Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Évaluation des stocks au coût moyen pondéré

14 min de lectureAu programme du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

En inventaire intermittent, les comptes de stocks ne sont mouvementés qu'à la clôture de l'exercice.

En cours d'exercice, la comptabilité générale enregistre les achats et les ventes, pas les entrées et sorties de magasin : c'est l'inventaire intermittent. À la clôture, il faut donc compter ce qui reste, l'évaluer et l'enregistrer, pour que le résultat ne supporte que le coût des biens réellement vendus ou consommés. Le programme de B demande précisément d'« évaluer et enregistrer, à la clôture, les stocks de marchandises, d'approvisionnements et de biens finis sur la base du coût moyen pondéré » ; celui de A ajoute les règles d'évaluation et l'ajustement annuel des stocks.

À retenir

  • Inventaire intermittent : les achats sont enregistrés en charges (601, 602, 607) et les ventes en produits (701, 707) au fil de l'exercice, sans mouvementer les comptes de stocks (classe 3). Le Code de commerce (article L. 123-12) impose de contrôler par inventaire, au moins une fois tous les douze mois, l'existence et la valeur des éléments actifs et passifs : pour les stocks, un comptage physique rapproché des comptes arrêtés à la clôture, puis une évaluation.
  • Coût d'entrée : les marchandises et approvisionnements entrent au coût d'acquisition, prix d'achat net des remises et escomptes plus frais accessoires (transport, douane, taxes non récupérables) ; les produits finis et en-cours entrent au coût de production, matières consommées plus charges directes et indirectes de production, à l'exclusion des frais administratifs, de la sous-activité et des coûts de stockage.
  • Coût de sortie : le plan comptable (article 213-34) admet le coût moyen pondéré (CMP), calculé à chaque entrée ou sur une période qui n'excède pas la durée moyenne de stockage, et le premier entré, premier sorti (PEPS ou FIFO) ; le dernier entré, premier sorti (LIFO) est interdit en France. CMP de fin de période = (valeur du stock initial + valeur des entrées) / (quantité initiale + quantités entrées).
  • Écritures de clôture pour les marchandises et approvisionnements : annulation du stock initial, 6031 ou 6037 Variation des stocks débité et 31 ou 37 crédité ; constatation du stock final, 31 ou 37 débité et 603 crédité. Pour les produits finis : annulation par 7135 Variation des stocks de produits débité et 355 crédité, constatation par 355 débité et 7135 crédité.
  • Variation de stocks : le solde du 603 égale stock initial moins stock final ; débiteur si le stock a diminué (charge supplémentaire), créditeur s'il a augmenté (charge réduite). Le solde du 713 égale stock final moins stock initial ; créditeur si la production stockée a augmenté (produit). Coût d'achat des marchandises vendues = achats + stock initial − stock final.
  • Dépréciation : à la clôture, chaque catégorie de stock est comparée à sa valeur actuelle, prix de vente probable diminué des frais restant à engager ; si elle est inférieure au coût, une dépréciation est constatée, 6817 débité et 39 crédité, ajustée chaque année par dotation ou reprise (7817). La plus-value latente n'est jamais comptabilisée.
  • Enjeu : le stock final vient en diminution des charges de l'exercice ; le surévaluer gonfle le résultat, le sous-évaluer le minore. C'est un point de contrôle privilégié de la vérification de comptabilité, qui rapproche l'inventaire physique, les factures et les méthodes de valorisation.

Compter, puis évaluer : le coût moyen pondéré

Fiche de stock d'un article, CMP de fin de période
MouvementQuantitéCoût unitaireValeur
Stock initial au 1er janvier20010,002 000
Achat de mars30012,003 600
Achat de septembre50011,005 500
Total disponible1 000CMP = 11 100 / 1 000 = 11,1011 100
Sorties de l'exercice (ventes)80011,108 880
Stock final au 31 décembre20011,102 220

L'inventaire commence par le comptage physique des quantités en magasin, article par article, rapproché des fiches de stock. Vient ensuite l'évaluation : chaque article est valorisé à son coût d'entrée, coût d'acquisition pour les marchandises et les matières, coût de production pour les produits fabriqués ; lorsque des lots achetés à des prix différents se mélangent, il faut choisir une méthode de sortie. Le coût moyen pondéré de fin de période, calculé sur une période qui ne doit pas excéder la durée moyenne de stockage, divise la valeur totale du stock initial et des entrées par les quantités correspondantes ; il lisse les variations de prix et s'applique uniformément aux sorties et au stock final. Le coût moyen pondéré après chaque entrée recalcule la moyenne à chaque réception, ce qui suppose un inventaire permanent. La méthode du premier entré, premier sorti affecte aux sorties le coût des lots les plus anciens, laissant le stock final aux prix récents. Le choix est permanent d'un exercice à l'autre et indiqué en annexe. À l'issue de l'évaluation, la valeur du stock est comparée à sa valeur actuelle pour décider d'une éventuelle dépréciation.

Avec le PEPS sur la même fiche, les 800 sorties prennent d'abord les 200 du stock initial à 10, puis les 300 de mars à 12, puis 300 de septembre à 11 : 2 000 + 3 600 + 3 300 = 8 900 ; le stock final est de 200 unités de septembre à 11, soit 2 200 au lieu de 2 220 en CMP.

