Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Dépréciations d'actifs et provisions

15 min de lectureAu programme du concours de contrôleur et du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

La dépréciation d'une créance douteuse se calcule sur le montant hors taxes de la créance.

La prudence est le principe qui gouverne l'inventaire : les pertes probables sont constatées dès qu'elles sont connues, les gains attendent d'être réalisés. Deux outils la mettent en œuvre. La dépréciation constate qu'un actif, terrain, stock, créance, titre, vaut moins que sa valeur comptable ; la provision constate qu'un passif, litige, garantie, restructuration, pèsera probablement sur l'entreprise. Le programme de B demande de « déterminer et enregistrer la dépréciation d'un actif (terrain, stock et créances) » ; celui de A ajoute les provisions. L'exercice classique est celui du client douteux, suivi sur plusieurs exercices.

À retenir

  • Dépréciation : constatation que la valeur actuelle d'un actif, la plus élevée de sa valeur vénale et de sa valeur d'usage, est devenue inférieure à sa valeur nette comptable ; elle est réversible et ne peut jamais porter la valeur au-dessus du coût d'entrée. Comptes de dépréciation : 29 pour les immobilisations, 39 pour les stocks, 49 pour les créances, 59 pour les valeurs mobilières de placement, en déduction de l'actif.
  • Écritures : dotation en 6816 (immobilisations), 6817 (stocks et créances) ou 6866 (éléments financiers) par le crédit du compte de dépréciation ; à chaque clôture, la dépréciation est ajustée à la nouvelle estimation, par dotation complémentaire ou par reprise en 7816, 7817 ou 7866. Un terrain, non amortissable, ne peut être que déprécié : 6816 débité, 2911 crédité.
  • Stocks : la valeur actuelle est le prix de vente probable diminué des frais restant à engager ; si elle est inférieure au coût, 6817 débité et 39 crédité, catégorie par catégorie, jamais forfaitairement.
  • Créances : lorsqu'un client présente un risque de non-paiement (procédure collective, retards répétés), la créance est virée en 416 Clients douteux pour son montant TTC ; la dépréciation est calculée sur le hors taxes, car la TVA sera récupérée en cas de perte, au pourcentage de perte probable : 6817 débité, 491 crédité. Chaque année, on compare la dépréciation nécessaire à celle existante et on ajuste.
  • Créance irrécouvrable : la perte est constatée en 654 Pertes sur créances irrécouvrables pour le hors taxes, la TVA est récupérée au débit du 44571, le 416 est crédité du TTC ; la dépréciation devenue sans objet est reprise, 491 débité et 7817 crédité. Un encaissement partiel préalable passe par 512 débité et 416 crédité.
  • Provision pour risques et charges : passif dont le montant ou l'échéance n'est pas fixé de façon précise ; trois conditions (PCG, articles 322-1, 322-2 et 322-4) : une obligation envers un tiers existant à la clôture, une sortie probable ou certaine de ressources sans contrepartie au moins équivalente, une évaluation fiable. Comptes 15 : 151 provisions pour risques (1511 litiges, 1512 garanties données aux clients, 1514 amendes et pénalités, 1515 pertes de change) et 152 provisions pour charges (1521 pensions, 1523 impôts, 1525 gros entretien ou grandes révisions, 1527 autres) ; dotations 6815 (exploitation), 6865 (financier), 6875 (exceptionnel) ; reprises 7815, 7865, 7875 lorsque le risque se réalise ou disparaît.
  • Présentation et fiscalité : la dépréciation figure à l'actif dans la colonne des amortissements et dépréciations ; la provision figure au passif entre les capitaux propres et les dettes ; les provisions réglementées (14) sont dans les capitaux propres et ne couvrent aucun risque. Une dépréciation ou une provision n'est déductible que si la perte ou la charge est probable, nettement précisée, individualisée, née dans l'exercice et comptabilisée ; les provisions pour amendes, notamment, sont réintégrées.

