L'échéance du contrat : licenciement, démission, rupture conventionnelle
16 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques
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La faute grave prive le salarié de l'indemnité de licenciement et du préavis.
Le contrat à durée indéterminée peut prendre fin à l'initiative de l'employeur, le licenciement, du salarié, la démission, ou d'un commun accord, la rupture conventionnelle créée en 2008 ; le contrat à durée déterminée s'achève à son terme. Le droit du licenciement, né de la loi du 13 juillet 1973, repose sur deux exigences : une cause réelle et sérieuse et une procédure. Le programme de B, sous « l'échéance du contrat de travail », demande les modes de rupture, leurs conditions, leurs conséquences et le contentieux, marqué depuis 2017 par le barème des indemnités.
À retenir
- Licenciement pour motif personnel : il doit reposer sur une cause réelle (existante, exacte, objective) et sérieuse (d'une gravité suffisante), inhérente à la personne du salarié : faute simple, grave (rend impossible le maintien dans l'entreprise, prive du préavis et de l'indemnité de licenciement) ou lourde (commise avec l'intention de nuire ; elle prive des mêmes droits que la faute grave, mais plus de l'indemnité compensatrice de congés payés depuis 2016), insuffisance professionnelle, inaptitude médicalement constatée avec impossibilité de reclassement, trouble objectif causé par un fait de la vie personnelle.
- Licenciement pour motif économique (L. 1233-3) : motif non inhérent à la personne, résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification refusée d'un élément essentiel du contrat, consécutives à des difficultés économiques (baisse des commandes ou du chiffre d'affaires pendant un à quatre trimestres selon l'effectif), à des mutations technologiques, à une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ou à la cessation d'activité ; obligation préalable d'adaptation et de reclassement ; critères d'ordre des licenciements ; plan de sauvegarde de l'emploi si au moins dix licenciements en trente jours dans une entreprise d'au moins 50 salariés ; contrat de sécurisation professionnelle dans les entreprises de moins de 1 000 salariés.
- Procédure : convocation à un entretien préalable par lettre recommandée ou remise en main propre, au moins cinq jours ouvrables avant ; entretien avec assistance possible ; notification par lettre recommandée motivée au plus tôt deux jours ouvrables après l'entretien, le motif pouvant être précisé dans les quinze jours ; préavis d'un mois entre six mois et deux ans d'ancienneté, deux mois au-delà, sauf faute grave ou lourde ; indemnité légale de licenciement dès huit mois d'ancienneté, un quart de mois de salaire par année jusqu'à dix ans, un tiers au-delà ; documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail, solde de tout compte.
- Contentieux devant le conseil de prud'hommes dans les douze mois : licenciement sans cause réelle et sérieuse, indemnité selon le barème de l'article L. 1235-3 (ordonnances de 2017, validé par la Cour de cassation en 2022 : de un à vingt mois de salaire selon l'ancienneté) ; licenciement nul (discrimination, harcèlement, salariée enceinte, gréviste, salarié protégé sans autorisation, lanceur d'alerte) : réintégration ou indemnité d'au moins six mois de salaire, hors barème ; irrégularité de procédure : un mois de salaire au plus.
- Démission : manifestation d'une volonté claire et non équivoque de rompre, sans motif ni forme, avec préavis conventionnel ; elle n'ouvre pas droit à l'assurance chômage sauf démission légitime ou projet de reconversion ; depuis 2022, l'abandon de poste non justifié après mise en demeure fait présumer la démission ; la démission donnée sous la pression ou avec des griefs peut être requalifiée en prise d'acte.
- Rupture conventionnelle (loi du 25 juin 2008) : accord des parties sur la rupture d'un CDI, après un ou plusieurs entretiens, formalisé par une convention fixant la date et l'indemnité spécifique, au moins égale à l'indemnité légale de licenciement ; délai de rétractation de quinze jours calendaires, puis homologation par la DREETS dans les quinze jours ouvrables, autorisation de l'inspecteur pour un salarié protégé ; ouvre droit à l'assurance chômage ; contestation dans les douze mois ; rupture conventionnelle collective par accord depuis 2017.
- Autres modes : prise d'acte par le salarié en raison de manquements graves de l'employeur (produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse si les griefs sont fondés, d'une démission sinon), résiliation judiciaire demandée au juge, départ volontaire à la retraite et mise à la retraite à 70 ans, force majeure, décès ; fin du CDD à son terme, rupture anticipée limitée aux cas légaux, et indemnité de fin de contrat.
