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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

L'exécution du contrat de travail : durée, rémunération, pouvoir de l'employeur

15 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

La durée légale du travail de 35 heures est une durée maximale.

Une fois conclu, le contrat de travail s'exécute dans un cadre que la loi, les conventions collectives et le contrat fixent : combien d'heures, pour quel salaire, sous quelle autorité. L'employeur dispose d'un pouvoir de direction, d'un pouvoir réglementaire et d'un pouvoir disciplinaire, mais il ne peut modifier unilatéralement le contrat, et il doit à ses salariés une obligation de sécurité. Le programme de B demande « l'exécution du contrat de travail » : durée du travail, congés, rémunération, pouvoirs de l'employeur, modification et suspension du contrat.

À retenir

  • Durée légale : 35 heures par semaine (L. 3121-27), au-delà desquelles les heures sont supplémentaires, majorées de 25 % pour les huit premières et de 50 % ensuite, sauf accord collectif fixant un taux d'au moins 10 % ; contingent annuel de 220 heures à défaut d'accord ; possibilité de repos compensateur. Durées maximales : 10 heures par jour, 48 heures par semaine, 44 heures en moyenne sur douze semaines ; repos quotidien de 11 heures, hebdomadaire de 35 heures consécutives, le dimanche en principe.
  • Congés payés : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables ou cinq semaines ; acquis dès le premier jour, y compris pendant les arrêts maladie depuis la loi de 2024 (deux jours par mois en maladie non professionnelle) ; jours fériés chômés selon les accords, le 1er mai seul obligatoirement chômé et payé.
  • Rémunération : fixée librement au-dessus du SMIC (revalorisé chaque 1er janvier et en cours d'année si l'inflation dépasse 2 %) et des minima conventionnels, avec égalité de rémunération entre femmes et hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale et interdiction des discriminations ; mensualisation, bulletin de paie obligatoire, paiement mensuel, prescription triennale des salaires ; participation et intéressement, épargne salariale.
  • Pouvoir de direction : l'employeur organise le travail, affecte les salariés et contrôle leur activité, dans la limite des droits et libertés (L. 1121-1) ; pouvoir réglementaire : le règlement intérieur, obligatoire à partir de 50 salariés, fixe les règles d'hygiène, de sécurité et de discipline, après consultation du CSE et transmission à l'inspection du travail ; pouvoir disciplinaire : sanctionner toute faute, par avertissement, mise à pied, mutation, rétrogradation ou licenciement, à l'exclusion des amendes et sanctions pécuniaires.
  • Procédure disciplinaire (L. 1332-1 s.) : information écrite pour un avertissement ; pour toute sanction ayant une incidence sur la présence, la fonction, la carrière ou la rémunération, convocation à un entretien préalable, entretien, notification motivée au plus tôt deux jours ouvrables et au plus tard un mois après ; prescription des faits fautifs de deux mois ; contrôle du juge sur la régularité, la réalité et la proportionnalité de la sanction.
  • Modification du contrat et changement des conditions de travail : la modification d'un élément essentiel (rémunération, qualification, durée du travail, lieu hors du secteur géographique, passage de jour en nuit) exige l'accord exprès du salarié, dont le refus n'est pas fautif ; le simple changement des conditions de travail (horaires dans la journée, tâches dans la qualification, mutation dans le même secteur) relève du pouvoir de direction, et le refus est fautif. Une procédure spéciale avec délai de réflexion d'un mois s'applique à la modification pour motif économique.
  • Suspension du contrat : maladie (indemnités journalières et complément employeur, protection contre le licenciement en cas d'accident du travail), maternité (16 semaines, 26 à partir du troisième enfant, protection contre le licenciement), paternité (25 jours), congé supplémentaire de naissance (un à deux mois par parent, ouvert depuis le 1er juillet 2026 pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2026), congés, grève, activité partielle. Obligation de sécurité de l'employeur (L. 4121-1) : prévention des risques, document unique, formation ; le salarié dispose d'un droit de retrait en cas de danger grave et imminent.

