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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Le contrat de travail : formation, CDI, CDD, période d'essai

14 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

Le contrat à durée déterminée est la forme normale de la relation de travail.

Le contrat de travail est le contrat par lequel une personne s'engage à travailler pour le compte et sous la direction d'une autre, moyennant rémunération. Le lien de subordination en est le critère : c'est lui qui distingue le salarié du travailleur indépendant et qui déclenche l'application du Code du travail, de la protection sociale et de la compétence du conseil de prud'hommes. Le programme de B, sous « le contrat de travail », demande la formation du contrat, ses formes, contrat à durée indéterminée, à durée déterminée, intérim, temps partiel, la période d'essai et les principales clauses.

À retenir

  • Trois éléments : une prestation de travail, une rémunération, un lien de subordination, défini par la Cour de cassation (Société Générale, 1996) comme l'exécution d'un travail sous l'autorité d'un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner les manquements. La qualification ne dépend ni de la volonté des parties ni du nom donné au contrat : le juge requalifie (chauffeurs de plateformes, Uber 2020).
  • Le contrat à durée indéterminée est la forme normale et générale de la relation de travail (L. 1221-2) ; il peut être verbal, même si un écrit ou une lettre d'embauche est d'usage et si une directive européenne impose l'information écrite du salarié sur les éléments essentiels.
  • Le contrat à durée déterminée est l'exception : il ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise ; cas de recours limitatifs (L. 1242-2 : remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emplois saisonniers ou d'usage, CDD senior, à objet défini) ; écrit obligatoire remis dans les deux jours, avec motif précis, sous peine de requalification en CDI.
  • Durée du CDD : dix-huit mois en principe, renouvellements compris, deux renouvellements possibles, avec des exceptions (remplacement jusqu'au retour du salarié, neuf mois dans l'attente d'une embauche, vingt-quatre mois à l'étranger) ; délai de carence entre deux CDD sur le même poste ; indemnité de fin de contrat de 10 % de la rémunération brute, sauf saisonnier, usage, étudiant, ou embauche en CDI.
  • Le travail temporaire (intérim) met en relation trois personnes : l'entreprise de travail temporaire, employeur du salarié par un contrat de mission, et l'entreprise utilisatrice, liée à la première par un contrat de mise à disposition ; mêmes cas de recours que le CDD, indemnité de fin de mission, égalité de rémunération avec les salariés de l'utilisatrice.
  • Période d'essai (L. 1221-19 s.) : elle n'est pas présumée, doit être écrite, et permet à chacun de rompre librement sans motif ni indemnité, moyennant un délai de prévenance ; durées maximales de deux mois pour les ouvriers et employés, trois pour les agents de maîtrise et techniciens, quatre pour les cadres, renouvelable une fois si un accord de branche étendu le prévoit ; dans un CDD, un jour par semaine dans la limite de deux semaines (contrat de six mois au plus) ou d'un mois.
  • Formalités et clauses : déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de l'URSSAF, visite d'information et de prévention, affiliation ; interdiction des discriminations à l'embauche (L. 1132-1) et des questions sans lien avec l'emploi ; clause de non-concurrence valable si elle est indispensable aux intérêts légitimes de l'entreprise, limitée dans le temps et l'espace, tient compte des spécificités de l'emploi et comporte une contrepartie financière (Cass. soc., 10 juillet 2002) ; clauses de mobilité, de dédit-formation, d'exclusivité, sous contrôle du juge.

Définir le contrat de travail : le lien de subordination

Le Code du travail ne définit pas le contrat de travail ; la jurisprudence retient trois éléments : une prestation de travail, une rémunération et un lien de subordination juridique, caractérisé par l'exécution d'un travail sous l'autorité d'un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné. L'existence d'une relation de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties ni de la dénomination de leur convention, mais des conditions de fait dans lesquelles l'activité est exercée : un contrat de « prestation de services » conclu avec un auto-entrepreneur peut être requalifié en contrat de travail si le donneur d'ordre dirige, contrôle et sanctionne. La présomption de non-salariat des travailleurs indépendants immatriculés (L. 8221-6) peut être renversée par cette preuve. La qualification emporte l'application du Code du travail, des conventions collectives, du régime général de sécurité sociale et la compétence du conseil de prud'hommes.

Un chauffeur inscrit sur une plateforme de VTC ne choisit pas ses tarifs, reçoit des courses attribuées par un algorithme qu'il ne peut pas refuser sans pénalité et peut être déconnecté : la Cour de cassation a jugé en 2020 que ces éléments caractérisent un lien de subordination et requalifié la relation en contrat de travail.