Le licenciement : cause et procédure
| Motif | Contenu | Préavis | Indemnité de licenciement |
|---|---|---|---|
| Faute simple | Manquement justifiant la rupture sans rendre impossible le maintien | Oui | Oui |
| Faute grave | Manquement rendant impossible le maintien du salarié dans l'entreprise (absences injustifiées répétées, insubordination, vol) | Non | Non |
| Faute lourde | Faute grave commise avec l'intention de nuire à l'employeur | Non | Non ; responsabilité civile du salarié possible |
| Insuffisance professionnelle | Incapacité à exécuter correctement les tâches, non fautive | Oui | Oui |
| Inaptitude | Constatée par le médecin du travail, avec impossibilité de reclassement | Non (indemnité compensatrice si origine professionnelle) | Oui, doublée si origine professionnelle |
| Motif économique | Suppression ou transformation d'emploi, modification refusée, pour difficultés, mutations, réorganisation ou cessation | Oui | Oui ; CSP ou congé de reclassement |
Tout licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse : réelle, c'est-à-dire fondée sur des faits existants, exacts et objectifs, et non sur des soupçons ou des considérations subjectives ; sérieuse, c'est-à-dire d'une gravité suffisante pour rendre la rupture nécessaire. Le juge en contrôle la réalité et le sérieux, et le doute profite au salarié. La procédure est la même pour tous les motifs : convocation à un entretien préalable, par lettre recommandée ou remise contre décharge, mentionnant l'objet, la date, l'heure, le lieu et la faculté de se faire assister, cinq jours ouvrables au moins avant l'entretien ; entretien au cours duquel l'employeur expose les motifs et recueille les explications ; notification par lettre recommandée avec accusé de réception, au plus tôt deux jours ouvrables après l'entretien, énonçant les motifs, qui fixent les limites du litige mais peuvent être précisés dans les quinze jours. Le licenciement économique ajoute la consultation du CSE, la recherche de reclassement, l'ordre des licenciements, l'information de l'administration et, dans les grandes entreprises, le plan de sauvegarde de l'emploi. Le salarié licencié a droit, sauf faute grave ou lourde, à un préavis et à l'indemnité de licenciement, et, dans tous les cas, à l'indemnité compensatrice de congés payés et aux documents de fin de contrat.
Un vendeur avec quatre ans d'ancienneté est licencié pour insuffisance de résultats, sans objectif fixé ni formation : la cause n'est pas sérieuse. Le conseil de prud'hommes alloue une indemnité comprise, selon le barème, entre trois et cinq mois de salaire, en plus du préavis et de l'indemnité légale déjà versés.
Le contentieux du licenciement
Le salarié dispose de douze mois pour contester son licenciement devant le conseil de prud'hommes. Si le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse, le juge peut proposer la réintégration ; à défaut, il alloue une indemnité fixée dans les limites du barème de l'article L. 1235-3, issu des ordonnances de 2017 : un minimum et un maximum exprimés en mois de salaire brut selon l'ancienneté, de un à vingt mois, avec des planchers réduits dans les entreprises de moins de onze salariés. Ce barème, dont la conformité aux conventions internationales a été contestée, a été validé par la Cour de cassation en 2022. Il est écarté lorsque le licenciement est nul, parce qu'il viole une liberté fondamentale, résulte d'une discrimination ou d'un harcèlement, frappe une salariée enceinte, un salarié en congé de maternité ou de paternité, un accidenté du travail, un gréviste, un lanceur d'alerte ou un salarié protégé sans autorisation de l'inspection du travail : le salarié peut alors exiger sa réintégration ou obtenir une indemnité d'au moins six mois de salaire, sans plafond. L'irrégularité de procédure seule donne lieu à une indemnité d'un mois de salaire au plus, et l'employeur peut être condamné à rembourser à France Travail les allocations versées.
Confusions fréquentes
- Faute grave et faute lourde : ce qu'elles font perdre
- La faute grave prive du préavis et de l'indemnité de licenciement ; la faute lourde, qui suppose l'intention de nuire, ajoute la possibilité d'engager la responsabilité civile du salarié. Depuis 2016, elle ne prive plus de l'indemnité de congés payés. Ni l'une ni l'autre ne prive du chômage.
- Le barème ne s'applique pas au licenciement nul
- C'est la première chose à vérifier dans un cas : discrimination, harcèlement, grossesse, grève, salarié protégé. La nullité donne droit à la réintégration ou à six mois de salaire minimum, sans plafond.
- Rupture conventionnelle et transaction ne sont pas la même chose
- La rupture conventionnelle est un mode de rupture, homologué par l'administration ; la transaction est un contrat qui règle, après la rupture, un litige sur ses conséquences, par des concessions réciproques. On peut transiger après une rupture conventionnelle sur un point distinct.