Le client douteux sur trois exercices

Client Durand, créance 3 600 TTC (3 000 HT) ; perte probable 40 % en N, 60 % en N+1 ; encaissement de 1 200 TTC puis perte du solde en N+2
DateÉcritureDébitCrédit
31/12/N416 Clients douteux / 411 Clients (virement TTC)3 6003 600
31/12/N6817 Dotations aux dépréciations des actifs circulants / 491 (3 000 × 40 %)1 2001 200
31/12/N+16817 / 491 : dépréciation nécessaire 3 000 × 60 % = 1 800, existante 1 200, dotation complémentaire600600
N+2512 Banque / 416 (encaissement partiel)1 2001 200
N+2654 Pertes sur créances irrécouvrables (2 000) et 44571 TVA collectée (400) / 416 (solde TTC)2 4002 400
31/12/N+2491 / 7817 Reprises sur dépréciations (dépréciation sans objet)1 8001 800

Dès qu'un client présente un risque sérieux de non-paiement, sa créance est isolée dans le compte 416 Clients douteux ou litigieux, pour son montant toutes taxes, afin de ne pas fausser le compte 411 et de faire apparaître le risque au bilan. La dépréciation est ensuite évaluée sur le montant hors taxes, parce que la TVA collectée sur la vente pourra être récupérée auprès de l'État si la créance est perdue ; elle est égale à ce hors taxes multiplié par le pourcentage de perte probable, estimé d'après la situation du client, procédure collective, montant des garanties, avis du mandataire. Chaque clôture, on recalcule la dépréciation nécessaire et on la compare à celle qui existe : si elle est supérieure, on dote la différence ; si elle est inférieure, on reprend la différence en 7817. Lorsque la perte devient certaine, jugement de clôture pour insuffisance d'actif, certificat d'irrécouvrabilité, la créance sort du bilan : le hors taxes est une charge en 654, la TVA est récupérée au débit du 44571, et le 416 est soldé ; la dépréciation, qui n'a plus d'objet, est intégralement reprise. Au total, sur les trois exercices, la charge nette égale la perte hors taxes réelle, répartie prudemment dès que le risque est apparu.

Charge nette sur l'ensemble : dotations 1 200 + 600 = 1 800, perte 2 000, reprise 1 800 ; soit 2 000 euros, exactement le hors taxes non encaissé (3 000 − 1 000). La TVA de 400 euros sur la partie perdue a été récupérée.

Dépréciation d'un terrain et d'un stock

Pour toute immobilisation, la clôture commence par la recherche d'un indice de perte de valeur : baisse du marché, obsolescence, dommage physique, changement d'environnement. S'il existe, on compare la valeur nette comptable à la valeur actuelle, définie comme la plus élevée de la valeur vénale, prix de vente net des frais de sortie, et de la valeur d'usage, flux futurs attendus du bien ; si la valeur actuelle est inférieure, la différence est dépréciée, par le débit du 6816 et le crédit d'un compte 29, 2911 pour un terrain. Un terrain n'étant pas amortissable, la dépréciation est le seul moyen d'en constater la perte de valeur, par exemple après un classement en zone inconstructible ou une pollution ; elle est reprise en 7816 si la valeur remonte, sans jamais dépasser le coût d'entrée. Pour un bien amortissable, la dépréciation modifie de façon prospective le plan d'amortissement, calculé désormais sur la nouvelle valeur nette. Pour un stock, la valeur actuelle est le prix de vente probable diminué des frais restant à engager pour vendre ; la comparaison se fait catégorie par catégorie, à la baisse seulement, et la dépréciation est dotée en 6817 par le crédit du 39, puis ajustée chaque année ; une dépréciation forfaitaire, sans analyse par article ou famille, est refusée par l'administration.

Comparer avant de déprécier
ActifValeur comptableValeur actuelleDépréciationÉcriture
Terrain acquis 200 000200 000Valeur vénale 150 000 après classement inconstructible50 0006816 D / 2911 C 50 000
Stock de marchandises au coût de 40 00040 000Prix de vente probable 42 000 − frais 6 000 = 36 0004 0006817 D / 39 C 4 000
Stock de matières au coût de 10 00010 000Valeur de remplacement 12 000AucunePas d'écriture (plus-value latente ignorée)
Créance de 6 000 TTC, perte probable 50 %6 0005 000 HT × 50 % récupérable2 500416 D / 411 C 6 000 ; 6817 D / 491 C 2 500

Confusions fréquentes

La dépréciation d'une créance se calcule sur le hors taxes
La TVA sera récupérée en cas de perte définitive ; déprécier le TTC surévalue la charge et est refusé fiscalement.
Ajuster, ne pas recréer
À la clôture N+1, on ne redote pas la dépréciation entière : on compare la dépréciation nécessaire à l'existante et on passe la différence, en dotation ou en reprise.
Jamais de dépréciation à la hausse ni forfaitaire
La valeur ne remonte que jusqu'au coût d'entrée, par reprise ; un pourcentage global appliqué à tout le stock ou à tous les clients n'est ni comptable ni déductible.