Le temps de travail et la rémunération

Les repères chiffrés de la durée du travail
RègleValeurSource et nuances
Durée légale hebdomadaire35 heuresL. 3121-27 ; seuil de déclenchement des heures supplémentaires
Majoration des heures supplémentaires25 % (8 premières), 50 % ensuiteUn accord peut fixer un taux d'au moins 10 % ; repos compensateur de remplacement possible
Durée maximale quotidienne10 heuresDérogations par accord ou autorisation jusqu'à 12 heures
Durée maximale hebdomadaire48 heures ; 44 heures en moyenne sur 12 semainesDirective européenne de 2003
Repos quotidien / hebdomadaire11 heures / 35 heures consécutivesRepos dominical de principe, dérogations encadrées
Congés payés2,5 jours ouvrables par mois, 30 jours par anAcquis pendant les arrêts maladie depuis 2024 ; fractionnement, ordre des départs
Temps partiel24 heures minimumSauf dérogations ; heures complémentaires majorées de 10 % puis 25 %

Le temps de travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ; il se distingue des astreintes, temps de trajet et pauses. La durée légale de 35 heures n'est pas une durée maximale mais un seuil : au-delà, les heures supplémentaires sont majorées et imputées sur un contingent annuel, et l'aménagement du temps de travail par accord permet de répartir les heures sur plusieurs semaines ou sur l'année ; les cadres autonomes peuvent relever d'un forfait en jours, dans la limite de 218 jours, sous réserve d'un suivi de la charge de travail. La rémunération est la contrepartie du travail : fixée librement au-dessus du SMIC et du minimum conventionnel, elle obéit à l'égalité de traitement, à travail égal salaire égal, et à l'égalité entre femmes et hommes, mesurée par l'index d'égalité professionnelle dans les entreprises d'au moins 50 salariés ; elle est due mensuellement, justifiée par un bulletin de paie, insaisissable dans une fraction, et se prescrit par trois ans.

Un employé à 35 heures travaille 43 heures une semaine : les huit heures supplémentaires sont payées avec une majoration de 25 %, soit l'équivalent de dix heures, sauf si l'accord d'entreprise prévoit un repos compensateur ou un taux différent, au moins 10 %.

Les pouvoirs de l'employeur

Le lien de subordination donne à l'employeur trois pouvoirs. Le pouvoir de direction lui permet d'organiser l'entreprise, de répartir le travail, de fixer les horaires et de contrôler l'activité, y compris par des dispositifs de surveillance, à condition qu'ils soient proportionnés, déclarés au CSE et portés à la connaissance des salariés. Le pouvoir réglementaire s'exerce par le règlement intérieur, obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés : il fixe les mesures d'hygiène et de sécurité, les règles de discipline et l'échelle des sanctions, rappelle les dispositions sur le harcèlement et peut prévoir une clause de neutralité ; il ne peut restreindre les libertés que par des mesures justifiées et proportionnées, et l'inspecteur du travail peut en exiger le retrait. Le pouvoir disciplinaire permet de sanctionner un comportement fautif : les sanctions vont de l'avertissement au licenciement, en passant par la mise à pied disciplinaire, la mutation et la rétrogradation, ces deux dernières supposant l'accord du salarié lorsqu'elles modifient le contrat ; les amendes et sanctions pécuniaires sont interdites, une même faute ne peut être sanctionnée deux fois, et les faits fautifs se prescrivent par deux mois à compter du jour où l'employeur en a eu connaissance.

