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Fiche de coursOption de QRC — catégories B et A

Mariage, régimes matrimoniaux, PACS et concubinage

15 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

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Vrai ou faux ?

À défaut de contrat de mariage, les époux sont soumis au régime de la séparation de biens.

Le droit français connaît trois façons de vivre en couple : le mariage, institution la plus complète ; le pacte civil de solidarité, contrat créé en 1999 ; le concubinage, union de fait que le Code civil se borne à définir. Le programme de A demande de connaître les conditions et les effets de chacun, ainsi que les régimes matrimoniaux qui organisent les biens des époux. La QRC 2026 de droit privé portait sur les droits et obligations des partenaires d'un PACS : la comparaison des trois unions, effet par effet, est l'exercice type.

À retenir

  • Mariage, conditions de fond : deux personnes de sexe différent ou de même sexe (loi du 17 mai 2013), âgées de 18 ans (dispense du procureur pour motif grave), consentement libre et éclairé, absence de mariage antérieur non dissous (bigamie interdite) et de lien de parenté ou d'alliance prohibé. Conditions de forme : publication des bans dix jours, célébration publique par l'officier d'état civil en présence de témoins.
  • Effets personnels du mariage : devoirs réciproques de respect, fidélité, secours et assistance (art. 212), communauté de vie (art. 215), direction conjointe de la famille, contribution aux charges du mariage à proportion des facultés (art. 214), solidarité des dettes ménagères (art. 220, sauf dépenses manifestement excessives), protection du logement familial qui ne peut être vendu sans l'accord des deux (art. 215, al. 3).
  • Régime matrimonial : à défaut de contrat, la communauté réduite aux acquêts (art. 1400 s.) ; biens propres (acquis avant le mariage, reçus par succession ou donation) et biens communs (acquis à titre onéreux pendant le mariage, gains et salaires). Régimes conventionnels par contrat notarié : séparation de biens, participation aux acquêts, communauté universelle. Changement possible par acte notarié, sans condition de délai depuis 2019.
  • PACS : contrat conclu par deux personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune (art. 515-1) ; enregistré en mairie ou devant notaire ; exclu entre proches parents et pour les personnes déjà mariées ou pacsées.
  • Effets du PACS : vie commune, assistance réciproque et aide matérielle proportionnelle aux facultés sauf convention contraire, solidarité des dettes de la vie courante (sauf dépenses manifestement excessives), séparation des patrimoines par défaut depuis 2007 avec option pour l'indivision des acquêts ; imposition commune ; mais aucune vocation successorale sans testament, pas de nom d'usage automatique, pas de pension de réversion.
  • Dissolution du PACS : par déclaration conjointe, par décision unilatérale signifiée à l'autre, par mariage de l'un des partenaires, ou par décès ; aucune prestation compensatoire, mais réparation possible d'un préjudice.
  • Concubinage (art. 515-8) : union de fait, caractérisée par une vie commune stable et continue entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe. Presque aucun effet : pas de solidarité, pas d'obligation de secours, pas de succession, rupture libre ; quelques droits ponctuels (transfert du bail, protection sociale, indemnisation du préjudice en cas de décès accidentel).

Le mariage : conditions et effets

Le mariage est un acte juridique solennel entre deux personnes, célébré par l'officier de l'état civil. Ses conditions de fond protègent le consentement : majorité, absence de vice, absence d'empêchement (bigamie, inceste), et le mariage de complaisance, sans intention matrimoniale, est nul. La nullité peut être relative (vice du consentement, invoquée par l'époux) ou absolue (bigamie, défaut de célébration, invoquée par tout intéressé, y compris le ministère public, dans les trente ans). Le mariage crée des devoirs réciproques : fidélité, secours, assistance, respect, communauté de vie ; et un régime primaire impératif, applicable quel que soit le régime matrimonial : contribution aux charges, solidarité ménagère, protection du logement familial, liberté professionnelle et bancaire de chaque époux, mesures de crise autorisées par le juge.

Les régimes matrimoniaux
RégimeComment on y entreCe qui appartient à quiPour qui
Communauté réduite aux acquêts (légal)Sans contratPropres : biens d'avant le mariage, successions et donations. Communs : acquisitions à titre onéreux et revenus pendant le mariageLa majorité des couples
Séparation de biensContrat notariéChacun reste propriétaire de ce qu'il acquiert ; indivision pour les achats en communÉpoux exerçant une activité à risque, patrimoines inégaux
Participation aux acquêtsContrat notariéSéparation pendant le mariage, partage de l'enrichissement à la dissolutionCompromis rare
Communauté universelleContrat notariéBiens présents et à venir communs, sauf propres par nature à défaut de stipulation contraire ; attribution intégrale au survivant possibleCouples âgés sans enfant d'une autre union

Mariés sans contrat, Léa et Karim achètent une maison avec leurs salaires : elle est commune. L'appartement que Léa a hérité de sa grand-mère reste propre. Karim ne peut pas vendre la maison seul ; il ne pourrait pas non plus, même seul locataire, résilier le bail du logement familial sans l'accord de Léa.