CDI, CDD, intérim, temps partiel

Les formes du contrat de travail
ContratCas de recoursFormeFinParticularités
CDIForme normale : tout emploiÉcrit non obligatoire (information écrite due)Licenciement, démission, rupture conventionnelle, retraitePériode d'essai possible si écrite
CDDRemplacement, accroissement temporaire, saisonnier, usage, senior, objet définiÉcrit avec motif, transmis sous 2 joursTerme ; rupture anticipée limitée18 mois max, 2 renouvellements, indemnité de fin de contrat 10 %, carence
IntérimMêmes cas que le CDDContrat de mission (ETT-salarié) et contrat de mise à disposition (ETT-utilisatrice)Terme de la missionIndemnité de fin de mission 10 %, égalité de traitement
Temps partielDurée inférieure à la durée légale ou conventionnelleÉcrit mentionnant durée et répartitionComme le CDI ou le CDD24 heures hebdomadaires minimum sauf dérogations ; heures complémentaires majorées
Apprentissage, professionnalisationFormation en alternanceÉcrit, dépôt auprès de l'opérateur de compétencesTerme ou obtention du diplômeRémunération en pourcentage du SMIC selon l'âge

Le CDD est strictement encadré parce qu'il déroge à la norme du CDI. Il doit être conclu pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire, dans l'un des cas énumérés par la loi, et jamais pour remplacer un salarié gréviste ni pour des travaux dangereux. Il comporte un terme précis ou, pour le remplacement et les emplois saisonniers ou d'usage, une durée minimale sans terme précis. Le défaut d'écrit, de motif, le dépassement de la durée ou la succession irrégulière entraînent la requalification en CDI par le conseil de prud'hommes, avec une indemnité d'au moins un mois de salaire. Le salarié en CDD a les mêmes droits que les autres, à proportion de sa présence, et perçoit à l'issue une indemnité de fin de contrat de 10 % de sa rémunération brute totale, sauf exceptions.

Confusions fréquentes

Un CDD sans écrit est réputé conclu pour une durée indéterminée
L'écrit est une condition de validité du CDD, pas seulement de preuve ; sa transmission tardive au-delà de deux jours ouvrables ouvre droit à une indemnité d'un mois de salaire au plus, mais n'emporte plus requalification depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017 (L. 1245-1).
Dix-huit mois, ce n'est pas toujours la limite
Le CDD de remplacement peut courir jusqu'au retour de l'absent ; le CDD à objet défini dure de dix-huit à trente-six mois ; un accord de branche peut fixer une autre durée et un autre nombre de renouvellements depuis 2017.
L'intérimaire n'est pas le salarié de l'entreprise où il travaille
Son employeur est l'entreprise de travail temporaire ; l'entreprise utilisatrice n'exerce que le pouvoir de direction pendant la mission et est responsable des conditions de travail.

Période d'essai et clauses particulières

La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié dans son travail et au salarié d'apprécier si les fonctions lui conviennent. Elle ne se présume pas : elle doit être expressément stipulée dans la lettre d'engagement ou le contrat, avec sa durée. Celle-ci ne peut excéder deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les agents de maîtrise et techniciens, quatre mois pour les cadres, durées renouvelables une fois si un accord de branche étendu le permet et si le salarié y consent expressément en cours d'essai. Pendant l'essai, chaque partie peut rompre sans motif et sans indemnité, en respectant un délai de prévenance (de vingt-quatre heures à un mois pour l'employeur selon l'ancienneté, vingt-quatre à quarante-huit heures pour le salarié), la rupture par l'employeur ne devant pas reposer sur un motif discriminatoire ni étranger à l'évaluation. Quant aux clauses, la clause de non-concurrence, qui interdit au salarié après la rupture d'exercer une activité concurrente, n'est licite que si elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, limitée dans le temps et dans l'espace, tient compte des spécificités de l'emploi et comporte une contrepartie financière ; la clause de mobilité doit définir précisément sa zone géographique ; la clause de dédit-formation doit correspondre à des frais réels excédant les obligations légales ; la clause d'exclusivité est réservée aux temps pleins et justifiée par la nature de la tâche.

En QRC, « le CDD » ou « la période d'essai » sont des questions de définition-conditions-régime : dire d'abord le principe (le CDI est la norme, l'essai ne se présume pas), puis les conditions (cas de recours, écrit, durée), puis le régime (requalification, rupture libre). Les chiffres attendus sont peu nombreux : 18 mois, 2 renouvellements, 10 %, 2-3-4 mois.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Le contrat à durée déterminée est la forme normale de la relation de travail.Voir le corrigé

    Faux

    C'est le CDI (L. 1221-2) ; le CDD n'est possible que dans les cas prévus par la loi, pour une tâche précise et temporaire.

  2. 2.Un CDD doit être écrit et mentionner le motif de recours.Voir le corrigé

    Vrai

    À défaut, il est réputé conclu pour une durée indéterminée ; l'écrit doit être transmis au salarié dans les deux jours ouvrables.

  3. 3.La période d'essai est présumée dans tout contrat de travail.Voir le corrigé

    Faux

    Elle doit être expressément stipulée, avec sa durée, dans le contrat ou la lettre d'engagement.

  4. 4.Le lien de subordination est le critère distinctif du contrat de travail.Voir le corrigé

    Vrai

    Il combine le pouvoir de donner des ordres, de contrôler et de sanctionner ; la qualification ne dépend pas du nom donné au contrat.

  5. 5.Une clause de non-concurrence est valable sans contrepartie financière si elle est limitée à un an.Voir le corrigé

    Faux

    Depuis 2002, la contrepartie financière est une condition de validité, avec la limitation dans le temps et l'espace et l'intérêt légitime de l'entreprise.

  6. 6.L'intérimaire est salarié de l'entreprise de travail temporaire.Voir le corrigé

    Vrai

    Il est lié à l'ETT par un contrat de mission ; l'entreprise utilisatrice exerce seulement le pouvoir de direction pendant la mission.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.