75/3601 25030 0000

Le plan d'amortissement est établi dès l'entrée du bien et fixe la charge de chaque exercice. La base amortissable est le coût d'entrée, diminué de la valeur résiduelle lorsqu'elle est significative et mesurable, ce qui est rare hors véhicules et matériels revendus systématiquement. La durée est celle pendant laquelle l'entreprise compte utiliser le bien, qui peut différer de la durée d'usage admise fiscalement ; les petites entreprises sont autorisées à retenir cette dernière. Le mode linéaire répartit la base par parts égales : le taux est de 100 divisé par le nombre d'années, l'annuité pleine de la base multipliée par le taux. Le point de départ est la mise en service, pas la date de facture, et la première annuité est réduite au prorata du temps écoulé, généralement compté en jours sur une année de 360 jours ou en mois ; la dernière annuité complète le plan de la fraction manquante, si bien qu'un bien amorti sur cinq ans apparaît dans six exercices. Chaque exercice, la dotation est débitée au 6811 et créditée au compte d'amortissement de la classe 28, subdivision du compte d'immobilisation ; la valeur nette comptable, coût d'entrée moins cumul, décroît jusqu'à la valeur résiduelle ou zéro.

Dotation de N : 6811 Dotations aux amortissements D 4 750 / 2815 Amortissements du matériel industriel C 4 750. Au bilan du 31 décembre N+1 : matériel industriel brut 30 000, amortissements 10 750, net 19 250.

Le dégressif fiscal et l'amortissement dérogatoire

Le même matériel en dégressif (coefficient 1,75, taux 35 %, à compter du 1er mars N) et l'amortissement dérogatoire
ExerciceVNC débutDégressifLinéaireDérogatoire (dotation +, reprise −)
N30 00030 000 × 35 % × 10/12 = 8 7504 750+ 4 000
N+121 25021 250 × 35 % = 7 437,506 000+ 1 437,50
N+213 812,5013 812,50 × 35 % = 4 834,38 (linéaire restant 3 ans : 33,3 %)6 000− 1 165,62
N+38 978,128 978,12 / 2 = 4 489,06 (linéaire restant 50 % > 35 %)6 000− 1 510,94
N+44 489,064 489,066 000− 1 510,94
N+5001 250− 1 250
Total30 00030 0000

Le dégressif est une option fiscale, réservée aux biens d'équipement neufs dont la durée d'utilisation est d'au moins trois ans, à l'exclusion des véhicules de tourisme et de la plupart des biens non industriels. Son taux est le taux linéaire multiplié par un coefficient qui dépend de la durée, 1,25 pour trois ou quatre ans, 1,75 pour cinq ou six ans, 2,25 au-delà ; il s'applique chaque année à la valeur nette comptable, et non à la base, ce qui produit des annuités décroissantes ; la première annuité court du premier jour du mois d'acquisition, en mois, et lorsque le taux linéaire calculé sur la durée restante dépasse le taux dégressif, on bascule sur ce linéaire pour achever le plan. Le dégressif ne traduit pas la consommation réelle du bien : il avance la déduction fiscale pour inciter à l'investissement. La comptabilité, elle, doit amortir selon l'usage, en linéaire le plus souvent ; pour bénéficier de la déduction fiscale sans fausser le compte de résultat d'exploitation, l'entreprise enregistre la différence entre le dégressif et le linéaire en amortissement dérogatoire : dotation au 68725 par le crédit du 145 lorsque le fiscal dépasse le comptable, reprise au 78725 par le débit du 145 lorsque le comptable rattrape ; le compte 145 est une provision réglementée, dans les capitaux propres, et son solde revient à zéro au terme du plan. Le total amorti sur la durée est le même dans les trois colonnes : seul le rythme change, et avec lui la trésorerie, par le report d'impôt.