Les provisions pour risques et charges

La provision est un passif, c'est-à-dire une obligation de l'entreprise envers un tiers dont il est probable ou certain qu'elle provoquera une sortie de ressources sans contrepartie au moins équivalente, mais dont le montant ou l'échéance ne sont pas fixés de façon précise. Trois conditions doivent être réunies à la clôture : l'obligation existe, née d'un événement passé, un procès engagé, une garantie donnée, un plan de restructuration annoncé ; la sortie de ressources est probable ; son montant peut être estimé de façon fiable, par la meilleure estimation possible. Les provisions sont enregistrées dans les comptes 15, que le plan 2025 range en deux groupes : 151 Provisions pour risques, 1511 pour les litiges, 1512 pour les garanties données aux clients, 1514 pour les amendes et pénalités, 1515 pour les pertes de change, 1516 pour les pertes sur contrats ; 152 Provisions pour charges, 1521 pour les pensions et obligations similaires, 1522 pour les restructurations, 1523 pour les impôts, 1525 pour le gros entretien et les grandes révisions, 1527 pour les autres charges ; la dotation est une charge d'exploitation en 6815, financière en 6865 ou exceptionnelle en 6875 selon la nature du risque, et la reprise, en 7815, 7865 ou 7875, intervient lorsque le risque se réalise, la charge réelle étant alors enregistrée par nature, ou lorsqu'il disparaît. Au bilan, les provisions figurent au passif entre les capitaux propres et les dettes ; les provisions réglementées du compte 14, amortissements dérogatoires ou provision pour hausse des prix, ne couvrent aucun risque et sont classées dans les capitaux propres. Fiscalement, une provision n'est déductible que si la charge est probable, nettement précisée, individualisée, née dans l'exercice et comptabilisée ; les provisions pour amendes et pénalités ou pour indemnités de licenciement économique sont réintégrées, et l'administration vérifie que les provisions ne servent pas à lisser le résultat.

Pour distinguer les trois outils de l'inventaire : l'amortissement programme la consommation d'un actif ; la dépréciation constate sa perte de valeur imprévue ; la provision constate un passif probable. Toujours dire lequel s'applique avant de passer l'écriture.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La dépréciation d'une créance douteuse se calcule sur le montant hors taxes de la créance.Voir le corrigé

    Vrai

    La TVA collectée sera récupérée en cas de perte ; seul le hors taxes est en risque.

  2. 2.Un terrain dont la valeur a baissé est amorti sur la durée restante.Voir le corrigé

    Faux

    Un terrain n'est pas amortissable ; sa perte de valeur est constatée par une dépréciation (6816 / 2911), réversible.

  3. 3.Une dépréciation de stock peut être calculée par un pourcentage forfaitaire appliqué à l'ensemble du stock.Voir le corrigé

    Faux

    Elle doit être déterminée par catégorie ou article, en comparant le coût à la valeur actuelle ; le forfait est refusé comptablement et fiscalement.

  4. 4.Lorsqu'une créance devient irrécouvrable, la TVA collectée lors de la vente peut être récupérée.Voir le corrigé

    Vrai

    44571 débité de la TVA, 654 débité du hors taxes, 416 crédité du TTC ; la dépréciation est reprise.

  5. 5.Une provision pour risques doit correspondre à une obligation envers un tiers existant à la clôture.Voir le corrigé

    Vrai

    Avec une sortie de ressources probable et une évaluation fiable : les trois conditions des articles 322-1, 322-2 et 322-4 du PCG.

  6. 6.Les provisions figurent à l'actif du bilan, en déduction des créances.Voir le corrigé

    Faux

    Ce sont les dépréciations qui figurent à l'actif ; les provisions sont au passif, entre les capitaux propres et les dettes.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.