Les écritures d'inventaire et la variation de stocks

Écritures de clôture avec les chiffres de la fiche (marchandises)
ÉcritureDébitCrédit
Annulation du stock initial : 6037 Variation des stocks de marchandises / 37 Stocks de marchandises2 0002 000
Constatation du stock final : 37 Stocks de marchandises / 6037 Variation des stocks2 2202 220
Solde du 6037 : 2 000 − 2 220 = − 220 (créditeur : le stock a augmenté)220
Coût d'achat des marchandises vendues : achats 9 100 + SI 2 000 − SF 2 2208 880

À la clôture, deux écritures par catégorie de stock. La première annule le stock initial, qui figurait à l'actif depuis l'ouverture : le compte de variation des stocks est débité et le compte de stock crédité. La seconde constate le stock final évalué à l'inventaire : le compte de stock est débité et le compte de variation crédité. Pour les marchandises et les approvisionnements, la variation, compte 603, est un compte de charge qui corrige les achats : son solde, stock initial moins stock final, est débiteur quand le stock a diminué, l'entreprise ayant vendu plus qu'elle n'a acheté, et créditeur quand il a augmenté ; la charge de l'exercice est ainsi le coût des biens réellement vendus ou consommés. Pour les produits finis et en-cours, la variation, compte 713 Variation des stocks des en-cours de production et de produits, présentée en « production stockée », est un produit : son solde, stock final moins stock initial, est créditeur quand la production stockée a augmenté, ce qui ajoute au chiffre d'affaires la valeur de ce qui a été produit sans être vendu. Le bilan présente le stock final à l'actif circulant, net des dépréciations ; le compte de résultat présente les achats et leur variation en charges, la production vendue et la production stockée en produits.

Confusions fréquentes

Le sens du 603 et du 713 est inversé
603 = SI − SF (charge, débiteur si baisse du stock) ; 713 = SF − SI (produit, créditeur si hausse). Une hausse de stock diminue les charges pour les marchandises, augmente les produits pour les produits finis : l'effet sur le résultat est le même.
Le stock ne se déprécie que si la valeur actuelle est inférieure au coût
Un stock dont le prix de marché a augmenté reste au coût ; seule la baisse est constatée, par une dépréciation (6817 / 39), jamais par une modification du coût.
Frais exclus du coût d'entrée
Frais de stockage, frais administratifs, coût de la sous-activité, frais de commercialisation restent des charges de l'exercice et ne se retrouvent pas à l'actif dans le stock.

Coût de production, inventaire permanent et contrôle

Pour une entreprise industrielle, le stock de produits finis est évalué au coût de production : coût d'acquisition des matières consommées, charges directes de production comme la main-d'œuvre des ateliers, et charges indirectes de production rattachables, énergie, amortissement des machines, encadrement d'atelier, réparties par la comptabilité de gestion ; en sont exclus les frais de recherche, les frais généraux d'administration, les coûts de distribution, la quote-part de charges correspondant à une sous-activité et, sauf option, les frais financiers. Les en-cours de production sont évalués au stade atteint. La comptabilité de gestion tient souvent un inventaire permanent, qui suit les entrées et sorties à chaque mouvement et donne à tout moment la valeur du stock ; il ne dispense pas du comptage annuel, qui révèle les écarts d'inventaire, casse, vol, erreurs. Pour l'administration fiscale, le stock est un point sensible : sa sous-évaluation minore le résultat imposable, sa surévaluation le majore artificiellement ; le vérificateur contrôle l'existence physique, les méthodes d'évaluation et leur permanence, et la justification des dépréciations, qui doivent être individualisées et non forfaitaires.

Pour une QRC de stock : dresser la fiche de stock (quantités, coûts, valeurs), calculer le CMP, valoriser le stock final, passer les deux écritures et conclure sur le solde du 603 ou du 713 et son sens. Vérifier que achats + SI − SF = valeur des sorties.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.En inventaire intermittent, les comptes de stocks ne sont mouvementés qu'à la clôture de l'exercice.Voir le corrigé

    Vrai

    Les achats et les ventes passent par les classes 6 et 7 ; le stock est annulé puis reconstitué à l'inventaire.

  2. 2.Le plan comptable autorise la méthode du dernier entré, premier sorti pour évaluer les sorties de stock.Voir le corrigé

    Faux

    Seuls le coût moyen pondéré et le premier entré, premier sorti sont admis ; le LIFO est interdit en comptes individuels français.

  3. 3.Un solde débiteur du compte 603 signifie que le stock a diminué au cours de l'exercice.Voir le corrigé

    Vrai

    603 = stock initial − stock final ; débiteur si SI > SF, la charge de l'exercice dépasse alors les achats.

  4. 4.Les frais de stockage sont incorporés au coût d'acquisition des marchandises.Voir le corrigé

    Faux

    Seuls les frais accessoires d'achat (transport, douane, taxes non récupérables) le sont ; le stockage reste une charge de l'exercice.

  5. 5.Une hausse du prix de marché d'une matière stockée conduit à réévaluer le stock à la clôture.Voir le corrigé

    Faux

    Prudence : le stock reste au coût d'entrée ; seule une baisse de la valeur actuelle est constatée par une dépréciation.

  6. 6.La variation des stocks de produits finis est enregistrée dans un compte de produits, le 713.Voir le corrigé

    Vrai

    Production stockée = stock final − stock initial ; créditeur si la production non vendue a augmenté.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.