Confusions fréquentes

Prorata : jours en linéaire, mois en dégressif
Linéaire : à compter de la mise en service, au jour près (285/360 pour un 15 mars). Dégressif : à compter du premier jour du mois d'acquisition, en mois (10/12 pour mars).
Le dégressif s'applique à la VNC, pas à la base
Appliquer 35 % à 30 000 chaque année serait faux : la deuxième annuité porte sur 21 250. Et ne pas oublier le passage au linéaire quand la durée restante l'impose.
Amortissement et dépréciation ne se confondent pas
L'amortissement est la consommation programmée ; la dépréciation constate une perte de valeur imprévue (valeur actuelle inférieure à la VNC), en 6816 par le crédit du 29, et modifie le plan pour l'avenir.

Biens amortissables, règles fiscales et présentation

Un actif est amortissable lorsque son utilisation par l'entreprise est déterminable, c'est-à-dire limitée dans le temps par l'usure physique, l'évolution technique ou la durée d'une protection juridique : c'est le cas des constructions, des installations, du matériel, du mobilier, des logiciels, des brevets et des frais de développement. Les terrains ne s'usent pas et ne sont pas amortis, sauf les carrières et gisements ; le fonds commercial est présumé avoir une durée d'utilisation non limitée : il n'est alors pas amorti mais soumis à un test de dépréciation ; si la présomption est réfutée, il est amorti sur sa durée d'utilisation, ou sur dix ans si elle ne peut être déterminée de façon fiable, et les petites entreprises peuvent, sur option, l'amortir sur dix ans (article 214-3 du PCG) ; les immobilisations financières ne s'amortissent jamais. Fiscalement, les amortissements sont déductibles s'ils sont comptabilisés, et l'entreprise doit avoir pratiqué à la clôture de chaque exercice un amortissement cumulé au moins égal au linéaire, sous peine de perdre la déduction de la fraction insuffisante ; certains amortissements sont réintégrés, comme la part du prix des véhicules de tourisme excédant le plafond ou les biens somptuaires. Dans les comptes annuels, le bilan présente chaque poste d'immobilisation en brut, amortissements et dépréciations, et net ; le compte de résultat porte la dotation en charges d'exploitation, en 681 ; l'annexe donne le tableau des immobilisations et des amortissements avec les méthodes et durées retenues. L'amortissement est une charge calculée qui ne se décaisse pas : c'est pourquoi la capacité d'autofinancement l'ajoute au résultat.

Pour une QRC d'amortissement : écrire le taux, la base, la date de mise en service et le prorata avant tout calcul ; présenter le plan en tableau avec le cumul et la VNC ; vérifier que le total des dotations égale la base. Passer l'écriture avec le compte 28 précis (2815, 2818…), pas « 28 » tout court.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.L'amortissement linéaire d'un bien mis en service le 1er juillet commence à cette date, au prorata temporis.Voir le corrigé

    Vrai

    Le point de départ est la mise en service ; la première annuité est réduite à six mois, la dernière complète le plan.

  2. 2.Les terrains sont amortis sur une durée de vingt ans.Voir le corrigé

    Faux

    Un terrain ne s'use pas ; il n'est pas amortissable, seulement dépréciable si sa valeur actuelle baisse.

  3. 3.Le taux d'amortissement dégressif s'applique chaque année à la valeur nette comptable du bien.Voir le corrigé

    Vrai

    D'où des annuités décroissantes ; le passage au linéaire intervient quand celui-ci, sur la durée restante, devient supérieur.

  4. 4.La dotation aux amortissements entraîne une sortie de trésorerie.Voir le corrigé

    Faux

    C'est une charge calculée, sans décaissement ; c'est pourquoi elle est ajoutée au résultat dans la capacité d'autofinancement.

  5. 5.L'amortissement dérogatoire est enregistré au crédit du compte 145, dans les capitaux propres.Voir le corrigé

    Vrai

    Provision réglementée, dotée en 68725 quand le fiscal dépasse le comptable, reprise en 78725 ensuite ; solde nul en fin de plan.

  6. 6.Un bien amorti en linéaire sur cinq ans, acquis en cours d'année, figure dans cinq exercices comptables.Voir le corrigé

    Faux

    Dans six : la première annuité étant réduite prorata temporis, la fraction manquante est amortie la sixième année.

Textes de référence

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