Le pacte civil de solidarité

Le PACS est un contrat par lequel deux personnes physiques majeures organisent leur vie commune (art. 515-1). Il est enregistré, depuis 2017, par l'officier de l'état civil de la commune de résidence commune, ou par un notaire, et mentionné en marge des actes de naissance. Les partenaires s'engagent à une vie commune, à une aide matérielle proportionnelle à leurs facultés sauf convention contraire et à une assistance réciproque ; ils sont solidaires des dettes contractées par l'un pour les besoins de la vie courante, hors dépenses manifestement excessives ; sans accord des deux, les achats à tempérament et les emprunts sont exclus, sauf emprunts modestes nécessaires à la vie courante et au cumul non excessif. Leurs biens restent séparés, sauf option pour l’indivision des acquêts acquis ensemble ou séparément après son enregistrement, sous les exceptions de l’article 515-5-2. Fiscalement, ils font une déclaration commune. En revanche, le partenaire survivant n'hérite pas sans testament, même s'il est exonéré de droits de succession, et il ne bénéficie pas de la pension de réversion ; le partenaire ne prend pas de nom d'usage. Le PACS se dissout par déclaration conjointe, par décision unilatérale signifiée par commissaire de justice, par le mariage ou le décès de l'un des partenaires, sans juge ni prestation compensatoire.

Confusions fréquentes

Le PACS ne fait pas hériter
Sans testament, le partenaire survivant ne reçoit rien de la succession, alors que l’époux survivant a vocation à hériter. La vocation successorale distingue les deux unions.
Solidarité des dettes : mêmes mots, même limite
Époux (art. 220) comme partenaires (art. 515-4) sont solidaires des dettes de la vie courante ; la solidarité cesse pour les dépenses manifestement excessives et, sauf accord des deux, pour les achats à tempérament et les emprunts, sauf sommes modestes nécessaires à la vie courante dont le cumul reste non excessif.
Depuis 2007, le PACS est séparatiste
Le régime par défaut est la séparation des patrimoines ; l'indivision par moitié n'est plus que sur option. Une réponse qui décrit l'indivision présumée est périmée.

Le concubinage

Le concubinage est « une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple » (art. 515-8, issu de la loi de 1999). Cette définition est presque tout ce que le Code en dit : pas de devoir de fidélité, de secours ou de contribution ; pas de solidarité des dettes ; pas de régime des biens, chacun restant propriétaire de ce qu'il acquiert, l'indivision ne naissant que d'achats communs ; pas de vocation successorale, et des droits de succession de 60 % en cas de legs ; rupture libre, l'abus seul ouvrant droit à réparation. Quelques textes spéciaux reconnaissent la vie commune : transfert du bail au concubin notoire d'un an, réparation du préjudice moral en cas de décès accidentel, prise en compte pour certaines prestations sociales. La qualité d'ayant droit à l'assurance maladie, elle, a disparu pour les adultes avec la protection universelle maladie (période transitoire achevée le 31 décembre 2019).

Pour comparer les trois unions en vingt lignes, prendre cinq critères et les traverser : formation (officier d'état civil / enregistrement / rien), devoirs (fidélité et secours / aide et assistance / rien), dettes (solidarité / solidarité / non), biens (régime matrimonial / séparation / indivision de fait), rupture et succession (divorce et héritage / dissolution libre et pas d'héritage / rien). Un tableau mental, cinq phrases.

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.À défaut de contrat de mariage, les époux sont soumis au régime de la séparation de biens.Voir le corrigé

    Faux

    Le régime légal est la communauté réduite aux acquêts ; la séparation de biens exige un contrat notarié.

  2. 2.Le partenaire de PACS survivant hérite de son partenaire même sans testament.Voir le corrigé

    Faux

    Le PACS ne crée aucune vocation successorale ; seul un testament permet au partenaire d'hériter, alors exonéré de droits.

  3. 3.Les partenaires de PACS sont solidaires des dettes contractées pour les besoins de la vie courante.Voir le corrigé

    Vrai

    Article 515-4 : dépenses manifestement excessives exclues ; sans accord des deux, achats à tempérament et emprunts exclus, sauf emprunts modestes nécessaires à la vie courante et au cumul non excessif.

  4. 4.Un époux peut vendre seul le logement de la famille dont il est l'unique propriétaire.Voir le corrigé

    Faux

    L'article 215, alinéa 3, exige le consentement des deux époux pour disposer du logement familial, même s'il est un bien propre de l'un d'eux.

  5. 5.Le concubinage est défini par le Code civil.Voir le corrigé

    Vrai

    Article 515-8, depuis la loi du 15 novembre 1999 : union de fait stable et continue entre deux personnes vivant en couple.

  6. 6.Un PACS peut être dissous par la décision d'un seul des partenaires.Voir le corrigé

    Vrai

    La décision unilatérale est signifiée à l'autre par commissaire de justice, puis enregistrée ; aucun juge n'intervient.

Textes de référence

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