La procédure disciplinaire
ÉtapeRègle
Avertissement ou sanction de même natureNotification écrite et motivée, sans entretien
Sanction lourde (mise à pied, rétrogradation, mutation, licenciement)Convocation écrite à un entretien préalable, avec objet, date, lieu et possibilité d'assistance
EntretienL'employeur indique le motif, recueille les explications ; le salarié est assisté par un membre du personnel
NotificationÉcrite et motivée, au plus tôt deux jours ouvrables après l'entretien, au plus tard un mois après
ContrôleLe conseil de prud'hommes vérifie la régularité, la réalité des faits et la proportionnalité ; il peut annuler la sanction, sauf le licenciement

Confusions fréquentes

Modification du contrat ou changement des conditions de travail
Baisser le salaire, changer la qualification, passer de jour en nuit ou muter hors du secteur géographique modifie le contrat : accord exprès du salarié requis, son refus n'est pas une faute. Changer l'horaire dans la journée, confier d'autres tâches dans la qualification ou muter dans le même bassin relève du pouvoir de direction : le refus est fautif.
Pas d'amende, pas de double sanction
Retenir sur salaire à titre de punition est interdit et pénalement sanctionné ; la retenue pour absence non travaillée n'est pas une sanction. Une faute déjà sanctionnée ne peut pas l'être à nouveau, mais peut être invoquée à l'appui d'une sanction pour une faute nouvelle dans les trois ans.

Suspension du contrat et obligation de sécurité

Le contrat est suspendu, sans être rompu, dans de nombreuses situations : maladie ou accident, le salarié percevant des indemnités journalières de la sécurité sociale complétées par l'employeur sous condition d'ancienneté ; maternité, seize semaines dont six avant l'accouchement, portées à vingt-six à partir du troisième enfant, avec interdiction de licencier pendant la grossesse, le congé et les dix semaines qui suivent, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat sans lien avec l'état de la salariée ; paternité et accueil de l'enfant, vingt-cinq jours, auxquels s'ajoute depuis le 1er juillet 2026 le congé supplémentaire de naissance, d'un à deux mois pour chaque parent, créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; congés payés, congé parental, congés de formation ; grève ; activité partielle. La suspension pour accident du travail ou maladie professionnelle interdit le licenciement, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat, et ouvre droit à réintégration ou reclassement. L'employeur est tenu d'une obligation de sécurité : il prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés, actions de prévention, d'information et de formation, organisation et moyens adaptés, consignées dans le document unique d'évaluation des risques ; le manquement engage sa responsabilité, et la faute inexcusable majore la réparation des accidents du travail. Le salarié peut, de son côté, se retirer d'une situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, sans sanction ni retenue.

En QRC, « le pouvoir disciplinaire de l'employeur » attend une définition (sanctionner un comportement fautif), l'échelle des sanctions et les interdits (amende, discrimination, double sanction), la procédure et le contrôle du juge. « La modification du contrat » attend la distinction avec le changement des conditions de travail et deux exemples de chaque côté.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.La durée légale du travail de 35 heures est une durée maximale.Voir le corrigé

    Faux

    C'est un seuil de déclenchement des heures supplémentaires ; les maxima sont de 10 heures par jour et 48 heures par semaine.

  2. 2.Un employeur peut infliger une amende à un salarié fautif si le règlement intérieur le prévoit.Voir le corrigé

    Faux

    Les amendes et sanctions pécuniaires sont interdites (L. 1331-2), quel que soit le support qui les prévoirait.

  3. 3.Les faits fautifs se prescrivent par deux mois à compter du jour où l'employeur en a eu connaissance.Voir le corrigé

    Vrai

    Article L. 1332-4 ; passé ce délai, aucune poursuite disciplinaire ne peut être engagée, sauf poursuites pénales.

  4. 4.Le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif.Voir le corrigé

    Vrai

    Soit cinq semaines par an ; depuis 2024, les arrêts maladie ouvrent aussi des droits (deux jours par mois pour la maladie non professionnelle).

  5. 5.Une mutation dans le même secteur géographique constitue une modification du contrat exigeant l'accord du salarié.Voir le corrigé

    Faux

    C'est un simple changement des conditions de travail relevant du pouvoir de direction, sauf clause contractuelle de lieu ; le refus est fautif.

  6. 6.Le règlement intérieur est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés.Voir le corrigé

    Vrai

    Seuil relevé de 20 à 50 salariés en 2020 ; son contenu est limité à l'hygiène, la sécurité et la discipline.

Textes de référence

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