Démission, rupture conventionnelle et autres modes
| Mode | Conditions | Effets | Chômage |
|---|---|---|---|
| Démission | Volonté claire et non équivoque ; pas de motif ; préavis conventionnel ou d'usage | Rupture ; pas d'indemnité sauf congés payés | Non, sauf démission légitime (suivre son conjoint, violences...) ou projet de reconversion validé |
| Présomption de démission (2022) | Abandon de poste volontaire, mise en demeure de reprendre restée sans effet dans le délai fixé (15 jours au moins) | Démission présumée ; contestation devant le juge | Non |
| Rupture conventionnelle (2008) | Accord des parties, entretien(s), convention, rétractation 15 jours, homologation DREETS 15 jours ouvrables | Rupture à la date convenue ; indemnité spécifique au moins égale à l'indemnité légale | Oui |
| Prise d'acte | Manquements suffisamment graves de l'employeur empêchant la poursuite du contrat | Rupture immédiate ; effets d'un licenciement sans cause si fondée, d'une démission sinon | Selon la qualification retenue |
| Résiliation judiciaire | Demande au conseil de prud'hommes pour manquements graves | Le contrat se poursuit jusqu'au jugement ; effets d'un licenciement sans cause si prononcée | Oui si prononcée |
| Retraite | Départ volontaire ; mise à la retraite possible à 70 ans (avant, avec accord du salarié dès 67 ans) | Indemnité de départ ou de mise à la retraite | Sans objet |
La rupture conventionnelle, créée par la loi du 25 juin 2008, permet à l'employeur et au salarié en CDI de convenir des conditions de la rupture, hors de tout licenciement ou démission. Elle suppose au moins un entretien, au cours duquel chacun peut être assisté, puis la signature d'une convention fixant la date de rupture et le montant de l'indemnité spécifique, qui ne peut être inférieur à l'indemnité légale de licenciement ; chaque partie dispose ensuite de quinze jours calendaires pour se rétracter, après quoi la convention est adressée à l'administration, qui dispose de quinze jours ouvrables pour l'homologuer, son silence valant homologation ; pour un salarié protégé, l'autorisation de l'inspecteur du travail remplace l'homologation. Elle ouvre droit à l'assurance chômage et supporte, pour l'employeur, une contribution de 40 % sur la part d'indemnité exonérée de cotisations depuis le 1er janvier 2026 (30 % de septembre 2023 à fin 2025). Le consentement doit être libre : la rupture conclue dans un contexte de harcèlement ou avec un salarié dont le consentement est vicié est annulée, et elle est contestée dans les douze mois. Depuis 2017, un accord collectif peut organiser une rupture conventionnelle collective, avec départs volontaires et validation par l'administration.
Pour une QRC « comparez le licenciement et la rupture conventionnelle » : initiative (unilatérale / commune), motif (cause réelle et sérieuse / aucun), procédure (entretien-notification / entretien-convention-rétractation-homologation), indemnités (légale, plus barème en cas de contentieux / au moins l'indemnité légale), chômage (oui / oui), contestation (douze mois dans les deux cas). Un critère par ligne, et la comparaison est faite.
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1.La faute grave prive le salarié de l'indemnité de licenciement et du préavis.Voir le corrigé
Vrai
Elle rend impossible le maintien dans l'entreprise ; la faute lourde ajoute l'intention de nuire, mais ne prive plus des congés payés depuis 2016.
2.Le délai de rétractation de la rupture conventionnelle est de quinze jours calendaires.Voir le corrigé
Vrai
À compter de la signature de la convention ; l'homologation par la DREETS intervient ensuite dans les quinze jours ouvrables.
3.Une démission pour projet de reconversion validé n'ouvre pas droit à l'assurance chômage.Voir le corrigé
Faux
La démission n'ouvre en principe pas droit à l'assurance chômage, sauf démission légitime ou projet de reconversion validé : dans ce dernier cas, l'indemnisation est possible.
4.Le barème des indemnités s'applique au licenciement nul pour discrimination.Voir le corrigé
Faux
La nullité écarte le barème : réintégration ou indemnité d'au moins six mois de salaire, sans plafond.
5.Depuis 2022, l'abandon de poste non justifié après mise en demeure fait présumer la démission.Voir le corrigé
Vrai
Loi du 21 décembre 2022 (L. 1237-1-1) ; le salarié peut contester devant le conseil de prud'hommes, qui statue dans un mois.
6.Le préavis de licenciement est de deux mois dès six mois d'ancienneté.Voir le corrigé
Faux
Un mois entre six mois et deux ans d'ancienneté, deux mois au-delà, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
Textes de référence
- Code du travail — Légifrance (nouvel onglet)
- Programme de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe de contrôleur des finances publiques (QCM et cinq options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
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